Comment le studio 100 % IA Sublime (heaven) change la création publicitaire en France et ouvre de nouveaux terrains de jeu aux marques et aux médias.
Sublime : un studio 100 % IA qui résume la mutation des agences
La plupart des agences parlent d’IA. Très peu l’intègrent vraiment au cœur de leur modèle. Heaven, avec son studio Sublime, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Lancé officiellement en 12/2025 après deux ans de R&D, Sublime n’est pas juste un « labo créa » de plus. C’est un studio 100 % IA pensé pour produire des campagnes internationales, des expériences conversationnelles et des contenus génératifs à l’échelle. Et ça change beaucoup de choses pour les marques, mais aussi pour l’écosystème des médias et de la communication en France.
Dans cette série sur « L’IA dans les Médias et la Communication en France », Sublime est un cas d’école : une agence créative française, adossée à un groupe reconnu (Hopscotch), qui industrialise vraiment la création générative. On va voir ce que cela implique concrètement pour :
- les directions marketing et communication,
- les régies et médias français,
- les équipes créa qui cherchent à rester pertinentes à l’ère de l’IA.
Ce qui fait vraiment la spécificité de Sublime
Sublime est intéressant pour une raison simple : il est pensé IA-first, pas IA en option.
L’agence heaven a investi deux ans en R&D pour créer des « portails » internes vers les modèles d’IA, former des équipes mixtes et structurer des méthodes. Résultat :
- Une équipe de plus de 15 experts : directeurs artistiques, « prompt ninjas », développeurs, ingénieurs IA, consultants.
- Une mission claire : imaginer des concepts créatifs IA-first, produire des images, vidéos, textes, voix et construire des expériences conversationnelles.
- Un positionnement assumé : l’IA comme nouveau langage d’expression, pas seulement comme moyen de produire plus vite.
« Placer l’IA non pas seulement comme un outil de production mais un nouvel outil d’expression, capable de révéler de nouvelles esthétiques et de nouveaux récits. » — Arthur Kannas, CEO & co-fondateur de heaven
Cette phrase résume bien l’enjeu pour les marques françaises : arrêter de voir l’IA générative comme un gadget ou une fabrique à assets low-cost, et commencer à l’utiliser pour inventer des formats et des récits impossibles jusque-là .
IA créative : qu’est‑ce que ça change pour les marques ?
La réponse courte : l’IA change à la fois le temps, le coût et l’ambition créative.
1. Des temps de production comprimés
Avec un studio comme Sublime, une marque peut :
- Prototyper plusieurs pistes créatives en quelques jours (voire heures), visuels et vidéos compris.
- Tester rapidement des variations pour différents marchés ou cibles.
- Adapter un concept à de multiples formats (social, display, DOOH, vidéo, voice…) sans repartir de zéro à chaque fois.
Ce n’est pas seulement un gain de productivité. C’est aussi la possibilité d’oser plus, de multiplier les hypothèses créatives avant de figer une campagne.
2. Des budgets réalloués vers l’idée, pas seulement vers la prod
Quand une partie des coûts de production baisse grâce à l’IA, les marques qui jouent bien le coup peuvent :
- réinvestir dans la stratégie de marque (plateforme, plateforme éditoriale, territoires d’expression),
- financer des tests A/B créatifs plus ambitieux,
- enrichir leurs activations médias avec plus de formats, plus de contextualisation.
Les directions marketing qui continuent à raisonner uniquement « coût à l’asset » passent à côté du vrai sujet : l’IA permet de déplacer la valeur vers l’idée et la donnée, pas uniquement de produire moins cher.
3. De nouveaux formats pour les médias et plateformes
Pour les médias français, l’arrivée de studios IA-first comme Sublime ouvre des terrains de jeu concrets :
- contenus personnalisés par audience (visuels, textes, accroches) tout en respectant la ligne éditoriale,
- publicité programmatique créative, où les assets s’adaptent au contexte (heure, météo, contenu lu, centre d’intérêt),
- expériences conversationnelles sur site, app ou voice, nourries par les contenus de la marque ou du média.
