Pourquoi Hexa mise sur San Francisco pour l’IA retail

Intelligence Artificielle dans l'Industrie Agroalimentaire••By 3L3C

Hexa ouvre une maison à San Francisco pour ses startups IA. Ce choix éclaire la nouvelle façon d’innover dans le retail français avec l’intelligence artificielle.

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Une maison à San Francisco… et un signal fort pour l’IA

Fin 2025, Hexa a fait un choix radical : louer une maison entière à San Francisco pour y immerger ses fondateurs d’entreprises AI-first. Huit chambres, un jardin, un quartier vivant (Cole Valley), à deux pas du Golden Gate Park. Sur le papier, c’est une simple maison. Stratégiquement, c’est bien plus que ça.

Ce geste envoie un message clair aux entrepreneurs, aux investisseurs et aux retailers français : le cœur de l’IA se trouve aujourd’hui dans la Bay Area, et ceux qui veulent jouer un rôle dans l’IA – notamment dans le commerce de détail – doivent apprendre à travailler avec cet écosystème, pas à côté.

Pour un décideur retail, ce n’est pas qu’une histoire de startup studio. C’est un révélateur : les acteurs sérieux de l’IA construisent désormais des ponts permanents entre l’Europe et San Francisco. Et cela change la façon d’innover, de recruter, de tester des produits et de structurer ses futurs projets IA.

Hexa House : un modèle d’immersion totale pour projets IA

L’objectif d’Hexa avec Hexa House est simple : créer un environnement sans distraction pour un “dernier sprint” sur 3 mois pour les fondateurs de son programme Start.

L’idée est de retirer toutes les contraintes logistiques et personnelles, pour ne laisser qu’une seule priorité : faire avancer le produit IA et l’entreprise.

Pourquoi cette immersion est particulièrement adaptée à l’IA

L’IA, surtout dans le retail, se construit dans une course contre la montre :

  • les modèles progressent très vite,
  • les cas d’usage se standardisent en quelques mois,
  • les attentes clients montent Ă  vue d’œil.

Une immersion de 3 mois dans un écosystème comme San Francisco permet :

  • d’ajuster le produit en temps rĂ©el en observant ce que font les leaders de l’IA,
  • de recruter ou tester des profils rares (machine learning, ML ops, AI product managers),
  • de confronter sa vision au marchĂ© US, souvent en avance sur les usages IA, notamment dans le e-commerce, la logistique et l’expĂ©rience client.

Pour un acteur retail français qui réfléchit à son propre programme d’innovation IA, le message est limpide :

Il ne suffit plus d’organiser des POC IA en interne. Il faut créer des bulles d’exécution intenses, connectées aux meilleurs écosystèmes mondiaux.

San Francisco, épicentre de l’IA… et laboratoire pour le retail

Hexa n’a pas choisi San Francisco par nostalgie de la “ruée vers l’or” du SaaS. Les fondateurs le disent : il se passe aujourd’hui avec l’IA quelque chose d’encore plus massif.

Une densité de talents impossible à reproduire à distance

San Francisco concentre :

  • des chercheurs IA de haut niveau,
  • des ingĂ©nieurs qui ont dĂ©jĂ  expĂ©diĂ© des produits IA Ă  grande Ă©chelle,
  • des investisseurs qui comprennent les modèles Ă©conomiques liĂ©s aux modèles de langage,
  • une communautĂ© europĂ©enne dĂ©jĂ  prĂ©sente, qui sert de relais aux fondateurs français.

Pour le retail, cela se traduit très concrètement par :

  • des solutions de recommandation produits plus fines,
  • des outils de merchandising automatisĂ©,
  • des moteurs de pricing dynamique capables d’intĂ©grer stocks, concurrence, saisonnalitĂ©,
  • des assistants IA pour les Ă©quipes en magasin et les services client.

Un directeur innovation d’une enseigne française qui passe quelques semaines sur place voit en quelques jours ce que beaucoup ne comprennent qu’en plusieurs années : quels outils sont déjà mûrs, lesquels sont surévalués, qui sont les bons partenaires technologiques… et où il est encore temps d’innover.

