En 2026, l’influence devient stratégique pour la logistique et le transport français. Comment l’utiliser pour parler IA, optimisation et RSE sans perdre le terrain ?

Marketing d’influence 2026 : ce que la logistique peut apprendre des marques grand public
Les chiffres sont clairs : 72 % des marques européennes augmenteront leur budget d’influence en 2026, avec une dépense médiane à 175 000 €. On n’est plus dans le test, on est dans la structuration. Et cette maturité ne concerne pas que la mode ou la beauté.
Pour les acteurs du transport et de la logistique en France, ce virage est une opportunité en or. Entre IA, optimisation des itinéraires, gestion de flotte, tracking temps réel, automatisation d’entrepôts, le secteur fourmille de sujets concrets… mais peine encore à les raconter. L’influence peut devenir le maillon manquant entre vos innovations et vos clients, vos chargeurs, vos conducteurs ou vos partenaires industriels.
Voici comment les 7 grandes tendances du baromètre Kolsquare/NewtonX 2025 peuvent inspirer une stratégie d’influence vraiment utile aux acteurs du transport et de la logistique, en particulier ceux qui misent déjà sur l’IA.
1. Budgets en hausse : pourquoi l’influence devient stratégique pour le transport
L’influence est en train de passer du gadget à la ligne budgétaire structurante. Les marques qui investissent plus d’1 M€ en Europe montrent que ce canal est désormais géré comme un média à part entière.
Pour le transport et la logistique, ça change quoi ?
Concrètement, l’influence peut servir 4 enjeux très opérationnels :
- Ventes B2B : expliquer une solution d’optimisation de tournées par IA via des créateurs spécialisés supply chain ou data
- Marque employeur : donner la parole à des conducteurs, exploitants, data scientists, chefs d’agence
- Pédagogie réglementaire : décryptages sur les ZFE, nouvelles normes CO₂, obligations ESG via des experts crédibles
- Adoption technologique : rassurer sur la fiabilité d’un TMS, d’un WMS ou d’un outil de prévision de la demande porté par IA
La France se distingue déjà dans l’étude par des budgets d’influence élevés et plus éthiques que la moyenne. Les groupes de transport français (routier, ferroviaire, maritime, urbain) ont tout intérêt à s’aligner sur ce mouvement : intégrer l’influence dans le mix media, plutôt que de l’empiler en « test sympa » à côté des campagnes de recrutement ou de brand content.
Le bon réflexe pour 2026 : fixer un budget d’influence annuel (même modeste) rattaché à des objectifs clairs : leads, candidatures qualifiées, prises de rendez-vous commerciaux, démonstrations produit.
2. Co-création plutôt que posts one-shot : raconter la logistique de l’intérieur
La tendance forte, c’est la co-création : 64 % des marques en font leur format prioritaire. Les posts sponsorisés ponctuels, sans histoire ni continuité, perdent du terrain.
Pour le transport/logistique, la co-création est particulièrement pertinente, car le métier est visuel, concret et souvent méconnu.
Des formats qui fonctionnent dans votre secteur
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Séries « une journée avec… »
- Suivi d’une tournée urbaine optimisée par IA
- Vie d’un préparateur en entrepôt automatisé
- Itinéraire d’un train de fret bas carbone
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Mini-docu “avant/après IA”
- Avant : planning manuel, retards, camions sous-chargés
- Après : algorithmes d’optimisation des itinéraires, réduction des kilomètres à vide, meilleure ponctualité
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Lives / webinaires co-animés
- Un expert logistique interne + un créateur B2B spécialisé en data/supply chain
- Thème : comment l’IA réduit les coûts de transport de 10 à 20 % tout en diminuant les émissions CO₂
L’étude montre aussi que l’UGC amplifié progresse (55 %). Pour un entrepôt, un transporteur ou un logisticien, ça peut vouloir dire :
- Reposter des vidéos de conducteurs qui montrent leur cabine connectée ou leur app de tournée
- Valoriser les contenus des clients B2B qui montrent comment votre solution TMS ou WMS améliore leur performance
La règle : ne plus « acheter de la visibilité », mais co-écrire un récit sur la transformation de la supply chain et l’impact réel de l’IA sur le terrain.
