Havas Play parie sur un modèle d’influence sans marge sur les créateurs. Transparence, data et IA : ce que ça change concrètement pour les marques françaises.
Influence, IA et transparence : la nouvelle donne
Plus d’un demi‑milliard d’euros : c’est le poids minimum du marketing d’influence en France selon l’ARPP. Dans les faits, tout le monde dans le secteur sait que la réalité est largement au‑dessus. Et pourtant, en 2025, une grande partie de ces budgets reste opaque : commissions cachées, droits mal cadrés, indicateurs flous.
Voici le paradoxe : on utilise de l’IA pour optimiser chaque impression média, mais on reste dans le brouillard sur la valeur réelle des créateurs. Havas Play, via la voix d’Émilie Cabanié, prend le problème à contre‑courant avec un choix radical : ne jamais marger sur les cachets des créateurs et traiter l’influence comme un levier média mesurable comme la TV ou le display.
Ce choix n’est pas qu’éthique. Il annonce une façon beaucoup plus saine de connecter IA, data et influence marketing. Pour les annonceurs français qui veulent structurer leur stratégie d’influence en 2026, c’est une vraie opportunité de reprendre la main.
1. Pourquoi arrêter de marger sur les créateurs change tout
Un modèle sans marge sur les cachets des créateurs rétablit la confiance et permet enfin de mesurer l’influence comme un média.
Havas Play fait un choix simple :
- les cachets des créateurs sont facturés au réel, sans sur‑marge,
- l’agence se rémunère uniquement au temps passé (conseil, stratégie, pilotage, reporting).
Résultat :
- le client sait exactement combien touche le talent,
- combien il paie pour la prestation de conseil,
- et peut comparer ses résultats aux autres leviers médias, avec des KPI homogènes.
« Notre postulat est de mesurer l’influence comme n’importe quel levier média. » – Émilie Cabanié
Ce que ça change pour un directeur marketing
Dans un modèle classique, impossible de savoir si :
- un créateur coûte 20 000 €…
- ou si son cachet réel est 14 000 € + 6 000 € de marge agence cachée.
Dans le modèle Havas Play :
- 20 000 € = 20 000 € pour le talent, point.
- La rémunération de l’agence est distincte et assumée.
Cette clarté permet de :
- calculer un CPM (coût pour mille) ou CPC réellement comparables à ceux de la TV, du display, de la vidéo online,
- alimenter des outils d’optimisation budgétaire pilotés par l’IA (mix média modeling, attribution multi‑touch, etc.),
- justifier ses choix de mix devant une direction financière ou un COMEX.
La transparence n’est pas qu’une question de morale, c’est un prérequis technique pour brancher correctement vos budgets influence sur vos algorithmes d’optimisation média.
2. Mesurer l’influence comme un média : où l’IA devient utile
Dès que les coûts réels des créateurs sont connus, l’IA peut analyser l’influence comme n’importe quel inventaire média.
Avec un coût net par créateur, on peut nourrir une vraie logique de performance :
- coût pour 1 000 impressions (CPM),
- coût par clic (CPC),
- coût par visite qualifiée, par lead ou par vente,
- coût par engagement profond (commentaire, UGC, inscription, etc.).
C’est exactement là que les outils d’IA deviennent stratégiques pour les médias et agences françaises.
Comment l’IA peut structurer le marketing d’influence
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Scoring des créateurs
En combinant données historiques et benchmarks sectoriels, un modèle IA peut :- comparer les performances d’un même talent d’une campagne à l’autre,
- identifier ceux qui sur‑performent réellement par rapport à leur base habituelle,
- repérer les créateurs « chers mais justifiés »… et ceux qui sont surcotés.
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Prévisions de performance
Avec des données propres (coûts réels, KPI harmonisés), on peut prédire :- la portée attendue d’une campagne multi‑créateurs,
- l’impact sur les ventes ou les leads,
- l’effet combiné avec d’autres médias (TV + influence, DOOH + influence, etc.).
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Optimisation budgétaire en temps réel
En cours de campagne, l’IA peut recommander :- d’intensifier le partenariat avec un talent qui sur‑performe,
- de réduire la voilure sur un créateur en dessous des benchmarks,
- de réallouer une partie du budget vers du paid social amplifiant les meilleurs contenus.
La condition de base pour que ces modèles d’IA soient fiables ? Arrêter les marges cachées et disposer de coûts honnêtes à la ligne.
3. Agents, talents, agences : vers une chaîne de valeur régulée
Le marché français de l’influence ne sera vraiment mature que lorsque chacun saura qui gagne quoi, à quel moment et pourquoi.
Aujourd’hui, on trouve :
- des agents qui prennent légitimement 20 à 30 % en tant qu’apporteurs d’affaires et accompagnateurs,
- des agences de talents qui fonctionnent avec des rosters exclusifs,
- des agences conseil comme Havas Play qui ne représentent pas de talents mais orchestrent la stratégie.
Le problème n’est pas la commission en soi. Le problème, c’est le flou :
- commissions non explicitées au client,
- sessions de droits floues (on vend un mois d’utilisation, la campagne dure six mois),
- mélange des genres entre représentation de talents et achat d’espace.
