Amazon Ads : ce que Campaign Manager change pour les annonceurs

L'IA dans le Transport et la Logistique en France••By 3L3C

Amazon Campaign Manager unifie la pub d’Amazon avec l’IA. Ce modèle éclaire aussi comment optimiser transport et logistique en France grâce à des plateformes unifiées.

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Amazon Campaign Manager : un tournant pour la pub… et une leçon pour la logistique

La plupart des annonceurs passent encore trop de temps à jongler entre plateformes, exports Excel et validations internes. Pendant ce temps, leurs concurrents automatisent déjà une bonne partie de la chaîne média avec l’IA. Amazon vient d’en donner un nouvel exemple avec Campaign Manager, présenté lors d’unBoxed 2025.

Pourquoi ça concerne aussi le transport et la logistique en France ? Parce qu’Amazon applique exactement les mêmes recettes d’IA, de centralisation des données et d’optimisation temps réel à deux univers : la publicité et sa chaîne logistique. Comprendre l’un aide clairement à comprendre l’autre.

Dans cet article, on décortique ce que change réellement Amazon Ads Campaign Manager pour les annonceurs, puis on fait le parallèle avec les usages de l’IA dans le transport et la logistique : optimisation d’itinéraires, pilotage centralisé, prévision de la demande, automatisation des opérations.


Ce qu’Amazon a vraiment annoncé avec Campaign Manager

Amazon ne s’est pas contenté d’« améliorer » son offre média. Campaign Manager fusionne deux briques historiques : l’Ads Console et Amazon DSP, pour créer une plateforme unique.

Concrètement, un annonceur ou une agence dispose désormais :

  • d’un compte mondial unique,
  • d’une interface centralisĂ©e pour gĂ©rer toutes ses campagnes,
  • d’une facturation unifiĂ©e,
  • d’outils d’optimisation pilotĂ©s par l’IA.

La promesse est claire : moins de friction opérationnelle, plus de temps sur la stratégie, plus de performance média. Amazon annonce même une réduction de 67 % du temps de création de campagne grâce à l’automatisation et aux recommandations guidées.

Pour les équipes media, ça veut dire très concrètement :

  • moins de copier-coller entre plateformes,
  • moins de paramĂ©trages manuels redondants,
  • plus de dĂ©cisions prises sur la base de signaux temps rĂ©el, et pas uniquement sur des reportings J+3.

Ce schéma ressemble fortement à ce qu’on voit déjà en gestion de flotte et de tournées dans le transport : une plateforme unique qui orchestre plusieurs systèmes (TMS, WMS, GPS, données de commandes) et qui utilise l’IA pour proposer automatiquement le meilleur scénario.


Les 4 grands bénéfices de Campaign Manager (et leur équivalent logistique)

Amazon met en avant quatre avantages clés. Ils parlent aux marketeurs, mais aussi à n’importe quel directeur transport ou responsable d’exploitation.

1. Simplicité opérationnelle : un compte, une interface, une facture

Pour la publicité :

  • Un unique compte mondial pour gĂ©rer tous les marchĂ©s.
  • Authentification, rĂ´les utilisateurs et droits centralisĂ©s.
  • Facturation regroupĂ©e, plus simple pour la finance et le contrĂ´le de gestion.

C’est exactement le même enjeu que dans le transport :

  • un TMS global plutĂ´t qu’une mosaĂŻque d’outils locaux,
  • une vision consolidĂ©e des coĂ»ts de transport par client, par zone, par mode,
  • une seule source de vĂ©ritĂ© pour l’IT, la finance, les opĂ©rations.

Dans les deux cas, la simplification opérationnelle est la première marche avant de faire travailler l’IA correctement. Tant que les données sont éclatées, l’algorithme reste aveugle.

2. Intelligence décisionnelle : de Smart Search à la prédiction de demande

Côté Amazon Ads, l’IA alimente plusieurs briques :

  • Smart Search pour dĂ©tecter des opportunitĂ©s en temps rĂ©el (nouveaux mots-clĂ©s, nouveaux segments d’audience, contextes mĂ©dia pertinents).
  • Recos d’optimisation « en un clic » (ajuster budgets, enchères, ciblages, crĂ©ations).
  • Analyses couvrant l’intĂ©gralitĂ© du parcours d’achat, de la dĂ©couverte Ă  la conversion.

Dans un environnement de transport et logistique, c’est le même principe appliqué à d’autres données :

  • historique de commandes,
  • volumes par client,
  • capacitĂ©s de flotte et de quais,
  • contraintes de temps et de coĂ»ts.

