Egis et l’ingĂ©nierie numĂ©rique : vers les chantiers intelligents

L'IA dans le BTP Français: Chantiers Intelligents‱‱By 3L3C

Egis montre comment BIM, SIG et jumeaux numĂ©riques transforment l’ingĂ©nierie et les chantiers français. Voici comment en tirer parti, mĂȘme sans ĂȘtre un grand groupe.

ingénierie numériquebimjumeau numériqueia dans le btpchantiers intelligentsinfrastructures durables
Share:

Featured image for Egis et l’ingĂ©nierie numĂ©rique : vers les chantiers intelligents

Egis et l’ingĂ©nierie numĂ©rique : vers les chantiers intelligents

En France, plus de 70 % des grands projets d’infrastructures intĂšgrent dĂ©jĂ  du BIM, de la data ou de l’IA Ă  un moment du cycle de vie. Pourtant, beaucoup de PME du BTP ont encore l’impression que le « chantier intelligent » reste rĂ©servĂ© aux grands groupes. La rĂ©alitĂ© ? C’est en train de devenir la norme, et des acteurs comme Egis montrent trĂšs concrĂštement la voie de cette ingĂ©nierie numĂ©rique nouvelle gĂ©nĂ©ration.

Cet article s’inscrit dans la sĂ©rie « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents ». On va voir comment la dĂ©marche d’Egis, autour du BIM, des SIG et des jumeaux numĂ©riques, Ă©claire la transformation plus large du secteur : de la conception Ă  l’exploitation, en passant par le chantier. Surtout, on va regarder ce que vous pouvez en tirer pour vos propres projets, mĂȘme si vous n’avez pas les moyens d’un major.


1. IngĂ©nierie numĂ©rique : ce que change vraiment l’approche Egis

L’ingĂ©nierie numĂ©rique dans le BTP, ce n’est pas juste « faire du BIM ». C’est organiser tout le projet autour de la donnĂ©e, de la premiĂšre esquisse jusqu’à l’exploitation de l’ouvrage.

Egis illustre bien cette logique : le groupe combine BIM, SIG et jumeau numĂ©rique pour concevoir et gĂ©rer des infrastructures intelligentes et durables. Ça implique trois ruptures majeures pour la filiĂšre :

  1. Un modĂšle unique de rĂ©fĂ©rence : fini le plan perdu dans un PDF, le modĂšle BIM devient la source de vĂ©ritĂ© partagĂ©e par l’ingĂ©nierie, les entreprises, le maĂźtre d’ouvrage, l’exploitant.
  2. Une vision gĂ©ospatiale complĂšte : grĂące aux SIG, l’ouvrage n’est plus isolĂ©, il est replacĂ© dans son territoire : rĂ©seaux, risques, mobilitĂ©s, environnement.
  3. Un cycle de vie pilotĂ© par la data : le jumeau numĂ©rique relie la conception, le chantier et l’exploitation. On ne conçoit plus seulement « pour construire », mais « pour exploiter et maintenir ».

Ce changement de posture est clĂ© pour les chantiers intelligents. Tant qu’on voit le numĂ©rique comme une couche en plus, on accumule les outils sans gagner en performance. DĂšs qu’on bascule vers une ingĂ©nierie pilotĂ©e par la donnĂ©e, l’IA et l’automatisation deviennent vraiment utiles.


2. BIM + SIG + jumeau numérique : le triptyque des chantiers intelligents

Pour passer du discours aux rĂ©sultats, il faut comprendre comment s’articulent ces trois briques.

BIM : colonne vertĂ©brale de l’ingĂ©nierie numĂ©rique

Le BIM intelligent n’est pas simplement un modùle 3D plus joli qu’un plan DWG. C’est :

  • une base de donnĂ©es structurĂ©e (matĂ©riaux, dimensions, performances) ;
  • un outil de coordination entre architectes, ingĂ©nieurs, entreprises ;
  • un support d’analyse pour la dĂ©carbonation (quantitĂ©s, ACV, coĂ»ts carbone) ;
  • un socle pour les algorithmes d’IA (dĂ©tection d’incohĂ©rences, optimisation de variantes, estimation de coĂ»ts).

ConcrĂštement, un groupe comme Egis utilise le BIM pour :

  • simuler des scĂ©narios de construction (phases, accĂšs, coactivitĂ©) ;
  • anticiper les conflits entre rĂ©seaux, structures, Ă©quipements ;
  • gĂ©nĂ©rer automatiquement des mĂ©trĂ©s et des estimations budgĂ©taires ;
  • produire des livrables cohĂ©rents pour le maĂźtre d’ouvrage et les entreprises.

