Neolytics transforme une simple enseigne lumineuse en capteur IA qui mesure passants, vitrines et parkings. La rue devient enfin aussi mesurable qu’un site web.
Neolytics : quand la lumière rend le retail vraiment intelligent
La plupart des enseignes belges mesurent chaque clic en ligne… mais ne savent presque rien des milliers de personnes qui passent devant leur vitrine chaque jour. Ce décalage coûte cher : loyers élevés, investissements en enseignes, merchandising, mais très peu de données pour savoir ce qui fonctionne réellement.
Voici pourquoi le lancement de Neolytics, par Neopaul-signs et The Retail Factory, mérite toute l’attention de la distribution belge. Cette lichtreclame intelligente transforme une enseigne lumineuse classique en véritable capteur de données IA : analyse des flux de passants, profils démographiques, temps d’arrêt devant la vitrine, flux de parking… avec une précision annoncée de 98 % et dans le respect du RGPD.
Dans la série « L’IA dans le Retail Belge : Commerce Intelligent », ce cas Neolytics est un tournant : il montre comment l’IA sort des logiciels de back-office pour s’installer… sur la façade même du magasin.
1. Le trou noir entre visibilité de façade et ventes en caisse
Le point clé, c’est que la plupart des enseignes n’ont aucune mesure fiable entre « je passe devant » et « j’entre dans le magasin ».
On connaît généralement assez bien :
- les tickets de caisse et la fréquence d’achat ;
- les ventes web, le taux de conversion, le coût par clic ;
- parfois les parcours en magasin (caméras, Wi-Fi, capteurs).
Mais hors du magasin, c’est le flou total :
- Combien de personnes passent réellement devant la vitrine chaque jour ?
- Qui s’arrête, combien de temps, et à quels moments ?
- La nouvelle campagne d’enseigne ou de vitrine augmente-t-elle vraiment le taux d’entrée ?
Résultat : les budgets d’enseigne, de vitrine, de street marketing ou de retail park sont trop souvent décidés à l’intuition. Dans un contexte belge où les loyers en centre-ville, retail parks et shopping centers restent élevés, c’est une faiblesse stratégique.
La vraie promesse de Neolytics, c’est de rendre la rue aussi mesurable qu’un site e‑commerce.
2. Comment fonctionne une enseigne lumineuse « augmentée » par l’IA ?
Neolytics ajoute une couche technologique discrète à une lichtreclame Neopaul-signs. Pour le client, ça reste une belle enseigne. Pour le retailer, c’est un capteur de données comportementales.
Ce que la technologie mesure concrètement
Les capteurs et l’IA embarquée analysent en temps réel :
- Passants : volume de trafic, sens de passage, heures de pointe ;
- Visiteurs qui entrent : ratio passants / entrants (taux de conversion « façade ») ;
- Personnes qui s’arrêtent devant la vitrine : durée du regard, position, moments de la journée ;
- Données démographiques anonymisées : sexe estimé, tranche d’âge, taille, individuel ou en groupe ;
- Flux véhicules et vélos (pour totems et retail parks) : trafic, vitesses, volumes par créneaux ;
- Parkings : temps de stationnement (dwell time), rotations, pics d’occupation.
Tout est traité de manière anonymisée et conforme au RGPD, sans reconnaissance faciale nominative. L’objectif n’est pas de savoir qui est la personne, mais quel type de profil réagit à quel stimulus.
Une précision annoncée de 98 %
Les algorithmes d’IA utilisés par The Retail Factory sont entraînés sur de larges volumes d’images et de comportements. Le système revendique :
- une précision de l’ordre de 98 % sur la détection et la classification ;
- une capacité à distinguer individus / groupes ;
- une robustesse en extérieur (pluie, nuit, reflets, etc.).
Les indicateurs remontent ensuite dans un portail de data retail : dashboards, tendances, comparaisons avant/après, exports pour vos équipes marketing ou immobilières.
3. L’A/B testing « offline » : enfin possible pour la façade
Le vrai changement, c’est que les méthodes du digital marketing arrivent dans la rue.
De la bannière en ligne à l’enseigne sur la Meir
Sur le web, on lance deux visuels, on regarde la conversion, on garde le meilleur. Avec Neolytics, on peut faire la même chose :
- Tester deux créations de vitrine sur deux semaines différentes et comparer :
- nombre de passants ;
- taux d’arrêt devant la vitrine ;
- taux d’entrée en magasin.
- Mesurer l’impact :
- d’un nouveau logo ou d’un rebranding ;
- d’une campagne de Noël ;
- d’opérations type « Soldes », « Black Friday », « Semaine du goût », etc.
Exemple concret :
Une enseigne de mode à Bruxelles installe Neolytics sur sa façade :
- Semaine 1 : vitrine orientée prix (promos massives).
- Semaine 2 : vitrine orientée look & storytelling de marque.
Les données montrent :
- +22 % de temps d’arrêt devant la vitrine en semaine 2 ;
- +9 % de taux d’entrée ;
- panier moyen légèrement supérieur.
La direction peut alors arbitrer en connaissance de cause, chiffres à l’appui, au lieu d’un débat subjectif entre marketing et direction.
Optimiser les investissements immobiliers
Pour les directions immobilières et les foncières, mesurer objectivement le potentiel d’un emplacement devient bien plus simple :
- comparer des façades dans le même quartier ;
- prouver la valeur d’une visibilité d’angle ;
- attirer des enseignes avec des données de trafic et de conversion ;
- documenter la fréquentation réelle d’un retail park par rapport à un centre-ville.
Dans un marché belge où les investisseurs internationaux se réintéressent au commerce physique, ce type de données devient un argument commercial très puissant.
