Un petit cabinet parisien montre comment le Cloud et l’IA permettent de gagner du temps, sécuriser la production et renforcer la proximité client avec les TPE.

Un petit cabinet, 8 personnes… et une stratégie très claire
Un cabinet de 8 personnes, deux associés, une juriste, majoritairement des TPE clientes… et pourtant une organisation plus fluide que beaucoup de structures de 40 collaborateurs. H&L Conseils, à Paris, montre qu’un petit cabinet d’expertise comptable peut jouer dans la cour des grands dès lors qu’il assume deux choix forts : la proximité client et l’innovation digitale.
Ce témoignage tombe à pic. Nous sommes à l’heure de la facture électronique obligatoire, de l’IA de gestion qui automatise la saisie et de clients TPE qui exigent du temps réel sans payer plus. La question n’est plus « faut-il se digitaliser ? », mais comment s’équiper intelligemment pour gagner du temps sans exploser la charge mentale des associés.
Dans cette série « L’IA pour les Experts-Comptables Français », H&L Conseils sert de fil rouge : on va voir comment un cabinet très orienté TPE a basculé vers le Cloud, prépare l’IA, et surtout ce que vous pouvez reprendre concrètement dans votre propre cabinet.
1. La vraie force d’un cabinet TPE : une proximité… structurée
La première leçon de H&L Conseils est simple : la technologie n’a de sens que si elle protège la proximité client.
Le cabinet, c’est :
- 8 personnes
- 1/3 de social, 2/3 de révision comptable
- une clientèle de commerçants, professions libérales et TPE (restauration, BTP, conseil…)
Les missions sont classiques : TVA, situations mensuelles ou trimestrielles, bilans, social. Rien d’« exotique ». Pourtant, l’expérience client est différente, parce qu’elle repose sur un positionnement clair :
« On ne fait pas ce métier si l’on compte ses heures. »
Voici le point clé : la disponibilité est une ressource rare. Soit elle est subie, soit elle est organisée. H&L Conseils a fait un choix lucide :
- être très accessible sur les sujets à forte valeur (décisions, arbitrages, urgences réelles) ;
- automatiser et industrialiser tout ce qui est récurrent et normé.
C’est exactement là que le Cloud puis l’IA deviennent utiles : non pas pour « faire moderne », mais pour acheter du temps de cerveau disponible pour les clients.
2. Pourquoi la technologie est devenue un sujet métier pour l’expert-comptable
Chez H&L Conseils, l’un des associés, Franck Héripel, a un profil révélateur : parcours bancaire, puis « deuxième vie » en cabinet. Ça change tout dans sa façon de voir l’outillage.
Il résume bien le dilemme :
« Disponible à 100 % pour tous ne signifie pas 100 % disponible pour chacun. »
Pour résoudre ce dilemme, le cabinet a fait un choix assez radical que beaucoup repoussent encore :
- considérer la technologie comme un sujet stratégique, au même titre que le recrutement ou la tarification ;
- dédier du temps à la veille et aux tests : Cloud, outils collaboratifs, dématérialisation, puis IA de gestion.
Voici ce que ça change dans la pratique :
- L’expert-comptable n’est plus qu’un « consommateur » d’outils : il pilote son écosystème applicatif.
- Le cabinet est capable de proposer des parcours clients (onboarding, collecte de pièces, reporting) au lieu de subir les habitudes de chacun.
- Il devient crédible pour parler digitalisation, IA, facture électronique… parce qu’il le vit pour lui-même au quotidien.
Dans la série « L’IA pour les Experts-Comptables Français », c’est un point fondamental : l’IA n’est efficace que dans un environnement déjà structuré (données propres, workflows clairs, Cloud en place). H&L Conseils a commencé par là .
3. Du bricolage à une vraie plateforme Cloud : trois étapes très parlantes
Le parcours technologique du cabinet ressemble à celui de beaucoup de confrères… avec une différence majeure : ils ne se sont pas arrêtés au milieu du gué.
3.1. Étape 1 : le bricolage (Dropbox & co.)
