Factures électroniques : la stratégie Rossel à copier

L'IA dans les Médias et la Communication en France••By 3L3C

Comment Rossel automatise 100 000 factures/an avec un duo ERP + IA, et ce que les médias français et leurs experts-comptables peuvent en tirer dès maintenant.

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Rossel traite près de 100 000 factures fournisseurs par an entre la France et la Belgique. Pendant longtemps, une telle volumétrie signifiait saisies manuelles, relances internes et pertes de temps côté compta.

Aujourd’hui, le groupe de presse a basculé sur un duo ERP Sage X3 + Sage Youdoc qui automatise la dématérialisation, la reconnaissance des données et le circuit de validation. Ce choix d’interopérabilité intéresse directement les éditeurs et régies médias français… et leurs experts-comptables, à l’heure où la facture électronique devient obligatoire d’ici 2026.

Voici pourquoi l’approche de Rossel est pertinente, comment elle fonctionne concrètement, et comment vous pouvez vous en inspirer pour vos propres flux de factures dans les médias et la communication.


1. Pourquoi la dématérialisation des factures est devenue stratégique dans les médias

Pour un groupe média, les factures fournisseurs ne sont pas un simple sujet administratif. Elles conditionnent la marge par titre, la visibilité sur le coût des contenus, des impressions, de la tech pub, mais aussi la capacité à investir vite.

Dans un environnement oĂą :

  • les revenus publicitaires sont volatils,
  • les investissements tech (adtech, martech, IA Ă©ditoriale) explosent,
  • et la rĂ©glementation française sur la facture Ă©lectronique obligatoire se prĂ©cise,

continuer à gérer des factures papier ou PDF par mail comme il y a 15 ans n’a plus de sens.

Ce que Rossel a compris très tôt :

« Parmi nos leviers de centralisation, Sage X3 occupe une place importante. C’est le cœur de notre système d’information financière. »
Delphine Heureux, IT Domain Manager, Rossel

Autrement dit : si le cœur financier est solide et bien connecté, tout le reste de la transformation numérique (publicité programmatique, IA de recommandation de contenus, pilotage des coûts rédactionnels) devient plus simple.

Pour les experts-comptables de groupes médias français, c’est une vraie opportunité : industrialiser la facture électronique, fiabiliser les données et se repositionner sur l’analyse et le pilotage, plutôt que sur la ressaisie.


2. L’architecture Rossel : un ERP au centre, des briques spécialisées autour

L’organisation cible de Rossel repose sur un principe clair : centralisation des fonctions support, liberté éditoriale en local.

Un ERP financier comme colonne vertébrale

Rossel a déployé Sage X3 comme ERP financier central. Autour, plus de 15 applications métiers génèrent des factures ou des données financières :

  • gestion des abonnements et du lectorat ;
  • rĂ©gie publicitaire et campagnes digitales ;
  • ventes print, web et radio/TV ;
  • outils RH et achats.

Toutes ces briques alimentent Sage X3 via un ETL (Extract, Transform, Load) qui consolide les flux. Résultat :

  • une vision homogène des flux financiers,
  • des rapprochements automatiques plus fiables,
  • une base solide pour l’analyse de rentabilitĂ© par marque mĂ©dia.

Où intervient la dématérialisation dans ce schéma

La dématérialisation des factures fournisseurs s’est greffée logiquement à ce socle :

  • Sage Youdoc capture, reconnaĂ®t et enrichit les factures (PDF aujourd’hui, formats structurĂ©s demain) ;
  • un connecteur certifiĂ© fait circuler automatiquement les donnĂ©es vers Sage X3 ;
  • le workflow de validation est gĂ©rĂ© dans l’ERP, avec accès direct au PDF archivĂ©.

La clé, ici, ce n’est pas l’outil isolé. C’est l’interopérabilité : chaque brique fait ce qu’elle sait faire de mieux, mais les données circulent sans friction.

Pour un groupe média français qui a déjà un ERP ou un logiciel comptable, c’est une bonne nouvelle : pas besoin de tout refaire. Il faut plutôt ajouter une brique de dématérialisation qui parle nativement avec l’existant.


3. 100 000 factures dématérialisées par an : comment ça fonctionne au quotidien

Rossel ne s’est pas contenté d’installer un logiciel. Le groupe a revu le parcours complet d’une facture, depuis l’envoi fournisseur jusqu’au lettrage en compta.

