La nouvelle sauvegarde des configurations de table d’objets dans BIM Collaborate structure vos données BIM, fait gagner du temps et prépare vos chantiers à l’IA.

L’info que beaucoup d’équipes BIM attendent sans le dire
Sur un projet BIM moyen, un ingénieur ou un conducteur de travaux passe facilement 20 à 30 minutes par jour à reconstituer toujours les mêmes vues, filtres et colonnes pour retrouver ses informations. Multipliez ça par une équipe projet sur plusieurs chantiers, et vous venez de perdre plusieurs journées homme par mois… juste pour remettre les colonnes dans le bon ordre.
La nouvelle fonction de sauvegarde de la configuration de la table d’objets dans Autodesk BIM Collaborate règle précisément ce problème. Ce n’est pas une grosse annonce marketing, mais pour les équipes conception–exécution, c’est un vrai gain de temps et de fiabilité, surtout quand le BIM devient la colonne vertébrale des chantiers intelligents et des projets dopés à l’IA dans le BTP français.
Dans le cadre de la série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers intelligents », cette évolution peut paraître modeste. En réalité, elle prépare le terrain : une donnée bien structurée, cohérente et réutilisable, c’est ce qui permet ensuite aux algorithmes d’IA de détecter des risques, anticiper des dérives planning ou optimiser les coûts.
Ce qui change concrètement dans BIM Collaborate
La nouveauté est simple : vous pouvez maintenant enregistrer, nommer et réutiliser vos configurations de table d’objets dans Autodesk BIM Collaborate.
Autrement dit, une fois que vous avez choisi les colonnes pertinentes (quantités, phases, niveaux, responsables, codes article, paramètres personnalisés, etc.), vous pouvez :
- Sauvegarder cette vue comme une configuration d’affichage.
- La rappeler en un clic lors de vos prochaines sessions.
- Définir une configuration par défaut.
- Gérer plusieurs configurations selon les usages (direction, méthode, synthèse, entreprise, etc.).
Rappel du fonctionnement, étape par étape
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Accéder à la table d’objets
Dans le module Autodesk BIM Collaborate, après avoir agrégé plusieurs modèles, utilisez l’option « Table d’objets » pour afficher tous les éléments issus du modèle fédéré. -
Personnaliser les colonnes
Cliquez sur « Colonnes » pour ajouter ou supprimer des champs :- paramètres natifs (volume, surface, niveau, famille, type…)
- paramètres partagés (codes internes, références fournisseurs, zones, lots…)
- champs utiles pour le suivi chantier (phase, statut, responsable, date prévue…).
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Sauvegarder la configuration
Une fois la table configurée, utilisez le bouton « Configurations » puis « Enregistrer la configuration actuelle ». -
Nommer et gérer vos configurations
Dans la fenêtre qui s’ouvre, vous pouvez :- Créer une nouvelle configuration (ex. : Quantités Gros Œuvre, Vue Direction, Contrôle Qualité).
- Remplacer une configuration existante.
- Choisir plus tard laquelle sera l’affichage par défaut.
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Rappeler une configuration en un clic
Lors d’une prochaine utilisation, il suffit de retourner dans « Configurations » et de choisir celle à appliquer. Vous pouvez également supprimer les vues qui ne servent plus ou qui appartenaient à un ancien mode d’organisation.
Ce qui demandait 5 à 10 minutes de bricolage à chaque session est désormais réglé en quelques secondes.
Pourquoi cette fonction est stratégique pour les chantiers intelligents
La gestion de la table d’objets peut sembler très « outil ». En réalité, elle touche à un sujet bien plus large : la qualité et l’accessibilité de la donnée, indispensable pour un BTP français vraiment piloté par la donnée et l’IA.
1. Une donnée structurée, base de toute IA dans le BTP
Pour que des algorithmes puissent :
- prédire les dérives de planning,
- remonter des alertes de sécurité,
- analyser les écarts entre quantités prévues et posées,
- optimiser la logistique ou la préfabrication,
ils ont besoin d’une chose : des données organisées de manière cohérente. La table d’objets de BIM Collaborate, configurée intelligemment, devient ce point d’entrée.
