GEO, IA générative et fin des 10 liens bleus : que faire ?

L'IA dans les Médias et la Communication en FranceBy 3L3C

Le SEO classique ne suffit plus. GEO, IA générative, fin des 10 liens bleus : voici comment adapter vos contenus pour être cités par ChatGPT, Gemini et consorts.

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Pourquoi écrire “comme un humain” devient un handicap… pour le SEO

Plus d’un contenu sur deux indexé sur le web serait déjà produit par l’IA. Dans le même temps, près de 60 % des recherches finissent sans clic car la réponse est donnée directement par Google, par un moteur conversationnel ou par un résumé IA. Pour les médias, les agences et les marques, cela change tout : on ne se bat plus seulement pour un clic sur un lien bleu, mais pour être cité par les moteurs génératifs.

C’est exactement ce que décrit Jérémy Lacoste (DG d’Eskimoz France) dans Comptoir IA : d’ici 1 à 3 ans, écrire “comme un humain” pourrait devenir un handicap pour la visibilité, car les contenus qui ne rentrent pas dans les schémas des LLM (ChatGPT, Gemini, etc.) seront tout simplement moins repris.

Ce billet s’inscrit dans notre série “L’IA dans les Médias et la Communication en France”. L’objectif : aider les équipes marketing, éditoriales et retail media à passer d’un vieux réflexe SEO à une approche GEO – Generative Engine Optimization orientée moteurs d’IA.


1. Du SEO au GEO : ce qui change vraiment pour les médias et les marques

La bascule est simple à résumer : le SEO classique optimisait des pages pour des moteurs de recherche, le GEO optimise des contenus pour des moteurs génératifs.

De l’exigence “zéro IA” à “100 % IA dans les appels d’offres”

En janvier 2025, beaucoup d’annonceurs français refusaient encore le contenu généré par IA. Six mois plus tard, selon Eskimoz, l’utilisation de l’IA est devenue une exigence dans 100 % des appels d’offres. La bascule psychologique est faite : on ne se demande plus “si” on utilise l’IA, mais “comment” et “où elle apporte le plus de valeur”.

Pour les médias et les agences de communication, cela veut dire :

  • arrêter d’opposer “rédaction humaine” et “texte IA”,
  • penser architecture, structuration et données pour que les moteurs comprennent et réutilisent les contenus,
  • industrialiser la production sur les contenus froids, pour réserver l’humain à l’angle, à l’enquête, à la créativité.

“Dans un à trois ans, avoir de la rédaction 100 % humaine sera presque un handicap parce qu’elle ne correspondra pas aux schémas d’interprétation des modèles.”

Cette phrase choque, mais elle est logique : les LLM sont entraînés sur des masses de contenus standardisés, balisés, structurés. Un texte brillant mais mal structuré, sans données explicites, sera moins exploitable par une IA qu’un contenu clair, chiffré, bien segmenté.

GEO : être cité par ChatGPT, Perplexity, Gemini & co

Le Generative Engine Optimization (GEO) vise un objectif précis :

  • apparaître comme source de confiance dans les réponses d’IA génératives,
  • être cité, résumé, paraphrasé par ces outils quand un internaute pose une question,
  • donc gagner en visibilité même sans clic traditionnel.

Concrètement, pour un média français ou une enseigne retail :

  • un article comparatif bien structuré sur les coûts de livraison pourra être cité par un moteur IA qui conseille un consommateur,
  • un guide pratique sur la fidélisation client en magasin pourra devenir une référence “quasi académique” pour les réponses B2B des IA.

Le GEO ne remplace pas le SEO, mais il déplace la bataille : on ne se bat plus forcément pour la première position sur Google, mais pour la première citation dans la réponse IA.


2. La fin des 10 liens bleus : multimodal, zéro-clic et impact sur le retail

Google n’est plus un simple annuaire de pages web. Une recherche sur deux inclut déjà images, vidéos, carrousels, encarts IA. Et le taux de zéro-clic dépasse les 60 %. Pour les acteurs du retail et des médias, cela créé trois enjeux majeurs.

Enjeu 1 : capter l’attention sans forcément obtenir le clic

Si l’utilisateur trouve sa réponse dans un encart IA ou dans un panneau latéral, votre visibilité de marque devient au moins aussi importante que le trafic.

