Le GEO ne remplace pas le SEO : il l’étend. Voici comment structurer vos contenus pour être compris, cité et crédible aux yeux des IA tout en gardant votre trafic.
GEO et SEO : comment préparer vos contenus à l’IA
En 2025, certains sites médias ont perdu jusqu’à 30 % de trafic informationnel après le déploiement d’AI Overview dans Google hors de France. Ce n’est pas une micro-tendance : c’est un déplacement massif de l’attention vers les moteurs conversationnels basés sur l’IA.
Voici le point clé : un bon GEO (Generative Engine Optimization) repose d’abord sur un SEO solide. Malik Ben Thaier, stratège Search, le résume très bien : « Un bon GEO, c’est un SEO optimisé. » Tant que les marques continuent à traiter l’IA comme un gadget et non comme un nouveau canal de visibilité, elles laissent le terrain aux concurrents.
Ce billet vous montre comment passer d’une simple logique de positionnement sur Google à une logique de présence dans les réponses des LLM (ChatGPT, moteurs IA, assistants vocaux…) sans sacrifier votre trafic organique.
GEO vs SEO : ce qui change vraiment pour les marques
Le SEO organise la visibilité des pages dans un classement. Le GEO organise la visibilité des idées dans une conversation. C’est ce basculement qui bouscule silencieusement le marketing digital français.
Aujourd’hui, le parcours type commence à ressembler à ceci :
- l’utilisateur pose une question à une IA (ChatGPT, copilots, moteurs IA),
- obtient une réponse structurée et argumentée,
- utilise Google en second recours pour vérifier ou aller plus loin.
En France, ChatGPT représente déjà environ 80 % de part de marché des usages d’IA grand public, avec près de 700 millions d’utilisateurs actifs en juillet 2025, nombre doublé en six mois. La bascule d’usage est claire : on demande d’abord à l’IA, on vérifie ensuite sur Google.
Pour les marques, ça change deux choses :
- Elles ne se battent plus seulement pour un clic, mais pour une citation dans une réponse générée.
- Leur enjeu n’est plus uniquement le trafic, mais la notoriété, la crédibilité et le statut d’expert aux yeux des modèles.
Pourquoi le SEO reste prioritaire (et conditionne votre GEO)
Malgré le bruit autour de l’IA, le SEO reste de loin la première source de trafic organique.
Aujourd’hui :
- Google n’a perdu qu’environ 1 à 2 % de trafic global,
- les IA représentent moins de 1 % du trafic de la plupart des sites,
- Google et YouTube cumulent encore plus d’un milliard de recherches mensuelles.
La tentation serait de lancer des « chantiers GEO » déconnectés du SEO. Mauvaise idée. La réalité est beaucoup plus pragmatique :
Sans bases SEO propres, votre GEO sera quasi inexistant.
Les LLM s’entraînent et se mettent à jour à partir :
- des contenus déjà bien positionnés,
- des pages reconnues comme fiables,
- des signaux d’autorité, de cohérence et de régularité.
Autrement dit, l’IA valide ce que le SEO a déjà sélectionné. D’où cette logique raisonnable :
- consolider le SEO (structure, contenu, maillage, performance technique) ;
- enrichir et structurer ces mêmes contenus pour qu’ils soient IA-friendly ;
- progressivement, capter notoriété et citations dans les réponses générées.
Le GEO ne remplace pas le SEO. Il l’étend.
GEO : comment « parler aux machines » avec vos contenus
Un moteur de recherche classique indexe des pages. Un LLM décompose, comprend et réécrit des idées. Pour être cité, il faut lui mâcher ce travail.
Structurer vos contenus en « chunks » exploitables
Les modèles de type LLM ne lisent pas un article comme un humain. Ils :
- le segmentent en petits blocs,
- détectent les idées principales,
- évaluent les preuves et la cohérence,
- recomposent une réponse.
Votre objectif : transformer chaque paragraphe en bloc d’information autonome et clair.
Quelques règles simples :
- 1 paragraphe = 1 idée clairement exprimée.
- Un sous-titre par question implicite :
- « Comment choisir… »
- « Pourquoi… »
- « Quelles étapes… »
- Des formulations directes en début de section :
- « Pour réussir X, il faut… »
- « La bonne méthode consiste à … »
Ce style « answer first » est exactement ce que les moteurs génératifs recherchent pour formuler des réponses courtes et nettes.
Ajouter des preuves, pas du blabla
Un contenu GEO performant n’est jamais purement déclaratif. Malik Ben Thaier le rappelle :
« Sans données factuelles, sans statistiques, sans preuves, sans expertise externe, sans sémantique lisible, sans optimisation technique, il n’y a pas de bon GEO. »
Concrètement, vos pages doivent intégrer :
- données chiffrées (dates, pourcentages, ordres de grandeur) ;
- exemples précis (marques, cas d’usage, secteurs) ;
- citations d’experts ou de responsables métiers ;
- définitions opérationnelles : une phrase qui peut être copiée-collée dans une réponse IA ;
- vocabulaire métier cohérent (sémantique claire sur votre thématique).
Les modèles IA adorent les phrases comme :
- « Le GEO, ou Generative Engine Optimization, est la pratique qui consiste à structurer et enrichir les contenus pour qu’ils soient repris dans les réponses des modèles de langage. »
Ce type de formulation est parfaitement réutilisable en snippet dans une réponse.