SIG : relier le projet Ă  son territoire

Les SIG (SystĂšmes d’Information GĂ©ographique) ajoutent la dimension « terrain » :

  • topographie et contraintes gĂ©ologiques ;
  • rĂ©seaux existants (eau, gaz, tĂ©lĂ©coms, Ă©lectricitĂ©) ;
  • donnĂ©es environnementales (zones inondables, biodiversitĂ©, bruit, qualitĂ© de l’air) ;
  • contexte urbain : mobilitĂ©s, foncier, voisinage.

BIM + SIG, c’est la combinaison qui permet de passer du bĂątiment isolĂ© Ă  l’infrastructure dans son Ă©cosystĂšme. Pour un projet de route, de tramway ou de quartier, c’est dĂ©cisif pour :

  • limiter les alĂ©as sur chantier (dĂ©couvertes de rĂ©seaux, contraintes non prĂ©vues) ;
  • mieux gĂ©rer les interfaces avec les riverains et les services urbains ;
  • appuyer les dĂ©cisions d’amĂ©nagement sur des donnĂ©es objectives.

Jumeau numĂ©rique : le chaĂźnon manquant avec l’exploitation

Le jumeau numĂ©rique est la prolongation logique de ce travail. C’est un modĂšle virtuel vivant qui :

  • rĂ©utilise les donnĂ©es BIM/SIG de conception ;
  • s’enrichit des donnĂ©es chantier (avancement, incidents, modifications) ;
  • se connecte Ă  des capteurs IoT ou Ă  des systĂšmes d’exploitation (GMAO, GTB).

Pour les chantiers intelligents, cela ouvre des usages trĂšs concrets :

  • visualiser en temps rĂ©el l’avancement du chantier dans le modĂšle ;
  • simuler l’impact d’un retard ou d’une modification ;
  • prĂ©parer la maintenance bien avant la rĂ©ception, car les Ă©quipements sont dĂ©jĂ  intĂ©grĂ©s au jumeau numĂ©rique.

Egis, comme d’autres groupes d’ingĂ©nierie, structure dĂ©sormais beaucoup de projets autour de ce triptyque. C’est ce type de dĂ©marche qui permet Ă  l’IA de ne pas rester au stade du « proof of concept ».


3. OĂč l’IA apporte de la valeur sur un chantier français

Dans la sĂ©rie « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », on insiste sur un point : l’IA n’est pas magique. Elle devient intĂ©ressante quand la donnĂ©e est propre, structurĂ©e et partagĂ©e. C’est exactement ce que construit l’ingĂ©nierie numĂ©rique.

Voici quelques cas d’usage dĂ©jĂ  opĂ©rationnels dans des approches de type Egis :

1. Planification de projet et optimisation des délais

Sur des chantiers complexes (infrastructures de transport, hîpitaux, bñtiments industriels), les algorithmes d’IA peuvent :

  • analyser le phasage Ă  partir du modĂšle BIM 4D ;
  • dĂ©tecter des sĂ©quences sous-optimales (coactivitĂ© risquĂ©e, accĂšs saturĂ©s) ;
  • proposer des variantes de planning rĂ©duisant les temps morts ;
  • estimer l’impact d’un alĂ©a (intempĂ©rie, rupture d’approvisionnement) sur le dĂ©lai global.

Résultat typique observé sur des projets pilotes : réduction de 10 à 20 % des délais de certaines activités critiques, simplement en ajustant le phasage et la logistique.

2. Sécurité sur chantier et prévention des risques

En combinant maquette BIM, capteurs IoT et IA, on peut :

  • cartographier les zones Ă  risque (travail en hauteur, proximitĂ© de rĂ©seaux, coactivitĂ© engins/piĂ©tons) ;
  • faire remonter automatiquement des alertes (prĂ©sence dans une zone interdite, Ă©quipement non dĂ©tectĂ©) ;
  • analyser l’historique des presque-accidents pour adapter le plan de prĂ©vention.

Les groupes structurés comme Egis expĂ©rimentent dĂ©jĂ  ces approches sur des chantiers d’infrastructure. Les PME peuvent s’en inspirer Ă  Ă©chelle rĂ©duite : capteurs simples, vidĂ©os anonymisĂ©es, analyse statistique des incidents.

3. Gestion des ressources et décarbonation

L’ingĂ©nierie numĂ©rique couplĂ©e Ă  l’IA permet :

  • d’optimiser les tournĂ©es d’engins (moins de trajets Ă  vide, moins de carburant) ;
  • de simuler diffĂ©rentes variantes matĂ©riaux/mĂ©thodes avec un calcul d’empreinte carbone ;
  • de suivre en quasi temps rĂ©el les consommations (eau, Ă©nergie, matĂ©riaux) via des tableaux de bord.