Avec l’IA, on passe de tableaux Excel figés à des réponses du type :

  • « Si tu dĂ©places ce volume sur ce crĂ©neau, tu rĂ©duis ton coĂ»t kilomĂ©trique de 12 % » ;
  • « Si tu anticipes ce pic de demande, tu Ă©vites deux navettes supplĂ©mentaires ».

La publicité optimise les enchères ; la logistique optimise les kilomètres, les capacités et les délais. Dans les deux cas, le moteur est le même : un moteur de recommandation IA branché sur des données propres et unifiées.

3. Vision panoramique : un tableau de bord qui voit tout

Amazon met en avant une vision consolidée des investissements et des performances sur toutes les campagnes, tous les formats, tous les canaux. C’est la fin des silos « search », « display », « vidéo » traités comme des mondes séparés.

En logistique, la vision panoramique, c’est :

  • voir en temps rĂ©el les flux entre entrepĂ´ts, hubs, agences, magasins,
  • croiser taux de remplissage, ponctualitĂ©, coĂ»t par colis ou par palette,
  • mesurer l’impact d’une dĂ©cision (nouvel entrepĂ´t, nouveau transporteur, nouvelle promesse client) sur l’ensemble de la chaĂ®ne.

Ce type de vision unifiée permet :

  • aux marketeurs de rĂ©allouer le budget plus vite vers les campagnes les plus rentables ;
  • aux logisticiens de rĂ©allouer les ressources (vĂ©hicules, chauffeurs, crĂ©neaux de quai) lĂ  oĂą elles crĂ©ent le plus de valeur.

4. Gain de productivité : 67 % de temps gagné, ça change un métier

Amazon annonce une réduction de 67 % du temps de création de campagne. Ce chiffre n’est pas anodin : il signifie que les équipes peuvent, à volume constant, travailler deux à trois fois plus de scénarios, de tests A/B, de versions créatives.

Transposé à la logistique :

  • un plan de tournĂ©es gĂ©nĂ©rĂ© automatiquement en quelques minutes,
  • des scĂ©narios de replanification en temps rĂ©el en cas d’incident (panne, bouchon, retard de prĂ©paration),
  • des opĂ©rations d’entrepĂ´t plus fluides grâce Ă  une allocation dynamique des ressources (prĂ©parateurs, quais, engins).

Même logique : l’IA ne remplace pas l’expert, elle change la nature de son travail. Moins de paramétrage, plus de contrôle et de décisions tactiques.


Ads Agent et Amazon Marketing Cloud : ce que ça dit de l’IA « no-code »

Autre annonce importante : Ads Agent, intégré à Amazon Marketing Cloud (AMC).

Son principe :

  • l’utilisateur pose une question en langage naturel (« Quels segments d’audience contribuent le plus aux ventes multi-touches ? »),
  • l’agent IA traduit cette question en requĂŞtes SQL,
  • il renvoie des analyses prĂŞtes Ă  l’emploi et propose mĂŞme des modèles d’audience « no-code ».

On voit ici une tendance lourde qui dépasse la publicité : l’IA sert d’interface entre l’humain et la complexité technique.

En transport et logistique, on commence Ă  voir la mĂŞme chose :

  • un responsable d’exploitation demande : « Montre-moi les tournĂ©es avec plus de 20 % de kilomètres Ă  vide sur les 7 derniers jours » ;
  • l’agent IA interroge le TMS, l’outil de gĂ©olocalisation, l’historique des commandes ;
  • la rĂ©ponse revient sous forme de liste exploitable, avec recommandations.

Ce modèle d’IA « no-code » est clé pour la France, où une partie des équipes transport et logistique n’a pas de profil data/IT. Si l’on veut que l’IA sorte du labo et arrive dans les entrepôts, les agences, les postes de contrôle, il faut ce type d’interface.


Ce que les annonceurs peuvent apprendre des pratiques logistiques d’Amazon

On parle souvent de l’IA d’Amazon dans la pub, mais son laboratoire réel, c’est sa chaîne logistique : prévision de la demande, allocation de stock, pilotage de flotte, orchestration des entrepôts. Campaign Manager n’est finalement que la déclinaison marketing d’un ADN déjà éprouvé dans le transport.

Quelques parallèles utiles pour les directions marketing :

1. Penser « réseau » plutôt que canal

En logistique, on parle de réseau de transport, pas de « camions isolés ». L’optimisation se fait à l’échelle globale.

En média, même logique :

  • on optimise un rĂ©seau de points de contact (search, display, vidĂ©o, retail media, TV connectĂ©e),
  • l’IA doit avoir accès Ă  l’ensemble du parcours utilisateur, pas seulement Ă  un silo.

