GEO et IA générative : comment préparer l’après-SEO

Intelligence Artificielle dans l'Industrie Agroalimentaire••By 3L3C

Le GEO ne remplace pas le SEO, il l’étend à l’IA générative. Voici une feuille de route concrète pour rendre votre marque visible dans les réponses de ChatGPT, Gemini ou Perplexity.

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GEO et IA générative : comment préparer l’après-SEO

En France, plus de 24 millions de personnes utilisent déjà l’IA générative. Chez les 18-35 ans, l’usage a été multiplié par trois en un an. Pendant que vous lisez ces lignes, une partie de vos clients posent déjà leurs questions à ChatGPT, Perplexity ou Gemini au lieu d’ouvrir Google.

Voici le vrai sujet : quand ces outils recommandent un produit ou une marque… la vôtre apparaît-elle dans la réponse ? C’est exactement ce que vise le GEO – Generative Engine Optimization.

Le terme est récent, la panique beaucoup moins. Les DG appellent leurs agences, les éditeurs français sortent des offres GEO à la chaîne, les outils fleurissent. Et au milieu, une question très simple : que doit faire concrètement un responsable marketing ou communication en 2025-2026 pour ne pas rater ce virage de l’IA dans le search ?

Voici une lecture claire, pratique et sans jargon inutile pour :

  • comprendre ce qu’est vraiment le GEO (sans le buzz) ;
  • savoir ce qui change – et ce qui ne change pas – par rapport au SEO ;
  • poser une feuille de route rĂ©aliste pour les 12 prochains mois ;
  • prĂ©parer la suite : GEA, GEM, commerce agentique et « zero-click sales ».

1. GEO : ce qui change vraiment pour le search

Le GEO, Generative Engine Optimization, consiste à optimiser sa marque pour être citée, recommandée ou intégrée dans les réponses des IA génératives (LLM) : ChatGPT, Perplexity, Gemini, moteurs IA des navigateurs, assistants vocaux, etc.

La bascule est simple à résumer :

Avec le SEO, on optimisait pour être cliqué. Avec le GEO, on optimise pour être mentionné dans une réponse.

De Google à ChatGPT : un nouveau réflexe utilisateur

On le voit déjà dans les usages en France :

  • pour une recherche complexe (« meilleur logiciel CRM pour PME B2B en France »), beaucoup passent dĂ©sormais par un LLM ;
  • pour prĂ©parer un achat, certains demandent directement : « quels sont les meilleurs pneus hiver pour une Clio en ĂŽle-de-France » ;
  • pour du B2B, les requĂŞtes deviennent : « quelles sont les meilleures agences SEO en France pour l’e-commerce ».

Dans tous ces cas, l’IA ne renvoie pas dix liens bleus mais une synthèse, souvent avec 3 à 5 marques citées. Vous êtes dedans… ou invisible.

GEO, AEO, GSO, LLMO… pourquoi tant d’acronymes ?

Tous ces termes pointent vers la même réalité :

  • GEO : Generative Engine Optimization ;
  • AEO : Answer Engine Optimization ;
  • GSO / LLMO / GAIO : variantes autour de l’optimisation pour moteurs et IA gĂ©nĂ©ratives.

En France, le terme qui s’impose est GEO. L’important n’est pas le sigle, mais cette idée clé :

Les IA génératives deviennent un nouvel intermédiaire entre l’internaute et la marque. Et elles choisissent leurs « chouchous ».


2. GEO vs SEO : continuité, pas rupture

La bonne nouvelle ? Un bon GEO repose d’abord sur un bon SEO. La plupart des experts estiment que 60 à 80 % des actions SEO restent utiles pour le GEO.

Ce que le SEO apporte déjà au GEO

Trois piliers restent fondamentaux :

  1. Technique

    • site rapide, propre, accessible ;
    • structure claire (H1, H2, balisage, donnĂ©es structurĂ©es) ;
    • pages facilement « comprĂ©hensibles » par une machine.
  2. Contenu

    • profondeur Ă©ditoriale sur vos sujets clĂ©s ;
    • rĂ©ponses claires aux questions des utilisateurs ;
    • cohĂ©rence sĂ©mantique sur un univers prĂ©cis.
  3. Autorité

    • notoriĂ©tĂ© de la marque ;
    • mentions sur des sites d’autoritĂ© ;
    • signaux de confiance (avis, presse, Ă©tudes, etc.).

Là où ça bouge fort, c’est la façon dont l’autorité est évaluée.

LĂ  oĂą GEO casse les habitudes SEO

En SEO classique, la popularité passe beaucoup par le netlinking : nombre et qualité des liens vers votre site. Pour un LLM, ce qui compte, ce sont plutôt :

  • les citations de votre marque dans des contenus textuels ;
  • la cohĂ©rence entre ce qu’on dit de vous sur diffĂ©rents canaux ;
  • la fiabilitĂ© perçue : ĂŞtes-vous une source of truth sur votre sujet ?

En clair :

Un article de fond sur un grand média français peut peser plus, pour un LLM, que dix backlinks obscurs vers votre blog.

