Les TPE étouffent avec 14 jours de retard moyen de paiement. Découvrez comment les experts-comptables peuvent sécuriser leur trésorerie grâce à l’IA et aux logiciels.

Trésorerie des TPE : le sujet que les experts-comptables ne peuvent plus esquiver
14 jours. C’est aujourd’hui le retard moyen de paiement en France, avec une dégradation record en 2025. Pour une TPE qui vit au rythme des encaissements, 14 jours de décalage, c’est la différence entre payer les salaires à l’heure… ou appeler en urgence le banquier.
Pour les experts-comptables français, la trésorerie n’est plus un simple indicateur dans un tableau de bord : c’est devenu un sujet de conseil stratégique, attendu par les dirigeants. Et bonne nouvelle : l’IA et les logiciels de gestion de trésorerie offrent enfin des moyens simples, concrets et rentables de reprendre la main.
Voici comment transformer un logiciel de gestion de trésorerie en véritable service à forte valeur ajoutée pour vos clients TPE – et en même temps, renforcer le positionnement de votre cabinet dans la série « L’IA pour les Experts-Comptables Français ».
1. Une vision 360° temps réel : le socle de tout conseil de trésorerie
Pour sécuriser une trésorerie, il faut d’abord voir clair. Un logiciel de gestion intégrant comptabilité, facturation, paie et trésorerie donne une image instantanée des flux :
- soldes de trésorerie consolidés par banque,
- échéances clients et fournisseurs,
- factures émises / à encaisser,
- engagements futurs (charges sociales, loyers, emprunts),
- marge et rentabilité par activité ou par client.
Le rôle clé de l’expert-comptable
Un dirigeant de TPE ne fait pas spontanément la différence entre fragilité structurelle et tension conjoncturelle. Vous, oui.
- Faibles marges récurrentes, rentabilité insuffisante : vous identifiez un problème de modèle économique.
- Retards de paiement, factures non relancées, investissements mal calés : on est plutôt sur un sujet d’organisation des flux.
Avec un logiciel de gestion relié à la comptabilité du cabinet, vous pouvez :
- construire un tableau de bord de trésorerie partagé avec le client,
- animer un court point mensuel ou trimestriel autour de ces indicateurs,
- prioriser les actions : redéfinition des prix, renégociation des délais, optimisation des stocks, etc.
La réalité ? La majorité des TPE n’ont jamais eu cette vision structurée. Le cabinet qui la fournit devient aussitôt un partenaire de pilotage, pas seulement un producteur de bilans.
2. Anticiper les besoins de cash : passer du constat à la prévision
Un bon suivi de trésorerie décrit le présent. Un logiciel de gestion moderne, dopé à l’IA, permet d’anticiper les besoins de cash sur plusieurs semaines ou mois.
Ce que permettent concrètement les outils
Les solutions cloud actuelles offrent, souvent nativement :
- le suivi fin des flux financiers (encaissements / décaissements),
- le calcul et le suivi du besoin en fonds de roulement (BFR),
- l’édition de prévisionnels de trésorerie scénarisés,
- la mise en place d’alertes en cas de dérive (décalage de chiffre d’affaires, surcoût ponctuel, charges exceptionnelles).
Pour le cabinet, cela ouvre la porte à un service très concret :
« Nous vous prévenons avant que le compte passe dans le rouge, et nous vous proposons des arbitrages. »
Exemple : un trimestre tendu, géré à froid
Imaginez un client TPE dans le bâtiment :
- gros chantier qui démarre en janvier,
- acomptes mal négociés,
- charges sociales élevées au 1er trimestre.
Le prévisionnel issu du logiciel fait apparaître, dès décembre, un creux de trésorerie mi-février. Vous pouvez alors :
- recommander un décalage d’investissement matériel,
- proposer de renégocier les échéanciers fournisseurs,
- préparer un rendez-vous bancaire avec un dossier chiffré issu directement de l’outil.
Résultat : moins de découvert subi, moins de stress, et la sensation, côté dirigeant, d’être accompagné et non jugé.
3. Piloter la trésorerie en temps réel : de la photo au monitoring continu
Les TPE vivent au jour le jour. Un tableau de trésorerie mis à jour une fois par mois ne suffit plus. L’intérêt d’un logiciel de trésorerie connecté est justement de rapprocher la vision comptable de la réalité bancaire… au quotidien.
Comment l’IA améliore ce pilotage
Les solutions de gestion enrichies par l’IA peuvent :
- catégoriser automatiquement les flux bancaires,
- pointer les encaissements aux factures correspondantes,
- signaler des anomalies (montant inhabituel, fournisseur inconnu, doublons),
- comparer la trésorerie réelle au prévisionnel et détecter les écarts.
Pour l’expert-comptable, c’est un gain de temps spectaculaire :
- moins de saisie manuelle,
- moins de rapprochements fastidieux,
- plus de temps pour interpréter et conseiller.
Décisions rapides, impact immédiat
Avec cette vision temps réel, vous pouvez aider vos clients à :
- relancer immédiatement un client en retard,
- décaler un règlement fournisseur non stratégique,
- activer plus tôt une autorisation de découvert ou une ligne de crédit court terme.
C’est ce type de micro-décisions, prises au bon moment, qui évite les crises de trésorerie brutales.
4. Automatiser facturation, relances et paiements : fermer les « fuites de cash »
La plupart des problèmes de trésorerie des TPE ne viennent pas d’un mauvais business, mais d’une gestion trop artisanale : factures oubliées, relances tardives, erreurs de TVA, doublons…
Un logiciel de gestion de facturation bien paramétré permet de :
- générer les factures au bon format et à la bonne date,
- garantir la conformité (mentions obligatoires, TVA, conditions de règlement),
- programmer des relances automatiques par palier (avant l’échéance, à l’échéance, J+15, J+30…),
- suivre le recouvrement dans un tableau de bord simple.