Campaign Manager va dans ce sens, en offrant une vision globalisée des investissements et des performances.

2. Centraliser les données avant d’industrialiser l’IA

Les logisticiens l’ont appris parfois dans la douleur : sans référentiel unique, sans données harmonisées, les projets IA plafonnent.

Les marketeurs français doivent en tirer la même leçon :

  • harmoniser les noms de campagnes, structures de comptes, taxonomies de produits ;
  • se doter d’un data layer clair entre sites, apps, CRM, retail media ;
  • nettoyer les donnĂ©es avant de lancer les gros chantiers IA.

Là-dessus, les méthodes de la logistique (gouvernance data, standardisation, contrôle qualité) sont très inspirantes pour le média.

3. Accepter que la performance se pilote en continu

Une flotte de camions se replanifie tous les jours, parfois toutes les heures. Les outils IA de transport vivent dans ce temps court.

La publicité doit suivre :

  • campagnes optimisĂ©es en continu,
  • arbitrages budgĂ©taires hebdomadaires voire quotidiens,
  • tests et itĂ©rations permanents sur les crĂ©ations et ciblages.

Campaign Manager, avec son IA embarquée et ses analyses temps quasi réel, pousse clairement dans cette direction.


Comment se préparer, côté annonceurs français

Pour profiter pleinement de ce type de plateforme – qu’il s’agisse d’Amazon Ads, de solutions de transport intelligentes ou d’outils d’automatisation d’entrepôt –, quelques prérequis reviennent toujours.

1. Mettre de l’ordre dans les données et les structures

  • Standardiser noms de campagnes, d’ensembles de publicitĂ©s, de formats.
  • Documenter clairement les objectifs par campagne (notoriĂ©tĂ©, considĂ©ration, conversion, fidĂ©lisation).
  • CĂ´tĂ© logistique, s’assurer que les codes sites, tournĂ©es, transporteurs, clients sont cohĂ©rents d’un système Ă  l’autre.

Sans cette base, l’IA fera des recommandations… mais sur un terrain bancal.

2. Former les équipes à la lecture des signaux IA

L’IA propose, l’humain dispose. Encore faut-il :

  • comprendre les indicateurs clĂ©s (ROAS, coĂ»ts incrĂ©mentaux, contribution multi-touch cĂ´tĂ© mĂ©dia ; coĂ»ts au km, taux de remplissage, service level cĂ´tĂ© transport),
  • savoir quand suivre la reco… et quand la challenger.

Les entreprises françaises qui réussissent déjà avec l’IA, que ce soit en marketing ou en logistique, ont un point commun : elles investissent dans la montée en compétence des équipes, pas seulement dans les outils.

3. Lier performance média et performance logistique

Pour les acteurs du e-commerce, de la grande distrib, de la livraison de colis ou de la logistique contractuelle, la frontière entre promesse publicitaire et capacité opérationnelle est de plus en plus mince.

Une bonne pratique :

  • connecter les Ă©quipes mĂ©dia et supply chain autour de mĂŞmes scĂ©narios : lancement de promo, Black Friday, NoĂ«l, opĂ©rations locales ;
  • partager l’information en amont sur les pics attendus et les capacitĂ©s rĂ©elles ;
  • utiliser l’IA, cĂ´tĂ© mĂ©dia comme cĂ´tĂ© transport, pour lisser les pics plutĂ´t que les subir.

C’est là où la série « L’IA dans le Transport et la Logistique en France » prend tout son sens : on ne peut plus piloter le marketing sans regarder la chaîne logistique, et inversement.


Et maintenant ? L’IA comme colonne vertébrale médias & logistique

Avec Campaign Manager, Amazon montre clairement sa feuille de route : unifier, automatiser, personnaliser. La même logique est à l’œuvre dans ses entrepôts, ses tournées, ses prévisions de demande.

Pour les annonceurs français, deux messages forts :

  1. Les plateformes média vont toutes tendre vers ce modèle : une interface unique, de l’IA partout, une vision globale et temps réel.
  2. Les meilleures performances naîtront de la cohérence entre marketing et logistique, surtout dans un contexte de tension sur les coûts de transport et sur la promesse client (livraison rapide, verte, fiable).

La question n’est plus « faut-il utiliser l’IA ? », mais :

Comment organiser vos données, vos équipes et vos process pour que l’IA média et l’IA logistique travaillent ensemble plutôt que côte à côte ?

C’est ce chantier-là qui fera la différence pour les marques françaises dans les 2 à 3 prochaines années.