Facture électronique : mode d’emploi pour cabinets comptables

L'IA pour les Experts-Comptables Français••By 3L3C

La facture électronique devient obligatoire. Pour les cabinets comptables, c’est le moment de structurer la conformité et préparer l’IA de gestion.

facture électroniqueexperts-comptablesplateforme agréée SageIA de gestiondématérialisationSIREN SIRETPEPPOL
Share:

Featured image for Facture électronique : mode d’emploi pour cabinets comptables

Facture électronique : le vrai sujet de fin 2025 pour les cabinets comptables

En 2027, 100 % des TPE‑PME devront émettre des factures électroniques. Pourtant, beaucoup de dirigeants n’ont toujours pas choisi leur plateforme agréée ni adapté leurs outils. Résultat : les experts‑comptables se retrouvent en première ligne, entre urgence réglementaire et attentes clients.

Voici le truc sur la facture électronique : ce n’est pas qu’une réforme fiscale. Pour un cabinet, c’est le socle d’un nouveau modèle de production comptable, dopé à l’IA : saisie automatique des factures, rapprochements en temps réel, conseil proactif. Mais ce scénario ne fonctionne que si la conformité est béton.

Dans cette série « L’IA pour les Experts‑Comptables Français », ce billet vous aide à transformer l’obligation de conformité en opportunité stratégique : mieux structurer vos données, choisir une plateforme agréée pertinente (comme celle de Sage) et préparer le terrain à vos futurs usages d’intelligence artificielle.


1. Ce que recouvre vraiment la conformité facture électronique

Être « conforme à la facture électronique » ne se résume pas à envoyer des PDF. C’est la capacité du cabinet et de ses clients à émettre, recevoir, contrôler et archiver des factures structurées selon les normes de la réforme, via une plateforme agréée.

Concrètement, pour un cabinet d’expertise comptable, la conformité repose sur deux piliers :

1.1. Des procédures internes remises à plat

La réforme impose une revue sérieuse de l’organisation, autant au cabinet que chez les clients :

  • Mise en conformitĂ© des mentions obligatoires des factures : type d’opĂ©ration, TVA, adresse, conditions de paiement, pĂ©nalitĂ©s, etc.
  • QualitĂ© des bases tiers : SIREN (au minimum) et souvent SIRET deviennent indispensables pour que les factures Ă©lectroniques circulent.

Une facture non conforme ou un SIREN manquant, demain, ce sera simple : facture bloquée, pas de transmission, pas de paiement.

Pour un cabinet, c’est un sujet stratégique :

  • risque de rupture du flux de facturation de certains clients,
  • tensions de trĂ©sorerie chez eux,
  • sur-sollicitation du cabinet en mode « pompier ».

L’approche intelligente fin 2025 ? Traiter ce chantier de data quality dès maintenant, avec une démarche structurée par dossiers clients.

1.2. Un écosystème d’outils compatible avec la réforme

La conformité facture électronique suppose :

  • un logiciel de comptabilitĂ© capable de recevoir et traiter des factures Ă©lectroniques structurĂ©es,
  • une solution de facturation / gestion commerciale pour l’émission conforme,
  • et une plateforme agréée (PDP) immatriculĂ©e par l’État pour transporter les flux et transmettre les donnĂ©es de TVA.

Pour les cabinets déjà équipés Sage, c’est assez simple :

  • la gamme Sage est annoncĂ©e 100 % conforme facture Ă©lectronique,
  • la plateforme agréée Sage est intĂ©grĂ©e sans surcoĂ»t (dans certaines limites de volume) aux dernières versions des solutions.

Pour les autres, la clé est de vérifier dès maintenant que les solutions en place :

  • gèrent les formats de facture Ă©lectronique imposĂ©s,
  • s’interfacent facilement avec une plateforme agréée,
  • offrent une traçabilitĂ© suffisante pour vos missions d’audit et de contrĂ´le.

2. Les échéances : ce que les experts‑comptables doivent vraiment anticiper

Le calendrier est clair, et il structure votre plan d’action cabinet :

  • 01/09/2026 :
    • toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures Ă©lectroniques ;
    • l’émission est obligatoire pour les grandes entreprises.
  • 01/09/2027 :
    • l’émission Ă©lectronique devient obligatoire pour les TPE et PME, donc pour l’immense majoritĂ© des clients de cabinet.