Pourquoi les entrepreneurs IA européens migrent vers la Bay Area

Hexa constate une tendance très nette : ce qui n’était qu’un mouvement ponctuel est devenu une migration européenne large vers San Francisco. Des startups comme Front, Basalt, Tandem, Rose ou Dialog ont choisi un modèle “Paris + San Francisco” pour profiter du meilleur des deux mondes.

Pour un retailer français, cette migration n’est pas anecdotique :

  • les futures technologies structurantes pour le commerce seront souvent conçues ou finalisĂ©es dans la Bay Area ;
  • les partenariats stratĂ©giques (intĂ©grations, co-dĂ©veloppements, exclusivitĂ©s sectorielles) se nĂ©gocient lĂ -bas ;
  • les standards UX des services IA (chatbots, moteurs de recherche produits, personnalisation) se dessinent sur ce marchĂ©.

Ignorer cet écosystème, c’est accepter de subir, dans 2 à 3 ans, des standards fixés ailleurs.

Ce que les retailers français peuvent apprendre du modèle Hexa

Le modèle Hexa House n’est pas réservé aux startup studios. Un groupe retail, une DNVB ou une chaîne de magasins peuvent s’en inspirer pour leurs programmes IA internes.

1. Créer des “maisons de l’IA” : version corporate

Pour un retailer, une “maison IA” ne doit pas forcément être à San Francisco. Elle peut être :

  • un appartement ou un petit immeuble Ă  Paris, Lyon ou Lille,
  • un espace dĂ©diĂ© dans un entrepĂ´t ou au-dessus d’un flagship store,
  • un lieu partagĂ© avec un partenaire technologique.

L’essentiel est de poser quelques règles claires :

  • sĂ©jours limitĂ©s dans le temps (4 Ă  12 semaines),
  • Ă©quipe pluridisciplinaire : data, magasin, e-commerce, supply, finance,
  • un objectif business concret : rĂ©duire le taux de rupture, augmenter le panier moyen, amĂ©liorer la prĂ©cision des prĂ©visions, etc.,
  • des rituels hebdomadaires avec des utilisateurs finaux (directeurs de magasin, vendeurs, clients pilotes).

2. Organiser des sprints IA connectés à l’écosystème mondial

Le vrai intérêt du modèle Hexa n’est pas que géographique, il est relationnel : la maison San Francisco est conçue comme un nœud dans un réseau très dense.

Un retailer peut reproduire cette logique en :

  • invitant des startups IA (françaises et internationales) Ă  co-travailler sur place quelques jours ;
  • organisant des “demo days IA retail” rĂ©guliers pour tester des solutions sur des cas rĂ©els ;
  • connectant ces sprints Ă  des hubs internationaux (San Francisco, Londres, Tel Aviv, Berlin) via des partenariats, des rĂ©sidences croisĂ©es ou des programmes de co-innovation.

3. Proposer une alternative crédible aux géants US… en s’alliant avec eux intelligemment

Hexa le dit ouvertement : l’ambition est de proposer une alternative à Y Combinator, version européenne. Pour les retailers, l’enjeu est similaire :

  • rester maĂ®tre de la relation client,
  • Ă©viter de dĂ©pendre exclusivement des plateformes US pour l’IA (grands modèles, marketplaces technos),
  • tout en sachant très bien que ces plateformes resteront des partenaires incontournables.

Une stratégie qui fonctionne bien consiste à :

  1. standardiser les cas simples via les grands acteurs (traduction de fiches produits, génération automatique de visuels, FAQ IA),
  2. réserver les ressources les plus proches du terrain (équipe data interne, partenaires locaux) aux cas à forte valeur différenciante :
    • expĂ©rience en magasin,
    • fidĂ©lisation,
    • omnicanalitĂ©,
    • optimisation de l’assortiment.

