IA, inclusion, jeux sérieux, RV… 12 ressources Édu‑Up pour personnaliser les apprentissages et mieux inclure tous les élèves dans l’école française.
Mis Ă jour le 07/12/2025
IA et Édu-Up : comment l’école française change vraiment
La plupart des enseignants français vivent la même tension : on parle d’intelligence artificielle, d’école inclusive, de personnalisation des apprentissages… et, au quotidien, on se retrouve seul face à une classe hétérogène, avec peu de temps pour tout adapter.
Voici le point souvent oublié : le dispositif Édu‑Up finance déjà des dizaines de ressources très concrètes, gratuites ou peu coûteuses, qui rendent cette personnalisation beaucoup plus accessible. Et en 2024‑2025, un tournant se confirme : l’IA générative, la réalité virtuelle et les outils d’accessibilité entrent au cœur de la classe française, sans renoncer à la liberté pédagogique.
Dans cet article, je vous propose une sélection raisonnée (et non un catalogue indigeste) des ressources les plus utiles pour :
- personnaliser les apprentissages avec l’IA,
- rendre l’école vraiment inclusive,
- motiver les élèves grâce au jeu, aux sciences et aux langues vivantes,
- gagner du temps de préparation tout en gardant la main sur la pédagogie.
L’idée : que vous puissiez, dès la semaine prochaine, tester 1 ou 2 outils sans vous noyer.
1. Personnalisation des apprentissages grâce à l’IA
La personnalisation ne se résume plus à « trois niveaux de fiches ». Plusieurs solutions Édu‑Up s’appuient sur l’IA pour adapter le travail à chaque élève, tout en restant pilotées par l’enseignant.
NihaoChinois : quand la GenAI devient assistante de langues
NihaoChinois part d’un constat simple : le chinois est encore peu enseigné en France et les ressources de qualité manquent. La plateforme utilise l’IA générative pour :
- aider les professeurs à concevoir instantanément des activités personnalisées ;
- proposer des parcours d’apprentissage sur mesure pour chaque élève, en fonction de son niveau, de son rythme et de ses centres d’intérêt ;
- maintenir une sobriété numérique et une expérience fluide, point crucial à l’heure où l’on questionne l’impact écologique du numérique.
Concrètement, un enseignant peut demander à l’outil de générer :
- un dialogue simple adapté à des débutants de Seconde,
- un exercice de compréhension orale ciblé sur un point phonologique,
- des variantes plus complexes pour un petit groupe avancé.
Le tout en conservant la rigueur pédagogique : on ne laisse pas l’IA décider seule, on l’utilise comme un assistant.
Logbook : transformer la correction en véritable suivi individuel
Avec Logbook, l’enseignant corrige à l’oral. Ses commentaires sont :
- enregistrés,
- analysés par l’IA,
- transformés en tableaux de bord de compétences pour chaque élève.
Le bénéfice est double :
- pour l’élève : un feedback détaillé, humain, valorisant, plus clair qu’une série de codes sur la copie ;
- pour l’enseignant : une vision fine des progrès et des lacunes, sans ressaisir les informations.
J’ai vu ce type d’outil changer le rapport à l’erreur : la correction devient un moment d’apprentissage, pas un simple verdict.
Vittascience IA et AlphAI : apprendre l’IA, pas seulement l’utiliser
Deux ressources vont plus loin que la simple « magie de l’IA » : elles apprennent aux élèves ce qu’il y a derrière.
- Vittascience IA propose une interface pour entraîner des modèles, visualiser les zones d’attention, ouvrir la « boîte noire » des réseaux de neurones et programmer en blocs ou en Python.
- AlphAI s’appuie sur un robot physique qui apprend en direct devant les élèves (courses, foot…), pendant que l’interface montre les algorithmes de machine learning.
Pour un projet interdisciplinaire maths–NSI–technologie–EMI, ce sont des ressources idéales pour :
- développer l’esprit critique face aux IA,
- donner du sens aux notions d’algorithme, de données, de réseau de neurones,
- préparer les élèves aux nouveaux programmes autour de l’IA.
2. École inclusive : des outils numériques enfin pensés pour tous
L’inclusion scolaire reste un angle mort de beaucoup de projets numériques. Édu‑Up fait clairement le pari inverse : une grande partie des ressources sont conçues d’abord pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, puis ouvertes à toute la classe.
AccessDoc, Cantoo, DV‑Fabrique : rendre les supports accessibles
Trois exemples très concrets pour le quotidien :
-
AccessDoc : plateforme qui détecte les éléments non accessibles (images sans description, PDF scanné, formules non lisibles) et propose des corrections automatiques :
- OCR,
- description automatique d’images,
- transcription de formules en LaTeX,
- éditeur intégré.
