Le cas Dat-Way × Anyme × JD Sports montre comment l’influence culturelle, bien castée et structurée, peut devenir un vrai levier business pour les marques retail.
Le marketing d’influence ne se résume plus à « trouver un influenceur connu et lui envoyer un brief ». Les marques qui performent aujourd’hui travaillent comme des castings de cinéma : elles cherchent la bonne personne, pour la bonne histoire, au bon moment.
C’est exactement ce qu’illustre l’association entre Dat-Way, Anyme et JD Sports France autour de la plateforme de marque « Forever Forward ». Derrière l’annonce assez courte de CB News, il y a un vrai sujet pour les pros du marketing et de la communication : comment choisir une égérie crédible, alignée avec sa culture de marque, et transformer ce choix en performance business.
Ce billet décortique ce cas JD Sports et en tire des méthodes concrètes pour les marques françaises, en particulier dans le retail et le e‑commerce, qui veulent structurer leur marketing d’influence plutôt que multiplier les opérations one shot.
1. Ce que raconte l’association Dat-Way × Anyme × JD Sports
La collaboration est simple à résumer : Dat-Way, agence d’activations culturelles, a accompagné JD Sports France pour identifier et sélectionner l’égérie idéale. Cette égérie, le créateur de contenus Anyme, vient incarner l’esprit « Forever Forward », le territoire de marque de JD Sports.
Dit autrement :
- JD Sports veut renforcer sa désirabilité culturelle auprès des jeunes publics français.
- Dat-Way apporte sa lecture des cultures urbaines, de la mode et du sport.
- Anyme apporte sa communauté, son ton, son univers créatif.
Ce cas illustre une tendance forte : les marques ne cherchent plus seulement des « gros comptes » sur TikTok ou Instagram, mais des profils capables de porter une vision. L’algorithme compte, mais la cohérence culturelle compte plus.
Une bonne égérie d’influence n’est pas la personne la plus connue, c’est celle qui rend la promesse de la marque crédible auprès d’un public précis.
2. Pourquoi la « cohérence culturelle » devient un KPI clé
Pour les marques comme JD Sports, qui vivent de l’image, du style et de l’appartenance, la cohérence culturelle n’est plus un bonus ; c’est un KPI.
Du reach brut à la pertinence culturelle
Pendant longtemps, beaucoup de campagnes d’influence se sont jouées sur deux chiffres :
- le nombre d’abonnés,
- et le coût par publication.
Résultat : des opérations visibles, mais peu mémorisées, et souvent assez interchangeables. En 2025, la logique change :
- on cherche des créateurs insérés dans de vraies scènes culturelles (sneakers, gaming, rap, sport, mode, lifestyle, etc.),
- on regarde la façon dont leur communauté réagit (commentaires, partages, usage de codes internes),
- on évalue le fit naturel entre leur ton et la plateforme de marque.
Dans ce contexte, une agence comme Dat-Way, spécialisée dans les activations culturelles, devient un maillon stratégique :
- elle cartographie les communautés et micro‑scènes pertinentes,
- elle identifie les créateurs légitimes dans ces univers,
- elle ajuste le discours pour éviter le fameux « cringe » ou le bad buzz.
Ce que les annonceurs français gagnent à changer de prisme
Passer du reach brut à la cohérence culturelle permet :
- une meilleure mémorisation de la campagne,
- une affinité plus forte entre marque et communauté,
- des conversions plus qualitatives (les gens achètent parce qu’ils y croient, pas juste parce qu’ils ont vu passer un code promo).
Pour un retailer comme JD Sports, qui mise sur la durée avec sa promesse « Forever Forward », cette approche est plus saine que la chasse aux vues à court terme.
3. Comment choisir une égérie d’influence crédible pour sa marque
La question que tous les directeurs marketing se posent : comment faire ce travail de sélection sans se tromper ? Voici une méthode simple, directement inspirée de ce type de campagne.
1) Clarifier le rôle stratégique de l’égérie
Avant même de regarder des profils, il faut répondre à trois questions :
-
Que doit faire l’égérie pour la marque ?
- Booster la notoriété ?
- Travailler l’image ?
- Aider à vendre (lancement produit, opération spéciale, Noël, soldes, rentrée) ?
-
Sur quel territoire d’expression ?
- Sport, streetwear, luxe accessible, high‑tech, culture pop, etc.
-
Sur quelle durée ?
- One shot ? Programme sur 6 mois ? Ambassadeur sur 1 à 2 ans ?
Sans réponse claire, on finit vite avec un profil connu mais mal utilisé.
2) Définir des critères de sélection concrets
Une bonne grille de sélection pour une égérie d’influence en France peut inclure :
- Cohérence avec les valeurs de la marque (ex : diversité, performance, inclusion, créativité, engagement environnemental).
- Alignement stylistique : comment la personne s’habille, se filme, parle.
- Qualité de la communauté :
- % de vrais commentaires vs emojis vides,
- niveau de conversation réelle,
- présence en France / francophonie.
- Historiques de partenariats :
- a‑t‑elle déjà travaillé avec des concurrents ?
- ses contenus sponsorisés sont‑ils crédibles ou désavoués par sa communauté ?
- Capacité créative : produit‑elle des formats originaux (séries, personnages, storytelling) ou du contenu très standard ?
À ce stade, une agence comme Dat-Way joue un rôle de tiers de confiance, capable de poser un regard extérieur, data + culture, sur chaque profil.
3) Co‑construire plutôt que dicter
Les campagnes d’influence qui marchent en 2025 partagent un point commun :
Le créateur n’est pas juste un canal de diffusion, il est co‑auteur de la campagne.
