Cacher la page « Membres » dans ACC n’est pas un détail : c’est une brique clé pour sécuriser vos projets BTP, structurer la gouvernance et préparer l’IA sur chantier.

Pourquoi la page « Membres » d’ACC n’est pas un détail
Sur un projet BTP français moyen, plus de 20 sociétés peuvent intervenir sur Autodesk Construction Cloud (ACC) : MOE, MOA, entreprises, sous-traitants, contrôle technique, OPC… Et dans beaucoup d’équipes, tout le monde voit tout le monde. Résultat : on expose des informations sensibles (marges, groupements, consultations en cours) à des acteurs qui n’ont pas besoin d’y avoir accès.
Voici le point intéressant : une simple option d’administration – afficher ou cacher la page « Membres » – peut changer en profondeur la manière dont vous sécurisez vos données, structurez vos projets et préparez l’arrivée de l’IA sur vos chantiers intelligents.
Dans le cadre de la série « L’IA dans le BTP Français : Chantiers Intelligents », cette nouveauté ACC n’est pas juste un petit plus ergonomique. C’est un vrai levier pour :
- renforcer la confidentialité sur chantier,
- clarifier les rĂ´les de chacun,
- fiabiliser les données que vos futurs assistants IA exploiteront.
Voici comment tirer parti de cette fonction, et comment la combiner avec d’autres réglages d’ACC pour professionnaliser vos projets cloud.
Nouveau dans ACC : cacher la page « Membres » aux intervenants
La nouveauté est simple : les administrateurs de compte ACC peuvent désormais masquer la page « Membres » aux utilisateurs de projet. Autrement dit, seuls les admins conservent une vue globale des participants, tandis que les membres ne voient plus la liste complète des sociétés et des personnes impliquées.
Concrètement, l’option apparaît dans les paramètres d’administration de compte. Une fois activée, elle s’applique à l’ensemble des projets rattachés à ce compte.
Pourquoi cette option change la donne
Cette fonction répond à une demande fréquente des grands acteurs du BTP :
- Limiter la visibilité entre concurrents : sur un marché ou un accord-cadre, plusieurs entreprises en concurrence peuvent être présentes sur la plateforme à différentes phases. Cacher la page « Membres » évite de dévoiler qui est déjà positionné.
- Protéger les relations contractuelles : groupements, cotraitants, sous-traitants… Tous n’ont pas à connaître l’organigramme complet du projet.
- Réduire les risques de contact direct hors cadre : quand des sous-traitants accèdent à la liste complète, ils peuvent contourner la chaîne officielle de communication.
Pour un chantier intelligent, basé sur des données fiables et maîtrisées, ce type de contrôle d’accès est essentiel. L’IA ne fera pas disparaître la gouvernance : elle la rend juste plus visible quand elle est mal gérée.
Gouvernance des données : la base d’un chantier intelligent
Un chantier intelligent ne repose pas seulement sur des algorithmes. Il repose d’abord sur des droits d’accès bien pensés. C’est là que cette fonction « Afficher / cacher la page des membres » devient stratégique.
Mieux contrĂ´ler qui voit quoi
En combinant cette option avec les rĂ´les et permissions ACC, vous pouvez :
- donner accès aux documents et modèles BIM nécessaires à chaque intervenant,
- sans exposer l’intégralité des acteurs du projet,
- tout en gardant une vision complète côté maîtrise d’ouvrage / maîtrise d’œuvre.
Pour les équipes qui commencent à déployer des outils d’IA de recherche documentaire, de détection d’anomalies sur maquette ou de suivi d’avancement automatisé, c’est crucial. Ces assistants IA exploitent ce qu’ils peuvent « voir ». Si vos droits sont mal structurés, ils peuvent :
- ressortir des informations qui n’auraient jamais dû circuler,
- ou au contraire passer à côté de données utiles parce qu’un intervenant clé n’avait pas les bons accès.
Un exemple concret côté entreprise générale
Prenons un projet de lycée en Île-de-France :
- la région est MOA,
- un groupement MOE piloté par une agence d’architecture,
- une entreprise générale et 15 sous-traitants,
- un assistant à maîtrise d’ouvrage spécialisé BIM.
