Car Paradise : recyclage auto, image de marque et IA

L'IA dans le Transport et la Logistique en FranceBy 3L3C

« Car Paradise » montre comment recycler une voiture peut devenir une expérience positive et un levier de marque, surtout quand la logistique et l’IA sont alignées.

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Quand une vieille Golf raconte l’avenir du transport

Des milliers de véhicules hors d’usage dorment encore dans des garages, des jardins ou sur des parkings en France. Officiellement, on parle de plusieurs millions de VHU potentiels, alors que la filière de recyclage est capable de valoriser plus de 95 % de la matière d’une voiture.

C’est précisément ce décalage que pointe « Car Paradise », la campagne de Volkswagen Group France et Derichebourg réalisée par DDB Paris. Un film joyeux, presque musical, qui montre une Golf 2 se faire démonter, broyer, recycler… avec le sourire. Rien à voir avec l’imaginaire de « casse auto » froide et sinistre.

Ce cas est intéressant pour tous ceux qui travaillent sur le transport, la logistique et l’IA. Pourquoi ? Parce qu’il illustre trois sujets clés : la transformation environnementale d’un secteur ultra-visible, la puissance du récit pour embarquer le public… et le rôle grandissant de l’IA pour orchestrer cette transition (de la collecte des VHU à l’optimisation de la filière).

Dans cet article, on regarde ce que raconte « Car Paradise », ce que ça change pour les marques auto en France, et comment les acteurs du transport peuvent s’inspirer de cette approche, en particulier en intégrant l’IA dans leurs opérations et leur communication RSE.


Ce que « Car Paradise » change dans l’imaginaire du recyclage auto

La campagne part d’un constat simple : le recyclage automobile n’est pas un réflexe, et reste perçu comme compliqué, peu accessible, voire un peu louche (épavistes non agréés, paperasse, etc.).

Volkswagen Group France et Derichebourg Environnement, partenaires depuis le 10/06/2025, attaquent le problème à la racine : l’image.

Un storytelling émotionnel plutôt qu’un tuto RSE

Le film signé DDB Paris ne donne pas un cours. Il raconte une petite histoire :

  • une vieille Golf 2 abandonnée au bord d’une route ;
  • une remorque Derichebourg qui vient la chercher ;
  • une succession d’étapes très concrètes (purge, démontage, découpe, broyage) ;
  • une bande-son guillerette, inspirée de Beverly Hills 3, en décalage total avec la brutalité des images.

On commence par éprouver de la peine pour cette voiture, humanisée plan après plan, puis on comprend que c’est « la meilleure chose qui pouvait lui arriver » : être recyclée, valorisée à plus de 95 % dans un centre agréé.

Le message implicite est clair : si vous aimez vraiment votre voiture, offrez-lui une fin de vie digne dans un circuit officiel.

C’est beaucoup plus puissant qu’un discours technique sur les taux de recyclage.

Une réponse à un irritant très concret côté usagers

La campagne s’attaque à un blocage bien réel :

  • beaucoup de propriétaires d’épaves ne savent pas quoi faire de leur véhicule ;
  • d’autres choisissent la facilité en appelant un épaviste non agréé, avec tous les risques légaux et environnementaux que ça suppose ;
  • la charge mentale administrative (certificat de destruction, démarches préfectorales, etc.) reste floue pour le grand public.

« Car Paradise » vient dire :

  • « on s’occupe de tout » ;
  • « c’est simple, accessible, encadré » ;
  • « et ce n’est pas une punition, c’est un geste positif ».

Pour une marque auto grand public, c’est stratégique : rendre visible la responsabilité sur tout le cycle de vie du véhicule, y compris après la revente ou la panne définitive.


Pourquoi cette campagne intéresse aussi la logistique et l’IA

Le recyclage automobile, ce n’est pas qu’une jolie histoire de marque. C’est aussi une opération logistique lourde, idéale pour l’IA : collecte de véhicules, planification de tournées, gestion de flux matière, traçabilité…

Le recyclage auto, un vrai sujet de transport et de data

Derrière la remorque Derichebourg du film, on retrouve des problématiques très proches de la livraison e‑commerce ou du transport de marchandises :

  • optimisation des itinéraires pour aller collecter les VHU au moindre coût carbone ;
  • gestion de flotte (plateaux, dépanneuses, camions bennes) ;
  • prévision de la demande : anticiper les pics de VHU (prime à la conversion, nouvelles normes, pics saisonniers) ;
  • pilotage des centres de traitement : éviter les engorgements, assurer un taux de valorisation maximal.

