Facture électronique : plan d’action concret pour cabinets comptables français. Conformité, choix de plateforme agréée et socle pour l’IA de gestion.

Facture électronique : le vrai plan d’action pour les experts-comptables
80 % des dirigeants de TPE‑PME qui ont investi sérieusement dans la transformation numérique déclarent déjà en tirer des bénéfices concrets. Pour les experts‑comptables français, la facturation électronique obligatoire n’est plus un sujet « réglementaire » à traiter à la dernière minute, mais une opportunité stratégique : structurer les données, industrialiser les flux, préparer l’IA de production et de conseil.
La réalité ? La conformité à la facture électronique est beaucoup plus simple quand on s’y prend maintenant, avec la bonne méthode et les bons outils. Ce billet, dans la série « L’IA pour les Experts‑Comptables Français », vous propose un plan de route clair : comment sécuriser la conformité, choisir la plateforme agréée, et en profiter pour poser les fondations d’une production dopée à l’IA.
1. Ce que « conformité facture électronique » veut vraiment dire
Être conforme à la facture électronique, ce n’est pas seulement « envoyer un PDF par mail ». C’est :
- produire des factures au bon format, avec les mentions obligatoires et les bons identifiants (SIREN/SIRET) ;
- faire transiter ces factures via une plateforme agréée connectée au Portail Public de Facturation (PPF) ;
- émettre et recevoir des factures électroniques de manière automatique dans les logiciels de gestion et de comptabilité.
Pour un cabinet comptable, cela implique deux chantiers concrets : les procédures et les outils.
1.1. Côté procédures : faire le ménage dans les données
La plupart des cabinets ont des bases tiers clients‑fournisseurs truffées de doublons, d’anciens SIREN, de SIRET incomplets, voire de fiches « fourre‑tout ». Avec la réforme, ce n’est plus un simple irritant :
Une facture non conforme ou un SIREN manquant = facture bloquée, donc pas de facturation possible.
Les mises à jour minimales à lancer dès maintenant pour vos dossiers clients :
- Verifier systématiquement le SIREN/SIRET de chaque client et fournisseur ;
- compléter les mentions obligatoires sur les factures (adresse, numéro de facture, date d’émission, conditions de règlement, pénalités, escompte, etc.) ;
- standardiser la nomenclature des tiers (pas de « DUPONT TEST », « DUPONT BIS »…) pour éviter les erreurs de routage.
Pour un cabinet, c’est typiquement une mission packagée à proposer :
- audit des bases tiers de l’entreprise ;
- correction / enrichissement (éventuellement avec un outil type Data Clean & Control) ;
- mise en place d’une procédure de création / modification des tiers.
1.2. Côté outils : compta + gestion + plateforme agréée
La conformité à la facture électronique s’appuie ensuite sur trois briques :
- un logiciel de comptabilité capable de recevoir, lire et intégrer les factures électroniques entrants ;
- une solution de facturation / gestion commerciale pour émettre les factures au bon format ;
- une plateforme agréée (ex‑PDP) immatriculée par l’État, connectée au PPF, pour acheminer et suivre les factures.
Pour les cabinets, le sujet n’est pas seulement de « brancher une solution », mais d’harmoniser le parc applicatif des clients autour de solutions 100 % conformes et ouvertes à l’IA (reconnaissance d’écritures, pré‑imputation, rapprochements automatiques…).
2. Calendrier : pourquoi 2026–2027 est demain pour vos clients
Le calendrier est clair et il ne laisse pas de marge à l’improvisation :
- Au 01/09/2026 :
- toutes les entreprises devront être capables de recevoir des factures électroniques ;
- les grandes entreprises devront en plus émettre leurs factures au format électronique.
- Au 01/09/2027 :
- l’émission de factures électroniques devient obligatoire pour les TPE et PME.
