La TV et le streaming génèrent 6,10 € pour 1 € investi en France. Découvrez comment l’IA permet d’en amplifier le ROI et le ROE dans vos plans médias 2026.
La stat est brutale : chaque euro investi en télévision et en streaming en France génère en moyenne 6,10 € de ventes. Et plus de la moitié de cet impact vient… de l’image de marque. Autrement dit, ceux qui coupent trop vite dans la TV ou la vidéo premium pour « tout mettre en digital perf » se tirent une balle dans le pied.
Voici le vrai sujet : dans un marché chahuté, avec une pression énorme sur la rentabilité et la mesure, comment continuer à investir massivement en TV et streaming tout en pilotant au plus fin ? La réponse passe par deux leviers : de meilleures métriques (ROI, ROE, ROI marginal) et une utilisation intelligente de l’IA dans les médias et la communication.
Ce billet s’appuie sur l’étude #ROITV6 de l’ADMTV et d’Ekimetrics, mais va plus loin : on va voir comment ces enseignements se traduisent concrètement dans vos plans médias, comment l’IA peut amplifier (ou ruiner) vos performances, et comment tirer parti de la spécificité du marché français, aujourd’hui plus performant que la moyenne européenne et largement devant les États‑Unis.
1. Télévision et streaming : pourquoi ils restent les champions du ROI
La réalité est simple : la télévision et le streaming restent les médias les plus rentables en France sur la période 2022‑2024.
Les principaux chiffres issus de #ROITV6 :
- 6,1 € de ROI total pour 1 € investi (court + long terme)
- 41 % de contribution aux ventes, pour seulement 35 % des investissements médias
- +14 % d’efficacité sur les autres leviers (search, social, display…) via les effets de synergie
Autrement dit, la TV et le streaming font plus que payer leur part : ils tirent tout le reste vers le haut.
Court terme vs long terme : deux moteurs indissociables
L’étude distingue :
- L’effet court terme (0 à 4 mois) : boost immédiat des ventes, idéal pour les temps forts (Noël, soldes, Black Friday, Coupe du monde, JO à venir, etc.).
- L’effet long terme (+24 mois) : construction de la préférence de marque, du pricing power, de la réassurance… qui continue de générer des ventes bien après la fin de la campagne.
Ce qui change le jeu, c’est que l’étude ne s’arrête pas au « last click » ou au dernier point de contact. Elle mesure la valeur réelle créée par l’exposition massive et répétée de la TV et de la vidéo premium.
Pourquoi ça marche encore aussi fort ?
Trois raisons, très concrètes, que je vois au quotidien chez les annonceurs :
- Couverture massive et rapide : la TV linéaire et les plateformes de streaming premium (AVOD, BVOD, plateformes des chaînes, etc.) permettent de toucher rapidement des millions de personnes avec un cadre de diffusion maîtrisé.
- Crédibilité et contexte : être présent dans un journal télévisé, une grande émission, un prime événementiel ou une série forte n’a pas le même impact psychologique qu’un pré-roll anonyme sur un site obscur.
- Puissance créative : la vidéo longue (20–30 secondes, voire plus en adressée ou en catch‑up) permet de raconter une histoire, de poser un territoire de marque, d’installer des codes visuels… ce que les formats ultra‑courts peinent à faire seuls.
Pour les équipes marketing et médias, la vraie question n’est donc pas “TV ou pas TV ?”, mais plutôt : comment calibrer intelligemment les budgets TV/streaming avec le reste du mix, et comment l’IA peut nous aider à y voir clair ?
2. ROE, ROI marginal : les nouveaux indicateurs qui changent vos arbitrages
L’étude introduit deux KPI particulièrement utiles dans un contexte où « chaque euro doit être justifié » : le ROE (Return on Equity) et le ROI marginal.
Le ROE : mesurer l’impact média sur l’image… et sur les ventes futures
Le ROE mesure l’influence des médias sur la construction de l’image de marque et la base de ventes de long terme.
- ROE mesuré : 0,9 €
- 53 % de l’impact média total provient de l’effet TV + streaming sur l’image (notoriété, considération) se répercutant ensuite sur les ventes à long terme.
