Les podcasts filmés explosent en 2025. Voici comment Netflix, YouTube, Spotify et TikTok structurent ce marché… et comment les acteurs du transport français peuvent en profiter.

La stat est brutale : en octobre 2025, 149 millions de podcasts ont été écoutés ou téléchargés en France. Et une part croissante de ces écoutes se fait… en vidéo. Les podcasts filmés ne sont plus un gadget, mais un marché que Netflix, YouTube, Spotify, TikTok et même Disney+ se disputent désormais.
Pour les acteurs des médias et de la communication, ce format hybride audio + vidéo change la donne. Pour le transport et la logistique en France, il ouvre aussi un nouveau canal pour expliquer la complexité des opérations, valoriser l’IA dans la gestion de flotte ou la chaîne logistique, et recruter des talents dans un secteur en tension.
Voici pourquoi les podcasts filmés deviennent le format star de 2025, ce que trament les grandes plateformes… et comment une marque de transport, de logistique ou de mobilité peut s’en servir concrètement pour gagner en influence.
1. Pourquoi les podcasts filmés explosent vraiment
Les podcasts audio progressaient déjà vite. Les versions filmées accélèrent encore la tendance, avec trois moteurs très clairs.
Une consommation en forte hausse, surtout chez les jeunes
Les chiffres repris dans l’article source sont sans ambiguïté :
- 184 millions de podcasts français écoutés ou téléchargés dans le monde en octobre 2025
- 149 millions en France sur ce seul mois, contre 131 millions en décembre 2024
- Aux États-Unis, 51 % des podcasts les plus populaires ont une version filmée
Ce n’est pas juste une mode : c’est une transformation d’usage. Les 15-29 ans, en particulier, adoptent massivement le vidéocast :
- 30 % des auditeurs Gen Z déclarent regarder leurs podcasts principalement en vidéo
- 22 % alternent à parts égales entre écoute et visionnage
Autrement dit, si votre contenu n’existe qu’en audio, vous êtes invisible pour une bonne partie de cette cible.
Pourquoi ce format est si addictif
Un podcast filmé coche trois cases essentielles :
- Intimité de l’audio : on a l’impression d’être « dans la pièce » avec les intervenants.
- Preuve par l’image : expressions, gestes, schémas, vues d’entrepôts ou de centres de tri… tout cela crédibilise le discours.
- Formats recyclables : un épisode long peut être découpé en dizaines de shorts pour TikTok, YouTube Shorts, Reels, etc.
Dans le transport et la logistique, c’est précieux. Montrer une salle de contrôle de flotte, un entrepôt automatisé ou un algorithme d’optimisation d’itinéraires projeté à l’écran raconte mille fois plus qu’une simple description audio.
2. Netflix, YouTube, Spotify, TikTok : chacun veut sa part du gâteau
Les grands acteurs du streaming et des réseaux sociaux n’investissent pas par hasard. Ils voient un format idéal pour retenir les audiences longtemps… et vendre de la publicité premium.
Netflix : le test grandeur nature avec Spotify
Le 14/10/2025, Netflix a annoncé qu’il diffuserait début 2026 une dizaine de podcasts vidéo sous licence Spotify : Conspiracy Theories, The Rewatchables, Dissect, etc.
Le message de Netflix est clair :
« Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons de divertir nos membres, […] quelle que soit la manière dont ils souhaitent regarder nos programmes. »
Concrètement, Netflix teste trois choses :
- Combien de temps un abonné reste sur la plateforme en regardant un podcast filmé.
- Si ce format peut combler les « creux » entre deux séries ou deux matchs en live.
- Si les podcasts vidéo peuvent devenir un produit d’appel pour de nouvelles cibles (fans de true crime, de sport, de pop culture…).
YouTube : déjà le champion mondial des podcasts
YouTube n’a pas attendu la mode :
- 33 % de part de marché sur les podcasts aux États-Unis
- Plus d’un milliard d’amateurs dans le monde
Surtout, YouTube pousse désormais les créateurs audio à générer automatiquement une vidéo grâce à l’IA : un habillage visuel pour un podcast qui n’était jusque-là que sonore. C’est exactement le type d’outillage qui simplifie la vie des marques B2B, y compris dans la logistique.