3.1. Entrée des factures : une adresse unique par pôle

Les fournisseurs sont invités à envoyer leurs factures PDF à une adresse mail unique par pôle de facturation. C’est une étape simple mais structurante :

  • moins de pertes de documents ;
  • un flux plus lisible pour les Ă©quipes comptables ;
  • un point d’entrĂ©e clair pour automatiser.

Un robot scanne en continu ces boîtes mails génériques :

  • analyse de l’objet et du corps du mail ;
  • dĂ©tection des pièces jointes ;
  • classement automatique vers Sage Youdoc.

Dans la perspective de l’e-facturation 2026, ce dispositif est déjà une bonne base : il suffira de faire évoluer les flux vers les plateformes de dématérialisation et de routing, tout en conservant le socle de reconnaissance et de validation.

3.2. Reconnaissance des données : le cœur de la valeur

Dès que la facture arrive dans Sage Youdoc, la solution remplit automatiquement les champs clés :

  • numĂ©ro de TVA et numĂ©ro SIRET ;
  • nom du fournisseur ;
  • montants HT et TTC ;
  • autres champs nĂ©cessaires au rapprochement.

« Quand la facture arrive dans Sage Youdoc, les champs sont renseignés. Dès que la facture est pré-validée, elle est envoyée en rapprochement sur l’ERP. »
Clémence Adolphi, Responsable Comptable Fournisseurs, Rossel

La reconnaissance n’est pas figée :

  • si un nouveau fournisseur apparaĂ®t ou si une facture est mal lue, un utilisateur corrige ;
  • l’outil apprend de ses erreurs et reconnaĂ®t mieux les prochaines factures.

On n’est pas sur de l’IA-marketing, mais sur une IA très opérationnelle, parfaitement adaptée à un contexte médias : beaucoup de fournisseurs, des formats variés, des volumes importants.

3.3. Intégration dans l’ERP et workflow de validation

Une fois la facture pré-validée dans Youdoc :

  1. Un connecteur bidirectionnel envoie les données dans Sage X3 ;
  2. La facture est rapprochée de la commande ou de la réception ;
  3. Un workflow d’approbation gère les validations par les opérationnels.

L’intégrateur de Rossel a développé un écran spécifique dans l’ERP :

  • l’approbateur visualise la facture PDF sans quitter Sage X3 ;
  • il valide, rejette ou demande une correction ;
  • la traçabilitĂ© des dĂ©cisions est complète.

En pratique, pour une direction financière de média, ça veut dire :

  • moins d’allers-retours mails avec les Ă©quipes rĂ©daction, marketing ou diffusion ;
  • un suivi clair des retards de validation ;
  • des clĂ´tures mensuelles accĂ©lĂ©rĂ©es.

4. Les bénéfices concrets pour la fonction finance et l’expert-comptable

La dématérialisation des factures n’est pas qu’un projet IT. C’est un vrai moteur de transformation pour la fonction finance et, par extension, pour le cabinet d’expertise comptable qui accompagne un groupe média.

4.1. Productivité et fiabilité des données

Pour Rossel, dématérialiser près de 100 000 factures par an apporte des gains très tangibles :

  • rĂ©duction massive du temps de saisie manuelle ;
  • moins d’erreurs de frappe ou d’imputation ;
  • meilleure qualitĂ© des donnĂ©es pour les analyses par titre, par rĂ©gie, par canal.

La finance ne passe plus ses journées à taper des montants TTC. Elle peut :

  • suivre plus finement les coĂ»ts de production des contenus ;
  • comparer les coĂ»ts technologiques entre Ă©diteurs ou plateformes ;
  • sĂ©curiser les marges sur les contrats publicitaires.

Pour l’expert-comptable, c’est un changement de posture :

  • moins de temps passĂ© Ă  « nettoyer » les factures ;
  • plus de temps pour analyser les dĂ©rives de coĂ»ts, simuler des scĂ©narios ou travailler sur des tableaux de bord partagĂ©s avec la direction gĂ©nĂ©rale.

4.2. Traçabilité, conformité et e-facturation 2026

L’archivage intelligent est l’autre pilier du projet Rossel : chaque facture est indexée, historisée, traçable.

