L’Oréal et VML signent avec « Make Your Move » une campagne SeedZ social-first qui parle vraiment à la génération Z. Voici ce que votre marque employeur peut en apprendre.

L’Oréal SeedZ : un film social-first pour recruter les leaders de demain
En France, près de 70 % des jeunes diplômés déclarent se méfier des discours RH trop “corporate”, mais passent plus de 2 h par jour sur les réseaux sociaux. La marque employeur qui n’adapte pas ses codes à cette réalité perd mécaniquement la bataille des talents.
Voici le point intéressant avec « Make Your Move », le film conçu par VML pour le programme international de Management Trainee SeedZ de L’Oréal : ce n’est pas une “belle vidéo corporate” de plus. C’est un contenu pensé nativement pour les réseaux sociaux, au service d’un enjeu très concret : attirer, engager et projeter de jeunes talents dans un parcours managérial global.
Ce cas est particulièrement utile pour les équipes RH, communication et marketing en France qui se demandent comment parler à la génération Z sans sonner faux, tout en utilisant au mieux les nouveaux outils (dont l’IA) dans leurs campagnes.
Dans cet article, on va voir :
- ce qui fait la singularité du dispositif « Make Your Move » pour le programme SeedZ,
- comment les codes visuels et narratifs génération Z sont utilisés intelligemment,
- comment les entreprises françaises peuvent s’en inspirer pour leurs propres campagnes marque employeur, avec ou sans IA.
1. SeedZ : un « accélérateur de potentiel », pas un simple graduate program
L’essentiel à retenir, c’est que SeedZ est positionné non comme un programme junior classique, mais comme un accélérateur de potentiel international.
Le film « Make Your Move » traduit trois piliers clés du programme :
- Progression rapide : du premier jour jusqu’aux postes à responsabilité, le parcours est montré comme une montée en puissance continue.
- Exposition internationale : les profils recherchés sont globaux, capables de naviguer dans des contextes multiculturels.
- Leadership tourné vers l’avenir : on met l’accent sur la capacité à apprendre par la pratique, à prendre des risques, à expérimenter.
« L’Oréal SeedZ est plus qu’un programme pour jeunes diplômés ; c’est un accélérateur de potentiel. » – Rainer Iveson, Directeur de L’Oréal For Youth
Pour une marque employeur, ce positionnement est stratégique. La génération Z ne se contente plus de “faire ses armes” : elle cherche un impact rapide, de la responsabilisation et une courbe d’apprentissage visible.
Ce que L’Oréal fait bien ici :
- elle ne vend pas un job, elle vend une trajectory ;
- elle ne met pas seulement en avant la marque L’Oréal, mais le développement individuel : compétences, mentorat, leadership.
Pour les directions RH françaises, la leçon est claire : si votre programme jeunes diplômés ressemble encore à une suite de missions floues sur 24 mois, vous partez avec un désavantage. Il faut raconter le “avant / pendant / après” de façon nette et désirable.
2. « Make Your Move » : un film social-first, pensé comme un contenu, pas comme une pub
La force de cette campagne réside dans sa conception social-first. Le film SeedZ n’a pas été adapté pour les réseaux, il a été construit pour eux.
Des formats courts pour capter la génération Z
Les jeunes talents ciblés consomment surtout :
- des contenus courts (Reels, TikTok, Shorts),
- des formats vertical ou carré,
- des vidéos sans son, donc très visuelles, souvent sous-titrées.
VML et L’Oréal s’alignent sur ces usages :
- un film court, dynamique, facilement découpable en micro-contenus,
- une narration rythmée qui ne demande pas d’effort de concentration prolongé,
- des scènes qui peuvent être reprises en snack content pour des campagnes always-on.
C’est là que beaucoup d’entreprises françaises se trompent encore : elles produisent un film de 2–3 minutes façon “manifeste” puis le déclinent en 30 secondes. La logique devrait être exactement inverse : penser en stories, en capsules, en séquences partageables, puis éventuellement assembler le tout en version longue.
Une esthétique 3D minimaliste aux codes Gen Z
« Make Your Move » adopte une esthétique 3D minimaliste :
- personnages stylisés plutôt que réalistes,
- univers graphique épuré, colorimétrie cohérente,
- mouvements fluides qui symbolisent les étapes du parcours.