Pour un prof qui passe ses soirées à adapter des polycopiés pour un élève malvoyant, c’est un gain de temps colossal.
-
Cantoo Scribe et Cantoo Exams :
- Scribe : une boîte à outils de compensation (synthèse vocale, reconnaissance vocale, adaptation des textes, schémas, cartes mentales…).
- Exams : une solution sécurisée pour que les élèves bénéficiant d’aménagements puissent passer leurs évaluations dans un cadre réglementaire, sans être avantagés ni pénalisés.
-
DV‑Fabrique : une plateforme de création de cartes, schémas, cartes mentales, avec des fonctionnalités pensées pour les élèves déficients visuels ou DYS.
La réalité, c’est que ces outils ne profitent pas seulement aux élèves à besoins particuliers. Ils améliorent l’accessibilité pour toute la classe (polices lisibles, structuration, audio…), ce qui est exactement l’esprit de l’école inclusive.
Ressources ciblées TND, DYS, TSA… mais utiles à tous
Plusieurs projets visent des publics très spécifiques, tout en proposant des scénarios transférables :
- Ben le Koala et Ben le Koala 2 : apprentissages du quotidien, compétences psychosociales, santé et bien‑être pour les 2–6 ans, conçus avec des acteurs de l’autisme.
- Orthonémo : aide à la mémorisation de l’orthographe lexicale par indiçage visuel, très utile en cas de dyslexie… et redoutablement efficace pour tous les élèves en difficulté d’orthographe.
- Dédys et les Fantastiques Exercices Mathématiques (Cartable Fantastique) : remédiation et banque d’exercices adaptés aux dyspraxiques ou aux élèves avec troubles moteurs/visuels.
- Ridisi, Corneille, Lescalire, Story Play’R : quatre approches complémentaires pour l’apprentissage de la lecture (pictogrammes, syllabique, paramétrage fin, outils de compensation).
L’astuce, côté enseignant, consiste à :
- intégrer ces ressources dans les routines de classe (atelier lecture, remédiation, travail autonome) ;
- éviter l’« étiquette » : proposer ces outils à tous, puis accompagner plus fortement ceux qui en ont besoin.
Inclusion au collège et au lycée professionnel
Pour les élèves plus grands, plusieurs ressources articulent inclusion et orientation :
- ExoPro : application inclusive pour les 12–18 ans en voie pro ou en réflexion d’orientation, avec un focus TND et difficultés scolaires.
- La boussole de l’inclusion (Inclusive) : plateforme d’auto‑formation pour les enseignants, avec entrées par troubles (dyslexie, TDAH, HPI…) mais aussi par situations (harcèlement, deuil, élèves allophones…).
- KidsCoding : parcours de robotique et programmation pensés pour inclure les élèves DYS, TSA et autres besoins particuliers.
Dans le contexte actuel de réforme du lycée pro et de montée des préoccupations autour de la santé mentale, ces ressources ne sont plus accessoires, elles sont stratégiques.
3. Jeux sérieux, RV, RA : motiver et orienter autrement
Les élèves français jouent des heures chaque semaine. Plutôt que d’opposer jeu vidéo et apprentissage, plusieurs projets Édu‑Up s’en servent comme moteur de motivation.
Archipel Évolution & Mathena : réconcilier les élèves avec les maths
Deux ressources complémentaires :
-
Archipel Évolution (cycle 3) : jeu vidéo où l’on développe et personnalise une île en résolvant des énigmes mathématiques. Objectifs :
- restaurer la confiance des élèves qui se sentent « nuls en maths »,
- s’appuyer sur les codes du jeu vidéo pour accepter l’essai-erreur,
- proposer une progression différenciée, avec options d’accessibilité (vocalisation notamment).
-
Mathena (CP au CM2) : web app de calcul et résolution de problèmes, avec un parcours personnalisé et un système de ceintures (blanche à noire). L’enseignant suit les progrès en temps réel.
Ces deux outils répondent à un enjeu très clair : redonner du plaisir à faire des maths, sans perdre l’exigence du programme.
Jexplore, Virtual Stone, SIM’Agora : immersion pour l’orientation et la citoyenneté
Trois types d’immersions, trois usages :
-
Jexplore : plus de 100 expériences métiers en réalité virtuelle dans 30 secteurs. Idéal pour des séquences d’orientation :
- découverte des métiers en tension ou peu connus,
- ateliers en classe avec cahier d’activités et livret enseignant,
- fiches métiers, jeux, quiz.
-
Virtual Stone (et plus largement les solutions MIMBUS) : simulateurs en RV pour les gestes professionnels (taille de pierre, BTP, habilitations électriques…). Très utiles pour les lycées pros qui n’ont pas toujours les plateaux techniques complets.
-
SIM’Agora : jeu de simulation parlementaire pour travailler :
- compréhension des institutions,
- négociation politique,
- enjeux environnementaux,
- art oratoire.