Conséquences immédiates :

  • rĂ©ponses rapides en cas de contrĂ´le (TVA, dĂ©lais de paiement, audits internes) ;
  • capacitĂ© Ă  prouver qui a validĂ© quoi et quand ;
  • meilleure maĂ®trise des risques de fraude.

Dans le contexte français, avec l’obligation de facture électronique qui arrive :

  • disposer dès maintenant d’une solution de dĂ©matĂ©rialisation interopĂ©rable avec l’ERP offre une longueur d’avance ;
  • il suffira de connecter l’écosystème aux futures plateformes de dĂ©matĂ©rialisation partenaires ou PDP.

C’est exactement le type de sujet sur lequel un expert-comptable peut prendre le lead :

  • cadrer les besoins ;
  • sĂ©curiser l’architecture ;
  • accompagner la mise en conformitĂ© ;
  • former les Ă©quipes clients aux nouveaux rĂ©flexes.

5. Ce que les médias français peuvent retenir du cas Rossel

Le cas Rossel n’est pas un modèle lointain réservé à un géant belge. C’est un schéma très réutilisable pour les groupes médias et les agences de communication français.

5.1. Les principes Ă  reprendre

Quelques principes simples ressortent :

  1. Mettre la finance au centre du SI
    Un ERP ou un socle comptable solide, bien connecté aux outils métiers, change tout.

  2. Choisir une brique de dématérialisation interopérable
    Un connecteur certifié entre la GED / démat factures et l’ERP évite les projets sur-mesure interminables.

  3. Automatiser d’abord la reconnaissance, puis le workflow
    Sans bonne reconnaissance des données, le workflow sera lent et conflictuel.

  4. Former une petite équipe clé
    Chez Rossel, une quinzaine d’utilisateurs réguliers portent le dispositif, corrigent les cas particuliers, pilotent la qualité.

  5. Penser tout de suite “facture électronique obligatoire”
    Le flux actuel PDF+mail peut servir de tremplin vers l’e-facturation structurée.

5.2. Comment l’IA élargit le sujet au-delà des factures

Dans cette série « L’IA dans les Médias et la Communication en France », on parle souvent de :

  • recommandation de contenus ;
  • personnalisation Ă©ditoriale ;
  • optimisation des campagnes publicitaires ;
  • analyse d’audience.

Le cas Rossel rappelle une réalité parfois oubliée :

Sans données financières fiables et automatisées, toute stratégie IA dans les médias reste bancale.

Les mêmes principes qu’on applique aux factures peuvent ensuite s’étendre à :

  • la prĂ©vision budgĂ©taire des rĂ©dactions ;
  • le pilotage des coĂ»ts de diffusion multi-canal ;
  • l’analyse IA des ratios de rentabilitĂ© par format (podcast, vidĂ©o, print).

Pour un expert-comptable positionné sur le secteur médias, c’est une porte d’entrée idéale pour proposer :

  • des diagnostics de maturitĂ© dĂ©matĂ©rialisation / IA finance ;
  • des feuilles de route intĂ©grant facture Ă©lectronique, automatisation et reporting ;
  • un accompagnement continu sur la performance financière des titres.

6. Et maintenant, que faire si vous êtes éditeur ou expert-comptable ?

La réalité est simple : ce que Rossel a mis en place sera la norme dans les groupes médias d’ici quelques années. Entre la facture électronique obligatoire, la pression sur les coûts et la montée en puissance de l’IA de gestion, rester sur des processus manuels n’est plus soutenable.

Si vous ĂŞtes :

  • Ă©diteur, groupe de presse, radio, TV, pure player : commencez par cartographier vos flux de factures, vos outils (ERP, compta, achats) et les points de friction ;
  • expert-comptable : proposez Ă  vos clients mĂ©dias un atelier dĂ©diĂ© « facture Ă©lectronique + IA finance », avec un focus très concret sur la dĂ©matĂ©rialisation interopĂ©rable.

La bonne nouvelle, c’est que la démarche n’a pas besoin d’être brutale. Rossel a installé et branché sa nouvelle solution en deux mois, preuve qu’un projet bien cadré peut aller vite.

La question n’est plus si vous devez automatiser la dématérialisation des factures, mais comment vous allez l’intégrer à votre stratégie IA et à votre architecture financière. Les groupes qui prennent ce virage maintenant auront une longueur d’avance sur la maîtrise de leurs coûts… et donc sur leur capacité à financer l’innovation éditoriale.