Au moment des confinements, il fallait faire vite. Comme tout le monde, le cabinet a tenté :
- partage de documents via des liens type Dropbox,
- échanges massifs de fichiers par mail.
Résultat :
- clients perdus dans les liens,
- risques de sécurité (virus, erreurs de destinataire),
- aucune traçabilité ni workflow.
C’est typiquement le genre de configuration où ajouter de l’IA n’apporterait rien : les données sont éparpillées, non structurées, non fiabilisées.
3.2. Étape 2 : le serveur NAS dans un coin du cabinet
Deuxième tentative : un serveur NAS (Network Attached Storage) sur le réseau du cabinet. Techniquement, ça « marche ». Mais dans la vraie vie :
- gestion technique lourde (sauvegardes, sécurité, mises à jour),
- ergonomie peu adaptée aux clients TPE,
- dépendance à la connexion et au matériel interne.
On retrouve un classique : une solution pensée d’abord pour l’IT, pas pour l’expérience client.
3.3. Étape 3 : la bascule vers le Cloud collaboratif
La troisième tentative a été la bonne : une plateforme d’échanges Cloud pensée pour :
- collecter automatiquement les pièces,
- permettre la consultation des relevés bancaires,
- centraliser les flux pour la révision comptable et le social.
Pour la paie, H&L Conseils utilise un service Cloud dédié où les clients saisissent eux-mêmes leurs variables sociales. Le cabinet contrôle, sécurise, produit.
« Avec le Cloud, nous faisons notre métier, rien que notre métier et tout notre métier. »
C’est exactement le socle nécessaire pour passer à l’étape suivante : l’IA de gestion.
4. Comment le Cloud prépare concrètement l’arrivée de l’IA dans un cabinet
Un point souvent mal compris : l’IA n’est pas une couche magique que l’on ajoute sur un système bancal. Elle a besoin d’un terrain propre : données centralisées, formats homogènes, workflows clairs.
Le modèle H&L Conseils montre comment le Cloud crée ce terrain favorable.
4.1. Centralisation des données = carburant pour l’IA
Avec un environnement Cloud de type solution métier pour experts-comptables, le cabinet dispose :
- d’un plan comptable homogène sur l’ensemble du portefeuille,
- de règles de reconnaissance des écritures appliquées partout,
- d’historique structuré sur plusieurs exercices.
C’est exactement ce que les algorithmes utilisent pour :
- proposer des imputations automatiques sur les factures et relevés,
- faire de la détection d’anomalies (doublons, montants atypiques, incohérences de TVA),
- générer des indicateurs prédictifs simples (alerte de trésorerie, tendances de marge, saisonnalité).
Sans ce socle, l’IA reste anecdotique. Avec ce socle, elle commence à faire gagner des heures chaque semaine.
4.2. Automatisation de la saisie et qualité des données
Pour un cabinet TPE, les premiers gains IA apparaissent sur trois terrains :
-
Saisie comptable automatisée
- Lecture des factures fournisseurs et clients
- Proposition d’écriture (compte, TVA, tiers, mode de paiement)
- Apprentissage progressif des habitudes du cabinet
-
Rapprochement bancaire intelligent
- Connexion aux banques via le Cloud
- Pré-affectation automatique des lignes récurrentes
- Identification des lignes « à traiter » en priorité
-
Contrôles automatiques de cohérence
- Tests de TVA
- Alertes sur les soldes de comptes anormaux
- Repérage de ruptures de série
Dans un cabinet comme H&L Conseils, où les équipes sont réduites, ces usages font une différence concrète : moins de temps sur la production, plus de temps sur le conseil.
4.3. Facture électronique : le pont naturel vers l’IA
H&L Conseils le dit clairement : le sujet du moment, c’est l’accompagnement des clients vers la facture électronique.
Pourquoi c’est stratégique pour l’IA ?
- Les factures électroniques sont nativement structurées (formats normés).
- Les données deviennent directement exploitables par les outils de comptabilité et d’IA.
- On passe d’une logique document → écriture à une logique donnée → analyse.