En standardisant les configurations de colonnes par type de projet ou par métier :
- les données sont toujours structurées de la même manière,
- les exports sont plus propres,
- l’alimentation de vos outils d’IA, de BI (tableaux de bord) ou de contrôle qualité devient fiable.
Tant que chaque utilisateur reconstruit sa vue « à la main », la donnée reste fragmentée. Dès que l’on impose ou partage des configurations communes, on prépare enfin un socle exploitable par l’IA.
2. Moins de temps perdu, plus de temps Ă forte valeur
Sur un projet complexe, voici ce qui se passe souvent :
- le BIM Manager défend une structure de données,
- mais chaque utilisateur la contourne un peu pour « se débrouiller »,
- au final, on passe plus de temps à chercher l’information qu’à l’exploiter.
Avec la sauvegarde des configurations :
- un BIM Manager peut préparer des vues types par profil (études, chantier, économistes, MOE, MOA),
- un conducteur de travaux revient toujours sur la même vue pour vérifier les quantités par zone ou par niveau,
- un responsable de la donnée sait exactement quelles colonnes seront présentes pour alimenter des scripts d’IA ou des rapports Power BI.
Résultat :
- moins de manipulations répétitives,
- moins d’erreurs de lecture,
- plus de temps pour analyser, décider et anticiper.
3. Un langage commun entre bureaux et chantier
Dans la logique des chantiers intelligents, les bureaux d’études et les équipes terrain doivent parler la même langue. Une configuration de table d’objets bien conçue devient ce langage.
Exemples concrets :
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Une configuration “Suivi quantités gros œuvre” avec : type d’élément, volume béton, classe de béton, zone, niveau, entreprise responsable.
Utilisée en études pour estimer, puis sur chantier pour comparer au posé réel et alimenter les outils d’IA de contrôle des coûts. -
Une configuration “Sécurité / maintenance” avec : type d’élément, accessibilité, niveau, local, criticité, date de pose.
Exploitable ensuite par des systèmes intelligents pour anticiper les interventions et vérifier les zones les plus sensibles.
Comment configurer sa table d’objets pour un BTP orienté IA
Pour que cette nouveauté BIM Collaborate serve vraiment votre stratégie de chantier intelligent, il ne suffit pas de « jouer avec les colonnes ». Il faut les penser comme un modèle de données métier.
1. Partir des questions métier, pas de l’outil
Avant de configurer quoi que ce soit, posez-vous des questions très concrètes :
- Qu’est-ce que je dois décider à partir de la maquette ?
- Quelles informations sont indispensables en réunion de coordination ?
- Quels écarts je veux détecter automatiquement (quantités, délais, coûts, sécurité) ?
- Quelles données serviront demain à alimenter un algorithme ou un tableau de bord ?
Les réponses guident directement vos colonnes :
- pour le suivi d’avancement : niveau, zone, statut, entreprise, date prévue, date réelle, lot, phase ;
- pour le contrôle des coûts : code article, quantité, prix unitaire, fournisseur, famille/type ;
- pour la sécurité et la maintenance : criticité, accessibilité, emplacement précis, matériau, date de pose.
2. Construire un petit catalogue de configurations standard
Je recommande souvent de démarrer avec 3 à 5 configurations, pas plus, mais bien pensées :
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Direction / MOA
Vue synthétique : nature d’ouvrage, niveaux, surfaces, volumes, principaux lots, avancement global. -
Équipe études / BIM
Vue détaillée : familles, types, paramètres techniques, zones, niveaux, phase, lots. -
Chantier (conducteurs / chefs de secteur)
Vue opérationnelle : quantités par zone, entreprise, statut, dates, références chantier. -
Économie de la construction
Vue coûts : code interne, quantité, unité, prix, fournisseur, lot, phase. -
Qualité / sécurité / maintenance
Vue risques et interventions : criticité, accessibilité, localisation, dates, responsables.
Chaque configuration est :
- nommée clairement,
- documentée dans votre charte BIM,
- éventuellement liée à des processus d’export automatique vers vos outils d’analyse ou d’IA.