Sur certains projets d’infrastructures, ces mĂ©thodes ont permis de rĂ©duire de 15 Ă  30 % les dĂ©placements d’engins et de gagner plusieurs points sur l’empreinte carbone globale. Pour un maĂźtre d’ouvrage public français, c’est directement alignĂ© avec la rĂ©glementation et les objectifs de neutralitĂ©.


4. Comment s’inspirer d’Egis quand on n’est pas un grand groupe

On peut admirer ce que fait Egis ou d’autres grands acteurs
 et se dire : « TrĂšs bien pour eux, mais nous on n’a pas ces moyens-lĂ  ». C’est une erreur frĂ©quente. La bonne approche consiste Ă  reprendre les principes de cette ingĂ©nierie numĂ©rique, Ă  un niveau adaptĂ©.

Priorité n°1 : structurer la donnée projet

Sans base de donnĂ©es projet fiable, l’IA ne sert Ă  rien. ConcrĂštement :

  • imposer un gabarit de maquette BIM simple sur vos projets ;
  • dĂ©finir des nomenclatures communes (codes ouvrages, typologies de ressources, statuts) ;
  • centraliser la donnĂ©e dans une plateforme unique, mĂȘme modeste.

Ce qui fait la diffĂ©rence, ce n’est pas d’avoir l’outil le plus sophistiquĂ©, mais d’avoir :

  • des informations Ă  jour ;
  • une structuration stable ;
  • une gouvernance claire (qui saisit quoi, quand, comment).

PrioritĂ© n°2 : choisir 2 ou 3 cas d’usage IA trĂšs ciblĂ©s

Ne cherchez pas Ă  « mettre de l’IA partout ». Inspirez-vous des projets complexes d’ingĂ©nierie numĂ©rique, puis choisissez des cas concrets :

  • optimisation du planning sur les activitĂ©s critiques ;
  • prĂ©diction des non-qualitĂ©s Ă  partir de l’historique ;
  • aide Ă  la dĂ©cision pour les variantes techniques.

L’objectif la premiĂšre annĂ©e n’est pas de rĂ©volutionner vos chantiers, mais de prouver la valeur sur un ou deux sujets bien choisis.

Priorité n°3 : monter en compétence vos équipes chantier

Les exemples d’Egis ou d’autres grands groupes montrent que ce sont les Ă©quipes de terrain qui transforment rĂ©ellement les pratiques :

  • formations courtes au BIM et Ă  la lecture de maquette ;
  • rĂ©fĂ©rents « data chantier » dans chaque Ă©quipe travaux ;
  • retours d’expĂ©rience rĂ©guliers sur ce qui fonctionne
 ou pas.

Un chantier intelligent, ce n’est pas une question de gadgets high-tech. C’est un chantier oĂč la donnĂ©e circule, oĂč les opĂ©rateurs comprennent les outils, et oĂč la direction assume un cap clair sur le numĂ©rique.


5. Vers des infrastructures vraiment intelligentes et durables

Ce que montre la stratĂ©gie d’Egis sur l’ingĂ©nierie numĂ©rique, c’est qu’on est sorti du stade du « test ». BIM, SIG, jumeaux numĂ©riques et IA deviennent la colonne vertĂ©brale des grands projets d’infrastructures en France. Et ce mouvement descend progressivement vers les projets de taille moyenne.

Pour les acteurs du BTP qui lisent cette sĂ©rie « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », la question n’est plus « est-ce que ça va nous concerner ? », mais :

  • sur quels types de projets dĂ©marrer ?
  • avec quelles donnĂ©es disponibles ?
  • avec quels partenaires d’ingĂ©nierie numĂ©rique ?

Si vous ĂȘtes maĂźtre d’ouvrage, bureau d’études ou entreprise de construction, la prochaine Ă©tape est assez claire :

  1. Poser un diagnostic honnĂȘte de votre niveau actuel (donnĂ©es, outils, compĂ©tences).
  2. Identifier un projet pilote oĂč l’ingĂ©nierie numĂ©rique peut rĂ©ellement rĂ©duire les risques et les coĂ»ts.
  3. Vous entourer d’un partenaire qui maĂźtrise dĂ©jĂ  ces approches (BIM, SIG, jumeau numĂ©rique, IA) et qui accepte de co-construire avec vos Ă©quipes.

Les infrastructures intelligentes et durables ne naissent pas par hasard. Elles sont le rĂ©sultat d’un choix stratĂ©gique de mettre la donnĂ©e au centre, comme le fait Egis. La bonne nouvelle, c’est que ce choix est dĂ©sormais Ă  la portĂ©e de la plupart des acteurs du BTP français. La question devient : quand dĂ©cidez-vous d’ouvrir, vous aussi, la voie de votre propre ingĂ©nierie numĂ©rique ?