Les agences médias indépendantes françaises, comme Bespoke, montrent comment l’IA peut booster performance, média et shopper sans sacrifier la singularité des marques.
Agences médias indépendantes : pourquoi l’IA change la donne
La plupart des annonceurs se trompent sur un point : ils pensent que seules les très grosses agences peuvent vraiment tirer parti de l’IA et de la data. La réalité ? Les agences médias indépendantes, comme Bespoke dirigée par Céline Laporte et membre de l’AAMI, sont souvent plus rapides, plus agiles… et parfois plus pertinentes dans l’usage de l’intelligence artificielle.
Lors du We Love Media Festival du 13/11/2025 à la Gaîté Lyrique, les 12 dirigeant·e·s d’agences de l’AAMI ont rappelé à quel point le paysage média français est en pleine réinvention : IA générative, publicité programmatique, personnalisation temps réel, mesure de la performance shopper. Bespoke, agence « Conseil en Performance, Media et Shopper », en est un bon exemple : son ADN de singularité de marque s’articule désormais avec un usage très concret de l’IA.
Ce billet, dans le cadre de la série « L’IA dans les Médias et la Communication en France », s’appuie sur l’interview de Céline Laporte pour aller plus loin : comment une agence indépendante peut marier créativité, performance et IA ? Et surtout, comment un annonceur français peut en tirer profit dès 2026 ?
1. Ce qui fait la force des agences médias indépendantes
Les agences médias indépendantes sont aujourd’hui des laboratoires d’expérimentation autour de l’IA et de la data. Elles n’ont pas la puissance de feu des groupes internationaux, mais elles ont autre chose : l’alignement business + proximité + réactivité.
Un modèle centré sur la performance et la singularité
Bespoke se positionne comme agence Conseil en Performance, Media et Shopper. Concrètement, cela se traduit par trois obsessions :
- mesurer l’impact réel des investissements médias (chiffre d’affaires, ventes incrémentales, trafic en magasin ou e-commerce) ;
- relier les points entre exposition média, comportements shoppers et ventes ;
- faire émerger la singularité de chaque marque dans des environnements ultra saturés (TV, social, retail media, DOOH, audio, etc.).
Ce positionnement colle parfaitement aux nouveaux usages de l’IA : un moteur statistique puissant pour optimiser, oui, mais toujours au service d’une territorialité de marque claire. Sans ça, on ne fait que générer du volume… vide de sens.
Une culture test & learn que l’IA accélère
Les indépendants peuvent prendre des décisions en quelques jours là où de grands groupes ont besoin de plusieurs comités. Sur l’IA, ça change tout :
- mise en place rapide de POC IA sur une campagne (créa dynamique, ciblage, scoring d’audience) ;
- arbitrages quasi-immédiats sur les partenaires AdTech ou les modèles de scoring à garder ou à abandonner ;
- adaptation des organisations (nouveaux profils data, formation des équipes média, intégration de prompts IA dans les process).
J’ai constaté que les agences indépendantes qui s’en sortent le mieux posent une règle claire : l’IA est un co-pilote, pas un pilote automatique. Bespoke illustre bien cette approche : les outils d’IA sont intégrés, mais la stratégie reste pilotée par des humains qui connaissent les marchés français, les distributeurs, les relais d’opinion.
2. Comment l’IA transforme le conseil média et shopper
L’IA n’est plus un sujet de slides. Elle est déjà au cœur de la planification média, de la création de contenu et de la performance shopper. Voici comment une agence comme Bespoke peut l’utiliser concrètement.
Planification média pilotée par la data et l’IA
Sur la partie média, l’IA permet trois sauts qualitatifs majeurs :
-
Modélisation d’audience avancée
- construction de segments d’audience à partir de comportements réels (navigation, achats, expositions passées) ;
- lookalike « intelligent » qui tient compte non seulement du profil socio-démo, mais aussi de la probabilité de conversion.