C’est pour ça que des groupes comme Media Figaro, Prisma Media, Reworld Media ou Adobe sortent des offres GEO : ils savent que leurs contenus sont fortement consommés par les IA génératives.


3. Construire un contenu « IA-friendly » : les 5 chantiers prioritaires

Un bon contenu GEO n’est pas un texte truffé de mots-clés. C’est un contenu structuré, clair, exploitable par une IA générative.

3.1. Soigner la structure éditoriale

Les LLM raffolent des contenus :

  • bien dĂ©coupĂ©s (H2, H3, paragraphes courts) ;
  • avec une introduction explicite qui rĂ©sume ce que contient la page ;
  • enrichis de formats courts :
    • FAQ,
    • listes Ă  puces,
    • tableaux comparatifs,
    • check-lists.

Un modèle simple qui marche bien :

  1. « Réponse courte » en intro : 3-4 phrases qui répondent directement à la question principale de la page.
  2. Développement structuré avec titres explicites.
  3. FAQ ciblée en bas de page sur 4 à 6 questions.

C’est proche du travail pour décrocher des featured snippets en SEO, mais poussé plus loin.

3.2. Travailler l’écosystème de marque, pas juste le site

Pour un LLM, votre marque n’est pas qu’un site. C’est un ensemble de signaux :

  • avis clients ;
  • articles de presse ;
  • dossiers et interviews de dirigeants ;
  • blogs spĂ©cialisĂ©s ;
  • forums (y compris Reddit, Stack Overflow, etc.) ;
  • rĂ©seaux sociaux ;
  • sites institutionnels (fĂ©dĂ©rations, administrations, labels, etc.).

Votre objectif : créer un « bruit positif » cohérent autour de la marque. Plus ce bruit est riche, varié et convergent, plus l’IA vous juge crédible.

Concrètement, pour une marque française :

  • alimenter rĂ©gulièrement la presse B2B ou grand public avec de vrais contenus d’expertise ;
  • encourager les avis (certifiĂ©s si possible) sur les plateformes clĂ©s de votre secteur ;
  • publier des Ă©tudes, baromètres, livres blancs, guidĂ©s par les questions rĂ©elles des clients ;
  • faire vivre un blog ou un mĂ©dia de marque orientĂ© « pĂ©dagogie » plus que promo.

3.3. Miser sur la « re-premiumisation » des contenus

Les contenus générés à la chaîne par l’IA se ressemblent tous. Ce qui différenciera une marque, c’est la qualité réelle de ce qu’elle publie :

  • donnĂ©es exclusives (chiffres, Ă©tudes, cas clients) ;
  • points de vue experts assumĂ©s ;
  • retours d’expĂ©rience concrets, avec Ă©checs et apprentissages ;
  • angles très spĂ©cifiques (ex. : « GEO pour les assureurs santĂ© en France » plutĂ´t que « GEO pour le marketing »).

Les marques qui deviendront de vraies sources of truth sur leur niche seront spontanément privilégiées par les IA.

3.4. S’adapter au marché français, pas juste aux tendances US

Un GEO efficace en France tient compte :

  • des rĂ©fĂ©rences culturelles locales (exemples français, cas d’usage hexagonaux) ;
  • des spĂ©cificitĂ©s rĂ©glementaires (RGPD, IA Act europĂ©en, particularitĂ©s sectorielles) ;
  • des comportements d’achat français (poids important des comparateurs, des avis, des labels officiels).

Un LLM qui répond à un utilisateur français cherchera naturellement :

  • des exemples dans l’Hexagone ;
  • des marques prĂ©sentes sur le marchĂ© ;
  • des rĂ©fĂ©rences francophones fiables.

Si vos contenus restent trop « internationaux » et abstraits, vous risquez de perdre ce match-là.

3.5. Mettre l’IA générative au service… du GEO

Paradoxalement, l’IA est aussi votre meilleure alliée pour piloter le GEO :

  • analyser des centaines d’avis clients pour en extraire les thèmes rĂ©currents ;
  • cartographier les questions rĂ©ellement posĂ©es par vos personas ;
  • gĂ©nĂ©rer des premiers jets de FAQ, de plans d’articles, de tableaux comparatifs ;
  • simuler des requĂŞtes que vos clients pourraient poser Ă  un LLM et voir si vous sortez.

L’erreur serait de laisser l’IA générer tout votre contenu sans relecture humaine. Le bon usage, c’est :

IA pour l’analyse, la structuration, l’accélération.
Humain pour l’expertise, le ton, la nuance et la responsabilité.


4. Faut-il courir acheter tous les outils GEO ? Non.

Le marché ressemble aujourd’hui à une nouvelle ruée vers l’or :

  • solutions d’audit GEO,
  • dashboards de « visibilitĂ© IA »,
  • promesses de classement dans les rĂ©ponses de ChatGPT…

Problème :

  • les LLM ne donnent pas de donnĂ©es de trafic ou de clics comme Google Search Console ;
  • les rĂ©ponses varient selon l’historique de l’utilisateur, le contexte, la formulation de la question ;
  • seule une partie des prompts correspond Ă  une vraie intention de recherche.