Pour un cabinet comptable, ce calendrier doit se traduire par un vrai plan :
-
2025 – début 2026 : préparation
- cartographie des clients par taille, secteur, niveau d’équipement ;
- choix de la ou des plateformes agréées à proposer ;
- mise en qualité des données et montée en version des logiciels.
-
Mi‑2026 : bascule progressive
- premiers clients pilotes sur la facture électronique complète ;
- ajustement des processus de collecte et de validation au cabinet ;
- formation des équipes de production.
-
2027 : généralisation et industrialisation
- intégration de l’IA de gestion (pré‑saisie, contrôles, scoring de risque, prévisionnel de trésorerie) ;
- création d’offres packagées « facture électronique + pilotage » pour les TPE‑PME.
Plus le cabinet s’y prend tôt, plus il peut transformer ce calendrier en avantage concurrentiel : moins de stress, plus de valeur perçue, et des dossiers déjà prêts pour l’IA.
3. Comment choisir une plateforme agréée sans se tromper
Une plateforme agréée (anciennement PDP) n’est pas un simple « tuyau ». C’est un intermédiaire stratégique entre l’entreprise, le cabinet et l’administration. Elle assure :
- des services obligatoires : transmission des données de facturation au PPF, remontée des statuts (émise, déposée, rejetée, payée…), données pour la TVA ;
- des services optionnels : archivage légal, relances, aide au recouvrement, tableaux de bord.
3.1. Les 5 critères de choix pour un cabinet comptable
Pour un expert‑comptable, une bonne plateforme agréée doit :
- Être interopérable avec tous les logiciels de gestion conformes du marché (clients équipés de solutions variées).
- S’intégrer nativement avec les solutions utilisées au cabinet (comptabilité, pré‑compta, coffre‑fort, outils IA).
- Offrir une vision consolidée multi‑clients : suivi des statuts de factures, alertes, contrôle de cohérence.
- Gérer le standard européen PEPPOL, indispensable pour les clients ayant des échanges intracommunautaires.
- Proposer des services d’automatisation : règles de routage, validation, archivage, voire pré‑contrôle des données.
Les plateformes portées par de grands éditeurs de gestion remplissent en général ces critères, avec un atout supplémentaire : la cohérence entre logiciel de gestion, plateforme agréée et roadmap IA.
3.2. Pourquoi il faut choisir dès maintenant
Aujourd’hui, une centaine de plateformes sont immatriculées « sous réserve ». Les tests de conformité technique avec l’État sont en cours, avec un retour prévu fin 2025. Toutes n’aboutiront pas forcément.
Attendre le dernier moment comporte trois risques :
- ne plus trouver de disponibilité chez les intégrateurs et partenaires digitaux ;
- subir une migration dans l’urgence, source d’erreurs et de tensions avec les équipes ;
- ne pas avoir le temps de calibrer les nouvelles organisations de travail (workflow des factures, délégation, contrôle qualité).
Au contraire, choisir sa plateforme agréée dès maintenant permet de :
- tester tranquillement les flux sur un périmètre restreint ;
- former les collaborateurs ;
- bâtir une offre cabinet claire à proposer aux clients (et ne pas se contenter de subir les choix de chacun).
4. Focus Sage : un écosystème prêt pour l’IA et la facture électronique
Sage propose une plateforme agréée intégrée à ses logiciels de gestion, conçue pour simplifier au maximum la mise en conformité des entreprises… et des cabinets comptables qui les accompagnent.
4.1. Une plateforme agréée pensée pour un parc hétérogène
Quelques atouts clés pour un cabinet :
- La plateforme est un module indépendant et interopérable avec les solutions de gestion conformes du marché.
- Si un client utilise un logiciel qui ne propose pas de plateforme agréée, il suffit de connecter la plateforme Sage pour gérer ses flux de facturation électronique.
- Les cabinets déjà équipés de solutions Sage bénéficient d’une intégration sans surcoût dans la limite d’un volume de factures, ce qui réduit fortement la barrière à l’entrée.