Comment le cabinet peut industrialiser ce service
Deux approches fonctionnent très bien en 2025 :
- Le cabinet configure l’outil, la TPE émet les factures, le cabinet garde la main sur le suivi et l’analyse.
- Le cabinet opère la facturation pour le compte du client (BPO), avec un forfait mensuel basé sur le volume.
Dans les deux cas, l’IA peut :
- proposer des modèles de relance adaptés au profil du client,
- prioriser les relances en fonction des montants et de l’historique de paiement,
- détecter les factures à risque élevé d’impayé.
Résultat : les encaissements s’accélèrent, le DSO baisse, et la TPE respire. Pour le cabinet, c’est un service récurrent facturable, qui ne repose plus sur des heures de saisie mais sur une organisation outillée.
5. Facture électronique : transformer une obligation en avantage de trésorerie
L’échéance se rapproche : pour les TPE, la facture électronique sera obligatoire en réception le 01/09/2026 et en émission le 01/09/2027. Beaucoup de dirigeants n’y voient qu’une contrainte. Vous pouvez en faire un levier de trésorerie et de conseil.
Ce que change réellement la facturation électronique
Avec un logiciel compatible facture électronique :
- les factures sont transmises plus vite,
- les erreurs de saisie diminuent fortement,
- les données sont structurées et exploitables par l’IA,
- les délais de paiement ont tendance à se raccourcir, car les litiges formels baissent.
Concrètement :
- une facture émise le jour même de la prestation,
- sans erreur de TVA ni de mentions légales,
- transmise via la plateforme adéquate,
- suivie automatiquement jusqu’à son règlement.
C’est exactement ce dont les TPE ont besoin pour sécuriser leur trésorerie sur 2026–2027.
Rôle stratégique de l’expert-comptable dans cette transition
Dans la série « L’IA pour les Experts-Comptables Français », la facture électronique est un tremplin naturel :
- vous accompagnez le choix et le paramétrage de la solution,
- vous sécurisez la conformité,
- vous utilisez les données générées pour proposer des services d’IA appliqués à la trésorerie (prédiction de retards, analyse de rentabilité par client, etc.).
Ce n’est plus seulement un projet réglementaire, c’est un projet de pilotage financier.
6. Augmenter les flux de trésorerie grâce à l’IA : du reporting au conseil proactif
L’IA appliquée à la gestion de trésorerie va bien plus loin que la simple automatisation. Elle permet d’orienter les décisions commerciales et financières des TPE.
Quelques usages concrets, directement actionnables par un cabinet
-
Mieux vendre et mieux cibler
En analysant les données de ventes et de paiement :- identification des produits / services les plus rentables,
- détection des clients à forte contribution mais à bon comportement de règlement,
- mise en avant de ces segments dans la stratégie commerciale.
-
Limiter les impayés
L’IA peut attribuer un score de risque à chaque client en fonction :- de ses délais moyens de paiement,
- de la fréquence des litiges,
- du secteur d’activité et du contexte économique.
Ă€ partir de lĂ , vous pouvez recommander :
- un acompte plus élevé,
- un plafond de crédit client,
- un suivi renforcé sur les profils à risque.
-
Réduire les dépenses superflues
En repérant les postes de charges qui augmentent sans impact sur le chiffre d’affaires (abonnements dormant, petites dépenses récurrentes, surcoûts logistiques), l’IA fournit une liste de pistes d’économies très concrètes. -
Optimiser les marges et les stocks
Pour les TPE du commerce ou de l’industrie légère :- prévisions de ventes basées sur l’historique,
- ajustement des stocks pour éviter les surstocks coûteux,
- recommandations de prix tenants compte de la saisonnalité ou de l’évolution des coûts.
Comment intégrer ces usages dans l’offre du cabinet
Vous pouvez, par exemple :
- proposer un pack “Trésorerie & IA” incluant : paramétrage de l’outil, formation du dirigeant, revue trimestrielle des indicateurs,
- fixer un abonnement mensuel incluant : monitoring des risques clients, alertes en cas de dérive, synthèse commentée pour le dirigeant,
- utiliser ces analyses comme support de réunions de pilotage avec vos clients clés.
Ce type d’offre fait passer votre cabinet du statut de « centre de coûts obligé » à celui de partenaire de performance économique.
Et maintenant, que faire dans votre cabinet ?
Voici une feuille de route simple pour profiter de ces 6 atouts, sans transformer votre organisation du jour au lendemain :
- Identifier 5 à 10 TPE pilotes particulièrement exposées aux tensions de trésorerie.
- Choisir une solution de gestion de trésorerie / facturation électronique compatible avec vos outils comptables et intégrant des fonctionnalités d’IA.
- Mettre en place un tableau de bord standardisé : vision 360°, prévisionnel, suivi des retards de paiement, score de risque clients.
- Tester un accompagnement trimestriel : un rendez-vous court, structuré, avec actions concrètes.
- Formaliser une offre “Trésorerie & IA” pour l’étendre progressivement à l’ensemble du portefeuille.
Cette approche est alignée avec toute la logique de la série « L’IA pour les Experts-Comptables Français » : automatiser ce qui prend du temps, concentrer le capital humain sur le conseil et la décision, et créer de nouvelles sources de revenus récurrents.
La trésorerie est aujourd’hui le nerf de la guerre pour les TPE. Les outils existent, l’IA est mûre, le cadre réglementaire de la facture électronique pousse dans le bon sens. Aux experts-comptables de saisir l’opportunité et de prendre la main sur ce terrain… avant que d’autres acteurs le fassent à leur place.