Comment JD Sports, Dat-Way et Anyme montrent la nouvelle voie : influence pilotée par la culture, la data et l’IA, au service du business, pas juste des vues.

JD Sports, Dat-Way, Anyme : l’influence dopée à la data
En France, plus de 70 % des 15-24 ans déclarent découvrir de nouvelles marques via les créateurs de contenus avant la pub « classique ». Pour une enseigne comme JD Sports, rater ce virage, c’est laisser Décathlon, Nike ou Courir occuper seuls le terrain culturel des jeunes.
La collaboration annoncée entre Dat-Way, Anyme et JD Sports France a l’air anecdotique sur le papier : une agence, un créateur, une campagne autour de la signature « Forever Forward ». En réalité, c’est un cas d’école de ce que doit être aujourd’hui un dispositif d’influence marketing piloté par la data et la culture.
Dans cet article, on décortique ce que ce type de partenariat dit de l’évolution du marché français, comment les marques peuvent s’en inspirer, et surtout comment structurer des campagnes d’influence qui génèrent réellement du business et pas seulement des likes.
1. Ce que révèle l’alliance Dat-Way x Anyme pour JD Sports
L’accord entre Dat-Way et Anyme pour JD Sports illustre une tendance lourde : les marques de retail ne se contentent plus d’acheter des « posts » d’influenceurs, elles cherchent des égéries qui incarnent un territoire culturel précis, validé par la data.
Une campagne pensée comme un actif de marque, pas comme un coup ponctuel
JD Sports n’a pas simplement « pris un créateur à la mode ». L’enseigne, très implantée sur la street culture et le sportswear, a confié à Dat-Way une mission claire :
- Identifier l’égérie idéale pour le marché français
- Valider une compatibilité forte avec la vision « Forever Forward »
- Assurer une cohérence avec les valeurs de la marque : progression, mouvement, expression de soi, urbanité
Ce genre de cadrage change tout. On ne parle plus d’un placement de produit opportuniste, mais d’une construction d’image à moyen terme, où le créateur devient un vecteur de plateforme de marque.
Pourquoi passer par une agence d’activation culturelle ?
Les agences d’activation culturelles comme Dat-Way se positionnent entre la marque et les créateurs pour traduire un positionnement en signaux culturels concrets :
- quels codes visuels adopter (caméra à l’épaule, format vlog, plans de rue…)
- quels univers musicaux utiliser (rap FR, drill UK, mashups TikTok…)
- quels lieux et communautés cibler (basket 3x3, danse, skate, gaming…)
En 2025, une campagne d’influence réussie en France, surtout dans le sport et le lifestyle, doit parler le langage de la rue sans tomber dans la caricature. C’est exactement là que ce type d’agence devient clé.
2. Pourquoi le choix de l’égérie est devenu une décision stratégique
Le choix d’Anyme comme visage de la campagne JD Sports France est tout sauf anodin. Il incarne un mouvement de fond : l’algorithme ne suffit plus, il faut une vraie grille d’analyse de l’« adéquation d’image ».
Les 4 dimensions clés d’un bon « fit » entre marque et créateur
Quand je vois des campagnes qui performent, les équipes ont généralement évalué au moins ces 4 points :
-
Affinité audience / cible business
- âge, niveau de pouvoir d’achat, centres d’intérêt
- zones géographiques (urbain, péri-urbain, régions clés)
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Alignement de valeurs
- vision du succès, du corps, de la performance, de la diversité
- prise de parole sur les sujets sociaux sensibles (genre, inclusion, écologie…)
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Crédibilité produit
- est-ce que le créateur porte déjà ce type de produits dans sa vraie vie ?
- son expertise perçue dans ce domaine (sneakers, streetwear, sport, lifestyle)
-
Stabilité réputationnelle
- historique de bad buzz
- ton global : plutôt conflictuel, plutôt pédagogique, plutôt divertissant
Dat-Way a justement pour rôle de filtrer, scorer, trier. Cela évite les erreurs coûteuses du type : égérie qui enchaîne un partenariat direct concurrent deux semaines plus tard, ou discours complètement décalé par rapport à l’ADN de la marque.
L’IA et la data au service du casting d’influenceurs
La vraie nouveauté en 2025, c’est que cette sélection ne se fait plus « au feeling » :
- analyse automatisée des commentaires pour comprendre les signaux faibles (langage, références, émotions)
- scoring de compatibilité de valeurs via traitement automatique du langage (posts, stories, vidéos)
- détection d’anomalies de croissance (achat de followers, engagement douteux)
Pour les marques françaises, ça change la donne : on passe d’un choix très subjectif (« mes enfants le suivent ») à une décision argumentée, objectivée, bien plus facile à défendre face à une direction financière.
3. « Forever Forward » : quand le territoire créatif rencontre la culture
Le slogan « Forever Forward » résume à lui seul un enjeu majeur : comment raconter le mouvement et la progression d’une façon qui sonne juste pour les jeunes Français.
Traduire une promesse globale sur le marché français
Les enseignes internationales comme JD Sports ont souvent une signature pensée à Londres ou à Manchester, qu’il faut adapter à Paris, Lyon, Marseille, Lille. L’activation locale réussie repose sur :
- des scénarios ancrés dans la réalité française (transports, quartiers, codes scolaires et universitaires)
- une diversité réelle des castings, pas un simple « token »
- des formats adaptés aux plateformes clés : TikTok, Reels, Shorts, Twitch
Un créateur comme Anyme apporte cette couche de vérité : il connaît les codes de sa communauté, ce qui sonne faux, ce qui au contraire crée l’identification instantanée.