Pour un cabinet, cela signifie :

  1. 2025 – S1 2026 : préparation structurée

    • cartographier les clients, leurs outils, leurs risques ;
    • mettre les bases tiers Ă  niveau ;
    • choisir la plateforme agréée Ă  proposer comme standard du cabinet.
  2. S2 2026 : bascule progressive des clients

    • premiers flux de factures reçues Ă©lectroniquement ;
    • ajustement des process, contrĂ´les, workflows internes.
  3. 2027 : généralisation et optimisation

    • tous les clients doivent Ă©mettre Ă©lectroniquement ;
    • montĂ©e en puissance de l’IA de gestion et des automatisations.

La réalité ? Les cabinets qui attendront l’été 2026 pour s’y mettre n’auront ni le temps de fiabiliser les données, ni celui de former leurs équipes et leurs clients. Ceux qui démarrent maintenant prendront une longueur d’avance sur les missions de conseil à forte valeur.


3. Choisir un logiciel et une plateforme agréée : la grille de lecture d’un cabinet

Pour les experts‑comptables, le choix d’un écosystème conforme ne doit pas se faire uniquement « produit par produit ». Il faut raisonner plateforme de production cabinet + IA + flux clients.

3.1. Qu’est‑ce qu’un logiciel « conforme facture électronique » ?

Un logiciel de gestion ou de comptabilité peut être considéré comme conforme s’il :

  • reçoit des factures Ă©lectroniques structurĂ©es depuis une plateforme agréée, sans retraitement manuel lourd ;
  • Ă©met des factures dans les formats acceptĂ©s par la rĂ©forme ;
  • s’interface de manière sĂ©curisĂ©e avec au moins une plateforme agréée ;
  • trace les statuts de facture (Ă©mise, transmise, rejetĂ©e, payĂ©e…) pour permettre un suivi fiable.

Pour un cabinet, il est utile de privilégier :

  • des outils intĂ©grĂ©s compta + facturation quand c’est possible,
  • ou, Ă  dĂ©faut, des solutions interopĂ©rables autour d’une mĂŞme plateforme agréée pivot, par exemple la plateforme agréée Sage.

3.2. Plateforme agréée : les critères qui comptent pour un cabinet

Une plateforme agréée (ex‑PDP) doit à minima :

  • transmettre les factures et leurs statuts,
  • envoyer Ă  l’administration les donnĂ©es nĂ©cessaires au calcul de la TVA,
  • assurer la fiabilitĂ© et la sĂ©curitĂ© des Ă©changes.

Mais pour un cabinet, ce qui fait la différence, ce sont les services autour :

  • interopĂ©rabilitĂ© : capacitĂ© Ă  se connecter Ă  plusieurs logiciels clients, pas seulement Ă  un ERP unique ;
  • archivage lĂ©gal : simplifie vos missions de contrĂ´le et de rĂ©vision ;
  • standard europĂ©en (PEPPOL) pour gĂ©rer les clients exposĂ©s Ă  l’international ;
  • visibilitĂ© centralisĂ©e sur les flux de facturation du portefeuille clients.

Les grandes plateformes portées par des éditeurs comme Sage ont déjà :

  • passĂ© une première Ă©tape d’immatriculation,
  • testĂ© avec succès les Ă©changes avec le Portail Public de Facturation.

Même si l’immatriculation définitive n’est pas encore notifiée pour tous, le risque est faible de se tromper en misant sur un acteur majeur, surtout si votre parc clients est déjà largement équipé Sage.

3.3. Le cas particulier de la plateforme agréée Sage

Pour les cabinets travaillant avec des solutions Sage, l’option naturelle est la plateforme agréée Sage, qui présente quatre atouts intéressants côté cabinet :

  1. Module indépendant et interopérable
    La plateforme peut se connecter à toutes les solutions de gestion conformes du marché. Vous n’êtes pas enfermé dans un seul environnement.

  2. Passerelle pour les clients multi‑éditeurs
    Si un client utilise un logiciel qui ne propose pas sa propre plateforme agréée, vous pouvez connecter ce logiciel à la plateforme Sage pour gérer les flux.