Pour une entreprise de transport qui produit déjà un podcast audio mensuel, cela signifie :
- Passage en version vidéo sans recréer tout un plateau
- Contenu publiable sur YouTube, intégré dans le site corporate, réutilisé en formation interne
Spotify : 250 000 podcasts filmés et une audience massive
Spotify revendique :
- Plus de 250 000 podcasts vidéo disponibles
- 390 millions d’utilisateurs ayant déjà visionné au moins un vidéocast
Le positionnement est clair : Spotify veut être autant une plateforme vidéo de conversation qu’une appli musicale. Pour les annonceurs, c’est un environnement « talk » très riche pour :
- Des pré-rolls et mid-rolls vidéo ciblés
- Du sponsoring de séries (par ex. « présenté par X Logistics »)
- Des formats brand content à part entière
TikTok et Disney+ : l’explosion des extraits
TikTok a signé avec le géant radio iHeartMedia pour produire jusqu’à 25 programmes animés par des influenceurs. La plateforme ne diffusera que des extraits courts, dans la logique de ce que font déjà la plupart des gros podcasts.
Disney+ mise aussi sur le format avec le podcast vidéo « Couch » de Lena Situations. Ce genre de programme montre bien le potentiel : un plateau simple, une personnalité forte, un montage dynamique, et l’épisode devient une source quasi infinie de clips pour les réseaux.
Pour un acteur du transport ou de la logistique, la leçon est limpide : un tournage de 60 minutes peut nourrir la communication de la marque pendant un trimestre.
3. Ce que les podcasts filmés changent pour les marques en France
Pour les marques françaises, surtout B2B, le vidéocast resta longtemps perçu comme « un truc d’influenceurs ». Cette vision est dépassée. Le format coche exactement les besoins actuels des entreprises : pédagogie, transparence, preuve d’expertise.
Un levier d’influence crédible et peu intrusif
Un podcast filmé permet :
- D’installer des experts maison comme références sectorielles.
- De traiter des sujets complexes (réglementation, IA, impact environnemental) sans être en mode « pub ».
- D’humaniser des métiers parfois invisibles : exploitants, planificateurs, responsables entrepôt, data scientists.
Dans le secteur transport et logistique, c’est particulièrement stratégique. Quand on parle :
- d’optimisation des itinéraires par IA,
- de réduction des kilomètres à vide,
- d’automatisation des entrepôts ou de la gestion de flotte,
le simple communiqué de presse ne suffit plus. Un podcast filmé permet de montrer les écrans, les tableaux de bord, les flux physiques et digitaux.
Un format aligné avec la montée de l’IA
Ce qui est intéressant, c’est que la montée des podcasts filmés arrive exactement au moment où :
- l’IA générative facilite la production (scénarios, titres, chapitrage, résumés),
- l’IA vidéo automatise l’illustration, le sous-titrage, le multilingue,
- l’analytics permet de mesurer précisément la rétention, les pics d’attention, les moments à découper.
Pour une entreprise de transport/logistique, cela veut dire :
- Produire une série de vidéocasts sur l’IA dans la chaîne logistique n’est plus un chantier démesuré.
- On peut piloter ce contenu comme on gère déjà une flotte : avec des KPIs clairs, de la prédiction et de l’optimisation continue.
4. Comment une entreprise de transport ou de logistique peut s’y mettre
Voici une méthode pragmatique, pensée pour les directions com/marketing et les équipes innovation des acteurs du transport français.
1) Choisir l’angle : expertise, coulisses ou recrutement
Trois types de séries fonctionnent particulièrement bien :
-
« Les coulisses de notre chaîne logistique »
- Visites filmées d’entrepôts, hubs, centres de dispatch.
- Interviews d’opérateurs, de chefs de quai, de conducteurs.
- Focus sur l’IA : comment elle aide à optimiser les itinéraires, réduire les délais, anticiper les pics.
