La captation 3D et les jumeaux numériques deviennent la brique clé de l’IA dans le BTP français. Voici comment My Digital Buildings structure ce virage.

Jumeaux numériques : vers des chantiers vraiment intelligents
En France, plus de 70 % du parc tertiaire a été construit avant 1990. Autrement dit : la majorité des bâtiments qui consomment de l’énergie, génèrent des coûts d’exploitation et doivent être rénovés… n’ont pas de données fiables à jour. Pas de plans « propres », pas de maquette BIM exploitable, parfois même pas de surfaces correctes.
Voici le vrai frein à l’IA dans le BTP français : sans données de qualité sur l’existant, pas de chantier intelligent, pas de planification optimisée, pas de maintenance prédictive. C’est exactement sur ce point que des acteurs comme My Digital Buildings changent la donne avec la captation 3D et le jumeau numérique de bâtiment.
Dans cette série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », cet article se concentre sur un maillon clé de la chaîne : comment passer du bâtiment réel à un double numérique fiable, exploitable par l’IA, et déployable à grande échelle sur tout le territoire.
Pourquoi la captation 3D est la clé de l’IA dans le BTP
Si on veut des chantiers intelligents, il faut d’abord des bâtiments intelligibles. La captation 3D (scan laser, drone, scanners mobiles) produit cette brique de base : un nuage de points précis de l’existant.
Du nuage de points au jumeau numérique exploitable
My Digital Buildings est spécialisé dans la création et l’exploitation du double numérique des bâtiments. Leur chaîne de valeur est typique de ce qui se met en place dans le BTP français :
- Scan 3D de bâtiments (intérieur, extérieur, toitures)
- Génération de nuages de points haute précision
- Conversion en maquettes BIM (Revit, IFC, etc.)
- Mise Ă jour de plans 2D fiables
- Création de visites virtuelles réalistes de l’existant
Ce jumeau numérique devient ensuite le socle pour :
- la planification de projet (phasing, logistique de chantier, modélisation 4D),
- la sécurité sur chantier (simulations de circulation, zones à risque, contrôle des accès),
- la gestion des ressources (quantitatifs précis, réduction des déchets, scénarios de rénovation énergétique),
- l’entraînement de modèles d’IA (reconnaissance automatique d’éléments, détection d’anomalies, contrôle qualité).
La réalité ? Tant que les relevés sont longs, chers et hétérogènes d’un prestataire à l’autre, ces usages restent réservés à quelques grands projets. Le défi, maintenant, c’est la scalabilité.
Trois évolutions technologiques qui changent le relevé de l’existant
My Digital Buildings met le doigt sur trois évolutions qui vont profondément transformer la captation 3D en France. Ces tendances sont essentielles si vous préparez une stratégie BIM ou IA sur votre patrimoine.
1. Combiner plusieurs technologies de relevé sur un même site
La bonne approche n’est plus « drone ou scanner », mais drone + scanners statiques + scanners dynamiques. Chaque technologie a son rôle :
- Drone : toitures, façades complexes, zones inaccessibles ou dangereuses
- Scanners statiques : précision millimétrique sur les points sensibles (locaux techniques, structure, interfaces complexes)
- Scanners dynamiques (mobile mapping) : parcours rapides dans les circulations, parkings, plateaux bureaux
Ce qui change pour un maître d’ouvrage ou une entreprise du BTP :
- Moins d’interruption d’activité : on réduit le temps passé sur site.
- Meilleure qualité de données : chaque zone est captée avec la techno la plus adaptée.
- Base solide pour l’IA : les modèles trouvent plus facilement colonnes, gaines, réseaux, poutres… car les données sont plus complètes.
2. Automatisation de l’assemblage et du nettoyage des nuages de points
Assembler, nettoyer et géoréférencer des nuages de points était historiquement un travail manuel lourd. Avec l’IA et des algorithmes spécialisés, une partie de ce travail est automatisée :
- alignement automatique des stations
- débruitage et suppression des points parasites
- détection précoce de trous de données
Conséquences directes pour un projet :
- Délais réduits entre la fin du scan et la livraison du nuage de points
- Coûts maîtrisés, donc plus de projets où le relevé 3D devient rentable
- Standardisation des livrables, ce qui facilite les workflows BIM et les usages IA derrière
3. Vers des scanners autonomes pour des relevés périodiques
Dernier étage de la fusée : l’intégration de scanners autonomes dans les bâtiments. On commence à voir se dessiner un futur très concret :
- scanners fixes dans des zones critiques (locaux techniques, data centers, halls logistiques),
- robots mobiles qui circulent à intervalles réguliers,
- comparaison automatique avec le jumeau numérique de référence.
