Schneider Electric pousse une vision du jumeau numérique enrichi par l’IA qui transforme la conception, le chantier et l’exploitation des bâtiments en France.

Jumeau numérique et IA : ce que Schneider a vraiment changé pour le BTP
En France, plus de 40 % de la consommation d’énergie vient du bâtiment. Pour un acteur comme Schneider Electric, ce n’est pas une statistique abstraite, c’est un terrain de jeu concret : capteurs, logiciels, IA, automatisation. Et surtout, un mot-clé qui revient partout dans le BTP français : jumeau numérique.
Voici le truc avec les chantiers intelligents : la plupart des entreprises pensent que le BIM suffit. On modélise, on coordonne, on produit de beaux plans 3D… puis tout s’arrête une fois le chantier livré. Schneider Electric, avec des profils comme Marc Nezet (SVP Software Transformation, Energy Management), pousse une vision beaucoup plus radicale : le jumeau numérique doit vivre pendant tout le cycle de vie du bâtiment, grâce à la data et à l’IA.
Cet article s’inscrit dans la série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents ». On va décrypter ce que la stratégie de Schneider Electric change concrètement pour :
- les maîtres d’ouvrage qui veulent des bâtiments plus sobres et mieux pilotés,
- les entreprises de construction qui cherchent à sécuriser leurs marges,
- les exploitants qui doivent réduire coûts et émissions en continu.
1. Ce que Schneider Electric a compris avant les autres
La contribution de Schneider Electric au BIM et aux jumeaux numériques repose sur une idée simple : un bâtiment n’est pas qu’une enveloppe, c’est un système énergétique dynamique.
Du BIM statique au jumeau numérique vivant
Un modèle BIM classique décrit :
- la géométrie (murs, planchers, réseaux),
- les matériaux,
- quelques caractéristiques techniques.
Schneider ajoute une couche logicielle et data qui transforme ce modèle en système vivant :
- capteurs et compteurs connectés,
- automates et GTB/GTC,
- plateformes logicielles capables de collecter, analyser et commander en temps réel.
Résultat : le jumeau numérique n’est plus un livrable de conception, c’est un outil d’exploitation. On passe d’une maquette « photo » du bâtiment à une « vidéo en temps réel » de son comportement.
Pourquoi ça change la donne pour le BTP français
Pour une entreprise de construction, cette approche modifie trois choses majeures :
- Les marges ne se jouent plus seulement sur le gros œuvre, mais aussi sur les services numériques associés (mise en service, optimisation énergétique, contrats de performance).
- Le risque d’imprévu baisse : moins d’erreurs grâce à la continuité BIM–chantier–exploitation, et plus de données pour arbitrer.
- La valeur du bâtiment augmente : un actif qui consomme moins, se pilote mieux, se revend plus cher.
La réalité ? C’est plus simple à dire qu’à faire. Mais les briques technologiques existent déjà , et Schneider Electric en assemble une bonne partie.
2. Comment l’IA transforme le jumeau numérique en outil décisionnel
Un jumeau numérique sans IA, c’est déjà utile. Avec de l’IA, on bascule dans l’aide à la décision en continu.
Trois usages concrets de l’IA sur un chantier intelligent
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Planification et phasage de chantier
En utilisant les données BIM (volumes, quantités, interfaces) et l’historique de projets similaires, des algorithmes peuvent :- proposer un planning plus réaliste,
- simuler l’impact d’un retard (livraison d’équipement, météo, pénurie),
- optimiser l’affectation des équipes et engins.
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Performance énergétique prédictive
Une fois le bâtiment livré, l’IA exploite :- les données temps réel (température, consommation, occupation),
- les scénarios d’usage (horaires, taux de présence),
- les historiques météo et tarifs d’énergie.
Elle peut alors :
- anticiper les pics de consommation,
- proposer des consignes optimisées (chauffage, ventilation, éclairage),
- signaler des dérives avant qu’elles ne coûtent cher.
