3 visions marketing pour réussir l’IA dans la logistique

L'IA dans le Transport et la Logistique en France••By 3L3C

3 visions marketing inspirantes appliquées à l’IA dans le transport et la logistique pour créer des offres différenciantes, utiles et réellement orientées client.

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L’erreur la plus fréquente sur l’IA dans le transport et la logistique ? Croire qu’il suffit d’installer une solution d’optimisation de tournées ou un chatbot pour « faire moderne ». Les projets qui performent en 2025 reposent sur autre chose : une vision marketing claire, incarnée, capable d’aligner clients, équipes et technologies.

C’est exactement ce que rappelle l’initiative « Visions Marketing » de Marketing Magazine, qui a mis en lumière 30 personnalités du marketing et consacré trois lauréats : Romain Jolivet (La Vie), Caroline Blanchet (Groupe ADP) et Ludovic Poli Carrière (Easy Cash). Leur contexte n’a rien à voir avec un entrepôt ou une flotte de camions… et pourtant, leurs approches sont directement transposables au transport et à la logistique en France.

Voici comment ces trois visions marketing peuvent vous aider à structurer une stratégie d’IA réellement utile pour vos clients, vos conducteurs, vos équipes d’exploitation… et votre chiffre d’affaires.


1. La vision « La Vie » : donner du sens à la donnée et à l’IA

La vision marketing de Romain Jolivet (La Vie) montre une chose simple : une marque forte naît d’un combat clair. La Vie ne vend pas seulement des produits végétaux, elle défend une alimentation plus responsable, ludique, accessible. Toute sa stratégie – produits, ton de communication, choix des canaux – est alignée sur ce cap.

Appliquer cette logique au transport et Ă  la logistique

Pour un acteur du transport ou de la logistique, l’IA ne devrait pas être un gadget, mais un outil au service d’un projet lisible, par exemple :

  • RĂ©duire de 30 % l’empreinte carbone des tournĂ©es d’ici 2028 grâce Ă  l’optimisation des itinĂ©raires.
  • Rendre la livraison prĂ©dictible Ă  95 % en fiabilisant les ETA avec l’IA et les donnĂ©es temps rĂ©el.
  • AmĂ©liorer la qualitĂ© de vie des conducteurs en rĂ©duisant les temps d’attente et les trajets Ă  faible valeur.

La réalité ? Tant que ce « combat » n’est pas formulé, vos projets IA restent techniques et difficiles à défendre en interne. Quand il est clair, tout s’aligne : choix des cas d’usage, priorités budgétaires, KPIs, communication aux clients.

Une bonne vision marketing IA dans le transport tient en une phrase compréhensible par un client final comme par un conducteur.

Exemples concrets de sens appliqué à l’IA

Quelques traductions très opérationnelles :

  • Vous voulez vous positionner comme le transporteur le plus fiable de votre rĂ©gion :

    • IA de prĂ©vision de trafic intĂ©grĂ©e dans le TMS.
    • Communication proactive des retards par SMS ou WhatsApp.
    • KPI mis en avant dans le marketing B2B : taux de livraisons dans le crĂ©neau annoncĂ©.
  • Vous visez la logistique la plus Ă©co-responsable de votre secteur :

    • IA pour consolider automatiquement les commandes et limiter les trajets Ă  vide.
    • Score COâ‚‚ dans chaque devis envoyĂ©.
    • Campagnes marketing orientĂ©es sur la rĂ©duction des Ă©missions par palette transportĂ©e.

Dans les deux cas, la donnée et l’IA ne sont pas une fin en soi. Elles incarnent une promesse marketing claire, comme La Vie incarne une alimentation plus durable.


2. La vision « Groupe ADP » : orchestrer l’expérience de bout en bout

Le Groupe ADP, à travers la vision de Caroline Blanchet, travaille sur des parcours voyageurs ultra-complexes : avant, pendant et après le passage à l’aéroport, avec une multitude d’acteurs (compagnies aériennes, sécurité, boutiques, transports, services). Leur enjeu marketing : orchestrer une expérience fluide malgré cette complexité.

C’est exactement le défi du transport et de la logistique français en 2025 :

  • Un client e-commerce suit son colis du clic Ă  la livraison.
  • Un industriel attend un flux tendu et sans rupture.
  • Les collectivitĂ©s surveillent l’impact trafic et environnemental.

