Les solutions de scan 3D et jumeaux numériques de FARO, combinées à l’IA et au BIM, transforment les chantiers français en chantiers intelligents, plus productifs et sûrs.

Jumeaux numériques FARO : l’IA au service des chantiers français
En France, le BTP pèse plus de 1 400 milliards d’euros de travaux par an, mais continue de perdre entre 20 et 30 % de productivité à cause des erreurs, reprises et mauvaises coordinations. Sur un gros chantier, cela représente plusieurs centaines de milliers d’euros envolés… souvent faute d’informations fiables et partagées à temps.
Voici le vrai sujet des chantiers intelligents : transformer la réalité physique du chantier en données exploitables, puis laisser l’IA, le BIM et les équipes métier en tirer de la valeur. C’est exactement le terrain de jeu de FARO, pionnier du scan 3D et des jumeaux numériques, mis en avant à BIM World.
Dans cette nouvelle étape de notre série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », on part de l’interview de Christophe Bénard (FARO France) pour la traduire en enjeux concrets pour les acteurs du BTP : maîtres d’ouvrage, majors, ETI régionales, PME de gros œuvre ou de rénovation.
1. Du chantier physique au chantier numérique : ce que change le scan 3D
La première brique d’un chantier intelligent, c’est une capture fiable de la réalité. Sans données précises, ni l’IA ni le BIM ne peuvent produire de résultats utiles.
Le rôle clé du scan 3D dans le BTP
FARO est un des pionniers du mesurage 3D (depuis 1981) et du scan laser (depuis les années 2000). Concrètement, ses solutions permettent de :
- scanner un bâtiment ou un ouvrage en quelques minutes ;
- générer un nuage de points très dense ;
- produire une maquette 3D fidèle à la réalité ;
- partager ces données avec tous les acteurs du projet.
Pour un acteur du BTP français, cela se traduit par :
- moins d’allers-retours sur site (gain de temps et de carbone) ;
- moins d’erreurs de métrés et d’interférences techniques ;
- une base solide pour BIM d’exécution et BIM exploitation.
Un jumeau numérique pertinent commence par un relevé 3D précis, régulier et facilement partageable.
Pourquoi cette donnée devient stratégique
On parle de massification des données spatiales : chaque relevé génère plusieurs gigaoctets d’informations. Tant que ces données restent sur un disque dur au bureau méthodes, elles n’ont que peu de valeur.
Là où la rupture se fait, c’est quand :
- ces nuages de points sont hébergés dans le cloud ;
- accessibles en quelques secondes depuis un navigateur ;
- exploités par des algorithmes d’IA (reconnaissance d’objets, détection d’écarts, classification d’éléments…)
La promesse pour un chantier français, c’est :
- un état des lieux objectif à chaque jalon clé ;
- une capacité à documenter les litiges (réserves, retards, sinistres) ;
- une meilleure coordination entre MOA, MOE, entreprises et exploitants.
2. Du BIM au jumeau numérique : une vision cycle de vie
Christophe Bénard l’explique clairement : le jumeau numérique n’est plus réservé aux grands campus industriels. Il devient un fil rouge tout au long du cycle de vie de l’ouvrage.
Comment un jumeau numérique s’installe sur un projet
Un jumeau numérique efficace suit quatre grandes étapes :
-
Planification
- Scan existant (bâtiment, friche, infrastructure).
- Création d’un as-built numérique fiable.
- Base pour études BIM, simulations, phasages travaux.
-
Construction / chantier
- Scans réguliers pour suivre l’avancement réel.
- Comparaison automatique entre maquette BIM prévue et réalisé.
- Détection précoce des écarts (murs mal placés, réservations oubliées, percements non conformes…).
-
Réception / DOE numérique
- Production d’un DOE as-built basé sur la réalité scannée.
- Documentation visuelle de chaque local, chaque zone technique.
- Réduction massive des litiges post-livraison.
-
Exploitation & maintenance
- Jumeau numérique mis à jour au fil des interventions.
- Couplage avec GMAO, GTB, IoT.
- Anticipation des renouvellements, optimisation énergétique.
Sur le terrain, cela permet d’éviter la situation classique : une maquette BIM théorique d’un côté, et un bâtiment réel qui a pris des libertés avec le plan initial.
Vers des jumeaux numériques enrichis par l’IA
Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs utilisent ce qu’on pourrait appeler un jumeau spatial : un modèle 3D fidèle, mais encore peu connecté à la donnée métier.
Les prochaines étapes évoquées par FARO vont clairement dans le sens de l’IA :
- ajout de données non spatiales : fiches techniques, contrats de maintenance, historique d’interventions, consommations ;
- automatisation de la reconnaissance d’objets dans les scans (détecter automatiquement les gaines, réseaux, réservations, équipements CVC…) ;
- création d’alertes intelligentes : écart de tolérance, non-conformité, retard probable de travaux.
Dans le cadre de notre série « Chantiers Intelligents », c’est exactement cette combinaison BIM + IA + capteurs qui transforme un simple nuage de points en véritable cockpit de pilotage de l’ouvrage.
3. IA, cloud et capteurs : les moteurs d’un BTP plus productif
L’interview FARO insiste sur un point : l’IA ne remplace pas les équipes chantier, elle les aide à analyser plus vite et mieux des volumes de données gigantesques.
Comment l’IA améliore concrètement un chantier
Sur un projet BTP, les cas d’usage IA basés sur les scans 3D se multiplient :
- Contrôle qualité automatique
L’algorithme compare le nuage de points au modèle BIM et signale :- un voile béton hors tolérance ;
- une réservation manquante ;
- une dalle dont la planéité est insuffisante.
