Apéri+ : quand Apéricube réinvente le streaming par l’IA

L'IA dans les Médias et la Communication en FranceBy 3L3C

Apéri+ montre comment Apéricube utilise l’IA pour créer une fausse plateforme de streaming et un vrai univers média de marque. Un cas école pour les pros français.

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Apéri+ : quand un fromage d’apéro se met au streaming IA

82 % des familles françaises déclarent que les soirées de visionnage sont « importantes ou très importantes » dans leur quotidien. C’est énorme. Et c’est exactement là qu’Apéricube a décidé de s’inviter avec Apéri+, une plateforme de « streaming » entièrement générée par intelligence artificielle.

Voici le vrai sujet : on ne parle pas juste d’une opération fun autour d’un fromage. On a un cas concret où l’IA, les codes des médias et le divertissement se mélangent pour créer un nouveau type de campagne de marque. Et pour les pros du marketing, des médias et de la communication en France, ce genre d’exemple commence à dessiner l’avenir des contenus de marque.

Dans cette série « L’IA dans les Médias et la Communication en France », Apéri+ est un très bon laboratoire : IA générative, streaming, contenus courts, insight famille… Tout y est pour comprendre comment utiliser l’IA de façon créative et efficace.


1. Apéri+ : la campagne en deux mots… et pourquoi elle compte

Apéri+ est une fausse plateforme de streaming, mais une vraie plateforme de marque. Douze bandes-annonces de films, chacune liée à une saveur Apéricube, ont été générées par IA par l’agence indépendante Steve et son studio de production.

Les genres parodient ceux des grandes plateformes :

  • Échalote et rebelote – comédie romantique
  • Jalapeño : les flammes de l’enfer – horreur
  • Invasion Extra Tex Mex – science-fiction
  • Code Bleu – policier
  • Gouda l’aventure – fantastique
  • et même une téléréalité, Ail des ours

Ce n’est ni une vraie SVOD, ni un simple film pub. C’est un univers de divertissement IA centré sur la marque.

Pourquoi ce cas est intéressant pour les médias et la comm’ ?

  • Il montre comment l’IA permet de produire un volume de contenus vidéo riche à coût et délai contenus.
  • Il s’appuie sur un usage culturel fort : la soirée streaming en famille.
  • Il détourne les codes des plateformes vidéo (Netflix-like) pour ancrer la marque dans les nouveaux réflexes médias.

Apéri+ n’est pas juste une idée créative : c’est un signal sur la façon dont les marques vont produire du contenu dans les 12 à 24 prochains mois en France.


2. Ce que ce cas dit de l’IA dans les médias français

La vraie leçon d’Apéri+, c’est que l’IA n’est plus un gadget, mais un outil de production intégré à la chaîne de création de contenu.

2.1. Une « plateforme de streaming » comme format de marque

Les plateformes vidéo sont devenues un réflexe culturel :

  • on « scrolle » des vignettes de films,
  • on choisit un genre,
  • on regarde des bandes-annonces,
  • on commente en famille.

Apéricube a compris ça : au lieu de pousser un spot TV classique, la marque se branche sur ce rituel. Elle ne s’invite plus entre deux contenus, elle devient elle-même un contenu à parcourir.

Pour les acteurs des médias français, c’est un message très clair :

Les frontières entre « plateforme média », « pub » et « contenu de marque » se floutent, et l’IA rend ce floutage beaucoup plus simple à produire.

2.2. IA générative : un nouvel équilibre coût / créativité

En temps normal, produire 12 bandes-annonces originales, scénarisées, tournées et montées coûte très cher et prend des semaines, voire des mois.

Avec un studio intégré dopé à l’IA, on peut :

  • générer des visuels, personnages, décors cohérents avec chaque saveur,
  • tester rapidement plusieurs directions créatives avant d’en garder 12,
  • adapter les durées et formats aux plateformes sociales (Meta, TikTok, etc.).

Pour les agences et médias :

  • L’IA ne remplace pas la création, elle multiplie les versions possibles.
  • Un même territoire (le streaming) peut donner lieu à des dizaines de déclinaisons, sans explosion de budget.

2.3. Insight data + IA : le combo gagnant

La campagne repose sur un chiffre fort : 82 % des familles considèrent les soirées de visionnage comme centrales dans leur quotidien.

Ce n’est pas anecdotique :

  • on part d’un usage réel mesuré (étude France 2025 sur la parentalité et le numérique),
  • on y ajoute un traitement créatif IA,
  • on arrive à un dispositif qui colle à la vie des gens, pas à une lubie marketing.

Pour les professionnels des médias, c’est un rappel utile : l’IA ne vaut rien sans insight. Les outils génératifs doivent venir après la compréhension fine des comportements et audiences.


3. Comment les marques peuvent s’inspirer d’Apéri+ (sans copier)

La bonne approche n’est pas de faire « votre Apéri+ maison ». L’idée, c’est de comprendre la méthode derrière le dispositif.

3.1. Partir d’un rituel média fort

Apéri+ s’est branché sur la soirée streaming en famille. Selon votre marque ou votre média, vous pouvez vous poser ces questions :

  • Quel rituel média mes clients ont-ils déjà ?
  • Est-ce plutôt le podcast du matin, le scroll TikTok du soir, les replays d’info, le match de Ligue 1 ?
  • Comment ma marque peut apporter quelque chose de divertissant ou utile dans ce moment précis ?

L’IA sert ensuite à décliner ce rituel sous plusieurs formes :

  • mini-séries audio,
  • vignettes vidéo automatiques,
  • formats interactifs personnalisés.