L’IA comme tour de contrôle de l’expérience client

Une vision à la ADP, appliquée à la logistique, consiste à considérer l’IA comme une tour de contrôle de l’expérience client :

  • PrĂ©vision de la demande pour ajuster les capacitaires et rĂ©duire les ruptures.
  • Optimisation des crĂ©neaux de livraison pour coller au rythme de vie des destinataires.
  • Orchestration omnicanale : notifications, suivi, reprogrammation sur mobile ou via chatbot.

Ce qui compte ici, ce n’est pas seulement la performance opérationnelle, c’est la perception. Un retard annoncé en avance, expliqué, reprogrammable, génère souvent moins de frustration qu’une livraison « à l’heure » mais mal notifiée.

3 leviers concrets Ă  reprendre de cette vision

  1. Cartographier l’expérience réelle avant de parler IA
    Faites comme un aéroport : listez tous les points de contact avant, pendant, après la livraison ou l’enlèvement. Où l’information manque-t-elle ? Où l’émotion se dégrade-t-elle ? C’est là que l’IA peut apporter le plus (prévision, recommandation, personnalisation).

  2. Relier KPIs opérationnels et KPIs marketing

    • Taux de respect des crĂ©neaux → NPS B2B ou note de satisfaction destinataire.
    • Temps de rĂ©ponse du service client → volume d’appels liĂ©s aux suivis de colis.
    • Taux de remplissage des camions → argument commercial COâ‚‚ par livraison.
  3. Raconter l’IA comme un service, pas comme une techno

    • « Estimation d’arrivĂ©e mise Ă  jour en temps rĂ©el » est plus parlant que « modèle prĂ©dictif basĂ© sur le machine learning ».
    • « Visualisation des stocks en temps rĂ©el » parle mieux que « digital twin ».

Caroline Blanchet montre comment un grand gestionnaire d’infrastructures peut faire du marketing une colonne vertébrale. Le transport et la logistique ont la même carte à jouer : sans vision marketing, l’IA reste cantonnée aux bureaux des data scientists.


3. La vision « Easy Cash » : faire de la seconde vie un moteur de business

Easy Cash, via la vision de Ludovic Poli Carrière, a bâti sa promesse sur la seconde main : donner une nouvelle vie aux produits, sécuriser l’achat d’occasion, simplifier la revente. C’est du commerce, mais c’est surtout un positionnement clair sur l’économie circulaire.

Pour le transport et la logistique, cette approche est extrêmement pertinente. Pourquoi ? Parce que les chaînes de valeur se recomposent autour de :

  • La logistique inverse (retours produits, reconditionnement, recyclage).
  • La location longue durĂ©e, le rĂ©emploi, le sharing.
  • La mutualisation des moyens (entre entrepĂ´ts, entre transporteurs, entre marques).

IA + économie circulaire : un angle marketing encore sous-exploité

Concrètement, une vision à la Easy Cash dans la logistique française pourrait donner :

  • Des offres de transport spĂ©cialisĂ© pour le reconditionnement (Ă©lectronique, mobilier, textile), pilotĂ©es par IA pour optimiser les flux retour.
  • Des entrepĂ´ts « hub circulaires », oĂą des algorithmes dĂ©cident du meilleur sort pour chaque produit : remise en rayon, marketplace seconde main, recyclage, dons.
  • Des simulations IA d’empreinte carbone pour proposer diffĂ©rentes options logistiques (rapide, standard, low-carbon) au client final.

L’IA permet de rendre visible – et mesurable – tout ce qu’on ne voyait pas dans la logistique inverse : pertes, gâchis, opportunités de revente.

Transformer la contrainte du retour en avantage compétitif

Les retours sont souvent vécus comme un coût pur. Pourtant, bien exploités, ils deviennent un argument marketing :

  • « 100 % de vos retours clients trouvent une seconde vie en moins de 7 jours ».
  • « TraçabilitĂ© complète de vos produits en fin de vie ».
  • « Reporting RSE automatisĂ© sur vos flux retours ».