Dans une logique de monétisation d’audience, c’est une vraie opportunité : proposer aux annonceurs des activations plus riches, plus interactives, créées par des studios qui maîtrisent déjà ces briques IA.
Deux campagnes IA qui montrent le potentiel : Motorola et Saint-Gobain
Sublime n’est pas qu’un concept. Le studio a déjà livré des campagnes majeures avec des résultats tangibles.
« Styled With Moto » – Motorola
En 2024, Sublime a signé sa première campagne internationale pour Motorola : « Styled With Moto ».
Ce qu’on peut en retenir d’un point de vue marketing :
- Thématique : croiser l’univers du smartphone, de la mode et du design grâce aux modèles génératifs.
- Objectif : montrer qu’un téléphone peut devenir un véritable objet de style, mis en scène dans des environnements visuels créés par IA.
- Bénéfice IA : produire des univers visuels extrêmement variés tout en gardant une cohérence de marque, et orchestrer une campagne globale avec des déclinaisons locales.
Résultat : la campagne a été multi-primée (au total, Sublime revendique une quinzaine de prix sur Motorola + Saint-Gobain). Pour un directeur marketing, cela signifie deux choses :
- L’IA n’empêche pas de faire de la création primée ; au contraire, elle ouvre des territoires visuels nouveaux.
- Une campagne IA-first peut tout à fait tenir la route en TV, social, digital et influence, pas seulement en social content expérimental.
« 7 visions du futur » – Saint-Gobain
Pour Saint-Gobain, Sublime a conçu « 7 visions du futur », une campagne sur la ville de demain.
- Approche : travailler avec des IA artistes pour imaginer des scénarios urbains futurs.
- Sujet : comment visualiser des concepts complexes (architecture durable, matériaux innovants, nouvelles mobilités) de façon accessible mais aspirante.
- Apport IA : générer des villes imaginaires crédibles, cohérentes avec les enjeux climatiques et urbains, sans contraintes de tournage ou de 3D lourde.
Pour une marque B2B ou B2B2C, cette démarche montre un point clé : l’IA est particulièrement pertinente pour les sujets complexes ou invisibles (innovation, R&D, infrastructures, services intangibles). Elle permet de rendre tangible ce qui ne l’est pas encore, avec un impact fort sur la perception de marque.
Comment un studio 100 % IA fonctionne concrètement
Derrière le storytelling, il y a une organisation très opérationnelle. Un studio IA-first comme Sublime repose en général sur quatre piliers.
1. Une team hybride créa x data x tech
Le mythe du « créatif isolé qui appuie sur un bouton magique » ne tient pas. La force de Sublime semble être de combiner :
- Directeurs artistiques / créatifs : pour la vision, la narration, la cohérence de marque.
- Prompt designers / « prompt ninjas » : pour transformer cette vision en requêtes efficaces aux modèles génératifs.
- Développeurs et ingénieurs IA : pour intégrer les modèles, gérer la scalabilité, la qualité et la gouvernance des données.
- Consultants stratégiques : pour ancrer les campagnes dans les enjeux business et médias des clients.
Les agences qui veulent s’y mettre sérieusement doivent arrêter d’opposer créa et IA : les meilleurs résultats viennent des équipes mixtes.
2. Des méthodes IA intégrées au process agence
Ce qui fait gagner du temps, ce n’est pas d’avoir accès aux modèles, mais d’avoir :
- des workflows clairs (de l’idée au prompt, du prompt au storyboard, du storyboard à la livrable campagne),
- des bibliothèques de prompts éprouvés par cas d’usage (social ads, key visuals, moodboards, storyboards, assets DOOH…),
- des règles de validation (qualité, conformité juridique, respect de l’ADN de marque).
Un studio comme Sublime a eu deux ans pour roder tout ça. C’est ce qui fait la différence avec un « test IA » improvisé dans un coin de l’agence.