3. Organisations hybrides : internaliser la vision, s’appuyer sur des experts
Selon le baromètre, 89 % des directions marketing internalisent l’influence, tout en travaillant avec des agences (61 %) ou des plateformes tech (39 %). C’est exactement le modèle qui fonctionne pour les entreprises de transport.
Comment l’organiser dans un groupe de transport ou un logisticien ?
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En interne
- 1 référent influence / social media, rattaché au marketing ou à la com
- 1 relais RH pour la partie marque employeur (conducteurs, caristes, data engineers IA…)
- 1 relais business pour les contenus orientés clients (offre transport, logistique contractuelle, entreposage)
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Avec l’externe
- Une agence d’influence B2B / corporate qui connaît vos contraintes (sécurité, confidentialité clients, sites sensibles)
- Des plateformes pour sourcer les bons créateurs : experts transport, data, industrie, climat, mobilité urbaine
L’étude montre que 86 % des spécialistes activent des micro-influenceurs. Dans la logistique, c’est particulièrement clé :
- Un chauffeur PL très suivi sur TikTok dans la communauté transport aura plus d’impact sur l’emploi et la perception métier qu’une célébrité
- Un consultant supply chain respecté sur LinkedIn pèsera plus dans une décision d’équipement TMS qu’une star généraliste de la tech
Le bon mix en 2026 : quelques experts à forte crédibilité + un réseau de micro-profils proches du terrain (conducteurs, chefs de quai, responsables d’exploitation, ingénieurs IA, consultants supply chain).
4. L’influence devient cross-canal : intégrer IA, data et terrain dans tout le récit de marque
L’étude montre que l’influence s’intègre désormais dans le plan de com global (49 %), irrigue le paid media (46 %) et les campagnes de branding (45 %). Ce n’est plus un îlot.
Pour un acteur français du transport ou de la logistique, l’enjeu est simple : l’influence doit raconter la même histoire que vos campagnes corporate, vos RP et votre stratégie IA.
Exemple de dispositif cohérent
- Campagne de marque sur la logistique bas carbone et la modernisation des flottes
- Activation d’influence :
- Créateurs B2B sur LinkedIn pour parler IA, data, optimisation de tournées
- Créateurs terrain (TikTok, YouTube, Instagram) pour montrer la réalité d’une exploitation modernisée
- Amplification paid :
- Sponsorisation des meilleurs contenus créateurs auprès des décideurs transport, supply chain et achats
- Retargeting sur les visiteurs de vos pages solution (TMS, WMS, IA prédictive)
Cette approche cross-canal a un avantage énorme :
- Vous réduisez le coût pédagogique de l’IA
- Vous humanisez un sujet perçu comme technique
- Vous accélérez la conversion de vos prospects (démo, POC, visite d’entrepôt, test pilote)
L’influence ne remplace pas votre stratégie IA dans la logistique : elle la rend compréhensible, visible et crédible.
5. Du ROI pur au ROI + sens : les nouvelles attentes éthiques
Le baromètre indique que le ROI reste prioritaire (37 %) mais baisse par rapport à 2024, au profit d’enjeux comme la transparence des coûts ou la fiabilité des données. En parallèle, les critères éthiques montent en flèche, notamment en France :
- 76 % exigent le respect stricte des règles publicitaires
- 70 % refusent les produits sensibles
- 36 % valorisent les créateurs engagés
Dans le transport et la logistique, cette dimension éthique est encore plus sensible :
- Conditions de travail des conducteurs
- Impact environnemental des flottes
- Sécurité routière et sur sites logistiques
- Respect des données (tracking, géolocalisation, IoT)
Comment traduire ça dans votre stratégie d’influence ?