Pour un projet autour de la Journée de l’Europe, du Printemps de l’orientation ou de la Semaine de la démocratie scolaire, SIM’Agora offre une structure clé en main.
Foxar et la RA : manipuler des concepts abstraits
Foxar mise sur la réalité augmentée pour rendre visibles des notions difficiles (sciences, mathématiques, technologie) : maquettes 3D, animations, manipulation virtuelle.
Dans une séquence sur :
- la structure de la Terre,
- les molécules,
- les solides de l’espace,
la RA permet aux élèves de « tourner autour » de l’objet, de zoomer, de le démonter virtuellement. Cela change radicalement la compréhension, notamment pour les profils visuo‑spatiaux.
4. Langues vivantes, culture et compétences sociales
La personnalisation ne concerne pas que les savoirs « durs ». Les langues, la culture et les compétences psychosociales sont au cœur de nombreux projets Édu‑Up.
Beegup et autres ressources pour les langues
Beegup revient plusieurs fois dans l’historique d’Édu‑Up, signe que la solution s’affine :
- plateforme conversationnelle sécurisée pour des correspondances audio / texte / vidéo,
- revue de presse internationale avec articles vidéo authentiques,
- scénarios de travail en groupes (classes européennes, EPI, projets eTwinning…),
- accès via le GAR.
Pour des élèves de collège / lycée qui n’osent pas prendre la parole en langue étrangère, le fait de pouvoir s’exercer dans un cadre sécurisé, en petits groupes, change la donne.
Musique, arts et culture : des leviers souvent sous‑exploit
Plusieurs ressources permettent de travailler les compétences artistiques et l’écoute active :
- Meludia, Music’S’Cool, CoMo‑Vox, EIC, Sonic Solveig : découverte du langage musical, direction de chœur, œuvres contemporaines, jeux musicaux.
- Nanouk et Ersilia : éducation à l’image, analyse critique, EMI, avec espaces enseignants / classe / famille.
Insérer ces outils dans un projet EAC (éducation artistique et culturelle) ou un parcours d’éducation aux médias est une façon efficace de :
- renforcer le lien école‑famille,
- travailler l’esprit critique,
- valoriser des élèves qui ne se reconnaissent pas dans les disciplines académiques classiques.
Empathic, Zamizen, Ben le Koala : compétences psychosociales
Face à la montée du harcèlement et des tensions dans les établissements, ces ressources deviennent centrales :
- Empathic : programme clé en main pour développer l’empathie au cycle 3 (corps, perceptions, pensée) à partir de mises en situation et d’extraits de films.
- Zamizen : application pour travailler attention, émotions, climat de classe, avec des parcours personnalisables et un lien école–maison.
- Ben le Koala 2 : renforcement des compétences psychosociales et de la santé‑bien‑être dès la maternelle.
Ce sont des bases solides pour une politique de prévention du harcèlement qui ne se limite pas à une seule journée symbolique.
Comment s’y retrouver… et par où commencer ?
Face à la richesse de l’offre Édu‑Up, le risque est réel : vouloir tout tester, et finalement ne rien ancrer. La stratégie la plus efficace que j’ai observée dans les établissements, c’est celle‑ci :
- Choisir un axe prioritaire sur l’année : inclusion, maths, orientation, IA, climat de classe…
- Identifier 1 à 3 ressources Édu‑Up en lien direct avec cet axe.
- Construire un mini‑projet réaliste :
- 3 à 6 séances,
- un ou deux niveaux de classe,
- un critère de succès simple (motivation, résultats, autonomie, climat…).
- Documenter ce qui fonctionne (ou non) pour partager avec l’équipe.
Le dispositif Édu‑Up a une vraie force :
Les ressources sont pensées pour respecter la liberté pédagogique, tout en soutenant la continuité et l’inclusion.
Autrement dit, il ne s’agit pas de plaquer un « modèle unique » d’école numérique, mais de donner des briques que chaque équipe peut assembler selon son projet.
En 2025‑2026, avec la généralisation des usages d’IA en éducation et la pression croissante sur l’école inclusive, les établissements qui s’emparent tôt de ces ressources auront une longueur d’avance, tant pour le confort de travail des enseignants que pour la réussite de leurs élèves.
Vous voulez aller plus loin ? La prochaine étape logique consiste à cartographier, dans votre établissement, les besoins prioritaires (lecture, maths, inclusion, orientation, IA…) et à associer à chacun 1 ou 2 ressources Édu‑Up pertinentes. Ce simple travail de mise en correspondance suffit souvent à lancer une dynamique d’équipe.
La transformation de l’éducation française par l’IA et le numérique ne se fait pas à coups de slogans, mais par ces choix très concrets, au niveau de la classe. Et vous pouvez en initier un dès maintenant.