Dit autrement : plus de la moitié de la valeur créée par la TV et le streaming ne se voit pas immédiatement dans vos dashboards orientés performance. Elle se matérialise dans :
- une meilleure conversion spontanée sur le search de marque
- une plus grande tolérance au prix
- une préférence en rayon ou sur la home d’une marketplace
- une résilience en période de crise (inflation, bad buzz, concurrence agressive…)
C’est exactement là que l’IA pour les médias et la communication devient clé :
- en reliant vos données de brand tracking (NPS, considération, notoriété) avec vos données de vente
- en modélisant la part des ventes attribuable à la force de marque et non aux seuls stimuli court terme
- en simulant l’impact d’un sous‑investissement TV sur la santé de la marque à 12‑24 mois
Les équipes qui ne suivent que le CPA ou le ROAS à 7 jours passent à côté de cette moitié cachée de la valeur.
Le ROI marginal : savoir quand vos GRP ne servent plus à rien
Le ROI marginal permet d’identifier la zone où chaque euro additionnel rapportera moins, voire presque plus rien. L’étude montre que :
- la TV et le streaming saturent beaucoup moins vite que d’autres canaux (search, social, display)
- ils restent rentables plus longtemps à mesure que l’on augmente les budgets
Concrètement, avec des modèles économétriques poussés (souvent dopés à l’IA), on peut :
- tracer la courbe ROI vs budget pour chaque canal
- identifier la zone optimale d’investissement par média
- réallouer automatiquement une partie des budgets vers les canaux dont le ROI marginal est encore élevé
C’est un sujet où les plateformes d’IA décisionnelle et d’optimisation de mix média apportent une vraie valeur : elles permettent de faire en continu ce que l’on faisait autrefois une fois par an dans un gros MMM figé.
3. La France, championne d’Europe du ROI TV‑vidéo : une opportunité à saisir
Selon #ROITV6, le ROI de la TV et du streaming en France est 10 % supérieur à la moyenne européenne et 23 % supérieur à celui mesuré aux États‑Unis.
Pour un même euro investi, une marque française génère donc plus de valeur que ses homologues étrangères sur ces canaux. Ce n’est pas anecdotique.
Qu’est‑ce qui explique cette surperformance française ?
Plusieurs facteurs structurants :
- Un paysage audiovisuel puissant et structuré : les grands groupes TV français ont développé depuis plusieurs années des offres avancées (TV segmentée, replay enrichi, plateformes propriétaires) qui combinent puissance et précision.
- Une forte consommation de TV et de streaming : malgré la montée des plateformes globales, la TV reste un média de masse en France, complété par une consommation croissante de vidéo à la demande et de streaming gratuit avec publicité.
- Un cadre régulatoire relativement protecteur : en termes de brand safety, de qualité de contenu, de limitation de certaines dérives publicitaires.
Pour une marque française, la conséquence est claire : la TV et le streaming ne sont pas des “reliques” mais une arme stratégique, surtout quand on les couple avec :
- de la publicité adressée (TV segmentée, data logée, ciblage géographique ou socio‑démographique)
- de la création dynamique assistée par IA (variations créas par audience, tests A/B massifs)
- des boucles de mesure unifiées (MMM + MTA + expérimentation)
4. Comment l’IA renforce le ROI de la TV et du streaming en France
Voici le lien direct avec notre série “L’IA dans les Médias et la Communication en France” : l’étude ADMTV‑Ekimetrics s’appuie déjà sur une approche économétrique avancée, proche de ce que font les plateformes d’IA marketing les plus matures.
L’IA intervient à quatre niveaux clés.
4.1 Modéliser l’impact réel des médias (au‑delà du last click)
Les modèles « Marketing Mix Modeling » nouvelle génération utilisent :
- des algorithmes de machine learning pour intégrer des dizaines de variables : pression média, promotions, saisonnalité, concurrence, météo, distribution, etc.
- des données TV et streaming de plus en plus granulaires (GRP par cible, couverture incrémentale, données de TV segmentée…)
Résultat :
On obtient une vision bien plus fiable de l’impact réel de la TV et du streaming sur les ventes, sur 24 mois et plus.
Cela permet de :
- quantifier la valeur de la répétition vs simple couverture
- mesurer la synergie TV x search de marque
- estimer l’impact sur les ventes omnicanales (e‑commerce + magasin)
4.2 Optimiser les plans médias en continu
Là où beaucoup de plans TV étaient figés plusieurs mois à l’avance, l’IA permet :
- de simuler différents scénarios (plus de streaming, moins de TV linéaire, ou l’inverse ; renforcement sur certaines cibles…)
- de calculer le ROI et le ROE attendus par scénario
- d’ajuster en cours de campagne en fonction des signaux réels de performance (ventes, trafic, recherche de marque…)
Un exemple typique :
- en pré‑campagne, vous fixez un mix 60 % TV / 40 % streaming
- après 2 semaines, les modèles montrent un ROI marginal plus élevé en streaming sur les 25‑49 ans
- vous basculez progressivement des GRP TV classiques vers la vidéo adressée et le streaming sur cette cible, tout en gardant la TV pour la couverture mass‑market
4.3 Rendre la création vidéo plus performante
L’IA n’agit pas seulement sur la diffusion, mais aussi sur la création elle‑même :
- analyse automatique de milliers de spots pour identifier les éléments qui corrèlent avec un fort impact mémoriel (logo early vs late, présence de voix off, émotion dominante, tempo…) ;
- génération de variantes créatives pour adapter les messages selon les plateformes, les segments d’audience ou les moments de la journée ;
- tests pré‑diffusion à grande échelle via des panels online ou des environnements simulés.