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Maintenance augmentée et sûreté de fonctionnement
En croisant jumeau numérique et historique de pannes, l’IA :- identifie les équipements à risque (variations anormales, surconsommation),
- propose des plans de maintenance préventive,
- réduit les temps d’arrêt et les interventions d’urgence.
Un jumeau numérique enrichi par l’IA devient un tableau de bord décisionnel partagé entre MOA, MOE, entreprises, exploitants et mainteneurs.
Exemple typique : un immeuble de bureaux neuf en ĂŽle-de-France
Sur un projet de 15 000 m² livré en 2024 :
- La modélisation BIM intègre dès la conception tous les systèmes CVC, GTB, éclairage, bornes de recharge.
- Schneider fournit les équipements électriques et la plateforme logicielle de supervision.
- Le jumeau numérique est connecté :
- les scénarios d’occupation sont intégrés,
- une IA apprend les habitudes réelles sur 6 à 12 mois,
- le bâtiment ajuste automatiquement les consignes.
Les retours typiques observés sur ce type d’approche sont :
- –20 à –30 % de consommation énergétique par rapport au calcul théorique initial,
- moins de litiges entre MOA et entreprise grâce à une transparence totale des données d’usage,
- un confort perçu supérieur (moins de plaintes sur le chaud/froid).
3. Du bureau d’études au chantier : où l’IA apporte du ROI immédiat
Les entreprises de BTP veulent des retours concrets, pas un discours tech. L’IA appliquée au jumeau numérique peut générer du ROI à trois moments clés.
3.1. Pendant la conception : décisions plus rapides, moins de variantes inutiles
En phase APS/APD/PRO, l’IA peut analyser automatiquement :
- l’impact de différents scénarios énergétiques (PAC, chaudières, stockage),
- les surcoûts ou économies sur 20 ans,
- le respect des objectifs RE2020 et des politiques RSE de la MOA.
Pour un bureau d’études :
- moins de temps passé à recalculer des variantes,
- plus de temps pour argumenter et sécuriser les décisions du client,
- une meilleure traçabilité des choix (utile en cas de contestation).
3.2. Pendant le chantier : pilotage fin des coûts et de la sécurité
Sur chantier, les gains sont souvent sous-estimés. Avec un jumeau numérique connecté aux outils de suivi (planning, avancement, incidents) :
- les écarts entre prévu et réalisé sont visibles au jour le jour,
- l’IA peut signaler les zones à risque (interfaces métiers, reprises multiples),
- les incidents sécurité peuvent être corrélés à des configurations de chantier (organisation, coactivité, météo).
Pour un conducteur de travaux, cela signifie :
- des alertes précoces sur les dérives,
- des arbitrages plus factuels avec la direction et la MOA,
- une meilleure capitalisation pour les projets suivants.
3.3. À la livraison : de la DOE « morte » à la plateforme vivante
Le grand gâchis habituel : la DOE papier ou PDF qui finit dans un placard. Avec l’approche jumeau numérique + IA :
- les informations d’équipement (numéros de série, paramètres, notices) sont intégrées au modèle,
- les premières données d’usage viennent enrichir ce socle dès les essais et la mise en service,
- l’exploitant démarre avec un outil opérationnel, pas une montagne de fichiers.
Pour un facility manager, c’est la différence entre « subir » un bâtiment et piloter un actif numérique.
4. Décarbonation, IA et BTP : pourquoi Schneider est attendu au tournant
La France s’est engagée sur des objectifs climatiques ambitieux. Le BTP est sous pression : RE2020, taxonomie européenne, exigences des investisseurs. Schneider Electric se positionne clairement sur ce terrain.
Le jumeau numérique comme levier de trajectoire carbone
Un jumeau numérique bien exploité permet de :
- suivre en continu les émissions liées à l’énergie (Scope 1 & 2),
- simuler l’impact de travaux de rénovation ou d’ajustement d’exploitation,
- prioriser les investissements (isolation, CVC, PV, stockage) en fonction du gain CO₂ réel.