Avec la page « Membres » visible pour tous :
- chaque sous-traitant voit l’intégralité des sociétés,
- certains peuvent chercher Ă contacter directement le MOA ou la MOE,
- des informations sur d’autres sous-traitants (concurrents sur d’autres lots) deviennent visibles.
Avec la page « Membres » cachée :
- l’EG et la MOE gardent la maîtrise de la communication,
- les sous-traitants se concentrent sur les dossiers et issues qui les concernent,
- la gouvernance reste cohérente avec le montage contractuel.
Ce n’est pas de la paranoïa, c’est de la gestion de risque. Et dans un contexte où tout doit être tracé, c’est cohérent avec la démarche qualité exigée sur les grands projets français.
Délégation intelligente : laisser respirer les admins de compte
La mise à jour ACC ne se limite pas à la page « Membres ». Deux autres options rappellent une réalité du BTP français : l’admin principal n’a pas le temps de tout faire.
Les paramètres permettent désormais de :
- autoriser les administrateurs de projet à ajouter des sociétés,
- autoriser les administrateurs de projet à créer des projets et des gabarits de projet.
Pourquoi déléguer est indispensable sur plusieurs chantiers
Sur un groupe de construction avec des dizaines de projets en parallèle, si chaque création de société ou de projet doit passer par un seul administrateur central, tout se bloque :
- retards de démarrage de plateforme,
- sous-traitants en attente d’accès,
- documents qui circulent par mail « en attendant » (et ne sont jamais remis à jour),
- perte de traçabilité pour vos futurs tableaux de bord IA.
En déléguant aux admins de projet :
- chaque chantier gagne en autonomie,
- les responsables BIM / OPC peuvent adapter les gabarits à leur typologie (logements, bureaux, hospitalier, infrastructures…),
- l’admin de compte garde un rôle de supervision plutôt que de « goulot d’étranglement ».
Comment garder le contrôle tout en déléguant
Déléguer ne veut pas dire lâcher prise. Voici un schéma qui fonctionne bien :
- Définir une charte d’administration ACC à l’échelle de l’entreprise ou du groupement :
- conventions de nommage des projets,
- structure type des dossiers,
- niveaux de droits par profil (MOA, MOE, entreprise, sous-traitant, AMO, contrôleur technique, SPS…).
- Créer quelques gabarits maîtres (logements, tertiaire, industriel…) contrôlés par l’admin de compte.
- Autoriser les admins de projet Ă :
- dupliquer ces gabarits,
- adapter certains dossiers,
- ajouter des sociétés dans un référentiel encadré.
- Auditer régulièrement les projets (par trimestre par exemple) pour vérifier :
- que les droits sont cohérents,
- que la page « Membres » est configurée conformément à la politique interne,
- que les projets sont prêts à accueillir des outils d’IA (structure des données, qualité des métadonnées, etc.).
Cette délégation structurée est typiquement le genre de préparation qui fait gagner des mois lorsque vous commencerez à généraliser l’IA dans votre portefeuille de projets.
Lien direct avec l’IA : des données propres, des accès maîtrisés
Voici le point souvent sous-estimé : l’IA n’aime pas le désordre. Elle s’en accommode, mais ses réponses deviennent floues, incomplètes ou dangereuses si la gouvernance est faible.
En jouant correctement avec l’option « Afficher / cacher la page des membres » et les droits de délégation, vous préparez trois choses essentielles pour vos futurs chantiers intelligents :
1. Alignement avec la confidentialité contractuelle
Pour des cas d’usage IA comme :
- chatbot de projet (question/réponse sur la base des documents ACC),
- analyse automatique des écarts entre maquette et réalité,
- synthèse des risques HSE à partir des observations terrain,
l’IA doit respecter les silos de confidentialité. Si elle a accès à des informations qu’un sous-traitant ne voit pas normalement, c’est un problème de conformité et de confiance.
En masquant certains éléments structurels (comme la liste des membres) aux profils inadaptés, vous rappelez une règle clé : tout le monde ne doit pas tout voir, même si l’outil le permet techniquement.