Comment un retailer peut concrètement profiter de ce mouvement

Même sans envoyer une équipe vivre à Cole Valley, un acteur du commerce de détail français peut tirer profit de ce que raconte l’initiative d’Hexa.

Étape 1 : cartographier les cas d’usage IA retail prioritaires

Avant de rêver de maison à San Francisco, il faut répondre à une question simple : où l’IA peut-elle créer de la valeur dans votre activité, dès 2026 ?

Les cas fréquents que je vois chez les retailers :

  • PrĂ©vision de la demande plus fine par magasin et par jour ;
  • Optimisation des stocks et des commandes fournisseurs ;
  • Personnalisation des offres sur le site, l’app et en magasin ;
  • Assistance IA pour les vendeurs (produits alternatifs, arguments de vente, vĂ©rification de compatibilitĂ©) ;
  • Automatisation d’une partie du service client sans dĂ©grader la satisfaction.

Une fois la cartographie esquissée, vous pouvez décider :

  • ce qui doit ĂŞtre testĂ© en interne,
  • ce qui doit ĂŞtre co-construit avec des startups IA (potentiellement issues d’Hexa ou d’autres programmes),
  • ce qui peut s’acheter “clĂ© en main”.

Étape 2 : identifier les bons partenaires IA (en France… et dans la Bay Area)

L’ouverture de Hexa House signifie concrètement qu’une partie des startups IA européennes pertinentes pour le retail passeront tôt ou tard par San Francisco.

Pour un retailer, cela donne trois pistes :

  • suivre les portefeuilles des startup studios et fonds qui ont un pied dans la Bay Area ;
  • inviter rĂ©gulièrement ces startups Ă  prĂ©senter leurs solutions Ă  vos Ă©quipes mĂ©tier ;
  • tester rapidement, sur un ou deux magasins ou une catĂ©gorie de produits, plutĂ´t que passer 18 mois en Ă©tudes prĂ©alables.

Étape 3 : construire des ponts humains, pas seulement technologiques

Une erreur fréquente des grandes enseignes : tout miser sur la techno, et oublier les gens. L’initiative d’Hexa rappelle le contraire : on envoie des personnes, pas seulement des licences logicielles.

Pour un retailer, cela peut prendre la forme de :

  • rotations de collaborateurs (chef de rayon, responsable merchandising, data analyst) sur des projets IA ;
  • missions de 2 Ă  3 mois dans un hub innovation (San Francisco, mais aussi Bruxelles, Paris, Barcelone) ;
  • communautĂ©s internes IA oĂą les Ă©quipes magasin peuvent partager leurs retours terrain sur les outils dĂ©ployĂ©s.

Le résultat, quand c’est bien fait : des projets IA qui tiennent dans le temps, parce que les équipes métier se les sont appropriés.

Pourquoi cette stratégie compte pour les années à venir

Hexa n’a pas acheté une maison pour le plaisir d’avoir une adresse de plus. Le startup studio est en train de poser les premières briques d’un réseau physique dédié à l’IA, avec San Francisco comme premier point d’ancrage. D’autres lieux suivront peut-être.

Pour les entreprises françaises, notamment dans le commerce de détail, le message est clair :

  • l’IA ne se pilote plus uniquement depuis un siège social,
  • les programmes sĂ©rieux combinent temps long (12 mois de construction de produit) et moments d’accĂ©lĂ©ration extrĂŞme (3 mois d’immersion),
  • les ponts entre Europe et Bay Area deviennent un avantage compĂ©titif, pas un “nice to have”.

La question n’est plus : “Faut-il s’intéresser à l’écosystème IA de San Francisco ?” mais plutôt :

Comment mon entreprise va-t-elle, concrètement, se connecter à ces hubs mondiaux de l’IA et en faire un levier de croissance pour mon commerce ?

Ceux qui prendront cette question au sérieux dès 2026 auront une longueur d’avance, que ce soit pour créer leurs propres solutions IA retail ou pour choisir les bons partenaires… dont certains sortiront peut-être justement de cette maison d’Hexa à San Francisco.