Concrètement, cela ouvre la voie à :
- un taux d’automatisation de la saisie très élevé,
- des tableaux de bord mis à jour quasi en temps réel,
- des scénarios d’IA de conseil (simulations, projections, scoring de risques).
Les cabinets qui, comme H&L Conseils, posent dès maintenant un socle Cloud solide se préparent à exploiter toute la valeur de l’IA quand elle sera massivement intégrée dans les outils métier.
5. Le partenariat éditeur : un levier sous-estimé pour les petits cabinets
Dernier enseignement du cas H&L Conseils : la relation avec l’éditeur n’est pas qu’une question de logiciel, c’est un choix de stratégie.
Le cabinet a fait le pari, dès l’origine, d’un éditeur unique pour :
- la production comptable,
- la paie,
- la collaboration avec les clients.
Cette cohérence permet :
- de limiter les interfaces fragiles entre outils,
- de bénéficier des évolutions IA et Cloud au fil de l’eau,
- d’avoir un interlocuteur unique sur les sujets critiques (facture électronique, sécurité, RGPD…).
Pour un petit cabinet, cela change la donne :
- moins de temps passé à « jouer au DSI »,
- plus de continuité dans les projets,
- une capacité à suivre les grands virages réglementaires et technologiques sans tout reconstruire.
J’ai vu beaucoup de cabinets s’épuiser à vouloir assembler eux-mêmes 6 ou 7 briques logicielles différentes. Sur 2025-2027, avec la facture électronique et l’IA qui s’installent, ce modèle va devenir très difficile à tenir pour les structures de moins de 20 personnes.
Le choix d’H&L Conseils est clair : un écosystème Cloud unique, enrichi par des applications complémentaires (marketplace, connecteurs, services spécialisés). C’est, selon moi, l’option la plus réaliste pour les cabinets TPE/PME qui veulent rester agiles.
6. Comment transposer l’exemple H&L Conseils dans votre propre cabinet
Si on réduit ce témoignage à l’essentiel, voici le plan d’action que n’importe quel cabinet d’expertise comptable français peut adapter dès maintenant.
6.1. Clarifier votre projet
- Décider où vous voulez investir votre temps de haute valeur (accompagnement, pilotage, conseil, proximité terrain).
- Lister toutes les tâches qui ne nécessitent pas un expert-comptable… et qui pourraient être déléguées à un outil Cloud ou à de l’IA.
6.2. Mettre en place un socle Cloud propre
- Choisir une solution métier Cloud cohérente (compta + social + collaboration clients).
- Standardiser vos pratiques : plans comptables, modèles de dossiers, procédures de clôture.
- Généraliser la collecte dématérialisée (pièces, relevés bancaires, variables de paie).
6.3. Activer progressivement les briques IA
Une fois le Cloud bien en place, vous pouvez :
- activer l’automatisation de la saisie (OCR + IA d’imputation),
- sécuriser le rapprochement bancaire intelligent,
- tester des modules d’analyse automatisée (anomalies, ratios, tendances).
Et surtout, ne pas oublier l’essentiel : associer vos clients TPE à cette transformation. L’exemple H&L Conseils le montre bien :
- les outils choisis sont simples côté client ;
- le cabinet explique les bénéfices (moins de mails, moins de pertes de temps, plus de visibilité) ;
- la relation humaine reste au centre, renforcée par des données plus fiables.
Conclusion : l’IA ne remplace pas la proximité, elle la rend tenable
H&L Conseils prouve une chose : un petit cabinet peut être très avancé en digital et bientôt en IA, sans renoncer à sa culture de proximité et sans devenir une usine à gaz technique.
La logique est claire :
- Proximité client comme boussole.
- Cloud comme socle.
- IA comme accélérateur sur la production, la qualité des données et le pilotage.
Dans la série « L’IA pour les Experts-Comptables Français », ce cas illustre bien le chemin réaliste pour 2025-2027 : partir du concret (Cloud, facture électronique, collecte de données), puis monter progressivement vers les usages IA.
La vraie question, désormais, n’est plus « suis-je prêt pour l’IA ? », mais :
Quelle partie de mon temps d’expert-comptable je veux libérer en premier… et pour quels clients ?