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Optimisation des plans médias en continu
- algorithmes qui réallouent les budgets entre canaux (TV connectée, social, search, retail media…) en fonction des performances observées en temps quasi réel ;
- scénarios « si on coupe tel levier de 20 %, quel impact sur le CA ? » grâce à des modèles d’attribution avancés.
-
Prédiction des ventes et des visites
- usage conjoint des historiques de campagne, de la saisonnalité et des données externes (météo, calendrier, promo retail) ;
- ajustement des pressions média pour coller aux enjeux commerciaux (rupture de stock, push d’innovation, déstockage, etc.).
Pour un directeur marketing français, l’enjeu est simple : arrêter de piloter au feeling. Une agence indépendante outillée en IA devient un partenaire de pilotage business, pas juste un « acheteur d’espaces ».
IA et parcours shopper : du rayon au panier
Sur la dimension shopper, Bespoke se situe là où peu d’agences média vont vraiment : le lien précis entre exposition et achat. L’IA aide notamment sur :
- l’analyse de tickets de caisse et data retailers pour comprendre quelles combinaisons de canaux poussent réellement à l’achat ;
- la personnalisation des créations (bannières, vidéos, messages en drive-to-store) selon le type de magasin, la zone géographique, la sensibilité prix ou promo ;
- la mesure incrémentale : quelle part des ventes est vraiment liée aux actions média vs. à la tendance naturelle de la marque ?
En 2025, plusieurs campagnes sur le marché français ont montré des hausses de ventes de l’ordre de +10 à +25 % lorsqu’un plan média IA-driven était correctement relié à des mécaniques shopper (promos ciblées, mise en avant en rayon, retail media coordonné). Ce type de performance devient très difficile à atteindre sans une agence qui maîtrise à la fois data, IA et mécanique de distribution.
3. Création de contenu et IA : singularité ou standardisation ?
L’un des risques de l’IA générative, c’est de produire des contenus ultra standardisés – mêmes tournures, mêmes visuels, mêmes claims. Pour une agence qui revendique la « singularité des marques » comme Bespoke, la question est cruciale : comment utiliser l’IA sans diluer l’ADN de marque ?
Cadre éditorial d’abord, IA ensuite
Les agences les plus matures suivent une logique claire :
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Définir un cadre de marque solide
- plateforme de marque ;
- territoires d’expression ;
- ton, champs lexicaux, lignes rouges.
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Entraîner et briefer les outils d’IA
- création de prompts structurés alignés sur ce cadre ;
- mise en place de bibliothèques de messages validés (claims, RTB, proof points) injectées dans les outils.
-
Garder la main sur la validation créative
- l’IA produit des variantes, le directeur de création et le stratège choisissent, affinent, réécrivent.
Cette combinaison permet des gains très concrets :
- volume de tests créatifs beaucoup plus élevé (A/B/C/D au lieu d’un simple A/B) ;
- adaptation des assets à chaque plate-forme (TikTok, YouTube, retail media, DOOH) sans exploser les coûts ;
- alignement global sur la marque, même avec une multiplicité de créas.
IA créative et performance média : un duo puissant
L’IA n’est pas seulement utile pour écrire des textes ou générer des images. Couplée à la data média, elle permet de boucler la boucle :
- analyse des performances créatives (taux de clic, temps de visionnage, taux de conversion) ;
- génération automatique de nouvelles variantes en se basant sur ce qui fonctionne le mieux ;
- recommandations intelligentes : « réduire la longueur du message de 20 % », « mettre le prix dans les 2 premières secondes », etc.
Une agence comme Bespoke, qui a déjà la culture de la performance, peut ainsi transformer l’IA en atelier créatif augmenté. Le résultat : des campagnes plus pertinentes, produites plus vite, avec un niveau de personnalisation élevé, sans sacrifier la cohérence de marque.
4. 2025-2026Â : les grands chantiers IA des agences comme Bespoke
Les propos de Céline Laporte au We Love Media Festival s’inscrivent dans un contexte plus large : 2025 a été l’année de la prise de conscience généralisée, 2026 sera celle de l’industrialisation de l’IA dans les médias et la communication.
