Neolytics transforme l’enseigne lumineuse en véritable cerveau IA : mesure des passants, tests A/B offline, optimisation horaires et vitrines pour un retail belge plus intelligent.
Le chiffre est brutal : en moyenne, seuls 5 à 10 % des passants qui voient une vitrine franchissent réellement la porte du magasin. Tout le reste, c’est du trafic perdu… et des budgets de visibilité difficilement mesurables.
Voici ce que Neolytics change dans cette équation : pour la première fois en Belgique, une enseigne lumineuse intelligente permet d’analyser en temps réel le comportement des passants, les flux de visiteurs et l’impact concret de la visibilité extérieure sur les ventes. C’est une brique clé du commerce intelligent dont on parle dans toute la série « L’IA dans le Retail Belge ».
Dans ce billet, on va voir très concrètement comment cette innovation portée par Neopaul-signs et The Retail Factory transforme la devanture de magasin en véritable outil d’analytics, quels bénéfices un détaillant belge peut en tirer dès 2026, et comment l’intégrer dans une stratégie IA globale (stocks, pricing, personnalisation, omnicanal).
1. De la vitrine « jolie » à la vitrine mesurable : ce que fait réellement Neolytics
Neolytics ajoute une couche d’IA à une enseigne lumineuse classique. Autrement dit : l’enseigne reste une enseigne, mais elle devient aussi un capteur de données, capable de mesurer ce qui se passe autour du point de vente.
L’objectif est simple : combler le fossé entre ce que vous savez à l’intérieur du magasin et ce que vous ignorez à l’extérieur.
Quelles données sont collectées ?
Le système enregistre, de manière entièrement anonymisée et conforme au RGPD :
- Le nombre de passants dans le champ de vision
- Le nombre de personnes qui s’arrêtent devant la vitrine
- La durée de leur attention
- Le nombre de personnes qui entrent réellement en magasin
- Des données démographiques estimées :
- sexe
- tranche d’âge
- taille
- Les flux et mouvements :
- trajectoires des individus
- flux de groupes
- origines de circulation (par oĂą les gens arrivent)
- Sur un parking ou un retail park :
- flux de voitures, camions, cyclistes
- temps de stationnement
- sens et schémas de circulation
La technologie d’IA intégrée revendique 98 % de précision pour la détection et la classification. C’est le même ordre de grandeur que ce qu’on utilise déjà pour la vidéo-surveillance intelligente ou les compteurs de visiteurs avancés.
Le vrai saut, ce n’est pas de compter des têtes, c’est de relier visibilité extérieure, comportement devant la vitrine et entrée en magasin.
Une enseigne normale pour le client, un tableau de bord pour le détaillant
Côté client, rien ne change : il voit une belle enseigne lumineuse, bien intégrée dans l’architecture. Côté détaillant, tout se passe dans un portail en ligne proposé par The Retail Factory :
- tableaux de bord en temps réel
- comparaisons par jour, semaine, période promo
- visualisation des flux de visiteurs
- impact des campagnes locales (flyers, radio, réseaux sociaux…)
On passe donc d’une dépense de visibilité souvent « à l’aveugle » à un investissement mesurable, au même titre qu’une campagne digitale.
2. L’IA au service des décisions retail : 6 cas concrets pour un magasin belge
La vraie question n’est pas « est-ce que c’est technologique ? », mais : qu’est-ce que ça change dans les décisions quotidiennes du retailer ?
Voici six usages très concrets que j’ai vus fonctionner (ou que des enseignes belges peuvent tester dès maintenant) avec ce type de solution.
2.1. Optimiser la vitrine comme un test A/B digital
En e‑commerce, tout le monde fait du test A/B : on change un visuel, un titre, un bouton, et on mesure le taux de clic.
Neolytics permet de faire la même chose… hors ligne :
- Semaine 1 : vitrine « Noël premium »
- Semaine 2 : vitrine « Noël prix promo »
Pour chaque version, vous suivez :
- le volume de passants
- le taux d’arrêt devant la vitrine
- la durée moyenne de regard
- le taux de conversion « arrêt → entrée en magasin »
En quelques semaines, vous savez quelle approche parle le plus à votre zone de chalandise réelle, pas à celle que vous imaginez.