En pratique, cela implique de :

  • travailler des formulations courtes et citables (phrases qui peuvent être reprises telles quelles par les IA),
  • intégrer des chiffres clés (prix, délais, pourcentages, dates) que les moteurs adorent extraire,
  • soigner les données structurées (produits, avis, FAQ) pour nourrir les réponses enrichies.

Pour un site e‑commerce ou une enseigne de distribution, ça veut dire :

  • fiches produits enrichies avec FAQ, comparatifs, tableaux,
  • contenus éditoriaux type “conseils d’achat” formatés pour l’extraction : listes à puces, sous-titres clairs, exemples concrets.

Enjeu 2 : le multimodal comme norme, pas comme bonus

Les audiences françaises consomment déjà les contenus sous plusieurs formats dans un même parcours :

  • elles scannent les résultats sur Google,
  • elles regardent une vidéo courte sur un réseau social,
  • elles demandent ensuite à une IA conversationnelle de synthétiser ou de comparer.

La même information doit donc être :

  • lisible par un algorithme texte (LLM),
  • attractive en image ou en vidéo,
  • cohérente d’un canal à l’autre.

Pour un réseau de magasins de mode, par exemple :

  • un article éditorial sur les tendances de l’hiver,
  • des vidéos verticales pour TikTok/Instagram,
  • un descriptif produit détaillé sur le site,
  • tous alignés sur les mêmes arguments de marque et les mêmes données chiffrées.

Enjeu 3 : mesurer la visibilité dans les LLM, pas seulement sur Google

Eskimoz parle d’un outil propriétaire LLM Ranking pour mesurer la visibilité dans les modèles de langage. C’est une logique à adopter rapidement :

  • ne plus se contenter de la Search Console,
  • tester régulièrement les réponses des IA à vos requêtes stratégiques,
  • documenter où votre marque est citée, où vos concurrents le sont plus.

Un rituel mensuel simple : taper les 20 questions clés de votre business dans 2 ou 3 IA différentes et noter les résultats. Vous verrez vite si vos contenus sont “aspirés” ou totalement ignorés.


3. Reddit ne sauvera pas votre SEO en France : où investir vraiment

Beaucoup d’analyses américaines ont sacré Reddit comme nouvelle clé du SEO. En France, c’est largement surévalué. Le trafic, les usages et la culture des forums ne sont pas les mêmes.

Pour les IA génératives et pour la visibilité de marque, les vraies zones d’influence en France sont ailleurs.

Miser sur les médias spécialisés et la presse de référence

Les LLM s’appuient massivement sur des sources jugées fiables :

  • médias spécialisés sectoriels (retail, santé, finance, culture…),
  • grands titres de presse français,
  • études, rapports, observatoires.

Pour une marque retail ou un média :

  • travailler son présence éditoriale dans ces titres (tribunes, interviews, cas clients),
  • donner des chiffres exclusifs, des insights marché, des données de panel,
  • soigner les backlinks… mais surtout la qualité perçue du média qui vous cite.

Forum, verbatim client et social media indexés par les LLM

Les propos de Jérémy Lacoste vont dans un sens très clair : les moteurs génèrent des réponses à partir de ce que les gens disent vraiment des marques.

Priorité donc à :

  • les forums spécialisés encore très vivants en France (auto, bricolage, santé, gaming, beauté…),
  • les verbatims clients exploitables : avis, questions-réponses, retours d’expérience,
  • les réseaux sociaux, qui sont désormais largement indexés par les LLM.

Pour les équipes communication et retail media :

  • encourager les avis détaillés sur vos produits (et pas juste 5 étoiles),
  • répondre publiquement aux questions récurrentes, pour que ces réponses entrent dans le corpus,
  • intégrer dans votre calendrier éditorial des contenus FAQ, “problème/solution”, comparatifs qui reprennent les mots des clients.

L’IA adore les formulations simples de type :

  • “Le principal avantage de X est…”
  • “X coûte en moyenne Y €…”
  • “Pour choisir X, voici les 3 critères à regarder…”

Ces phrases sont presque des “crochets” pour moteurs génératifs.


4. Le nouveau paradigme : optimiser tout l’écosystème, pas seulement votre site

Le vieux réflexe SEO, c’était : “mon site, mon blog, mes pages produit”. Le nouveau réflexe GEO : toutes les plateformes où votre marque est mentionnée.

Retour du brand content et des RP “à l’ancienne”

Paradoxalement, l’IA nous ramène à un marketing très classique :

  • relations presse solides,
  • storytelling de marque,
  • cohérence de discours sur tous les canaux.