3. Une approche responsable de l’IA
Même si l’article source ne détaille pas cet aspect, toute agence sérieuse en 2025 doit traiter :
- la question des droits (images d’entraînement, droits d’auteur, licences),
- la traçabilité des contenus générés (qu’est-ce qui est 100 % IA, qu’est-ce qui est retouché, qu’est-ce qui est photographié/tourné ?),
- la performance environnementale (modèles, infra, volume de génération).
Les marques françaises, particulièrement les grands groupes, sont très sensibles à ces sujets. Travailler avec un studio IA qui a une doctrine claire sur ces points devient un critère de sélection.
4. L’intégration avec les écosystèmes médias et data
Dans une série sur l’IA dans les médias et la communication, il y a un enjeu central : connecter la création IA et la donnée média.
Un studio IA-first peut, par exemple :
- alimenter un DCO (Dynamic Creative Optimization) avec des variantes générées par IA,
- produire des scripts conversationnels pour des bots qui s’appuient sur les contenus du média ou de la marque,
- adapter en quasi temps réel les créas à la performance campagne (taux de clic, taux de complétion vidéo, engagement social).
C’est là que les médias français ont une carte à jouer : s’associer à ce type de studio pour proposer aux annonceurs des offres combinant data d’audience + création générative.
Par où commencer si vous êtes une marque ou un média ?
Pour transformer ce type de cas en valeur concrète chez vous, quelques étapes simples fonctionnent bien.
1. Identifier 1 à 2 cas d’usage prioritaires
Plutôt que d’annoncer une « stratégie IA globale » floue, commencez par des questions très opérationnelles :
- Où perdons-nous le plus de temps en création aujourd’hui ?
- Où la personnalisation créative apporterait un vrai uplift média ?
- Quels sujets sont difficiles à représenter (innovation, futur, services immatériels) ?
Les cas d’usage typiques :
- refonte des visuels social media avec IA générative,
- création de key visuals évolutifs pour campagnes digitales,
- vidéos explicatives sur des sujets techniques ou prospectifs,
- expériences conversationnelles éditoriales ou de marque.
2. Choisir un partenaire qui sait industrialiser
Un POC rapide avec un freelance ou un ou une créa passionné(e) d’IA peut être utile. Mais dès que vous touchez à :
- plusieurs marchés,
- plusieurs canaux (TV, DOOH, social, display),
- des enjeux de réputation forts,
un studio structuré comme Sublime fait une vraie différence : gouvernance, qualité, sécurité, capacité à suivre les temps médias.
3. Intégrer l’IA au dialogue entre marketing, média et création
L’IA ne doit pas rester cantonnée aux studios. Pour en tirer le meilleur en France, il faut :
- impliquer les équipes média dès le départ pour anticiper formats et contextes de diffusion,
- faire travailler ensemble créa, data, CRM, éditorial autour d’une même feuille de route IA,
- mesurer précisément l’impact : uplift de performances, baisse des coûts, amélioration des délais, mais aussi gain perçu côté consommateur (préférence de marque, mémorisation, perception d’innovation).
L’IA créative en France : un tournant déjà engagé
Sublime n’est pas un ovni isolé, mais il symbolise bien la phase actuelle : les agences françaises basculent de l’expérimentation IA à l’industrialisation.
Pour les médias et les régies, collaborer avec ce type de studio permet de :
- proposer des dispositifs publicitaires plus riches et plus contextualisés,
- capter des budgets d’activation innovants,
- renforcer leur position de partenaires stratégiques des marques sur l’IA.
Pour les directions marketing et communication, la question n’est plus « faut‑il utiliser l’IA générative ? », mais « avec qui, sur quoi et à quelle échelle ? ». Les cas Motorola et Saint-Gobain montrent qu’on peut déjà :
- produire des campagnes internationales,
- gagner des prix créatifs,
- tout en gardant une vraie cohérence de marque.
Les prochains mois vont se jouer sur un point : la capacité des acteurs français à articuler IA, créativité et responsabilité. Les studios 100 % IA comme Sublime sont aujourd’hui en première ligne. À vous de décider si vous les regardez de loin… ou si vous entrez dans la conversation.