2.2. Adapter horaires et staffing aux flux réels
Les horaires « 10h–18h30 » figés sont de moins en moins pertinents. Avec des données de flux :
- vous repérez les pics de passage matin / midi / soir
- vous identifiez les heures mortes où la vitrine est vue mais la porte reste fermée
Cela permet :
- d’ouvrir une heure plus tôt certains jours clés
- de renforcer l’équipe au bon moment
- de décaler des tâches internes (réassort, inventaire) sur les plages de faible trafic
Couplé à vos données de caisse, vous pouvez même suivre le taux de conversion passants → entrées → tickets de caisse par créneau horaire.
2.3. Piloter les campagnes locales et omnicanales
Les retailers belges investissent encore beaucoup dans :
- les toutes-boîtes
- les campagnes radio locales
- les publicités géolocalisées sur les réseaux sociaux
Mais combien relient vraiment ces campagnes au trafic devant le magasin ?
Avec Neolytics, vous pouvez :
- mesurer le trafic de passants avant / pendant / après une campagne
- comparer l’impact de deux canaux sur une même période
- identifier quelles campagnes génèrent :
- plus de regards
- plus d’entrées
- un meilleur mix démographique (par ex. plus de familles, plus de jeunes adultes, etc.)
C’est exactement l’esprit du commerce intelligent : relier données offline, online et média dans une même logique de performance.
2.4. Mieux exploiter le parking et les retail parks
En Belgique, une énorme partie du retail se fait en parks commerciaux et magasins avec parking (bricolage, électro, food, jardinage…).
Sur ces sites, l’enseigne intelligente peut :
- mesurer les flux de véhicules par heure et par jour
- suivre le temps de stationnement moyen
- analyser les sens de circulation et les points de congestion
Ces données sont très utiles pour :
- positionner la signalétique, les totems, les entrées
- négocier des coûts d’occupation plus justes avec le propriétaire du site
- dimensionner l’offre de services (drive, click & collect, bornes de recharge…)
2.5. Ajuster assortiment et pricing dynamique par zone
Une fois que vous connaissez mieux :
- le profil démographique réel des passants
- les moments où certains segments sont sur‑représentés (jeunes, seniors, familles…)
vous pouvez adapter :
- le merchandising vitrine (produits mis en avant selon l’heure ou le jour)
- les messages prix (mise en avant promos vs. qualité / durabilité)
Et, à terme, en reliant ces données à vos systèmes de pricing dynamique et de gestion des stocks, vous pouvez :
- anticiper la demande sur certaines plages horaires
- éviter les ruptures sur les produits vitrine à fort pouvoir d’attraction
On retrouve ici le fil rouge de la série « L’IA dans le Retail Belge » : la donnée de terrain alimente les moteurs de stock, prix et assortiment.
2.6. Dialoguer avec les villes et les bailleurs avec des chiffres
Pour les enseignes situées :
- en centre-ville
- dans des centres commerciaux
- dans des gares ou espaces publics
la donnée de flux est un argument puissant pour :
- négocier un loyer ou une surface
- discuter d’un plan de mobilité avec la commune
- justifier l’installation d’une nouvelle enseigne ou d’un nouveau concept
Passer de « on pense qu’il y a du passage » à « il y a en moyenne 4 200 passants/jour, dont 63 % femmes, pic entre 16h et 18h » change complètement la discussion.
3. Respect du RGPD et acceptabilité : comment rester du bon côté de la ligne
Dès qu’on parle d’IA et de vidéo dans l’espace public, la question de la vie privée arrive, et c’est très sain. Si vous voulez que vos clients, vos équipes et les autorités locales acceptent ces solutions, il faut être irréprochable.
Ce que fait (et ne fait pas) Neolytics
D’après les informations disponibles, la technologie :
- ne stocke pas d’images identifiables
- ne fait pas de reconnaissance faciale
- transforme immédiatement les flux vidéo en données statistiques anonymisées
- ne permet pas de remonter à un individu donné
En pratique, le système agit comme un compteur de visiteurs très sophistiqué, pas comme une caméra de surveillance classique.