Pourquoi ça fonctionne :
- la 3D minimaliste parle aux codes gaming / motion design très présents sur TikTok et Instagram,
- elle permet de raconter des concepts abstraits (défis, montée en compétences, mentorat) sans tomber dans le cliché corporate (salles de réunion, open space aseptisés),
- c’est un terrain de jeu intéressant pour intégrer l’IA générative : création de moodboards, exploration de styles, variation de personnages.
Pour une direction communication, ce type de choix visuel ouvre la porte Ă :
- des séries de contenus cohérents sur plusieurs années,
- une meilleure mutualisation entre RH, corporate et marque commerciale.
3. La métaphore de la graine : raconter un parcours, pas un poste
Le cœur créatif du film, c’est la métaphore de la « graine » (Seed) : le talent entre dans l’entreprise comme une graine, qui se développe grâce à :
- des missions variées,
- des défis qui le font sortir de sa zone de confort,
- un mentorat qui structure sa progression.
Cette métaphore coche plusieurs cases :
- elle est universelle et compréhensible dans n’importe quel pays ;
- elle valorise le potentiel plutĂ´t que le bagage initial ;
- elle raconte une progression visuellement : la graine germe, pousse, se ramifie.
Dans un contexte où la génération Z cherche du sens et de la cohérence entre promesse et réalité, ce narratif est particulièrement puissant. On ne parle pas juste de “mission”, mais d’un chemin continu d’apprentissage.
Comment adapter cette logique Ă votre marque employeur ?
Si vous ĂŞtes DRH ou responsable communication en France, vous pouvez vous poser trois questions simples :
-
Quelle est ma métaphore centrale ?
- Graine, voyage, level gaming, atelier, laboratoire…
- L’important est de trouver une image claire que l’on peut décliner partout.
-
Comment je montre la progression ?
- Avant / pendant / après le programme ;
- D’un premier projet à la prise de responsabilité ;
- D’un pays à un autre, d’un métier à un autre.
- Qu’est-ce qui prouve que cette promesse est réelle ?
- Portraits d’anciens ;
- Chiffres concrets (taux de promotion, mobilité internationale) ;
- Témoignages vidéo courts, co-construits avec les talents.
Là encore, l’IA peut être un atout : générer des scripts de témoignages, proposer des variantes de structure de story, aider à synthétiser des portraits en formats courts.
4. Génération Z, IA et marque employeur : ce que ce cas dit du marché français
Le cas SeedZ arrive dans un contexte très particulier :
- montée en puissance de l’IA générative dans les services marketing et RH,
- rareté des profils hybrides business / data / tech / création,
- exigence accrue de transparence et de cohérence de la part des jeunes diplômés.
Voici trois enseignements concrets Ă retenir.
4.1. La marque employeur doit se penser comme un média
L’Oréal ne se contente pas de diffuser une brochure RH : elle crée un contenu social-first avec une vraie proposition créative.
Pour une entreprise française, cela veut dire :
- définir une ligne éditoriale RH (thèmes, formats, ton, récurrence),
- produire régulièrement des contenus adaptés aux codes de chaque plateforme,
- accepter de tester, mesurer, ajuster, plutĂ´t que tout verrouiller en amont.
Les outils d’IA peuvent aider à :
- décliner plus vite un concept global en séries de posts,
- générer plusieurs angles de narration pour une même histoire,
- adapter un script à différents canaux (TikTok, LinkedIn, YouTube Shorts) sans perdre le fond.
4.2. L’authenticité doit être scénarisée, pas improvisée
La génération Z repère immédiatement le storytelling artificiel. L’astuce est de scénariser l’authenticité :
- montrer des exemples concrets plutĂ´t que des slogans,
- mettre en avant des vraies situations de travail, mĂŞme imparfaites,
- accepter un ton plus direct, moins institutionnel.
Le film SeedZ réussit cela avec :
- une narration ludique, presque “jouée”,
- une traduction visuelle de ce que signifie « apprendre en faisant » et « prendre des risques ».
Le message implicite : on ne vous promet pas un parcours linéaire parfait, on vous promet un environnement où vous allez grandir.