Ce que la future régulation va probablement accélérer
Avec les discussions autour d’une nouvelle étape de la loi Influence, et peut‑être un jour une sorte de « Sapin 3 » :
- les intermédiaires devront clarifier leur rôle : agent de talent, agence média, plateforme…
- les marges devront être encadrées ou à minima clairement contractualisées,
- la traçabilité des droits (durée, territoires, formats, réutilisations en paid media) devra être béton.
Havas Play anticipe ce mouvement en alignant son modèle sur cette future logique :
- pas d’exclusivité sur des talents,
- pas de marge cachée sur les cachets,
- une offre centrée sur la stratégie, la création et l’exécution rigoureuse.
C’est exactement ce dont l’IA a besoin pour travailler de façon fiable : une chaîne de valeur lisible, où les algorithmes peuvent distinguer le coût du reach, le coût du conseil, le coût des droits… et pas un mélange opaque.
4. Cas Nissan Micra x Gringe : quand l’insight et la data se rencontrent
Une bonne campagne d’influence naît rarement d’un simple casting de gros comptes. Elle naît d’un insight juste, validé par la data.
La campagne Nissan Micra avec le rappeur Gringe en est un bon exemple :
- relance de la Micra, absente du marché depuis longtemps,
- une vieille vidéo de la série « Bloqués » où Gringe cite… la Nissan Micra automatique beige comme voiture idéale,
- la nouvelle Micra sort en bleu électrique… mais Nissan fait livrer une Micra beige spécialement pour lui.
Ce qui fait la force de l’opération :
- un lien culturel authentique entre la marque et le talent,
- une histoire déjà inscrite dans la mémoire des réseaux,
- une activation calibrée, cadrée contractuellement, mais qui reste très naturelle.
Où l’IA peut renforcer ce type de campagne
Dans un contexte IA + influence, on peut aller plus loin en amont et en aval :
- Social listening IA : repérer systématiquement ces signaux faibles (mentions spontanées de produits, running gags, memes) pour nourrir les équipes créatives.
- Analyse sémantique : vérifier que le ton, les champs lexicaux et les références du créateur collent à l’ADN de la marque.
- Modélisation d’impact : mesurer objectivement l’effet de la campagne sur la notoriété, les recherches de marque, le trafic site et les ventes, en comparant à des benchmarks sectoriels.
La créativité reste humaine, mais l’IA sert d’exosquelette : elle aide à détecter les bons insights et à prouver la valeur de l’idée a posteriori.
5. Comment un annonceur français peut s’inspirer de ce modèle dès maintenant
Toute marque qui investit dans l’influence en 2026 peut déjà adapter quelques principes simples pour sécuriser ses budgets et préparer l’arrivée massive de l’IA dans les médias.
1. Exiger une transparence chiffrée
Pour chaque campagne d’influence, demandez :
- le cachet individuel de chaque créateur, distinct de la rémunération agence,
- le détail des commissions agents / agences de talents,
- la valeur des droits (durée, territoires, formats, usages paid).
Sans cette base, vos dashboards d’IA resteront approximatifs.
2. Structurer vos KPI comme un média
Calquez vos indicateurs influence sur vos autres leviers média :
- CPM, CPC, coût par lead, coût par vente,
- taux de complétion vidéo, taux de clic, taux d’engagement réel,
- comparaison systématique à ce que fait d’habitude le talent et au benchmark catégorie.
Cette harmonisation est la condition pour utiliser des outils d’optimisation IA tout en gardant une grille de lecture compréhensible pour vos équipes et votre DAF.
3. Muscler votre partenaire IA / data
Avec un socle de données propres, un partenaire data ou IA peut :
- créer un score de performance créateur propre à votre marque,
- vous recommander des profils émergents dont le rapport qualité / prix est excellent,
- simuler différents scénarios de budget influence dans votre mix global (TV + social + influence + search, etc.).
La réalité est simple : plus votre chaîne de valeur est transparente, plus vos investissements sont intelligents.
6. Influence, IA et transparence : la suite logique pour les médias français
Le marketing d’influence en France arrive à un tournant :
- d’un côté, un marché qui pèse déjà des centaines de millions d’euros, appelé à croître encore en 2026,
- de l’autre, une régulation qui se durcit, des créateurs qui se professionnalisent et des annonceurs qui exigent des preuves.
Le modèle porté par Havas Play – pas de marge sur les cachets, facturation au temps passé, mesure média rigoureuse – s’inscrit dans une tendance de fond : rendre l’influence compatible avec les outils d’IA marketing, d’attribution et de pilotage du mix média.
Pour les éditeurs, agences et marques qui suivent la série « L’IA dans les Médias et la Communication en France », le message est clair :
- l’IA ne remplacera pas la relation avec les talents,
- mais elle pénalise mécaniquement les modèles opaques,
- et valorise ceux qui assument leurs marges et leurs rôles.
Les prochains leaders de l’influence en France ne seront pas seulement les plus créatifs. Ce seront ceux qui sauront brancher proprement l’influence sur leurs architectures data et IA, avec une chaîne de valeur lisible de bout en bout.
La question, maintenant, n’est plus « faut‑il aller vers la transparence ? », mais : à quelle vitesse vous voulez rejoindre ceux qui y sont déjà.