Pour les chantiers intelligents, ça ouvre plusieurs perspectives :
- suivi de chantier quasi temps réel : comparaison du « as built » au « as planned »,
- détection d’écarts (mur mal positionné, réservation oubliée, élément non conforme),
- alerte précoce avant que le problème ne se traduise en coût, délai ou litige.
En clair : la création et la mise à jour des doubles numériques vont devenir plus rapides, plus automatiques et plus accessibles, même pour des patrimoines diffus.
Le pari de My Digital Buildings : un réseau national de captation 3D
L’innovation la plus stratégique de My Digital Buildings n’est pas uniquement technologique. C’est leur modèle de déploiement : un réseau d’opérateurs de relevé de bâtiments en France, avec un format de licence de marque.
Un maillage territorial pour la réactivité
Au moment de l’annonce, My Digital Buildings était présent à Paris, Lyon, Grenoble et ouvrait Dijon en licence de marque. L’objectif est clair :
- Renforcer la réactivité : être capable d’intervenir rapidement sur tout type de bâtiment, partout en France.
- Répondre à la montée en charge des projets BIM : digitalisation globale de patrimoines, vagues de rénovations énergétiques, obligations réglementaires croissantes.
- Standardiser protocole et livrables : offrir la même qualité de captation 3D et de livrables BIM sur tout le territoire.
Pour un grand compte immobilier, une foncière, une chaîne de magasins, un acteur industriel ou un bailleur social, c’est un point majeur :
Avoir un protocole de captation homogène permet de comparer, piloter et prioriser les opérations à l’échelle nationale.
Pourquoi la standardisation des relevés est stratégique
Dans les projets d’IA pour le BTP, beaucoup d’équipes se heurtent au même problème : les maquettes ne se ressemblent pas d’un site à l’autre, les noms d’objets changent, les niveaux de détail varient. Résultat, les algorithmes sont difficiles à entraîner.
Un réseau d’opérateurs certifiés et formés, comme le conçoit My Digital Buildings, apporte plusieurs avantages :
- mêmes protocoles sur site (prise de photos, trajectoires, densité de points),
- mêmes formats de livrables (niveaux de détail, codification, structure des fichiers),
- mêmes exigences qualité (précision, complétude, tolérances acceptées).
C’est exactement ce qu’il faut pour :
- industrialiser la création de maquettes BIM d’exploitation sur de grands portefeuilles,
- structurer des bases de données homogènes pour la maintenance et l’énergie,
- entraîner des modèles d’IA sur des jeux de données cohérents.
Comment les jumeaux numériques transforment concrètement les chantiers
On parle beaucoup de jumeau numérique, mais ce qui intéresse vraiment les directions travaux, exploitation ou innovation, ce sont les cas d’usage concrets. Voici quatre exemples directement liés à la captation 3D et au réseau évoqué par My Digital Buildings.
1. Planification de projet et logistique de chantier
Avec un relevé 3D fiable :
- les équipes techniques valident les accès, la capacité des zones de stockage, les hauteurs libres,
- les études d’exécution s’appuient sur une maquette BIM précise pour caler les phasages,
- la logistique de chantier est simulée en amont (chemins de grue, montage d’échafaudages, flux de camions).
Sur des projets de rénovation lourde en milieu occupé, cela réduit les aléas et les nuits « surprises » à ouvrir des dalles ou des doublages.
2. Sécurité sur chantier et en exploitation
Grâce aux jumeaux numériques :
- on simule les équipements de protection collective et les accès provisoires,
- on localise précisément les zones sensibles (amiante, réseaux sous tension, installations gaz),
- on prépare des parcours sécurisés pour les équipes et les usagers pendant les travaux.