Bonnes pratiques pour un retailer belge
Si vous mettez en place ce type de solution, je recommande :
- d’informer clairement les clients par une affiche simple à l’entrée
- de mettre à jour votre politique vie privée pour décrire le traitement
- de limiter l’accès aux tableaux de bord à un nombre restreint de personnes
- de fixer des règles internes :
- pas d’usage disciplinaire envers les collaborateurs
- usage stratégique et marketing uniquement
Ça peut sembler administratif, mais c’est ce qui fera la différence entre un outil accepté et un sujet polémique.
4. Intégrer Neolytics dans une stratégie « commerce intelligent » plus large
Pris isolément, Neolytics est déjà utile. Mais son vrai potentiel apparaît lorsqu’on l’intègre dans une architecture data retail plus globale.
Connecter les données de flux aux systèmes existants
Les enseignes les plus avancées vont connecter ces données :
- à la caisse et au CRM (anonymisé) pour suivre le tunnel : passants → entrées → achats
- au WMS / gestion de stock pour anticiper la demande sur les produits les plus vus
- aux outils de marketing automation pour ajuster les campagnes locales
On peut, par exemple :
- déclencher une campagne SMS géolocalisée lors d’un pic de trafic non converti
- ajuster en temps quasi réel le contenu des écrans en vitrine selon le profil dominant des passants
Un maillon clé dans la série « L’IA dans le Retail Belge »
Sur l’ensemble de la série consacrée à l’IA dans le retail belge, on a déjà parlé de :
- prévision de demande et gestion des stocks
- pricing dynamique
- personnalisation client
- stratégies omnicanales
Neolytics apporte la brique qui manquait : la mesure objective du monde physique extérieur au magasin. C’est le trait d’union entre :
- ce que l’enseigne montre (vitrine, signalétique, branding)
- ce que les gens font réellement (regardent, s’arrêtent, entrent… ou pas)
Un retailer qui maîtrise cette chaîne bout à bout – de la rue à la caisse, puis au digital – a une longueur d’avance sur ses concurrents, belges ou internationaux.
5. Comment démarrer : une feuille de route pragmatique pour 2026
Passer à des enseignes intelligentes en 2026 ne demande pas de tout réinventer. Voici un plan simple en 4 étapes.
Étape 1 – Choisir 1 à 3 points de vente pilotes
Idéalement :
- un magasin en rue commerçante
- un magasin en retail park
- éventuellement un flagship en centre commercial
L’objectif est de comparer les comportements selon les contextes.
Étape 2 – Définir 3 KPI clairs
Par exemple :
- Taux d’arrêt devant la vitrine
- Taux d’entrée en magasin
- Taux de conversion entrée → achat (via la caisse)
Sans KPI précis, vous aurez de jolis dashboards mais peu de décisions.
Étape 3 – Planifier 2 ou 3 expérimentations sur 3 mois
Quelques idées :
- tester deux mises en scène de vitrine
- modifier les horaires d’ouverture d’une demi-heure
- lancer une campagne locale (radio, réseaux sociaux) et mesurer son impact
Le but n’est pas d’être parfait, mais d’apprendre vite.
Étape 4 – Décider d’un déploiement élargi (ou non)
Au bout de 3 à 6 mois, vous devez pouvoir répondre à des questions simples :
- Avons-nous augmenté nos taux d’arrêt et d’entrée ?
- Quelles vitrines fonctionnent vraiment sur ce point de vente ?
- Avons-nous optimisé nos horaires et notre staffing ?
Si la réponse est oui et que l’impact financier est visible, le business case pour déployer sur d’autres magasins devient très concret.
Le commerce belge fait face à une concurrence féroce : e‑commerce international, marketplaces, pression sur les loyers, marges qui s’érodent. Dans ce contexte, laisser la rue et la vitrine dans le flou statistique n’a plus de sens.
Des solutions comme Neolytics montrent que l’IA n’est pas réservée aux data scientists ou aux géants du web. Elle peut être intégrée directement… dans une enseigne lumineuse. Simple en apparence, redoutablement efficace en pratique.
La prochaine question pour chaque détaillant belge est assez directe :
« Suis-je prêt à gérer mon trafic physique avec le même niveau de précision que mon trafic en ligne ? »
Ceux qui répondront oui dès 2026 auront une avance très difficile à rattraper.