  3. Standardisation côté cabinet
    Vous pouvez :

    • utiliser Sage pour une partie du parc clients ;
    • connecter des outils concurrents Ă  la mĂŞme plateforme ;
    • suivre tous les flux via un socle unique.
  4. Compatibilité PEPPOL
    La plateforme Sage est au standard PEPPOL, ce qui prépare la future obligation européenne et simplifie la facturation internationale.

Cerise sur le gâteau : pour les clients déjà équipés Sage à jour, l’accès à la plateforme est généralement inclus, dans la limite d’un volume de factures. Il suffit souvent de finaliser l’inscription pour que les données soient automatiquement transmises à l’administration.


4. Comment un cabinet peut industrialiser la conformité… et préparer l’IA

La facture électronique est la première marche. Une fois les flux structurés, l’IA de gestion peut vraiment jouer son rôle :

  • classification automatique des dĂ©penses,
  • dĂ©tection d’anomalies sur la TVA,
  • prĂ©visions de trĂ©sorerie plus fiables,
  • alertes en temps rĂ©el pour les clients.

Mais pour y arriver, il faut une méthodologie cabinet.

4.1. Construire un plan d’action « facture électronique + IA »

Une approche efficace que je vois fonctionner dans les cabinets :

  1. Segmentation du portefeuille clients

    • par taille (TPE, PME, groupes),
    • par secteur (BTP, services, nĂ©goce…),
    • par maturitĂ© digitale.
  2. Diagnostic express

    • outils actuels de facturation et de compta,
    • qualitĂ© des donnĂ©es tiers (SIREN/SIRET, coordonnĂ©es, TVA),
    • volume de factures mensuel.
  3. Standardisation

    • proposer une plateforme agréée de rĂ©fĂ©rence du cabinet ;
    • dĂ©finir 1 ou 2 configurations types d’outils selon les profils de clients.
  4. Industrialisation des mises à jour de données

    • usage d’outils comme Sage Data Clean & Control ou Ă©quivalents pour fiabiliser les bases tiers ;
    • intĂ©gration de contrĂ´les automatiques dans les process de production.
  5. Déploiement progressif de briques IA

    • reconnaissance automatique des pièces ;
    • pré‑affectation comptable ;
    • tableaux de bord en temps rĂ©el pour le cabinet et les clients.

4.2. Trois bénéfices concrets pour le cabinet

En traitant la conformité dès maintenant, les cabinets gagnent sur trois tableaux :

  • ProductivitĂ© : la facture Ă©lectronique structurĂ©e rĂ©duit massivement la ressaisie. Avec l’IA, la saisie manuelle sur certains dossiers peut tomber de 60–70 % Ă  moins de 20 %.
  • SĂ©curisation : factures non conformes ou incomplètes dĂ©tectĂ©es avant validation ; moins de litiges, moins de rattrapages.
  • Nouveaux services : prĂ©visions de trĂ©sorerie, suivi des dĂ©lais de paiement, analyse de marge par client ou par chantier, alertes personnalisĂ©es.

La facture électronique, ce n’est pas juste « cocher une case » pour la DGFIP. C’est la porte d’entrée vers un modèle d’expertise comptable augmentée par l’IA.


5. Prochaines étapes pour les experts‑comptables français

Pour un cabinet, la bonne attitude fin 2025 est claire : ne plus repousser le sujet. La réforme est actée, le calendrier est connu, les plateformes agréées sont en phase de finalisation technique.

Les priorités concrètes :

  1. Acter votre choix de plateforme agréée (par exemple Sage si votre parc est déjà largement équipé).
  2. Mettre en ordre de marche vos propres outils internes : versions logicielles, interopérabilité, sécurité.
  3. Lancer un plan de nettoyage des données clients (SIREN/SIRET, mentions obligatoires, coordonnées complètes).
  4. Construire votre offre “facture électronique + IA” :
    • accompagnement Ă  la mise en conformitĂ© ;
    • mise en place des flux Ă©lectroniques ;
    • puis dĂ©ploiement progressif d’outils d’IA de gestion.

La facture électronique va redéfinir la façon dont les données financières circulent entre vos clients, votre cabinet et l’administration. Les experts‑comptables qui prennent la main dès maintenant sur le sujet deviendront les architectes de cette nouvelle économie connectée.

Et, surtout, ils se donneront les moyens d’exploiter pleinement l’intelligence artificielle au cœur de la production comptable et du conseil.