Sur un portefeuille de bâtiments, les gains cumulés deviennent décisifs :
- –15 à –40 % de consommation sur 5 à 10 ans grâce à l’optimisation et à la rénovation ciblée,
- meilleure valorisation des actifs compatibles avec les exigences ESG des investisseurs.
Pourquoi les maîtres d’ouvrage français s’y intéressent vraiment
Pour un bailleur social, une foncière ou une collectivité, l’intérêt est triple :
- Réduire les charges des occupants (enjeu social et économique immédiat).
- Sécuriser la conformité réglementaire (RE2020, décret tertiaire, labels).
- Renforcer l’attractivité des actifs sur un marché où les bâtiments mal classés se dévalorisent.
Schneider Electric, en combinant équipements, logiciels et expertise énergétique, coche beaucoup de cases. À condition que les acteurs du BTP sachent s’approprier ces outils plutôt que de les subir.
5. Comment une entreprise du BTP peut passer à l’action dès 2025
Pour profiter réellement des chantiers intelligents et de l’IA, il ne suffit pas d’acheter un logiciel de plus. Il faut structurer une démarche. Voilà une feuille de route pragmatique inspirée des approches de Schneider Electric, adaptée aux entreprises françaises.
Étape 1 : choisir un projet pilote orienté data
- Sélectionner un projet avec un minimum de complexité technique (CVC, GTB, lots techniques).
- Exiger une maquette BIM exploitable en exploitation (pas uniquement pour la synthèse).
- Intégrer dès le CCTP la notion de jumeau numérique et d’accès aux données.
Étape 2 : clarifier qui fait quoi sur le jumeau numérique
- Identifier un référent data/jumeau numérique côté entreprise.
- Définir les échanges avec le MOE BIM et les fournisseurs de solutions (dont Schneider si présent).
- Documenter les cas d’usage prioritaires : suivi de consommation chantier, essais, mise en service, DOE numérique.
Étape 3 : tester un ou deux cas d’usage IA à forte valeur
Par exemple :
- prévision de consommation énergétique pendant la phase chantier,
- détection d’anomalies lors des essais CVC,
- prévision des dérives planning sur certains corps d’état.
L’important : ne pas viser tout le spectre d’emblée, mais mesurer clairement le gain (jours gagnés, kWh économisés, heures de reprise évitées).
Étape 4 : industrialiser et communiquer
Une fois un projet pilote concluant :
- capitaliser dans un guide interne « chantier intelligent »,
- former les conducteurs de travaux, projeteurs et responsables d’exploitation,
- intégrer ces exigences de jumeau numérique et d’IA dans les réponses aux appels d’offres.
Les entreprises qui auront franchi ces étapes en 2025 prendront une avance nette sur celles qui se contentent encore de « faire du BIM parce que le client le demande ».
Pourquoi s’intéresser maintenant à la stratégie de Schneider Electric
Schneider Electric n’est pas le seul acteur du jumeau numérique, mais c’est l’un de ceux qui relient le plus clairement énergie, data, IA et BTP français. Pour notre série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », c’est un bon baromètre : quand Schneider pousse un sujet, c’est souvent qu’il est en train de devenir un standard.
Pour les maîtrises d’ouvrage, bureaux d’études, entreprises et exploitants, le message est clair :
- le jumeau numérique ne doit plus être un gadget de concours,
- l’IA n’est pas réservée aux géants : elle devient accessible sur des projets de taille moyenne,
- les gains énergétiques, opérationnels et carbone sont réels, dès lors que la démarche est structurée.
Si vous cherchez à transformer vos prochains projets en chantiers intelligents, c’est le bon moment pour :
- questionner vos partenaires techniques sur leurs capacités jumeau numérique + IA,
- revoir vos CCTP et vos attentes BIM,
- identifier un projet pilote où tester concrètement ces approches.
La prochaine étape logique ? Passer d’un premier jumeau numérique connecté à un portefeuille entier de bâtiments piloté par la data. Et dans ce paysage, les stratégies et solutions portées par Schneider Electric vont compter, que vous soyez prêt ou non.