3. Définir des configurations « officielles » au niveau de l’entreprise
Pour les groupes du BTP ou les PME ambitieuses qui structurent leur démarche BIM + IA :
- figez quelques configurations comme standard entreprise,
- diffusez-les dans tous vos projets,
- formez rapidement les équipes à leur utilisation,
- contrĂ´lez que les exports et analyses se basent bien sur ces vues.
La réalité ? La standardisation des configurations d’affichage est une étape clé de la standardisation des données. Sans ça, vos projets pilotes IA risquent de produire des résultats incohérents d’un chantier à l’autre.
Exemple pratique : d’une configuration de table d’objets à un indicateur intelligent
Pour rendre la chose très concrète, prenons un cas typique en France : une entreprise générale qui veut suivre la productivité béton sur plusieurs chantiers.
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Dans BIM Collaborate
Le BIM Manager crée une configuration de table d’objets :- colonnes : type d’élément, volume béton, zone, niveau, lot, entreprise, date prévue.
- cette configuration est appelée : Suivi Béton_Entreprise X.
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Sur chaque projet
Les équipes utilisent cette même configuration pour :- contrôler les quantités par zone,
- vérifier la cohérence entre phasage et volumes,
- préparer un export régulier (CSV, Excel, etc.).
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Côté data / IA
L’équipe data importe ces exports dans son entrepôt de données et alimente :- un tableau de bord de suivi (par chantier, par zone, par entreprise sous-traitante),
- un modèle d’IA qui commence à identifier les zones récurrentes de dérive (retards, surconsommation, erreurs de phasage).
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Retour vers le terrain
Les conducteurs de travaux reçoivent des alertes ou des rapports indiquant :- les zones à risque,
- les dérives par rapport à la moyenne des autres chantiers,
- des recommandations de planification.
Tout ça n’est possible que parce que, à la base, la même configuration de table d’objets est utilisée partout, et que les colonnes et paramètres sont stables.
Ce que cette nouveauté change pour vos équipes dès maintenant
Voici comment tirer parti de la sauvegarde des configurations de la table d’objets dès cette semaine sur vos projets :
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Identifiez 2 ou 3 usages prioritaires
Par exemple : suivi quantités, contrôle coûts, préparation réunions de synthèse. -
Créez des configurations dédiées dans BIM Collaborate
Impliquez BIM manager, conducteur de travaux, économiste, et définissez les colonnes qui comptent. -
Partagez ces configurations avec l’équipe projet
Présentez-les en réunion, expliquez leur logique métier, et désignez une configuration par défaut. -
Connectez-les Ă vos outils de data / IA
Si vous avez déjà des dashboards, scripts Python, outils internes, alimentez-les avec ces vues stables. Vos modèles d’IA n’en seront que plus fiables. -
Capitalisez d’un chantier à l’autre
À chaque nouveau projet, réutilisez les meilleures configurations en les adaptant légèrement. Vous construisez progressivement votre référentiel de vues « intelligentes ».
Vers des chantiers vraiment intelligents : la force des “petites” évolutions
Cette nouveauté BIM Collaborate ne fera pas la une des salons de l’IA, mais sur le terrain, c’est exactement ce type de détail qui fait la différence entre :
- un BIM gadget qu’on subit,
- et un BIM industriel, exploitable par la donnée et l’IA.
En permettant de sauvegarder et de standardiser les configurations de la table d’objets, Autodesk ajoute une brique essentielle à la construction de chantiers intelligents en France :
- la donnée devient plus fiable,
- les analyses sont plus rapides,
- les modèles d’IA ont une base plus propre,
- les équipes terrain gagnent du temps sur ce qui ne crée pas de valeur.
Si vous travaillez déjà sur des projets d’IA dans le BTP (détection de conflits, optimisation planning, suivi coût/qualité), commencez par ce geste simple : formaliser 3 à 5 configurations de table d’objets, les déployer sur vos projets, et les utiliser comme standard d’échange entre vos équipes et vos outils d’analyse.
La prochaine étape de votre transformation numérique ne sera peut-être pas un « gros » projet d’IA. Ce sera souvent une meilleure maîtrise de vos données, colonne par colonne.