IA, jeux, inclusion : comment les ressources Édu-Up rendent l’apprentissage plus personnalisé et accessible dans les écoles françaises en 2025.
Mis à jour le 07/12/2025
L’IA d’Édu-Up : un laboratoire d’apprentissage personnalisé
Un point frappe quand on parcourt les projets Édu-Up des dernières années : une grande partie mise déjà sur l’intelligence artificielle et sur des parcours d’apprentissage personnalisé. Pas dans des slogans marketing, mais dans des outils concrets, prêts à l’emploi pour les classes françaises.
Ce billet s’inscrit dans la série « L’IA dans l’Éducation Française : Apprentissage Personnalisé ». L’idée est simple : montrer comment, très concrètement, des ressources soutenues par l’État français transforment la façon d’enseigner, de différencier et d’inclure tous les élèves, de la maternelle au lycée professionnel.
Plutôt que de lister toutes les solutions Édu-Up, je vais me concentrer sur une sélection de projets particulièrement parlants pour trois enjeux majeurs en 2025 :
- personnaliser les apprentissages grâce à l’IA ;
- concilier innovation numérique et école inclusive ;
- préparer l’orientation et les compétences du futur.
1. IA + prof = apprentissage vraiment personnalisé
L’IA a de la valeur à l’école uniquement quand elle renforce la liberté pédagogique de l’enseignant, pas quand elle la remplace. Plusieurs ressources Édu-Up illustrent très bien ce point.
NihaoChinois : la GenAI au service des langues vivantes
NihaoChinois part d’un constat très concret : il y a peu de ressources de qualité pour enseigner le chinois, surtout hors grandes métropoles. La plateforme s’appuie sur l’IA générative pour :
- aider les professeurs à créer en quelques secondes des activités de compréhension, d’expression ou de civilisation adaptées à leur progression ;
- proposer des parcours d’apprentissage sur mesure en fonction du niveau, du rythme et des centres d’intérêt des élèves ;
- maintenir une sobriété numérique, en évitant l’usine à gaz technologique difficile à déployer dans les établissements.
Pour un enseignant de LV, c’est typiquement l’outil qui fait gagner du temps sur la fabrication de supports pour se concentrer sur l’oral, la régulation de la classe et la relation pédagogique. L’IA devient un atelier de fabrication sur mesure, piloté par le prof.
Logbook : transformer la correction en données pédagogiques
Logbook répond à un vrai problème de terrain : la correction prend du temps, et une partie de ce temps « s’évapore ». Les commentaires faits à un moment T sont rarement suivis dans la durée.
Le principe :
- le professeur enregistre ses retours à l’oral (sur une copie, un devoir, un projet) ;
- l’IA analyse ces commentaires pour identifier les compétences travaillées, les progrès et les difficultés récurrentes ;
- la plateforme crée automatiquement un suivi des progrès par élève et par compétence.
Résultat :
- les élèves reçoivent un feedback plus riche, plus humain, plus facile à comprendre qu’une simple annotation rouge ;
- l’enseignant récupère ce travail de correction sous forme de tableaux de bord exploitables pour la différenciation et les entretiens avec les familles.
C’est typiquement une application d’IA qui augmente la pratique, sans jamais se substituer à l’expertise pédagogique.
Mathpower II, Mathena, Eleda : le trio gagnant des maths adaptatives
En mathématiques, plusieurs solutions Édu-Up poussent très loin l’adaptativité :
- Mathpower II : évaluation diagnostique cycles 2, 3 et 4, suivie de parcours d’entraînement et de remédiation automatiques. L’outil aide l’enseignant à mettre en place une pédagogie différenciée fondée sur des données précises, pas sur des impressions.
- Mathena : web app de CP à CM2 qui fait progresser en calcul et résolution de problèmes via un système de ceintures (de blanche à noire), avec suivi en temps réel. L’élève voit concrètement sa progression, ce qui renforce motivation et persévérance.
- Eleda : du CP à la Terminale, exercices aléatoires, rétroactions personnalisées, mode connecté ou non. Le plus intéressant : un langage no-code permet aux enseignants de créer ou adapter rapidement leurs activités.
En combinant ces outils, un professeur peut :
- repérer très vite où sont les blocages (numération, problèmes, calcul mental, etc.) ;
- proposer à chaque élève une trajectoire d’entraînement personnalisée ;
- garder la main sur les contenus, plutôt que d’être enfermé dans un manuel figé.
La réalité, c’est que la personnalisation à la main, pour 25 à 30 élèves, est intenable. L’IA devient ici l’assistant qui prépare le terrain, détecte les signaux faibles et propose des chemins adaptés.
