Édu-Up : 10 ressources IA qui personnalisent vraiment les apprentissages

L'IA dans l'Éducation Française: Apprentissage PersonnaliséBy 3L3C

Édu-Up finance des ressources d’IA qui personnalisent déjà les apprentissages en France. Zoom sur les outils concrets à utiliser en classe, de la primaire au lycée.

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Mis à jour le 07/12/2025

L’IA à l’école française : on est déjà passé à la pratique

Un chiffre résume bien le moment que vit l’école française : entre 2017 et 2025, plus d’une centaine de ressources numériques ont été soutenues par le dispositif Édu-Up, dont une part croissante fait appel à l’intelligence artificielle pour personnaliser les apprentississages.

La réalité ? On n’est plus au stade du « laboratoire ». Des classes de primaire, de collège, de lycée pro utilisent déjà au quotidien des outils d’IA pour adapter les parcours, faciliter l’inclusion, préparer l’orientation ou enrichir les feedbacks. Le tout, dans un cadre national, sécurisé et pensé pour la continuité pédagogique.

Cet article, dans la série « L’IA dans l’Éducation Française : Apprentissage Personnalisé », met le zoom sur une sélection de ressources issues d’Édu-Up, récentes et emblématiques. Objectif : montrer concrètement comment ces solutions transforment votre classe, et comment les intégrer sans vous perdre dans la technique.


1. Personnaliser les apprentissages avec l’IA : des usages déjà matures

L’IA à l’école n’est pas qu’un sujet d’actualité, c’est déjà un levier opérationnel sur plusieurs points clés : adaptation au niveau de l’élève, feedback plus riche, suivi des progrès, accessibilité.

Qu’est-ce que « personnaliser » veut dire concrètement ?

Les ressources soutenues par Édu-Up qui s’appuient sur l’IA ont en commun plusieurs mécanismes :

  • Parcours adaptatifs : le niveau, le rythme ou le type d’exercices évoluent automatiquement selon les réussites et erreurs (Mathena, Eleda, Mathpower II).
  • Feedback augmenté : les corrections orales ou écrites sont analysées pour dégager des compétences, des points d’appui, des fragilités (Logbook).
  • Accessibilité intelligente : l’IA détecte ce qui bloque (structure d’un document, image non décrite, formule illisible) et propose des adaptations (AccessDoc, Cantoo Scribe, Cantoo Exams).
  • Simulation et exploration : l’IA ou le numérique avancé permet à l’élève d’expérimenter sans risque, de tester, de recommencer (Vittascience IA, AlphAI, SIM’Agora, Jexplore).

Dit autrement : on passe d’un modèle « une même activité pour tout le monde » à un modèle où chaque élève suit un chemin légèrement différent, sans que l’enseignant ait à tout recréer à la main.


2. Des maths plus accessibles et motivantes grâce à l’IA

Les mathématiques sont un terrain idéal pour l’apprentissage personnalisé. Plusieurs projets Édu-Up montrent comment IA, adaptativité et ludification changent la donne.

Archipel & Archipel Évolution : le jeu vidéo au service de la confiance

Archipel est un serious game pour le cycle 3 : les élèves développent une île en résolvant des énigmes de maths. Dans Archipel Évolution (version 2024), l’accent est mis sur :

  • la progression individualisée : les défis deviennent plus exigeants si l’élève est à l’aise ;
  • la remédiation intégrée : les explications ne sortent pas du jeu, on reste dans l’univers de l’île ;
  • les options d’accessibilité (vocalisation, supports imprimables) pour les élèves en difficulté.

Pourquoi ça marche ? Parce que l’élève peut se tromper sans se sentir jugé, retenter, ajuster. Et vous, vous pilotez tout depuis une plateforme enseignant : choix des contenus, suivi en temps réel, différenciation par groupe.

Mathena, Eleda, Mathpower II : le triptyque évaluation–entraînement–remédiation

Trois ressources soutenues par Édu-Up structurent particulièrement bien un parcours mathématique personnalisé :

  • Mathena (CP–CM2) : progression ceintures, entraînement adaptatif en calcul et problèmes, visualisation des progrès par l’élève et par l’enseignant.
  • Eleda (CP à Terminale) : exercices générés de façon randomisée, rétroactions personnalisées, tableaux de bord pour repérer lacunes et acquis. Le « no-code » permet aussi de créer ou adapter des activités sans compétence technique.
  • Mathpower II : évaluation diagnostique sur les cycles 2, 3, 4, puis entraînement ciblé et remédiation. L’IA aide à organiser une pédagogie différenciée à partir des résultats.

Ce trio incarne bien ce que peut être une IA utile en mathématiques :

diagnostiquer rapidement, proposer des tâches ajustées et offrir à l’enseignant une vision claire pour décider des regroupements, des reprises en classe entière ou des plans de travail.