4. Cas d’usage pour différents formats de retail belge
L’intérêt de Neolytics, c’est qu’il n’est pas réservé à un seul type d’enseigne. Il couvre une grande partie du paysage retail belge.
4.1. Boutiques de centre-ville
Pour les indépendants et chaînes en rues commerçantes (Anvers Meir, Bruxelles Rue Neuve, Liège, Gand…), les enjeux typiques sont :
- mesurer l’impact de l’éclairage de vitrine en hiver ;
- ajuster les horaires d’ouverture aux vrais pics de passage ;
- savoir si les campagnes médias (OHH, réseaux sociaux, prospectus) ramènent plus de trafic devant le magasin ;
- comparer les performances de plusieurs emplacements dans une même ville.
4.2. Retail parks et grandes surfaces avec parkings
Pour les supermarchés, enseignes bricolage, jardineries, électro, meubles :
- suivre les flux de véhicules : heures de pointe, jours forts, impact d’une promo ;
- mesurer la dwell time sur le parking pour distinguer achats rapides et gros paniers ;
- analyser les interactions entre plusieurs enseignes d’un même retail park ;
- justifier des investissements en totems, pylons signs, drapeaux lumineux.
4.3. Centres commerciaux et espaces publics
Pour les shopping centers, gares, aéroports, centres-villes, la combinaison IA + lumière peut :
- cartographier les flux entre différentes entrées et niveaux ;
- identifier les zones « froides » à réanimer par des événements ou animations ;
- fournir aux enseignes des datas de traffic réalistes pour la renégociation de loyers ;
- aider les villes à gérer la circulation, les parkings, la sécurité.
Dans tous les cas, on reste dans la logique de la série « L’IA dans le Retail Belge : Commerce Intelligent » : utiliser la donnée pour piloter mieux, pas pour surveiller plus.
5. RGPD, éthique et acceptabilité : le sujet qu’il ne faut pas esquiver
Dès qu’on parle d’IA, de caméras et de flux de personnes, la question arrive : est-ce intrusif ? Et elle est légitime.
Voici ce que fait (et ne fait pas) une solution comme Neolytics :
- ne stocke pas d’images exploitables pour identifier une personne ;
- ne fait pas de reconnaissance faciale nominative ;
- ne croise pas les données avec des fichiers clients individuels ;
- fournit uniquement des statistiques agrégées (groupes, tendances, profils types).
En pratique, pour rester dans les clous du RGPD en Belgique :
- formaliser une base légale claire (intérêt légitime de mesurer la fréquentation) ;
- informer les visiteurs via une signalétique claire près des entrées ;
- limiter la conservation des données détaillées ;
- impliquer le DPO ou un conseiller juridique dès le lancement.
Mon avis : les retailers qui jouent la transparence et expliquent le bénéfice pour le client (magasins mieux dimensionnés, moins d’attente, offres plus pertinentes) gagneront la confiance. Ceux qui cachent la technologie sous le tapis prendront un risque d’image inutile.
6. Comment intégrer Neolytics dans une stratégie « Commerce Intelligent »
Pour qu’une enseigne lumineuse IA ne reste pas un gadget, il faut l’intégrer dans une démarche data globale.
Étape 1 : clarifier les questions business
Avant même de parler capteurs, il faut décider :
- Veut-on augmenter le taux d’entrée du magasin ?
- Mieux exploiter les pics de passage (heures creuses vs heures pleines) ?
- Optimiser la vitrine en fonction des profils et des saisons (Noël, soldes, rentrée des classes) ?
- Mieux valoriser un emplacement face aux bailleurs ou investisseurs ?
Les KPIs de Neolytics doivent être alignés avec ceux du magasin : chiffre d’affaires, marge, trafic qualifié.
Étape 2 : connecter les données entre elles
La vraie puissance, c’est quand on croise :
- Flux de passants (Neolytics) ;
- Données caisse (ventes, paniers, familles de produits) ;
- Données e‑commerce et CRM (campagnes, newsletters, réseaux sociaux) ;
- Données opérationnelles (occupations staff, ruptures, météo, événements locaux).
Par exemple :
- Une hausse de 30 % des arrêts devant la vitrine n’a de sens que si on regarde en même temps :
- le taux d’entrée,
- puis le panier moyen.
- Si le trafic façade explose mais que les ventes stagnent, le problème est sûrement en magasin (prix, assortiment, service).
Étape 3 : installer une boucle d’amélioration continue
L’IA n’apporte de valeur que si les équipes s’en servent pour tester – mesurer – ajuster :
- On change un élément (vitrine, promo, message).
- On suit les indicateurs (trafic, arrêts, entrées).
- On garde ce qui fonctionne, on corrige le reste.
Les enseignes belges qui réussiront dans les 3‑5 ans seront, à mon sens, celles qui traiteront leur façade et leurs parkings comme des canaux marketing pilotés par la donnée, et non plus comme de simples coûts fixes.
Conclusion : la façade devient un média mesurable
Neolytics illustre parfaitement ce qu’on entend par « Commerce Intelligent » dans le retail belge : prendre un élément traditionnel (une enseigne lumineuse) et y injecter de l’IA pour le transformer en source de décision.
Cette approche change la donne :
- la rue devient mesurable comme un site web ;
- les investissements de visibilité peuvent être pilotés par A/B testing offline ;
- les directions marketing, immobilières et opérationnelles parlent enfin le même langage : celui des données.
Pour un retailer belge, la vraie question n’est plus : « Est-ce que je dois utiliser l’IA ? », mais plutôt : « Par où est-ce que je commence pour rendre mon commerce plus intelligent, façade comprise ? »