2. École inclusive : quand l’IA facilite l’accessibilité
L’autre force du dispositif Édu-Up, c’est le nombre de projets pensés dès le départ pour l’école inclusive. L’IA y est utilisée comme un outil d’accessibilité et de compensation.
AccessDoc : adapter un document en quelques minutes
AccessDoc cible un besoin très concret : rendre rapidement accessibles des documents pédagogiques pour des élèves non-voyants, malvoyants ou avec troubles cognitifs.
Fonctionnalités clés :
- import de fichiers texte ou PDF, ou capture photo via smartphone ;
- OCR, description automatique d’images, transcription de formules en LaTeX ;
- détection des éléments non accessibles et propositions d’adaptation ;
- requêtes IA pour personnaliser encore plus la mise en forme.
En pratique, un enseignant peut prendre la fiche d’activité qu’il utilisait déjà, l’importer dans la plateforme et obtenir une version adaptée sans y passer des heures. On est exactement au croisement de :
- l’accessibilité numérique (RGAA, handicap visuel, DYS…) ;
- l’apprentissage personnalisé pour chaque profil d’élève.
Cantoo, Cartable fantastique, RIDISI, Orthonémo… un écosystème d’outils ciblés
L’inclusif ne se réduit pas à un seul « gros » outil : Édu-Up soutient une galaxie de ressources spécialisées qui, ensemble, changent la donne pour les élèves à besoins éducatifs particuliers :
- Cantoo Scribe et Cantoo Exams : compensation des troubles des apprentissages, outils de prise de notes adaptés, gestion des aménagements d’examen sans rompre l’équité entre candidats.
- Cartable Fantastique (exercices de maths, plug-in LibreOffice, ruban Word) : adaptation fine pour les élèves dyspraxiques ou avec troubles moteurs/visuels, sans isoler ces élèves du reste de la classe.
- RIDISI : traitement de texte en ligne qui greffe des pictogrammes sur les textes pour sécuriser l’apprentissage de la lecture, notamment en cycle 2 et pour les élèves DYS ou allophones.
- Orthonémo : approche visuelle de la mémorisation orthographique, très utile en remédiation.
Vu depuis la classe, cela signifie qu’un même objectif – par exemple comprendre une consigne ou travailler sur un texte documentaire – peut être décliné en plusieurs formats adaptés sans la double peine pour l’enseignant.
La Boussole de l’inclusion, Ben le Koala, Zamizen : l’accompagnement socio-émotionnel
L’inclusion ne concerne pas seulement les supports écrits. Elle touche aussi le bien-être, les émotions, les troubles de l’attention et du comportement :
- La Boussole de l’inclusion (Inclusive) : une plateforme pour les enseignants de primaire et collège avec des ressources d’autoformation et des propositions d’adaptation selon les profils (dyslexie, TDAH, HPI, deuil, harcèlement, allophones, etc.).
- Ben le Koala et Ben le Koala 2 : un personnage qui accompagne les jeunes enfants (avec ou sans handicap) dans les gestes du quotidien, la santé, les compétences psychosociales. Super outil de lien école–famille.
- Zamizen : parcours numériques pour travailler l’attention, la gestion des émotions et le climat de classe.
Là encore, l’IA et le numérique servent moins à « faire spectaculaire » qu’à rendre possible une personnalisation fine des parcours de vie scolaire, en fonction des fragilités de chacun.
3. Jeux, réalité virtuelle, IA : engager les élèves et préparer l’orientation
On ne personnalise pas sans engagement. De nombreux projets Édu-Up misent donc sur :
- le jeu sérieux ;
- la réalité virtuelle ou augmentée ;
- des univers immersifs autour des métiers, des institutions ou des sciences.
Archipel, FizziQ, SIM’Agora : apprendre en jouant (sérieusement)
Quelques exemples parlants :
- Archipel / Archipel Évolution : jeu vidéo où l’élève développe une île en résolvant des énigmes mathématiques. L’interface ludique fait tomber la peur des maths, avec un suivi fin pour l’enseignant et des options d’accessibilité.
- FizziQ Junior et FizziQ Junior II : transforment smartphones et tablettes en laboratoires portables pour le cycle 3. L’élève mène de vraies investigations scientifiques (son, lumière, mouvement), en classe, à la maison ou sur le terrain.
- SIM’Agora : simulation parlementaire numérique pour travailler institutions, négociation politique, enjeux environnementaux. Les élèves y développent compétences citoyennes, art oratoire et esprit critique.