Autrement dit, la mesure GEO est encore très approximative.

OĂą mettre votre budget en 2025-2026 ?

Voici une approche plus saine pour une marque française :

  1. Sécuriser et renforcer votre SEO
    Votre business repose encore Ă  30 Ă  80 % sur Google. Il ne faut surtout pas casser ce socle.

  2. Identifier 2 ou 3 cas d’usage GEO prioritaires
    Par exemple :

    • ĂŞtre citĂ© dans les rĂ©ponses aux questions de comparaison de produits ;
    • ĂŞtre recommandĂ© comme expert sur un sujet B2B clĂ© ;
    • apparaĂ®tre comme exemple dans des requĂŞtes mĂ©tiers.
  3. Mettre en place un mini-observatoire GEO

    • tester rĂ©gulièrement les prompts que vos clients pourraient utiliser ;
    • noter oĂą votre marque apparaĂ®t, Ă  cĂ´tĂ© de qui, dans quel contexte ;
    • suivre l’évolution tous les 2-3 mois.
  4. Investir dans le contenu et l’autorité, pas dans la poudre de perlimpinpin
    Choisissez un ou deux partenaires solides (éditeurs, agences) plutôt qu’une collection d’outils miracles.

L’enjeu n’est pas de « gagner le GEO » en 6 mois, mais de prendre date, d’apprendre, et d’installer votre marque comme référence fiable.


5. Et après le GEO : GEA, GEM, commerce agentique, zero-click sales

Le GEO n’est qu’une première étape. D’autres sigles arrivent, mais derrière eux, il y a surtout un changement profond du parcours client.

GEA : la pub dans les moteurs d’IA

Le GEA – Generative Engine Advertising – vise à :

  • insĂ©rer des recommandations sponsorisĂ©es directement dans les rĂ©ponses IA ;
  • jouer plus haut dans le funnel, sur la considĂ©ration de marque, pas seulement sur le clic ;
  • transformer les utilisateurs en ambassadeurs, en les exposant souvent Ă  la mĂŞme marque dans leurs rĂ©ponses.

On peut imaginer, par exemple, qu’un utilisateur demande : « quelles baskets de running pour débutant » et voit apparaître une recommandation mise en avant, intégrée de manière transparente dans la réponse.

GEM : réconcilier SEO, SEA, GEO, GEA

Certaines agences parlent déjà de GEM – Generative Engine Marketing pour une raison simple :

Séparer SEO, SEA, GEO, GEA n’a plus vraiment de sens. C’est la visibilité globale de la marque dans tous les environnements de recherche (classiques et IA) qui compte.

Cela veut dire, très concrètement, que vos équipes Search vont devoir :

  • travailler ensemble sur les requĂŞtes clĂ©s ;
  • penser les messages organiques et payants comme un tout ;
  • mesurer la performance Ă  la fois en trafic, en considĂ©ration et en ventes.

Commerce agentique et « zero-click sales »

Dernier étage de la fusée : le commerce agentique. L’idée :

  • l’utilisateur confie un budget, des prĂ©fĂ©rences, des contraintes Ă  un agent IA ;
  • l’agent recherche, compare, nĂ©gocie, choisit et achète Ă  sa place, parfois sans que l’utilisateur ne voit le site marchand.

Avec l’arrivée du « AI Mode » de Google et les premiers partenariats entre IA et plateformes e-commerce, on se dirige vers une ère de « zero-click sales » :

L’IA choisit le produit, le panier se valide et le paiement passe… sans clics visibles pour la marque.

Dans ce monde-là, être présent dans les réponses IA ne sera plus seulement un enjeu de visibilité, mais un enjeu direct de chiffre d’affaires.


Que faire dès maintenant ? Une feuille de route simple

La réalité, c’est que la plupart des entreprises n’ont ni le temps ni les ressources pour réinventer leur stratégie search tous les trois mois. La bonne approche pour 2025-2026 tient en cinq décisions :

  1. ArrĂŞter de paniquer, mais ne pas rester immobile.
    Le SEO reste le socle. Le GEO vient s’y ajouter, pas s’y substituer.

  2. Faire un diagnostic honnête de votre autorité.
    Sur vos sujets clés, êtes-vous vraiment une référence ? Si la réponse est non, commencez par là.

  3. Repenser 5 à 10 contenus stratégiques au format « IA-friendly ».
    Intros claires, FAQ, listes, exemples concrets, données chiffrées.

  4. Activer l’écosystème : presse, avis, partenaires, communautés.
    L’IA lit tout. Donnez-lui de la matière.

  5. Mettre en place une veille GEO trimestrielle.
    Tester les prompts, suivre votre présence, ajuster sans céder aux effets de mode.

Le GEO n’est pas une mode marketing de plus. C’est la conséquence logique de l’essor de l’IA générative dans nos usages quotidiens. Les marques qui traitent ce sujet sérieusement, sans précipitation ni naïveté, gagneront une place durable dans les réponses des IA… et dans l’esprit des clients.