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Charte d’influence responsable appliquée à vos créateurs
- Transparence sur les partenariats
- Pas de banalisations de comportements Ă risque (temps de conduite, vitesse, charges)
- Messages alignés avec votre politique RSE, sécurité et climat
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Indicateurs de succès mixtes
- ROI business : leads, candidatures, demandes de démo
- ROI d’image : préférence de marque, attractivité employeur
- ROI sociétal : perception sur la sécurité, la décarbonation, l’innovation utile
Dans la mobilité et la logistique, un créateur non aligné sur vos engagements peut détruire plus de valeur qu’il n’en crée. D’où l’importance d’un sourcing rigoureux.
6. Creator economy : un vivier immense… y compris en B2B industriel
Les chiffres du rapport sont parlants :
- 519 M€ de marché en France
- Plus d’1 million de créateurs en Europe
- 152 000 créateurs en France
- Dont 95 % de micro-influenceurs sur Instagram et 90 % sur TikTok
Contrairement à une idée reçue, une part croissante de ces créateurs se positionne sur :
- La tech industrielle
- La logistique, la supply chain, le e-commerce
- Les métiers en tension (transport, manutention, conduite, maintenance)
Pour un opérateur logistique ou un transporteur français, ce vivier est une mine d’or si on sait quoi chercher :
- Des YouTubeurs qui expliquent la supply chain, la robotisation d’entrepôt, l’IA dans la prévision de la demande
- Des créateurs TikTok qui montrent le quotidien d’un conducteur, d’un préparateur ou d’un exploitant
- Des experts LinkedIn qui décryptent TMS, WMS, jumeaux numériques, IoT, data transport
Votre enjeu 2026 : cartographier ces profils, identifier ceux qui sont déjà suivis par vos clients, vos prospects et vos futurs talents, puis construire une relation de long terme.
7. Influence responsable + IA : le nouvel horizon pour la logistique française
L’étude conclut sur un point clé : l’influence passe en Europe de la phase « expérimentation » à une phase de structure, responsabilité et partenariat éditorial. Pour la logistique et le transport en France, l’alignement avec la transformation par l’IA est évident.
Voici ce qui se dessine pour 2026 :
- Plus de contenus de fond sur l’IA appliquée à la logistique : prédiction de la demande, optimisation des tournées, maintenance prédictive, allocation dynamique des ressources
- Plus de voix du terrain (conducteurs, planificateurs, responsables d’entrepôt) qui montrent les bénéfices concrets – et les limites – des nouveaux outils
- Moins de discours tech hors-sol, plus de cas pratiques chiffrés : -15 % de kilomètres à vide, -20 % de temps d’attente, +30 % de ponctualité, -10 % d’émissions CO₂
Pour les décideurs transport/supply chain, cette évolution est une chance :
- Vous pouvez accélérer l’adoption de l’IA grâce à des contenus pédagogiques portés par des tiers crédibles
- Vous pouvez améliorer votre attractivité auprès de talents jeunes qui s’informent via les créateurs plus que via les médias classiques
- Vous pouvez défendre vos positions sur des sujets sensibles (transition énergétique, robotisation, automatisation des entrepôts) avec un discours nuancé et documenté
Et maintenant, quoi faire en 2026 si vous ĂŞtes un acteur du transport ou de la logistique ?
La réalité est plus simple qu’il n’y paraît : le marketing d’influence n’est plus réservé aux DTC et aux marques lifestyle. Il devient un outil stratégique pour tous les secteurs où l’IA, la data et les opérations terrain se rencontrent, donc pleinement pour la logistique et le transport.
Trois chantiers concrets à lancer dès maintenant :
- Fixer un cadre : objectifs, budget, charte d’influence responsable alignée sur votre politique sécurité / RSE
- Cartographier votre écosystème de créateurs : experts IA & supply chain, créateurs terrain, profils RH/marque employeur
- Construire 1 ou 2 programmes pilotes de co-création sur des sujets clés : optimisation des itinéraires par IA, automatisation d’un entrepôt, décarbonation de la flotte
Les entreprises qui auront compris que l’influence est une manière d’expliquer la complexité – pas de la masquer – prendront une longueur d’avance. Dans un marché où tout le monde parle d’IA dans la logistique, celles qui sauront le montrer, chiffres à l’appui, via des voix crédibles, capteront l’attention… et les meilleurs clients.