Dans tous ces cas, le jeu n’est pas un « bonus » ajouté après coup. Il est le cadre même de l’apprentissage, avec des données de progression exploitables pour ajuster le parcours de chaque élève.
Jexplore, ExoPro, Vittascience IA : orientation et compétences du futur
La personnalisation ne s’arrête pas aux disciplines. Elle touche aussi l’orientation et la préparation aux métiers de demain :
- Jexplore : plus de 100 immersions en réalité virtuelle dans des métiers variés. Idéal pour travailler l’orientation en atelier, mettre en lumière les métiers en tension ou peu connus, et ouvrir le champ des possibles.
- ExoPro : application inclusive pour les 12–18 ans en voie pro ou en démarche d’orientation, pensée pour les élèves avec troubles du neurodéveloppement ou difficultés scolaires. Elle renforce l’engagement et la connaissance des compétences métiers.
- Vittascience IA : plateforme qui démystifie l’intelligence artificielle de la maternelle au supérieur, en montrant concrètement comment entraîner un modèle, visualiser un réseau de neurones et programmer en mode blocs (Adacraft) ou en Python.
Ces ressources changent profondément la façon de concevoir l’apprentissage personnalisé : l’élève ne choisit plus seulement un « niveau de difficulté », il construit peu à peu un itinéraire de formation cohérent avec ses aspirations, ses forces et ses besoins.
4. Comment un établissement peut s’y retrouver et passer à l’action
Face à cette profusion d’outils, beaucoup d’équipes se demandent : par où commencer, sans se perdre ni épuiser tout le monde ? Voilà une approche pragmatique qui fonctionne bien.
Étape 1 : clarifier les priorités pédagogiques
Avant de choisir une ressource Édu-Up, il faut répondre à une question simple :
« Quel problème pédagogique concret voulons-nous traiter cette année ? »
Quelques exemples de priorités :
- améliorer le niveau en maths en cycle 3 ;
- sécuriser l’orientation en 4e–3e ;
- mieux accompagner les élèves DYS dans toutes les disciplines ;
- développer les compétences orales et la confiance en langues vivantes.
À chaque priorité, on peut associer 1 ou 2 ressources ciblées (pas 10) : Mathpower + Archipel, Jexplore + ExoPro, AccessDoc + Cantoo, Beegup pour les langues, etc.
Étape 2 : tester à petite échelle… puis étendre
Ce qui fonctionne le mieux :
- Piloter dans une ou deux classes, avec des enseignants volontaires ;
- documenter : ce qui marche, ce qui coince, les ajustements nécessaires ;
- partager au conseil pédagogique ou en conseil d’enseignement ;
- décider d’un déploiement progressif, accompagné de formation entre pairs.
Avec cette stratégie, l’IA et les ressources numériques deviennent un levier collectif, pas un gadget utilisé isolément par « le collègue geek ».
Étape 3 : articuler IA et évaluation humaine
Dernier point crucial : dans toutes ces ressources, les indicateurs produits par l’IA (scores, profils, ceintures, tableaux de bord) doivent être croisés avec l’observation professionnelle de l’enseignant.
La bonne posture, c’est :
- se servir des données pour poser des hypothèses sur les besoins des élèves ;
- vérifier en classe, ajuster, discuter avec les familles ;
- garder la main sur les décisions importantes (orientation, passage de niveau, aménagements).
L’IA n’a de valeur que si elle nourrit le dialogue pédagogique, au lieu de le remplacer.
Pourquoi ces ressources Édu-Up comptent pour l’avenir de l’école
Ces projets montrent une chose : l’apprentissage personnalisé n’est plus une idée abstraite. Dans le système éducatif français, il prend forme à travers :
- des IA discrètes, intégrées dans la correction, l’adaptation de documents, le diagnostic de compétences ;
- des plateformes inclusives qui rendent l’École réellement accessible aux élèves en situation de handicap ou présentant des troubles des apprentissages ;
- des univers ludiques, immersifs et orientants qui réconcilient les élèves avec les savoirs et les aident à se projeter.
La vraie question pour les prochains mois n’est donc plus : « Faut‑il utiliser l’IA à l’école ? », mais plutôt :
« Quelles ressources choisissons‑nous, dans cet écosystème Édu-Up, pour qu’intelligence artificielle, pédagogie et inclusion travaillent ensemble au service de nos élèves ? »
Chaque équipe, chaque établissement peut y répondre à sa manière. L’essentiel est de ne pas laisser ces outils innovants dormir dans un catalogue. Utilisés avec discernement, ils offrent une occasion rare : rapprocher l’école française d’un idéal où chaque élève trouve, réellement, une place et un parcours à sa mesure.