2. Traçabilité renforcée pour les analyses prédictives
Les algorithmes prédictifs (délais, dérives de coûts, risque qualité) ont besoin de données :
- qui a créé tel document,
- quel rôle a commenté telle issue,
- à quel moment telle société est entrée dans le projet.
Une gouvernance claire des membres et des sociétés :
- réduit les doublons (sociétés créées deux fois, homonymies),
- améliore les statistiques basées sur les rôles et responsabilités,
- donne des signaux plus fiables pour les futurs modèles d’IA internes (par exemple : « les projets où le contrôleur technique est intégré tôt sur ACC génèrent 30 % de non-conformités en moins à la réception »).
3. Expérience utilisateur simplifiée pour l’adoption de l’IA
Un environnement ACC mieux cadré, c’est aussi :
- moins d’écrans confus,
- moins d’informations inutiles pour les compagnons et conducteurs de travaux,
- plus de clarté dans les actions attendues.
Quand vous commencerez à ajouter des assistants IA au-dessus d’ACC, ils seront bien mieux acceptés si :
- les utilisateurs comprennent déjà leur périmètre sur la plateforme,
- les écrans sont épurés,
- les règles sont claires (« je vois mes documents, mes issues, mais pas les coulisses du projet »).
Conseils pratiques pour les équipes BTP françaises
Voici une approche pragmatique pour configurer ACC dès maintenant avec cette nouveauté, tout en gardant en tête vos futurs projets d’IA.
1. Décider d’une politique d’affichage des membres
Réunissez :
- direction de projet,
- responsable BIM / CDO,
- DSI / RSSI si possible.
Posez-vous une question simple :
« Sur nos projets, quels profils ont réellement besoin de voir la liste complète des membres et sociétés ? »
Généralement, la réponse ressemble à :
- Oui : MOA, MOE, entreprise générale, AMO, OPC, coordination BIM.
- Non (ou limité) : sous-traitants, fournisseurs, intervenants ponctuels.
Vous pourrez alors définir par défaut :
- page « Membres » cachée pour les profils extérieurs,
- visible uniquement pour les rĂ´les de pilotage.
2. Encadrer la délégation aux admins de projet
Avant d’activer la possibilité pour eux de :
- créer des sociétés,
- créer des projets et gabarits,
formalisez :
- un mini-guide PDF ou une page interne expliquant la marche Ă suivre,
- les conventions de nommage autorisées (éviter les doublons « ENTREPRISE X », « ENT.X », etc.),
- les règles sur les droits minimum / maximum par type de société.
3. Préparer la couche IA, même si vous ne l’avez pas encore
Même si vous n’avez aujourd’hui aucun outil d’IA connecté à ACC, vous pouvez déjà :
- standardiser vos gabarits de projet,
- structurer vos métadonnées (types de documents, champs personnalisés, disciplines),
- clarifier qui fait quoi et qui voit quoi.
Le jour où vous brancherez un assistant IA (interne ou éditeur) pour :
- répondre aux questions des conducteurs sur les derniers plans,
- analyser automatiquement les non-conformités,
- générer des synthèses hebdo de chantier,
vous n’aurez pas à reprendre deux ans d’historique mal structuré.
Vers des chantiers intelligents… et bien gouvernés
La nouveauté « Afficher / cacher la page des membres » d’Autodesk Construction Cloud peut paraître mineure. En réalité, elle touche à un sujet clé pour le BTP français : la gouvernance des données de chantier.
En combinant :
- contrôle de la visibilité des membres,
- délégation encadrée aux administrateurs de projet,
- structuration progressive de vos gabarits et droits,
vous préparez un socle solide pour vos futurs cas d’usage d’IA sur chantier : analyse prédictive, copilots BIM, assistants HSE, pilotage temps réel.
Si vous voulez aller plus loin, le bon moment pour agir, c’est maintenant :
- faites un état des lieux de vos projets ACC en cours,
- décidez d’une politique d’affichage des membres alignée avec vos contrats,
- mettez en place un ou deux gabarits « chantier intelligent » intégrant déjà ces règles.
Les entreprises qui réussiront l’IA dans le BTP ne seront pas seulement celles qui auront les meilleurs algorithmes, mais celles qui auront les plateformes les mieux organisées. ACC vous donne les briques ; à vous de construire la maison.