Inclusion et besoins spécifiques : Cabri Express Primaire Lab, Dédys, Cartable Fantastique

Le dispositif Édu-Up pousse aussi la réflexion jusqu’à l’école inclusive :

  • Cabri Express Primaire Lab : géométrie dynamique pensée pour les élèves dyspraxiques (contrôle clavier/souris, instruments virtuels, import/export facile). Tout le monde fait la même activité, avec des modalités adaptées.
  • Dédys : mini-jeux pour la dyscalculie, travaillant poursuite visuelle, attention et compétences mathématiques.
  • Les Fantastiques Exercices Mathématiques (Cartable fantastique) : banque d’exercices mathématiques conçus pour les élèves dyspraxiques ou porteurs de troubles moteurs/visuels, puis utilisables pour l’ensemble de la classe.

On n’est plus sur des « outils à part » pour quelques élèves : la logique est de concevoir d’emblée des ressources utilisables par tous, mais configurables pour chacun.


3. IA, langues et culture : quand la personnalisation ouvre le monde

La personnalisation ne concerne pas que les disciplines scientifiques. En langues, en éducation à l’image ou à la musique, l’IA permet d’ajuster les contenus et les interactions.

NihaoChinois & Beegup : des langues vivantes vraiment vivantes

NihaoChinois est une des nouveautés 2025 marquantes : la plateforme utilise la GenAI pour :

  • générer en quelques secondes des activités de chinois adaptées au niveau et aux centres d’intérêt des élèves ;
  • libérer la créativité enseignante (variantes d’exercices, scénarios, supports) sans passer des heures à tout produire ;
  • proposer des parcours personnalisés où chaque élève progresse à son rythme.

C’est typiquement le genre d’outil qui permet de rendre viable un enseignement moins doté en ressources comme le chinois, tout en restant rigoureux sur le plan pédagogique.

De son côté, Beegup propose une plateforme conversationnelle sécurisée pour les langues (anglais, espagnol, allemand, FLE) avec :

  • messagerie audio/texte, appels audio/vidéo sans transfert de données ;
  • sujets de conversation et revue de presse vidéo adaptés au niveau ;
  • suivi des interactions par l’enseignant.

La personnalisation ici est interactionnelle : chaque élève multiplie les occasions de parler, avec des supports alignés sur ses besoins, au lieu d’attendre deux minutes de prise de parole par séance.

Éducation à l’image et à la musique : Nanouk, ERSILIA, Meludia, Sonic Solveig

Plusieurs ressources Édu-Up montrent que la personnalisation ne se limite pas au « quantitatif » :

  • Nanouk et ERSILIA permettent de construire des parcours d’analyse d’images et de films adaptés au niveau, aux thématiques travaillées (Image et corps, Image et mémoire, etc.) et aux contextes de classe (ULIS, SEGPA, EMPRO…).
  • Meludia et Sonic Solveig adaptent progressivement la difficulté des exercices d’écoute et de compréhension musicale, pour que chacun progresse dans son rapport au langage musical.

L’IA ou les algorithmes d’adaptation servent ici à ajuster le niveau de complexité, pas à remplacer le regard pédagogique. Vous gardez la main sur les choix culturels, les mises en perspective, les débats.


4. IA et école inclusive : adapter sans épuiser les enseignants

L’un des apports les plus forts du dispositif Édu-Up est sur le terrain de l’inclusion scolaire. Adapter des documents, des examens, des supports pour les élèves DYS, TSA, malvoyants, sourds… peut représenter des heures de travail. C’est précisément là que l’IA fait gagner du temps.

AccessDoc, Cantoo Scribe, Cantoo Exams : l’accessibilité à grande échelle

Trois ressources illustrent bien cette logique :

  • AccessDoc : vous importez un .docx, un .pdf ou une photo de document. L’IA :
    • détecte les éléments non accessibles (images sans description, tableaux complexes, formules) ;
    • propose une description automatique, une transcription en LaTeX pour les formules ;
    • offre un éditeur pour finaliser et personnaliser le document adapté.
  • Cantoo Scribe : boîte à outils pour les élèves avec troubles des apprentissages (synthèse vocale, reconnaissance vocale, adaptation du texte en couleurs, cartes mentales…). L’idée est que l’élève puisse travailler en autonomie, dans les mêmes temps que le reste de la classe.
  • Cantoo Exams : même philosophie, mais appliquée aux examens. Les aménagements autorisés sont activés, les autres bloqués. Résultat : un cadre juste et sécurisé, conforme aux exigences nationales.

On voit ici un point clé de l’IA éducative française :

l’IA n’est pas là pour contourner les règles, mais pour outiller l’application des adaptations réglementaires à grande échelle, sans surcharger les équipes.

ExoPro, AccessDoc, La boussole de l’inclusion, Zamizen… un écosystème cohérent

D’autres projets complètent ce tableau :

  • ExoPro : application inclusive pour les 12–18 ans en voie pro ou en démarche d’orientation, pensée pour les élèves avec troubles du neurodéveloppement ou difficultés scolaires.
  • La boussole de l’inclusion : plateforme de ressources et d’autoformation pour les enseignants de primaire et collège, avec entrées par troubles (dyslexie, dyspraxie, TDAH, HPI, harcèlement, deuil, allophonie…).
  • Zamizen et Ben le Koala (et son évolution Ben le Koala 2) : ressources pour les compétences psychosociales, la gestion des émotions, la santé et le bien-être.