L’IA trouve naturellement sa place :

  • algorithmes de tournées optimisées qui regroupent plusieurs enlèvements de VHU dans une même zone ;
  • systèmes de prédiction de volumes à partir des données d’immatriculations, de MTT (mises hors circulation), d’incitations gouvernementales ;
  • outils de vision par ordinateur capables d’identifier les pièces récupérables sur un véhicule dès son arrivée au centre, pour mieux orienter le démontage.

Bref, la jolie campagne filmée est la façade d’un sujet beaucoup plus vaste : la digitalisation et l’automatisation de la fin de vie des véhicules.

Ce que les pros du transport peuvent retenir

Pour un acteur transport / logistique français, cette campagne raconte deux choses :

  1. La RSE ne se joue plus seulement dans les chiffres, mais dans le récit. Optimiser ses flux avec l’IA est indispensable, mais tant que le client ne le voit pas, l’effort reste invisible.
  2. Les opérations complexes peuvent devenir désirables si elles sont bien mises en scène. Le recyclage auto, c’est technique, dangereux, ultra-réglementé. Pourtant, le film en fait un moment positif, « musical », presque festif.

Il y a un parallèle évident pour :

  • les réseaux de livraison urbaine bas carbone ;
  • les logisticiens qui gèrent le retour et le reconditionnement de produits ;
  • les acteurs du transport routier qui investissent dans des flottes électriques ou bioGNV.

L’IA dans le transport et la logistique permet de rendre ces modèles économiquement viables. La communication créative, elle, permet de les rendre socialement désirables.


Décryptage créatif : comment DDB Paris a rendu le recyclage « joyeux »

La force de « Car Paradise », c’est de réussir un exercice souvent raté : faire de la communication RSE qui ne ressemble pas à une plaquette RSE.

Humaniser la voiture, effacer la techno

Julien Beuvry (DA) et Sonia Dos Santos (CR) l’expliquent très bien :

  • la voiture est le personnage principal ;
  • la présence humaine est volontairement discrète ;
  • l’objectif n’est pas d’expliquer la technique, mais de faire ressentir quelque chose.

On passe par plusieurs émotions :

  1. la nostalgie (la vieille Golf abandonnée) ;
  2. l’inquiétude (les machines, la destruction) ;
  3. le soulagement puis la satisfaction (la valorisation et l’idée d’une seconde vie).

En background, on sait que la voiture sera recyclée à plus de 95 % dans un centre agréé. Le chiffre est simple, mémorisable, et suffit à crédibiliser la promesse environnementale.

La musique, arme principale de réassurance

Le choix d’une musique :

  • entêtante,
  • guillerette,
  • en décalage complet avec la brutalité des images,

permet de casser l’angoisse associée au broyage. C’est un procédé classique en pub, mais ici particulièrement efficace : on ne regarde plus une casse, on regarde un rite de passage.

Ce mélange de fond RSE + forme pop est intéressant pour tous les messages complexes autour du transport :
zéro émission, sobriété énergétique, data, IA… Dès que le sujet devient potentiellement anxiogène, jouer sur le contraste émotionnel peut faire la différence.


Où l’IA peut prolonger l’histoire : de la collecte VHU à la communication personnalisée

Si l’on projette cette campagne dans un écosystème réellement piloté par l’IA, on voit rapidement ce qui pourrait être mis en place côté annonceur comme côté opérateur de transport.

IA et parcours client du recyclage automobile

Un parcours type, enrichi par l’IA, pourrait ressembler à ça :

  1. Identification du besoin

    • un propriétaire se renseigne en ligne sur le recyclage de sa vieille voiture ;
    • un assistant conversationnel IA répond à ses questions (coût, délais, pièces récupérables, démarches administratives).
  2. Prise de rendez-vous et planification

    • un moteur d’optimisation calcule le meilleur créneau pour l’enlèvement, en tenant compte :
      • des tournées déjà prévues,
      • du trafic,
      • des contraintes CO₂ de la flotte ;
    • le client voit en temps réel l’impact CO₂ évité par rapport à un enlèvement isolé.
  3. Traitement au centre agréé

    • à l’arrivée, un système de vision IA dresse un pré-diagnostic de l’état du véhicule ;
    • certaines pièces sont automatiquement orientées vers le réemploi, d’autres vers la matière première secondaire ;
    • les données de chaque étape alimentent un tableau de bord RSE.
  4. Retour d’information au client

    • le propriétaire reçoit un bilan :
      • pourcentage de valorisation ;
      • estimation de CO₂ économisé ;
      • éventuels bons d’achat si certaines pièces sont revendues.