Concrètement :
- on partage à l’égérie la vision de la marque (ici, « Forever Forward » chez JD Sports),
- on explique les contraintes business (produits à mettre en avant, périodes clés, messages non négociables),
- on laisse au créateur la liberté du format et du ton, dans un cadre validé.
Cette co‑construction est plus longue en amont, mais elle évite des retours sans fin et surtout, elle produit des contenus que la communauté perçoit comme « authentiques ».
4. Faire vivre un territoire comme « Forever Forward » grâce à l’influence
Un territoire de marque comme « Forever Forward » n’est pas un slogan à coller en fin de vidéo. C’est une promesse à illustrer dans chaque interaction.
Pour un acteur du sport et du streetwear, cette idée de mouvement permanent peut se traduire de plusieurs manières via l’influence.
Exemples concrets d’activation
Voici quelques types de contenus alignés avec un territoire comme celui de JD Sports :
- Séries de formats courts « avant/après » : progression sportive, évolution de style, transformation de garde‑robe.
- Challenges communautaires : challenges de danse, de freestyle, de tricks ou de looks, avec sélection de gagnants qui rejoignent l’univers de la marque.
- Rencontres avec des talents émergents : jeunes artistes, sportifs ou créateurs racontant leur parcours « en avant ».
- Formats coulisses : comment se construit une collab, un drop de sneakers, une campagne photo.
Si l’on transpose ce raisonnement au cas Anyme × JD Sports : l’objectif n’est pas seulement que l’égérie porte des produits, mais qu’elle raconte des histoires de mouvement, de progression, de dépassement, en accord avec son style habituel.
Quelques bonnes pratiques pour les marques françaises
Pour les enseignes et e‑commerçants français qui préparent leurs plans 2026 :
- Penser « programmes » plutôt que « posts » : une série de contenus cohérents vaut mieux qu’un gros coup isolé.
- Prévoir des rendez‑vous récurrents (hebdo, mensuels) sur TikTok, Instagram ou YouTube.
- Intégrer le retail physique : happenings en magasin, meet & greet, contenus tournés dans les boutiques.
- Mesurer plus finement : au‑delà des vues, suivre la hausse de requêtes marque, le trafic magasin, le panier moyen, la part des produits portés par l’égérie.
5. Comment structurer un dispositif d’influence gagnant en France
L’exemple JD Sports montre un point clé : l’influence performe mieux quand elle est pilotée comme un vrai canal marketing, pas comme un bonus.
Voici un cadre opérationnel que j’utilise souvent avec des équipes marketing.
Étape 1 – Diagnostic
- Où la marque est‑elle déjà légitime culturellement ?
- Où veut‑elle gagner en crédibilité (nouvelle cible, nouvelle catégorie) ?
- Quels créateurs parlent déjà de la marque naturellement (UGC, mentions spontanées) ?
Étape 2 – Stratégie
- Fixer 2 à 3 objectifs clairs : notoriété, considération, drive‑to‑store, recrutement CRM, etc.
- Choisir les plateformes prioritaires en fonction des cibles (TikTok / Snapchat pour les 15‑24, Instagram / YouTube pour les 25‑34, etc.).
- Définir un territoire de narration simple : progression, empowerment, style, performance, humour…
Étape 3 – Casting et contrats
- Shortlister des créateurs de différentes tailles :
- 1 égérie principale,
- 3 à 5 profils mid‑tier,
- un pool de micro‑créateurs locaux ou thématiques.
- Travailler des contrats clairs : durée, exclusivité, livrables, droits d’usage (repost, paid, DOOH, TV, etc.).
Étape 4 – Production & amplification
- Co‑écriture des concepts avec les créateurs.
- Préparation de kits produits et contenus (infos, storytelling, éléments visuels, guidelines simples).
- Amplification média :
- paid social sur les meilleurs contenus,
- intégration sur les assets de la marque (site, app, affichage, magasin).
Étape 5 – Mesure & apprentissages
- KPIs d’engagement : taux de complétion, commentaires détaillés, partages.
- KPIs business : ventes sur une sélection de produits, trafic web et magasin, activation de codes spécifiques.
- Debrief co‑construit avec les créateurs et l’agence : ce qui a fonctionné, ce qui doit évoluer, et comment prolonger.
6. IA, data et culture : le trio qui va dominer le marketing d’influence
Campagne après campagne, on voit se rapprocher trois mondes :
- La data (segmentation, mesure, attribution),
- La culture (lecture des tendances, compréhension des codes),
- L’IA générative (analyse, assistance créative, optimisation).
Pour les équipes marketing et les agences françaises, c’est une opportunité très concrète :
- utiliser l’IA pour analyser à grande échelle les contenus de créateurs, leurs audiences et leurs dynamiques,
- garder la lecture humaine des codes culturels pour éviter les faux pas,
- orchestrer des campagnes où les créateurs deviennent des co‑stratèges, pas seulement des médias.
L’exemple de JD Sports, Dat-Way et Anyme montre le mouvement : on passe d’une logique « placement de produit chez un influenceur » à une logique « activation culturelle pilotée par la donnée ». Ceux qui maîtriseront ce trio en 2026 auront une longueur d’avance.
Et maintenant, que faire de ce type de cas pour votre marque ?
Si vous travaillez dans le retail, le sport, la mode ou le divertissement en France, le message est clair :
- ne vous contentez plus de campagnes ponctuelles d’influence,
- traitez vos égéries et créateurs comme des partenaires culturels,
- structurez votre approche avec une vraie stratégie d’activation culturelle.
La prochaine étape ? Cartographier vos communautés, définir votre propre « Forever Forward », et bâtir un dispositif où les bons créateurs, accompagnés des bonnes agences, font avancer votre marque dans la durée.
Le terrain de jeu est prêt. La question, maintenant, c’est : avec qui voulez‑vous écrire la suite de votre histoire de marque ?