En pratique, cela veut dire qu’un enseignant peut aujourd’hui :

  1. Se former rapidement à un trouble ou à une situation (La boussole de l’inclusion).
  2. Adapter ses documents en quelques minutes (AccessDoc, DV-FABRIQUE, Lescalire, Story Play’R…).
  3. Proposer aux élèves des outils d’entraînement ou de compensation adaptés (Cantoo Scribe, Orthonémo, KidsCoding, Lilémo/LiEnBraille…).

Ce n’est pas magique, mais c’est nettement plus réaliste que de tout faire seul.


5. IA, orientation et citoyenneté : personnaliser les choix de vie, pas seulement les exercices

La personnalisation par l’IA concerne aussi des dimensions plus globales : orientation, citoyenneté, rapport au numérique.

Jexplore et ExoPro : immersion professionnelle et Parcours Avenir

  • Jexplore propose plus de 100 expériences métiers en réalité virtuelle, dans plus de 30 secteurs : métiers en tension, d’avenir, peu connus. L’élève vit des immersions, réalise des gestes professionnels, puis prolonge avec cahier d’activités, fiches métiers, quiz.
  • ExoPro, déjà cité, accompagne les élèves de 12 à 18 ans en parcours pro ou d’orientation, avec un fort ancrage inclusion et réforme du lycée professionnel.

Ces outils ne « décident » pas à la place des élèves, mais enrichissent considérablement le panel d’expériences possibles, surtout pour ceux qui n’ont pas de réseau familial ou social diversifié.

Vittascience IA, AlphAI, Hack ton futur : comprendre l’IA pour mieux l’utiliser

Pour qu’un apprentissage personnalisé reste émancipateur, les élèves doivent aussi comprendre comment fonctionne l’IA.

  • Vittascience IA permet d’entraîner des modèles, de visualiser les zones d’attention, de voir la structure du réseau de neurones, puis de programmer en Adacraft (type Scratch) ou en Python.
  • AlphAI combine un robot physique et une interface graphique pour faire expérimenter le machine learning, du primaire au supérieur.
  • Hack ton futur propose des parcours d’initiation autour de l’IA, de la cybersécurité, de l’écologie, des métiers du numérique, en travaillant aussi les soft skills.

On ne se contente donc pas d’utiliser des algorithmes d’adaptation : on donne aux élèves les clés de lecture critique des systèmes qui structurent déjà leur quotidien.

SIM’Agora : personnaliser l’engagement citoyen

Avec SIM’Agora, la simulation parlementaire numérique, les élèves se forment à la négociation politique, à la compréhension des institutions et aux enjeux environnementaux. La plateforme permet à l’enseignant de :

  • choisir des scénarios ;
  • répartir des rôles ;
  • accompagner la préparation des arguments.

Chaque élève vit une expérience différente selon son rôle, son style d’argumentation, sa posture. La personnalisation touche ici l’engagement citoyen lui‑même.


Comment intégrer ces ressources dans votre pratique ?

Voici une démarche pragmatique que j’ai vue fonctionner dans les établissements qui s’y mettent progressivement :

  1. Choisir un axe prioritaire : maths, langues, inclusion, orientation… Évitez de tout lancer en même temps.
  2. Démarrer avec une ressource “clé en main” : par exemple Archipel pour le cycle 3, Mathena pour le calcul, Beegup pour l’oral en langues, AccessDoc pour l’adaptation de documents.
  3. Planifier un usage régulier mais court : 15–20 minutes, 2 fois par semaine, sur une période de 6 à 8 semaines. L’IA a besoin de données pour personnaliser, les élèves de temps pour s’approprier l’outil.
  4. Exploiter les données sans les subir : tableau de bord, diagnostics, traces de progression doivent servir à éclairer vos choix pédagogiques (groupes de besoin, reprises de notions, etc.), pas à vous enfermer dans des « recommandations automatiques ».
  5. Partager les retours en équipe et avec les familles : ce sont souvent eux qui font remonter les effets les plus visibles (motivation, autonomie, confiance).

Vers une IA éducative française, inclusive et maîtrisée

Ce tour d’horizon des ressources Édu-Up montre une chose : l’IA dans l’éducation française est déjà largement incarnée dans des outils concrets, alignés sur les programmes, pensés pour l’inclusion et la personnalisation.

L’enjeu des prochains mois n’est plus de savoir si l’IA a une place à l’école, mais comment vous, équipe éducative, l’intégrez en gardant la main :

  • pour gagner du temps sur les tâches répétitives (adaptation de documents, corrections) ;
  • pour offrir à chaque élève une trajectoire d’apprentissage plus fine ;
  • pour ouvrir des expériences nouvelles (réalité virtuelle métiers, simulations parlementaires, laboratoires scientifiques virtuels) tout en formant des citoyens capables de penser l’IA.

La question à se poser désormais n’est plus « faut-il y aller ? », mais plutôt :

Par quel usage concret d’IA personnalisée vais-je commencer cette année avec mes élèves ?

C’est à partir de ce premier pas, mesuré et maîtrisé, que se construit une IA éducative réellement au service de l’École de la République.

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