-
Suivi d’avancement objectif
Le système détecte le pourcentage de cloisons posées, de façades montées, de réseaux installés, puis le compare au planning théorique. -
Sécurité et prévention
Couplés à des caméras ou scanners mobiles, certains outils identifient des zones à risque : garde-corps manquants, stockages non conformes, obstacles dans les circulations.
Résultat : moins de temps passé à contrôler manuellement, plus de temps consacré à résoudre les problèmes.
Le rôle du cloud dans la diffusion de l’information
FARO met aussi en avant le cloud comme accélérateur :
- les scans sont uploadés directement depuis le terrain ;
- les données sont traitées et allégées pour une consultation fluide ;
- les acteurs – des ateliers de la Creuse au siège d’un investisseur parisien – accèdent au même jumeau numérique.
Pour un groupe national comme pour une PME régionale, c’est un levier fort pour :
- réduire les réunions de coordination inutiles ;
- fiabiliser les arbitrages (tout le monde voit la même réalité) ;
- standardiser les méthodes d’un chantier à l’autre.
La vraie promesse ? Moins de déchets, moins de reprises, moins de coûts cachés.
4. Freins actuels et comment les dépasser dans le BTP français
Malgré tout, la digitalisation reste lente dans une partie du BTP français. Les raisons sont connues, mais il existe des moyens concrets d’y répondre.
Les freins fréquents sur le terrain
On retrouve souvent les mêmes objections :
- « C’est trop cher pour nos chantiers. »
- « Nos équipes ne sont pas formées. »
- « On a peur de complexifier encore plus nos projets. »
- « Le BIM, on l’utilise déjà un peu, ça suffit. »
En réalité, les solutions de scan et de jumeau numérique se sont fortement démocratisées :
- baisse du coût des capteurs ;
- offres as a service (location, prestation externe) ;
- plateformes cloud accessibles sans compétences pointues de CAO.
Une approche progressive qui fonctionne
Pour les entreprises françaises du BTP, la bonne stratégie n’est pas de tout transformer en 6 mois. Ce qui marche le mieux, c’est :
-
Choisir un périmètre pilote
- un chantier de taille moyenne ;
- un enjeu spécifique : délais, qualité, rénovation complexe.
-
Définir 2 ou 3 cas d’usage maximum
- contrôle de l’existant avant travaux ;
- suivi d’avancement par scan mensuel ;
- DOE as-built fiable pour un client exigeant.
-
S’appuyer sur un partenaire
- bureau de contrôle, BET, géomètre, intégrateur ou fournisseur comme FARO ;
- accompagnement sur le choix des capteurs, la fréquence de scan, la structuration des données.
-
Mesurer les gains concrets
- heures de contrôle économisées ;
- litiges évités ;
- reprises limitées ;
- satisfaction client.
Une fois ces bénéfices objectivés, la direction, les équipes travaux et les clients deviennent beaucoup plus réceptifs à une généralisation.
5. Comment un acteur du BTP peut passer à l’action dès 2025
Pour rester compétitif en France à l’horizon 2025–2030, un acteur du BTP n’a plus le choix : il doit structurer sa stratégie autour du BIM, des jumeaux numériques et de l’IA métier.
3 chantiers prioritaires Ă lancer
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Cartographier vos usages actuels de la donnée
- Où perdez-vous le plus de temps ? relevés manuels, métrés, synthèse ?
- Où les litiges sont-ils les plus fréquents ? structure, second œuvre, CVC ?
- Quels projets clients exigent déjà du BIM ou du DOE numérique ?
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Mettre en place un premier jumeau numérique pilote
- Choisir une opération où le retour sur investissement est clair.
- Privilégier une collaboration étroite entre travaux, méthodes, BIM et DSI.
- Utiliser un mix : scan 3D, plateforme cloud, comparaison BIM/réel, IA simple (détection d’écarts de volumes ou de positions).
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Former des référents « chantiers intelligents »
- 1 à 2 personnes par région ou par agence ;
- capables de dialoguer avec les fournisseurs (comme FARO), les bureaux d’études, la DSI et les équipes travaux ;
- chargées de capitaliser sur les retours d’expérience.
Faire de l’IA un réflexe métier, pas un gadget
L’enjeu n’est pas de cocher la case « IA » dans une plaquette commerciale. L’enjeu, c’est d’entrer dans un cercle vertueux :
- Plus vous scannez, plus vous disposez d’historiques ;
- plus l’IA apprend, plus elle devient pertinente dans la détection d’écarts et la prévision de risques ;
- plus vos chantiers deviennent prévisibles, plus vous maîtrisez vos marges et délais.
Pour les entreprises qui sauront structurer ce mouvement, le jumeau numérique deviendra à moyen terme aussi indispensable que le planning ou le métré.
Conclusion : FARO, jumeaux numériques et avenir des chantiers intelligents
Les propos de FARO à BIM World confirment une tendance de fond : la création d’un pont permanent entre le chantier physique et son double numérique, enrichi par l’IA, n’est plus un luxe réservé à quelques grands groupes. C’est en train de devenir un standard pour un BTP français plus productif, plus sûr et plus sobre.
Ce qui fait la différence, ce n’est plus seulement la performance du scanner, mais la capacité à  :
- structurer des données fiables ;
- les partager via le cloud ;
- les exploiter avec des outils d’IA au service des équipes de terrain.
Si vous travaillez dans le BTP en France et que vous vous interrogez sur votre prochaine étape en matière de BIM intelligent et de chantiers connectés, le moment est idéal pour lancer un premier projet de jumeau numérique, accompagné d’un partenaire expert. La vraie question pour les prochaines années n’est plus « Est-ce qu’on doit y aller ? », mais : sur quel chantier allez-vous démarrer, et avec quel objectif métier clair ?