Travailler votre positionnement d’expert
L’enjeu du GEO n’est pas de récupérer du trafic direct depuis ChatGPT. Pour l’instant, ce volume est anecdotique. L’enjeu est plus stratégique :
- que votre marque devienne la référence citée par les IA sur vos sujets clés ;
- que votre nom soit associé à une catégorie :
- Lapeyre → spécialiste de l’aménagement de la maison ;
- Loxam → spécialiste de la location de matériel pour le BTP ;
- que cette reconnaissance se traduise ensuite en :
- requĂŞtes de marque,
- demandes de devis,
- invitations Ă intervenir,
- influence sur les appels d’offres.
Les LLM doivent, en quelque sorte, valider officiellement votre notoriété.
5 chantiers concrets pour rendre vos contenus « IA friendly »
Passons au pratico-pratique. Voici une feuille de route GEO réaliste pour un service marketing ou communication en France sur 6 à 12 mois.
1. Cartographier vos sujets d’autorité
Commencez par répondre à cette question : sur quels thèmes acceptez-vous d’être vraiment attendus ? Pas sur tout, mais sur :
- 3 à 5 sujets business stratégiques,
- alignés avec vos offres fortes et votre marge,
- où vous avez déjà des preuves (clients, cas, experts internes).
Listez ensuite :
- les questions clients récurrentes,
- les requĂŞtes SEO existantes,
- les questions que vous voyez remonter dans les outils de suggestion (type FAQ internes, support, commerciaux).
2. Réécrire vos contenus clés en mode « chunks »
Prenez vos 10 à 20 pages les plus importantes (guides, pages piliers, études) et :
- ajoutez des H2/H3 qui posent explicitement des questions ;
- réorganisez les paragraphes pour respecter le « 1 paragraphe = 1 idée » ;
- introduisez chaque section par la réponse courte, détaillée ensuite ;
- insérez des encadrés de synthèse en une ou deux phrases, facilement citables.
Cette seule étape peut déjà suffire à rendre vos contenus beaucoup plus lisibles pour les modèles.
3. Injecter chiffres, exemples et preuves
Pour chaque page prioritaire, fixez un objectif minimal :
- au moins 3 à 5 données chiffrées pertinentes et sourcées ;
- au moins 2 exemples concrets français ou européens ;
- une citation interne d’expert (DSI, CMO, directeur e-commerce…).
Vous envoyez ainsi un signal : « Ce contenu n’est pas une opinion vague, c’est un point de vue argumenté. »
4. Soigner la couche technique SEO… pour l’IA aussi
Les « bots IA » partent souvent des mêmes signaux que les crawlers classiques. Vérifiez donc :
- balises title et H1 claires et alignées avec vos sujets d’autorité ;
- données structurées quand c’est pertinent (FAQ, Produit, Article) ;
- maillage interne vers vos pages piliers sur vos thématiques GEO ;
- performance technique correcte (chargement, mobile, accessibilité).
Là encore, le GEO ne vit pas séparé de la technique : les modèles privilégient le contenu déjà bien compris par le moteur de recherche.
5. Mettre l’IA dans vos process éditoriaux
Dernier chantier, souvent oublié : intégrer l’IA générative comme outil de contrôle qualité, pas comme rédacteur automatique.
Par exemple :
- demander à un modèle de reformuler votre article sous forme de FAQ ;
- lui demander : « Quelles sont les 3 idées principales de ce texte ? » ;
- vérifier si la sortie correspond bien à ce que vous vouliez transmettre.
Si l’IA comprend mal, les autres IA comprendront mal aussi. C’est un excellent test GEO.
GEO, IA et médias : de la dépendance à Google au rôle d’ambassadeur
Les premiers à ressentir la secousse GEO ont été les médias : baisse de trafic, baisse d’impressions pub, rééquilibrage forcé de leur modèle. Mais dans ce bouleversement se cache une opportunité intéressante pour tout l’écosystème communication.
Les médias peuvent :
- devenir des relais d’autorité pour les marques dans les réponses IA ;
- publier des contenus co-signés, tribunes, études,
- que les modèles vont citer comme sources fiables.
Pour une marque française, s’appuyer sur ces médias pour :
- asseoir son expertise,
- multiplier les citations cohérentes,
- et renforcer son écosystème de preuves,
est une stratégie bien plus durable que d’espérer « hacker » un modèle de langage.
On passe d’une dépendance à Google News et à la régie pub à un rôle de co-constructeur de la réputation des marques dans les moteurs génératifs.
Et maintenant, que faire en 2026 ?
La part de trafic direct issue des IA est encore faible, mais la bataille de l’attention, elle, est déjà engagée. Les premières marques citées systématiquement par les LLM prendront une longueur d’avance durable.
La feuille de route réaliste :
- Sécuriser et renforcer votre SEO sur vos sujets métiers clés.
- Repenser la structure de vos contenus pour qu’ils soient compréhensibles par les IA.
- Injecter des preuves : chiffres, cas clients, expertises internes.
- Travailler votre écosystème d’autorité avec les médias et partenaires.
- Tester vos contenus avec l’IA pour voir comment ils sont interprétés.
Le GEO n’est pas un buzzword de plus. C’est simplement la continuité logique du SEO dans un monde où la recherche passe par le dialogue. Les marques qui l’auront compris les premières seront celles qui, demain, verront les IA expliquer aux consommateurs : « Pour ce besoin, les spécialistes en France sont… » — et citer leur nom.
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