Pour la TV et le streaming, où le coût de production est plus élevé qu’un simple visuel social, minimiser le risque créatif grâce à l’IA est un avantage concurrentiel net.
4.4 Relier TV, streaming et performance digitale
L’un des reproches récurrents faits à la TV : « je ne vois pas le lien direct avec mes conversions en ligne ». Là encore, l’IA aide à bâtir des ponts de mesure :
- corrélation temps réel entre pics de requêtes de marque et diffusion TV/streaming
- attribution probabiliste entre exposition média (TV, CTV, BVOD) et actions digitales (visites, ajouts au panier, inscriptions…)
- segmentation des foyers ou des utilisateurs pour comprendre qui réagit le plus à quel type de spot
Ce type d’analyse permet par exemple de montrer que :
Sans la campagne TV/streaming, vos performances sur Google Ads, Meta ou Retail Media seraient 15 à 30 % plus faibles.
Et donc de justifier vos budgets auprès d’une direction financière obsédée par le CPA.
5. Concrètement, que faire de ces enseignements en 2026 ?
Si vous êtes directeur marketing, responsable média ou dirigeant de PME/TPE qui commence à tester la TV segmentée, voici une feuille de route pragmatique.
5.1 Repositionner la TV et le streaming comme piliers, pas comme options
- Fixez un niveau plancher d’investissement annuel en vidéo premium (TV + streaming) cohérent avec vos objectifs de couverture et de croissance.
- Arrêtez de juger ces canaux uniquement à l’aune du ROAS court terme : intégrez systématiquement la notion de ROE dans vos bilans.
5.2 Muscler la mesure grâce à l’IA
- Mettez en place un MMM modernisé (souvent opéré par une agence data/IA) pour modéliser l’impact de vos investissements 2022‑2025.
- Ajoutez un brand tracking régulier et exploitable par les modèles.
- Demandez des analyses de ROI marginal pour identifier les zones de sous‑investissement ou de sur‑pression par canal.
5.3 Structurer la collaboration entre média, data et création
- Créez un trio opérationnel : responsable média, responsable data/CRM, responsable création.
- Utilisez des outils d’IA créative pour générer des variantes de vos spots adaptées :
- aux cibles (familles, jeunes adultes, seniors…)
- aux contextes (prime time, replay, plateformes de streaming)
- Testez en conditions réelles via des expérimentations contrôlées (A/B géographiques, périodes de blackout, etc.).
5.4 Anticiper 2026‑2027 : plus d’adressabilité, plus d’IA, plus de pression ROI
La tendance est claire :
- la TV segmentée va continuer de s’étendre
- les plateformes de streaming financées par la publicité vont multiplier leurs offres
- les outils d’IA de planification et de création vont se banaliser
Les acteurs qui vont tirer leur épingle du jeu sont ceux qui :
combinent la puissance historique de la TV française avec la finesse de ciblage du digital et la rigueur des modèles d’IA.
Conclusion : TV, streaming, IA – le nouveau socle de votre efficacité média
Télévision et streaming ne sont pas des médias « d’hier » que le digital aurait ringardisés. Les données #ROITV6 montrent exactement l’inverse : en France, ce sont les champions du ROI média, avec 6,1 € générés pour chaque euro investi, un ROE de 0,9 € et plus de la moitié de l’impact qui provient de l’image de marque.
Dans le cadre de notre série « L’IA dans les Médias et la Communication en France », le message est clair : l’IA n’est pas là pour remplacer ces médias, mais pour révéler toute leur valeur, en mesurant mieux, en optimisant plus finement et en rendant les créations plus efficaces.
Si vous préparez vos plans 2026, la question n’est plus « faut‑il investir en TV et en streaming ? », mais : comment articuler intelligemment TV, streaming et IA pour construire une marque solide, rentable et résiliente dans la durée ?