Couplé à l’IA, on commence à voir apparaître des assistants numériques capables de suggérer des points d’attention sécurité en fonction de la configuration du bâtiment.
3. BIM intelligent pour l’exploitation et la maintenance
Une fois le chantier terminé, le jumeau numérique ne doit pas finir au fond d’un disque dur. Il devient :
- la référence pour les équipes de maintenance (vannes, tableaux, équipements techniques localisés au centimètre),
- le support de scénarios énergétiques (isoler, remplacer, réguler, piloter),
- le socle d’assistants IA capables de répondre à des questions de type : « Où est la vanne d’isolement du réseau chauffage du 3e étage ? »
Les entreprises qui structurent dès aujourd’hui leurs projets autour de cette logique BIM + captation 3D + IA prennent une longueur d’avance sur la gestion de leur patrimoine.
4. Gestion des ressources et décarbonation
Sur le volet bas-carbone, un relevé 3D de qualité permet :
- des quantitatifs précis pour limiter les sur-approvisionnements et réduire les déchets,
- une meilleure analyse des surfaces et volumes pour prioriser les travaux d’isolation ou de réemploi,
- une base fiable pour les bilans carbone liés aux matériaux et aux scénarios de rénovation.
Quand on sait que le bâtiment représente près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France, cette précision n’est pas un luxe, c’est une condition pour atteindre les objectifs 2030–2050.
Par où commencer si vous voulez structurer vos jumeaux numériques
Si vous êtes maître d’ouvrage, exploitant, entreprise générale ou BET, voici une feuille de route pragmatique pour profiter de cette dynamique.
1. Prioriser les bâtiments à scanner
Tout scanner d’un coup n’a pas de sens. Mieux vaut :
- cibler les bâtiments critiques (forte consommation, nombreux incidents, gros enjeux business),
- profiter des fenêtres de travaux déjà prévues pour intégrer la captation 3D au planning,
- commencer par un pilote significatif (par exemple 30 000 à 50 000 m²) pour tester vos processus.
2. Définir vos standards de livrables BIM et data
Avant de lancer des relevés, clarifiez :
- le niveau de détail attendu (LOD) selon vos usages,
- les nomenclatures et codifications (nommage des locaux, des équipements, des réseaux),
- les formats et structures de fichiers compatibles avec vos outils de GMAO, GTB, plateformes de données.
Plus ces standards sont clairs, plus un réseau d’opérateurs comme celui de My Digital Buildings peut vous livrer des jumeaux numériques directement exploitables.
3. Préparer vos cas d’usage IA et chantiers intelligents
L’IA n’est pas un gadget à coller après coup. Réfléchissez en amont :
- quels problèmes concrets vous voulez résoudre (retards, coûts de maintenance, dérives énergétiques, sécurité),
- quelles données sont nécessaires (géométrie, inventaire, historique d’interventions),
- comment la captation 3D et le BIM peuvent alimenter ces cas d’usage.
Vous aurez alors une vision claire de la valeur attendue, ce qui facilite les arbitrages budgétaires.
Vers une génération de chantiers vraiment intelligents
La vision portée par My Digital Buildings s’inscrit pleinement dans la dynamique « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents » : sans captation 3D fiable, pas de jumeau numérique robuste ; sans jumeau numérique, l’IA reste théorique.
Ce qui se joue aujourd’hui, avec les réseaux d’opérateurs de captation 3D, l’assemblage automatique des nuages de points et l’arrivée de scanners autonomes, c’est la banalisation du double numérique dans le BTP français. On passe d’objets d’étude isolés à une infrastructure de données continue, à l’échelle du territoire.
Pour les acteurs du BTP et de l’immobilier, la question n’est plus « faut-il aller vers les jumeaux numériques et l’IA ? », mais :
Quel est le bon moment et le bon partenaire pour structurer cette démarche sur mon patrimoine ?
Si vous préparez vos prochains projets BIM, vos plans de rénovation ou une stratégie de chantiers intelligents, le bon réflexe consiste à intégrer dès maintenant un volet captation 3D structuré, avec des standards clairs et une vision long terme. Les bâtiments les mieux documentés seront ceux qui tireront le plus de valeur de l’IA dans les années à venir.