On est loin du simple « on a enlevé votre épave ». On crée un parcours transparent, piloté par la donnée, où la communication s’appuie sur des indicateurs concrets.

IA et storytelling RSE : passer du spot au système

Aujourd’hui, « Car Paradise » est un film (45, 60 et 90 secondes) diffusé en digital début 2026. Demain, la même logique pourrait être :

  • des contenus personnalisés générés en fonction du type de véhicule, de la région, de l’âge du conducteur ;
  • des dashboards publics simplifiés, qui mettent en scène l’impact réel de la filière (nombre de VHU collectés, tonnes de matières recyclées, CO₂ évité) ;
  • des experiences interactives où chacun peut suivre virtuellement le parcours de sa voiture jusqu’à sa « renaissance » sous forme de pièces ou de matières premières.

L’IA générative (texte, image, vidéo) peut servir à produire ces variations de contenu, à condition d’avoir une base solide : des opérations réellement optimisées et des données fiables.


Comment s’inspirer de « Car Paradise » pour vos projets transport & IA

Voici quelques pistes concrètes si vous travaillez dans le transport, la logistique, l’auto ou les services associés.

1. Partir d’un irritant réel, pas d’un concept abstrait

Volkswagen et Derichebourg sont partis d’un blocage du quotidien : « je ne sais pas quoi faire de mon épave ».

Pour votre projet :

  • identifiez le moment précis où le client décroche (commande, livraison, retour, SAV, fin de vie) ;
  • demandez-vous comment l’IA peut supprimer la friction (simplifier, automatiser, expliquer) ;
  • construisez votre message autour de ce moment, avec un exemple très concret.

2. Faire de l’IA un moteur d’expérience, pas un argument

La campagne « Car Paradise » ne parle jamais d’algorithmes, et c’est très bien.
Dans la plupart des cas, votre client se moque de savoir si vous utilisez du machine learning ou pas. Ce qu’il veut :

  • une expérience plus simple ;
  • plus transparente ;
  • plus cohérente avec ses valeurs (environnement, temps, confort).

Positionnez l’IA comme l’envers du décor qui rend possible ce que vous promettez :

  • enlèvements plus rapides ;
  • trajets plus courts ;
  • meilleure valorisation des produits retournés ;
  • preuves chiffrées de l’impact RSE.

3. Travailler votre « Car Paradise » interne

Enfin, posez-vous une question simple :
Quel est le « paradis » que vous promettez à vos flux, vos véhicules, vos colis ou vos produits en fin de vie ?

  • un réseau où rien ne se perd et tout se revalorise ;
  • une flotte qui consomme moins pour livrer autant, voire plus ;
  • un système d’IA qui coordonne l’ensemble sans surcharge pour les équipes terrain.

Plus ce paradis est concret dans vos opérations, plus il sera facile de le mettre en scène dans une campagne crédible, comme l’ont fait Volkswagen Group France, Derichebourg et DDB Paris.


Et maintenant ?

« Car Paradise » montre une chose simple : on peut parler de recyclage auto, de fin de vie et de démolition… en donnant envie d’agir. C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent faire bouger les lignes dans le transport et la logistique en France.

La suite logique, pour les marques et les opérateurs, c’est d’aligner :

  • des opérations pilotées par l’IA (optimisation des itinéraires, gestion de flotte, prévision de la demande, automatisation des centres) ;
  • un récit clair et assumé qui montre au grand public ce qui se passe réellement dans les coulisses.

Les campagnes comme « Car Paradise » ouvrent une porte : celle d’un transport plus responsable, plus intelligent, mais aussi plus humain dans la façon dont il se raconte. La question est désormais simple : quelle histoire votre propre logistique aura-t-elle envie de raconter en 2026 ?

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