Comment une marque peut ancrer sa promesse dans le quotidien
Pour une campagne autour de « Forever Forward », on peut par exemple :
- montrer des moments de progression réelle : entraînement, répétitions, échecs, retours, pas seulement le moment de gloire
- utiliser des formats narratifs : mini-séries, « day in the life », défis évolutifs
- intégrer l’IA comme fil rouge discret : montage dynamique, effets créatifs, personnalisation de certains contenus pour des sous-communautés
La force de ce type de dispositif bien piloté, c’est qu’il rend la marque présente dans les flux sociaux sans casser l’expérience : on a l’impression de suivre l’évolution du créateur, pas de regarder une pub.
4. Transformer une campagne d’influence en levier business : la méthode
Une campagne comme celle de JD Sports n’a de sens que si elle génère des visites, de la considération et des ventes, en ligne et en magasin. Là où beaucoup d’annonceurs se contentent de reach et d’impressions, les plus avancés travaillent comme ceci.
1. Fixer des objectifs chiffrés dès le brief
Avant mĂŞme le casting :
- part de voix à atteindre sur une période (vs concurrents)
- trafic à générer vers site / app / store locator
- taux de conversion cible sur les audiences exposées
- uplift de notoriété ou de préférence mesuré via études post-test
Sans ça, tout le monde se félicite du « beau contenu », mais personne ne sait si la campagne a vraiment servi la marque.
2. Orchestrer le mix influence + média + retail
Les campagnes qui fonctionnent en France en 2025 partagent un point commun : la synergie des canaux.
- Influence organique : contenus natifs sur les comptes du créateur
- Amplification média : Spark Ads, whitelisting, formats sponsorisés depuis le compte du créateur
- Relais owned : site, app, CRM, réseaux sociaux de la marque
- Activation en point de vente : PLV, QR codes vers les contenus, drops exclusifs
Dans le cas de JD Sports, l’objectif est clair : faire le pont entre l’univers social du créateur et les magasins physiques où l’on vient essayer, toucher, vivre la tenue complète.
3. Mesurer ce qui compte vraiment
Les KPI d’une stratégie d’influence moderne ne se limitent plus aux vues :
- taux de complétion des vidéos et répétition d’exposition
- sauvegardes et partages, bien plus corrélés à l’intention d’achat que les likes
- trafic incremental mesuré sur les fenêtres de diffusion
- codes promo ou mécaniques traçables (mais sans transformer le créateur en panneau d’affichage ambulant)
Les agences comme Dat-Way apportent ici une brique essentielle : des dashboards compréhensibles pour le COMEX, où l’on relie contenus, audiences exposées et performances business.
5. Comment une marque française peut s’inspirer de JD Sports
Que vous soyez une enseigne de mode, un acteur du sport, ou plus largement une marque voulant parler aux 15-35 ans en France, ce cas donne une feuille de route assez claire.
Adopter une approche « culture first » plutôt que « format first »
Au lieu de partir de la question « on fait un TikTok ou un Reel ? », la vraie démarche consiste à se demander :
- Quel rĂ´le culturel ma marque peut jouer dans la vie de ma cible ?
- Sur quels territoires légitimes puis-je m’exprimer (sport, musique, gaming, mobilité, études…) ?
- Quels créateurs incarnent déjà ces territoires avec authenticité ?
Une fois ça clarifié, les formats viennent presque naturellement.
S’entourer des bons partenaires (agences, data, créateurs)
Tout le monde n’a pas les moyens de JD Sports, mais on peut reprendre la logique :
- travailler avec une agence d’influence ou culturelle qui comprend réellement les codes des communautés ciblées
- exiger un socle data solide : rapports détaillés sur l’audience des créateurs, historique de performance, signaux réputationnels
- privilégier des collaborations long terme plutôt qu’une succession de one shot avec 20 visages différents
Intégrer l’IA dans la chaîne de valeur… sans perdre l’humain
Dans une campagne comme celle-ci, l’IA peut jouer plusieurs rôles :
- analyse sémantique des commentaires pour affiner les contenus au fil de la diffusion
- optimisation créative : tests de mini-variantes de vidéos pour voir ce qui accroche le mieux
- personnalisation de certains assets pour des segments clés (par région, par sport, par centre d’intérêt)
Mais l’IA reste un outil. Ce qui fait la différence, ce sont :
- l’intelligence culturelle de l’agence
- la créativité du talent
- la vision de la marque sur son rĂ´le dans la vie des jeunes
Conclusion : l’influence n’est plus un gadget, c’est une brique stratégique
L’association Dat-Way x Anyme pour JD Sports France montre bien une chose : l’influence marketing, quand elle est pilotée par la culture et la data, devient un pilier de stratégie de marque, pas juste un poste de « visibilité sociale ».
Les annonceurs français qui tireront leur épingle du jeu en 2026 seront ceux qui :
- choisissent leurs égéries comme on choisit un partenaire stratégique, pas un « post sponsorisé »
- combinent IA, data et intuition humaine pour sécuriser leurs choix
- pensent leurs campagnes comme des histoires à suivre, pas comme des spots déguisés
Si votre marque cible les jeunes Français et que votre présence sociale ressemble encore à un catalogue animé, la question n’est plus « faut-il travailler avec des créateurs ? », mais : avec qui, sur quel territoire culturel, et avec quel niveau d’exigence data ?