Ludovic Poli Carrière montre que le modèle Easy Cash ne fonctionne pas seulement parce qu’il y a une demande de seconde main. Il fonctionne parce que l’enseigne rassure, simplifie et valorise cette démarche. C’est exactement le rôle d’un marketing logistique intelligent, appuyé sur l’IA.


4. Comment traduire ces 3 visions en feuille de route IA concrète

Ces trois visions marketing ont un point commun : elles sont incarnées, lisibles et reliées à des choix opérationnels très concrets. Pour un acteur du transport ou de la logistique, la question devient : comment passer de l’inspiration à un plan d’action ?

Étape 1 : formuler votre vision marketing IA en une phrase forte

Quelques exemples :

  • « Devenir le partenaire logistique le plus prĂ©visible de France pour les e-commerçants moyens et grands comptes. »
  • « Faire de chaque livraison urbaine un acte responsable, mesurĂ© et assumĂ©. »
  • « Fluidifier les flux de retour et de seconde vie pour les marques françaises. »

Cette phrase doit :

  • Parler Ă  un client dĂ©cisionnaire.
  • Guider vos choix de cas d’usage IA.
  • ĂŠtre rĂ©utilisable dans un pitch commercial.

Étape 2 : prioriser les cas d’usage IA alignés sur cette vision

Au lieu de lister 15 projets possibles, choisissez 3 chantiers Ă  fort impact :

  1. Optimisation d’itinéraires et de créneaux si votre promesse est la fiabilité.
  2. Prévision de la demande et allocation intelligente des stocks si votre promesse est la fluidité.
  3. Pilotage des flux retours et calcul automatique d’empreinte carbone si votre promesse est la circularité / RSE.

Pour chacun :

  • Objectif chiffrĂ© (ex : -10 % km Ă  vide, -20 % appels au SAV pour suivi colis…).
  • Indicateur client (NPS, taux de rĂ©clamation, taux de rĂ©achat…).
  • Narration marketing possible (ce que vous pouvez rĂ©ellement promettre dans un argumentaire).

Étape 3 : associer marketing, opérations et data dès le départ

La plupart des projets IA ratent non pas sur la techno, mais sur l’alignement. Les visions des trois lauréats montrent l’inverse : le marketing est au cœur du dispositif.

Pour un projet IA transport/logistique crédible :

  • Marketing / commercial porte la promesse, dĂ©finit la cible et les messages.
  • OpĂ©rations / exploitation garantit la faisabilitĂ© et l’intĂ©gration terrain.
  • Data / IT choisit les modèles, les donnĂ©es, l’architecture.

Tant que ces trois mondes ne travaillent pas ensemble, vous obtenez soit :

  • De très beaux slides marketing sans impact opĂ©rationnel.
  • De très belles briques IA… que personne n’utilise ni ne comprend.

5. Pourquoi ces visions marketing comptent vraiment en 2025

Le marché français du transport et de la logistique est sous pression : coûts énergétiques, contraintes réglementaires, attentes RSE, explosion du e-commerce, JO 2024 qui ont servi de crash-test grandeur nature… L’IA devient incontournable pour rester compétitif, mais elle ne suffit pas.

Ce qui fait la différence, ce sont :

  • Une vision marketing claire qui donne un sens aux investissements IA.
  • Une capacitĂ© Ă  incarner cette vision auprès des clients, des partenaires et des Ă©quipes.
  • Une traduction opĂ©rationnelle mesurable dans les entrepĂ´ts, sur la route, au service client.

Les 3 lauréats des Visions Marketing 2025 montrent la voie :

  • La Vie : aligner conviction de marque et usage des donnĂ©es.
  • Groupe ADP : orchestrer une expĂ©rience fluide malgrĂ© la complexitĂ©.
  • Easy Cash : transformer la seconde vie en proposition de valeur centrale.

Pour un acteur du transport ou de la logistique, s’inspirer de ces approches, c’est arrêter de parler d’IA en termes de fonctionnalités et commencer à en parler en termes de promesse. C’est là que les leads se créent, que les offres se différencient et que les équipes se mobilisent.

Si vous deviez ne garder qu’une question après cette lecture, ce serait celle-ci :

Quelle phrase simple, orientée client, résume votre vision marketing de l’IA dans le transport ou la logistique… et quelles actions concrètes allez-vous lancer dans les 6 prochains mois pour la rendre visible ?