4.3. L’IA comme alliée des agences et des RH, pas comme gadget
Même si la campagne SeedZ n’est pas présentée comme “pilotée par l’IA”, elle s’inscrit dans une tendance claire du marché français : les agences comme VML intègrent progressivement des briques IA dans leurs process créatifs.
Concrètement, cela peut servir à :
- explorer de multiples directions graphiques en amont,
- produire des animatics ou prototypes plus rapidement,
- adapter massivement les contenus à différents marchés.
Pour les équipes RH et communication, l’enjeu n’est pas de “faire une campagne IA” pour la forme, mais de gagner du temps sur la production afin de le réinvestir dans :
- la stratégie,
- les insights candidats,
- la qualité des interactions humaines (entretiens, événements, mentoring).
5. Comment s’inspirer concrètement de « Make Your Move » pour votre prochaine campagne
Voici une méthode simple, en 5 étapes, pour adapter les enseignements du cas L’Oréal SeedZ à votre propre marque employeur.
Étape 1 : Clarifier la promesse du programme
Répondez par écrit, en une phrase, à ces deux questions :
- “Qu’est-ce qui change dans la vie du jeune talent après mon programme ?”
- “En quoi mon parcours est différent de celui de mes concurrents ?”
Si vous ne parlez que de “missions variées” et de “parcours personnalisés”, ce n’est pas assez. Il faut une promesse forte, type :
- “En 24 mois, tu pilotes un projet client en direct”,
- “Tu changes de pays au moins une fois pendant le programme”,
- “Tu lances un produit, de l’idée au go-to-market”.
Étape 2 : Trouver votre métaphore centrale
Choisissez une image qui parle Ă votre public :
- graine, voyage, jeu vidéo, laboratoire, pont, etc.
Cette métaphore doit :
- se traduire visuellement facilement,
- être déclinable en série (stories, carrousels, vidéos),
- rester crédible par rapport à votre culture.
Étape 3 : Concevoir un concept social-first
Avant de penser “film de 2 minutes”, demandez-vous :
- quelles scènes clés peuvent devenir des snacks content,
- comment le message tient en 5–10 secondes,
- quelles plateformes sont vraiment prioritaires pour vos cibles (TikTok, Instagram, LinkedIn, etc.).
Travaillez avec l’agence (ou vos équipes internes) pour bâtir :
- un script principal,
- plusieurs variations courtes,
- quelques assets statiques ou 3D cohérents.
Étape 4 : Intégrer l’IA de manière utile
Utilisez l’IA là où elle a un impact concret :
- génération de moodboards et de styles visuels,
- aide à la rédaction de scripts, de hooks, de sous-titres,
- déclinaison multilingue si vous êtes sur plusieurs marchés.
L’objectif n’est pas d’automatiser la création, mais de booster le processus pour consacrer plus d’énergie à ce qui compte : les idées et la vérité de votre promesse.
Étape 5 : Mesurer, ajuster, itérer
Suivez quelques indicateurs simples :
- taux de complétion vidéo,
- taux de clic vers les pages carrière,
- volume et qualité des candidatures sur la période de diffusion.
Et surtout, récoltez du feedback qualitatif auprès :
- des candidats,
- des recruteurs,
- des collaborateurs qui encadrent les jeunes talents.
C’est cette boucle d’apprentissage qui fait progresser votre marque employeur dans le temps, au-delà de la “belle campagne” ponctuelle.
Conclusion : la nouvelle équation de la marque employeur en France
Le film « Make Your Move » pour le programme SeedZ de L’Oréal montre très clairement où se situe désormais le niveau attendu de la marque employeur :
- un positionnement clair (un accélérateur de potentiel, pas un simple job),
- une création social-first alignée sur les codes de la génération Z,
- une histoire de progression crédible, portée par une métaphore forte.
Pour les entreprises françaises, le vrai sujet n’est plus “faut-il communiquer sur nos programmes jeunes diplômés ?”, mais comment le faire avec les bons formats, les bons symboles et les bons outils, dont l’IA fait désormais partie.
Si vous préparez votre prochaine campagne talents pour 2026, c’est le bon moment pour revisiter votre promesse, votre narration et vos process de création. Les jeunes diplômés n’attendront pas : ils feront leur move. La question, c’est s’ils le feront chez vous.