Pourquoi ? Parce que :

  • les LLM valorisent les sources multiples et concordantes,
  • une marque citée dans 10 médias différents, avec les mêmes messages clés, sera plus crédible qu’un site isolé.

Concrètement, pour un acteur du retail :

  • soigner les dossiers de presse avec des données réutilisables (dates, chiffres, citations courtes),
  • multiplier les cas clients détaillés, publiés sur des sites partenaires,
  • développer des collaborations éditoriales avec des médias spécialisés.

Optimiser fiches Google Business, marketplaces, réseaux sociaux

Pour un commerçant ou une enseigne :

  • Google Business Profile : horaires, services, FAQ, photos, descriptions riches,
  • Marketplaces : fiches produits ultra détaillées, questions/réponses, comparatifs,
  • LinkedIn, Instagram, TikTok : posts qui intègrent vos messages clés sous une forme simple, réutilisable par une IA.

L’objectif : qu’un moteur génératif qui “parcourt” l’écosystème de votre marque trouve partout la même histoire, les mêmes preuves, les mêmes chiffres.


5. Comment adapter concrètement vos contenus à l’IA générative

Écrire pour l’IA ne veut pas dire écrire pour des robots. Cela veut dire rendre le contenu compréhensible, structuré et exploitable – pour les moteurs comme pour les humains.

5 principes d’écriture GEO-friendly

  1. Répondre d’abord, détailler ensuite
    Commencez chaque section par l’idée clé, puis développez. Les IA préfèrent les réponses courtes qu’elles peuvent citer.

  2. Utiliser chiffres et ordres de grandeur
    “+47 % de ventes en ligne sur 6 mois” est infiniment plus puissant pour un moteur qu’un “forte progression du e‑commerce”.

  3. Segmenter avec des H2 / H3 clairs
    Des titres qui ressemblent à des questions ou à des mini-réponses : Comment l’IA change le SEO en France, Pourquoi le zéro-clic explose.

  4. Lister quand c’est utile
    Les listes à puces, étapes numérotées, checklists sont faciles à reprendre par les IA.

  5. Multiplier les exemples concrets
    Cas d’usage retail, scénario client, témoignage : les IA les utilisent comme illustrations dans leurs réponses.

Un workflow IA réaliste pour une équipe marketing ou édito

Pour une rédaction, une agence media ou un service marketing retail, un bon équilibre ressemble souvent à ça :

  • l’IA génère brouillons, plans, variantes de titres, FAQ ;
  • l’humain choisit l’angle, challenge les idées, vérifie les faits et reformule pour coller à la marque ;
  • l’équipe structure le tout pour le GEO : titres, résumés, chiffres, extraits citables.

Chez Eskimoz, Jérémy Lacoste parle de 15 agents GPT en production et de référents IA par BU. C’est le bon niveau d’ambition : l’IA comme infrastructure de production, pas juste comme gadget créatif.


6. Et maintenant ? Mettre votre marque à l’heure du GEO

La tension est claire : pendant qu’on nous promet des AGI philosophiques, les plateformes se préparent surtout à monétiser l’attention – “on attendait les AGI, on aura du porn et des ads”. Le risque d’“enshittification” existe, mais il ne doit pas paralyser les décisions.

Ce qui compte pour une marque, un média ou une enseigne de distribution en France d’ici 2026-2027 :

  • traiter l’IA comme une brique centrale de la stratégie de contenu, pas comme un gadget,
  • penser chaque contenu comme un actif réutilisable par les moteurs génératifs,
  • élargir le SEO à tout l’écosystème : presse, réseaux sociaux, avis clients, marketplaces.

La série “L’IA dans les Médias et la Communication en France” suit toutes ces mutations : création de contenu, personnalisation éditoriale, publicité programmatique, analyse d’audience… Le fil rouge est le même : l’IA ne remplace pas le travail éditorial, elle redéfinit où il crée vraiment de la valeur.

La bonne question n’est donc plus “est-ce que l’IA va tuer le SEO ?”, mais :

À quel point ma marque est-elle préparée à être comprise, citée et recommandée par les IA qui filtrent déjà l’information pour mes clients ?

Le moment est idéal pour auditer vos contenus, revoir votre stratégie de visibilité et construire, enfin, un plan GEO à la hauteur des enjeux.

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