Voici les chantiers que je vois se dessiner pour des agences indépendantes comme Bespoke :
1. Structurer un « stack IA » maison
- choix clair des outils (IA génératives, suites analytiques, plateformes média) ;
- mise en cohérence avec les systèmes de mesure existants (BI, CRM, DMP, CDP) ;
- documentation interne et process d’usage pour éviter le bricolage.
2. Former les équipes métiers
Les planneurs, traders média, account managers et créatifs doivent tous monter en compétence sur l’IA, mais pas de la même manière :
- planners & stratèges : savoir lire des modèles, challenger les biais, traduire les résultats IA en décisions business ;
- teams média : piloter des campagnes enrichies par l’IA (bidding, ciblage, optimisation créa) ;
- créatifs : maîtriser les prompts, les logiques de variations, les limites légales et éthiques.
3. Sécuriser la partie éthique et juridique
En France, RGPD, droits d’auteur, transparence des traitements sont des sujets sensibles. Une agence responsable doit :
- clarifier les usages IA dans ses contrats client ;
- s’assurer de la conformité des partenaires tech ;
- poser des garde-fous : pas de deepfakes trompeurs, pas d’usurpation de voix ou d’image, pas d’usage douteux des données sensibles.
4. Rapprocher marketing, média et directions générales
L’IA média et shopper ne concerne plus seulement les directions marketing. Quand une agence comme Bespoke démontre qu’un ajustement de mix média peut générer +15 % de marge, la direction générale entre dans la boucle. Les agences indépendantes ont une carte à jouer ici : parler business, pas seulement GRP, CPM ou impressions.
5. Comment un annonceur peut tirer parti d’une agence indépendante IA-native
Pour une marque française, travailler avec une agence indépendante membre de l’AAMI, comme Bespoke, a un avantage concret : on peut tester vite, mesurer vraiment, décider simplement.
Quelques pistes très opérationnelles :
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Commencer par un audit IA & data de l’écosystème média
- quelles datas sont déjà disponibles (CRM, e-commerce, retailers, analytics) ?
- quels quick wins IA sont possibles en 3–6 mois ?
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Lancer un pilote IA sur une seule BU ou un seul canal
- par exemple : campagne retail media + IA sur un réseau de distribution précis ;
- objectif clair : ventes incrémentales, trafic magasin mesuré, ROAS.
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Mesurer et documenter les résultats
- construction d’un modèle d’attribution adapté au business ;
- partage des learnings en interne pour embarquer les autres équipes.
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Industrialiser progressivement
- élargir aux autres gammes, autres enseignes, autres canaux ;
- intégrer les outils IA dans les process réguliers (briefs, bilans, comités.
Cette démarche fonctionne particulièrement bien avec une agence comme Bespoke, habituée à la performance et à la logique shopper, et avec des dirigeants comme Céline Laporte qui connaissent très finement les réalités opérationnelles du marché français.
Pourquoi le moment est idéal pour passer à l’IA (avec les bons partenaires)
Les signaux sont alignés : maturité technologique, pression sur les budgets, explosion des inventaires média, exigences de mesure des directions générales. Les agences médias indépendantes françaises, rassemblées au sein de l’AAMI et mises en lumière par le We Love Media Festival, sont en train de devenir des partenaires stratégiques pour structurer l’usage de l’IA dans la communication.
Bespoke illustre bien ce mouvement : une culture forte de la singularité des marques, une obsession de la performance et une montée en puissance IA au service du média et du shopper. Pour un annonceur, collaborer avec ce type d’agence, c’est reprendre la main : sur ses données, sur ses arbitrages budgétaires, sur la cohérence de sa communication.
Si vous réfléchissez à votre roadmap 2026, la vraie question n’est plus « faut-il utiliser l’IA dans nos médias ? » mais « avec qui la structurer pour qu’elle serve notre marque, nos ventes et nos équipes ? ». Les agences médias indépendantes IA-native sont clairement candidates pour répondre à cette question.