3.2. Utiliser l’IA pour industrialiser les formats courts

Ce que montre Apéri+ : produire 12 bandes-annonces n’est plus déraisonnable.

En pratique, une équipe média ou marketing peut :

  1. Définir 4 à 6 territoires narratifs alignés avec les produits/marque.
  2. Utiliser l’IA pour générer :
    • scripts de base,
    • storyboards,
    • images ou séquences vidéo brutes.
  3. Faire intervenir des créatifs humains pour :
    • affiner les blagues, le ton, les références culturelles,
    • vérifier la brand safety et la cohérence.
  4. Automatiser la déclinaison multi-plateformes : formats courts verticaux, carrousels, teasers audio…

La clé : ne pas laisser l’IA faire 100 % du travail créatif, mais s’en servir comme accélérateur de prototypage.

3.3. Raconter la marque avec les codes des médias… pas l’inverse

Apéri+ respecte à fond les codes des grandes plateformes :

  • genres identifiables,
  • titres qui sonnent « bande-annonce Netflix »,
  • univers visuels immédiatement reconnaissables.

Trop de marques font l’inverse : elles plaquent leur discours produit dans des formats médias sans se soucier des codes.

Pour vos prochains projets IA et media :

  • Identifiez 2 ou 3 codes média que votre audience adore (bande-annonce, live Twitch, docu, débat plateau, etc.).
  • Demandez-vous : si ma marque était un vrai média de ce type, à quoi ressemblerait-elle ?
  • Utilisez l’IA pour jouer ces formats à fond, plutôt que pour créer un énième spot pub déguisé.

4. IA, divertissement et personnalisation : la prochaine étape

Apéri+ est encore « statique » : tout le monde voit les mêmes bandes-annonces. Mais techniquement, on est très proche d’un futur où chaque famille pourrait voir une version différente.

4.1. Vers un streaming de marque personnalisé

Avec les briques déjà utilisées (IA générative + données d’audience), on peut imaginer :

  • des bandes-annonces adaptées à l’âge des enfants ou à la composition du foyer,
  • des suggestions de contenus IA alignées sur les goûts déclarés (plutôt humour, plutôt horreur, plutôt SF),
  • des expériences interactives où l’IA modifie le scénario en fonction des réponses de l’utilisateur.

Pour les médias français, c’est directement lié à plusieurs enjeux actuels :

  • personnalisation éditoriale,
  • publicité programmatique enrichie par IA,
  • création de formats hybrides média / marque.

4.2. Attention : créativité oui, opacité non

L’autre sujet, plus sensible : comment rester transparent avec le public.

Si vous utilisez l’IA dans vos contenus de marque :

  • indiquez clairement la part d’IA dans la création (visuels générés, voix synthétique, etc.),
  • gardez un contrôle éditorial humain fort pour éviter les stéréotypes, erreurs factuelles ou dérapages créatifs,
  • pensez à la fréquence de répétition : l’IA peut produire à l’infini, mais votre audience, elle, a un seuil de saturation.

L’IA doit rester un moyen au service d’une expérience média plus riche, pas une fin ni un gadget.


5. Comment intégrer ce type de démarche IA dans votre stratégie

Pour transformer une inspiration comme Apéri+ en vraie démarche opérationnelle, il faut structurer un minimum.

5.1. Poser un cadre clair

Avant de lancer un projet IA / média :

  • Définissez un usage précis : divertissement, pédagogie, brand content, acquisition ?
  • Identifiez les données auxquelles vous avez accès : études propriétaires, panels, analytics médias…
  • Listez les risques : image de marque, cohérence, conformité réglementaire.

5.2. Monter un trio gagnant : marque – média – techno

Le cas Apéricube x Steve montre un modèle qui fonctionne bien :

  • la marque apporte l’univers, le ton, la vision,
  • l’agence / studio porte l’idée créative et la narration,
  • le studio IA apporte les outils et la vitesse d’exécution.

Pour un acteur média, ce trio peut être :

  • rédaction / direction éditoriale,
  • équipe brand content ou publicité,
  • équipe data / IA interne ou partenaire spécialisé.

5.3. Tester vite, mesurer, itérer

Ce type de dispositif se prête très bien à l’AB test :

  • mesurer le temps passé sur la plateforme ou les contenus IA,
  • suivre les interactions sociales (partages, commentaires, mentions),
  • observer les effets sur les ventes ou la notoriété via des études post-campagne.

L’IA facilitant la production, le vrai différenciateur, c’est votre capacité à apprendre vite de ces tests pour affiner formats, ton et ciblage.


Conclusion : Apéri+ comme signal fort pour l’IA dans la communication

Apéri+ montre qu’en 2025, en France, une marque d’apéritif peut se comporter comme un mini Netflix généré par IA. Ce n’est pas un caprice créatif : c’est la preuve que l’IA est en train de redéfinir les formats, les coûts et le rythme de production des contenus de marque.

Pour tous les acteurs des médias et de la communication, l’enjeu est clair :

  • comprendre les rituels média des Français,
  • utiliser l’IA générative pour créer des univers cohérents, riches et modulables,
  • garder un pilotage humain pour le sens, le ton et l’impact.

La question désormais n’est pas « faut-il utiliser l’IA dans nos dispositifs médias ? », mais comment l’utiliser intelligemment pour créer de vrais rendez-vous avec nos audiences. La prochaine campagne qui marquera les esprits sera sans doute celle qui saura marier, comme Apéri+, insight solide, création exigeante et IA bien maîtrisée.

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