- La plateforme est compatible avec le standard PEPPOL, pratique pour les clients qui facturent en Europe.
Concrètement, cela permet à un cabinet :
- d’avoir une seule plateforme pour gérer les flux de facture électronique d’un portefeuille de clients pourtant très hétérogène ;
- d’industrialiser les contrôles, les relances, l’archivage ;
- de préparer très facilement l’arrivée d’IA de gestion dans l’écosystème Sage (pré‑classement, pré‑imputation, détection d’anomalies, prévision de trésorerie…).
4.2. Un levier concret pour l’IA dans les cabinets
Les solutions Sage récentes intègrent déjà des briques d’IA ou sont prêtes à en recevoir :
- automatisation de la saisie comptable à partir des pièces ;
- reconnaissance des motifs de rejets et suggestions de correction ;
- tableaux de bord pré‑alimentés pour le pilotage ;
- pré‑visionnel de trésorerie construit à partir des flux factures.
La facture électronique joue ici un rôle clé : elle fiabilise et structure la donnée à la source. Pour l’IA, c’est un carburant propre et régulier. Pour le cabinet :
- moins de temps passé à récupérer, trier, saisir ;
- plus de temps disponible pour l’analyse et le conseil (prix, marges, BFR, scénarios de croissance) ;
- une capacité à proposer des services récurrents à forte valeur (tableaux de bord mensuels, alerte risque client, scénarios d’optimisation de trésorerie).
5. Plan d’action concret pour un cabinet d’expertise comptable
Voici une trame opérationnelle que vous pouvez adapter à votre cabinet.
Étape 1 – Cartographier et prioriser
- Lister tous les dossiers clients avec : taille, secteur, outils utilisés, volume de factures.
- Identifier les clients prioritaires : gros volume de factures, enjeux de trésorerie, exigences de donneurs d’ordre.
Étape 2 – Nettoyer les données
- Mettre à jour SIREN/SIRET, coordonnées, conditions de règlement.
- Vérifier les mentions obligatoires dans les modèles de factures.
- Standardiser les règles de création de tiers.
Étape 3 – Choisir la plateforme agréée du cabinet
- Sélectionner la plateforme principale (par exemple la plateforme agréée intégrée aux solutions Sage).
- Tester les flux sur un panel de clients pilotes.
- Définir les nouveaux circuits : qui valide, qui suit les statuts, qui relance, qui archive.
Étape 4 – Former les équipes et industrialiser
- Sessions de formation ciblées pour les collaborateurs :
- compréhension du schéma facture électronique ;
- utilisation de la plateforme agréée ;
- premières briques d’IA de production.
- Construction de check‑lists standardisées à intégrer dans vos procédures : ouverture de dossier, revue périodique, clôture.
Étape 5 – Packager une offre « facture électronique + IA »
- Créer 2 ou 3 niveaux d’offres :
- Essentiel : mise en conformité + réception des factures électroniques ;
- Plus : émission des factures via la plateforme + archivage ;
- Premium : facture électronique + tableaux de bord + prévision de trésorerie assistée par IA.
- Communiquer auprès de vos clients dès début 2026 pour remplir le planning d’accompagnement avant la ruée générale.
Conclusion : transformer une contrainte en moteur d’IA
La conformité à la facture électronique n’est pas qu’un passage imposé par le législateur. Pour un cabinet d’expertise comptable, c’est l’occasion idéale de :
- remettre à plat les données et les processus ;
- harmoniser et moderniser le parc logiciel des clients ;
- poser des fondations solides pour l’IA de production et de conseil.
En choisissant dès maintenant une plateforme agréée robuste, comme celle intégrée aux solutions Sage, vous sécurisez vos clients, vous réduisez la charge administrative de vos équipes et vous préparez un modèle de cabinet où l’IA traite la mécanique pour vous laisser la place au conseil.
La question n’est plus : « comment subir la facture électronique ? », mais : comment en faire le socle de votre cabinet augmenté à l’IA d’ici 2027 ?