-
« L’IA dans le transport français » (série d’experts)
- 1 épisode = 1 use case : gestion de flotte, maintenance prédictive, planification des tournées, prévision de la demande.
- Invités : votre data team, un partenaire technologique, un client.
-
« Métiers et parcours » (marque employeur)
- Portraits filmés de collaborateurs qui expliquent leur métier.
- Mise en avant des nouveaux profils : data engineer, traffic manager, ingénieur logistique IA.
2) Garder un format simple mais maîtrisé
L’erreur classique est de vouloir faire un talk-show télé alors qu’on a besoin d’un plateau simple, propre, régulier :
- 2 ou 3 caméras fixes (ou même 1 + une IA qui simule des changements de plans)
- Un bon son (micro-cravates ou micros podcast)
- Un habillage graphique léger : titre, nom des intervenants, quelques slides ou écrans partagés
Un épisode de 30 à 45 minutes est un bon compromis : suffisamment long pour creuser un sujet comme l’optimisation des tournées, mais découpable en 6 à 10 extraits de 2 à 4 minutes.
3) Exploiter les plateformes intelligemment
Vous n’êtes pas Netflix, ce n’est pas grave. L’objectif, c’est la présence là où vos publics vous cherchent :
- YouTube : la base. Hébergement, SEO vidéo, intégration facile sur votre site corporate et intranet.
- Spotify / plateformes audio : version audio du podcast, pour les conducteurs, managers et partenaires qui écoutent en déplacement.
- LinkedIn : extraits courts, sous-titrés, très efficaces en B2B.
- TikTok / Shorts / Reels : capsules pédagogiques très courtes, notamment sur des sujets IA (ex. « Comment notre IA réduit de 15 % les kilomètres à vide »).
L’important, c’est le recyclage : un tournage = une émission longue + une dizaine de clips courts + des citations réutilisables en article.
4) Mesurer avec la même rigueur qu’une opération logistique
Pour que ce contenu devienne un véritable levier d’acquisition et d’influence, traitez-le comme une ligne d’activité :
- Taux de complétion des épisodes
- Minutes vues par segment de cible (prospects, candidats, partenaires)
- Trafic vers vos pages « Solutions IA pour la logistique », « Gestion de flotte », « Offres d’emploi »
- Leads générés : formulaires, demandes de démo, prises de rendez-vous après exposition au podcast
Il est très simple, par exemple, d’insérer un call-to-action discret en fin d’épisode :
« Pour en savoir plus sur nos solutions d’optimisation d’itinéraires par IA, rendez-vous sur notre site ou contactez notre équipe. »
5. Pourquoi ce sujet doit entrer dans votre feuille de route 2026
Les podcasts filmés ne sont plus un terrain de jeu réservé aux géants du streaming. Ce que Netflix, YouTube, Spotify et TikTok sont en train de sécuriser, c’est l’attention des audiences… et cette attention se monétise très bien.
Dans la série « L’IA dans le Transport et la Logistique en France », le vidéocast a une place naturelle : il permet de rendre visibles des projets souvent très techniques, parfois mal compris, alors qu’ils transforment en profondeur la façon dont on planifie, trace et livre des marchandises.
Pour une entreprise du secteur, ne pas s’y intéresser en 2026, c’est prendre deux risques :
- Laisser d’autres raconter l’histoire de l’IA dans le transport à votre place.
- Rester cantonné à des supports froids (PDF, CP, plaquettes) alors que vos publics consomment des heures de conversation filmée chaque semaine.
La bonne nouvelle, c’est que la marche d’entrée n’a jamais été aussi basse grâce à l’IA, aux outils de montage simplifiés et aux plateformes déjà en place. Le vrai sujet n’est plus « est-ce qu’on doit y aller ? », mais « quel format de podcast filmé va le mieux servir notre stratégie transport & logistique et notre récit autour de l’IA ».
Ce choix-là , personne ne peut le faire à votre place. Mais une chose est sûre : ceux qui structureront dès maintenant leur prise de parole vidéo seront les voix qu’on citera, qu’on partagera… et qu’on sollicitera pour les prochains grands projets d’IA dans le transport français.