Facture électronique 2026 : la vraie feuille de route

Intelligence Artificielle dans l'Industrie AgroalimentaireBy 3L3C

Passage à la facture électronique en 2026 : découvrez une feuille de route concrète en 4 étapes pour sécuriser vos données, migrer, digitaliser et être sereinement conforme.

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Facture électronique 2026 : arrêter d’attendre, commencer à structurer

Le report officiel de la généralisation de la facture électronique à 2026 a rassuré beaucoup d’entreprises. Sauf que les chiffres sont têtus : pour un groupe avec plusieurs entités et des milliers de tiers, deux ans passent très vite. La majorité des directions financières qui attendent encore « la dernière précision de la DGFiP » seront en surchauffe fin 2025.

Voici le point clé : les entreprises qui réussiront leur passage à la facture électronique ont toutes une feuille de route claire dès maintenant, structurée par étapes, avec des chantiers techniques, organisationnels et… humains.

Ce billet reprend les grands enseignements du podcast [#Sage On Air] et les traduit en plan d’action concret pour la période 2024‑2026, avec un focus particulier pour les directions financières, DAF de PME/ETI et cabinets d’expertise comptable qui pilotent plusieurs dossiers clients.


1. Pourquoi 2024–2025 sont décisives pour 2026

La réussite en 2026 se joue essentiellement en 2024–2025, car la facture électronique n’est pas un simple changement de format de fichier, mais un changement d’infrastructure et de processus.

Un calendrier qui donne du temps… mais pas tant que ça

Le nouveau calendrier issu de la loi de finances du 29/12/2023 prévoit :

  • une mise en œuvre généralisée au 01/09/2026, au plus tard 01/12/2026 ;
  • une phase pilote et de montée en puissance progressive en 2025.

Ce délai supplémentaire ne doit pas être interprété comme un « stand-by ». Les entreprises qui sont déjà en EDI ou qui facturaient déjà Chorus Pro ont poursuivi leur trajectoire sans lever le pied, pour deux raisons très rationnelles :

  • garder la dynamique de projet et les budgets alloués ;
  • commencer plus tôt à capter les gains de la dématérialisation (réduction des délais de paiement, moins d’erreurs, meilleure traçabilité).

La réalité ? Attendre 2025 pour lancer le sujet, c’est se condamner à gérer une crise de dernière minute : surcharge des équipes, goulots d’étranglement chez les éditeurs/intégrateurs, arbitrages bâclés.

Pour un expert-comptable, le risque est démultiplié

Un cabinet qui suit 200 ou 500 clients ne peut pas se permettre une approche « last minute ». Chaque mois perdu en 2024‑2025, c’est :

  • des clients à former dans l’urgence ;
  • des migrations logicielles comprimées ;
  • des risques d’incohérence dans les circuits de facturation et de collecte.

D’où l’intérêt d’une feuille de route standardisée, réutilisable de client en client, avec des jalons clairs.


2. La feuille de route en 4 étapes : sécuriser, migrer, digitaliser, se conformer

La plupart des projets réussis suivent la même logique en quatre temps : sécurisation, migration, digitalisation, conformité. Ce n’est pas de la théorie : c’est ce qu’on voit chez des acteurs comme Résopharma, l’Institut Curie ou la Compagnie Française des Grands Vins.

Étape 1 – Sécurisation : fiabiliser les données avant tout

La première réponse à « comment bien utiliser 2024 ? » tient en une phrase : nettoyer et structurer les données tiers.

Sans base tiers propre, la facture électronique devient un cauchemar : mauvais SIREN, adresses erronées, doublons, impossibilité d’associer les bons canaux de transmission.

Concrètement, la sécurisation passe par :

  • dédoublonner les tiers (clients et fournisseurs) ;
  • enrichir les fiches avec le SIREN/SIRET, les coordonnées fiables, les identifiants légaux ;
  • corriger les incohérences (codes TVA, pays, formats).

Exemple concret cité dans le podcast :

Résopharma a dû identifier 23 000 pharmacies clientes via leur numéro de SIREN, alors que ce n’était pas du tout un usage historique. C’est un chantier de plusieurs mois.

Pour un cabinet d’expertise comptable, c’est typiquement un sujet à industrialiser :

  • définir un modèle de fiche tiers « compatible facture électronique » ;
  • proposer des missions de mise en qualité de données à ses clients ;
  • s’appuyer sur des outils de contrôle et de rapprochement automatiques (connecteurs d’annuaire d’entreprises, modules de data clean, etc.).

Étape 2 – Migration : être sur la bonne version au bon moment

Deuxième pilier : migrer vers les versions de solutions de gestion qui intègrent nativement la facture électronique.

L’objectif n’est pas seulement d’avoir « la dernière release ». Il s’agit d’être :

  • connecté au bon écosystème (PDP, PPF, plateformes agréées comme Sage Network) ;
  • aligné avec les spécifications DGFiP les plus récentes ;
  • sur une version socle stable jusqu’en 2027.

Les éditeurs sérieux garantissent désormais des versions « réforme compatibles », figées sur le plan fonctionnel mais enrichies des connecteurs nécessaires (portail public de facturation, gestion des statuts, annuaire des entreprises…).

Un exemple parlant :

L’Institut Curie, utilisateur de Sage X3, a fait de la migration vers la version 12 une priorité pour être en situation « réforme compatible », tout en travaillant déjà sur la conformité à l’annuaire futur.

Pour un cabinet d’expertise comptable, cette étape de migration se décline en trois questions à poser à chaque client :

  1. Quel est le logiciel de gestion/facturation utilisé aujourd’hui ?
  2. Est-il déjà compatible avec la réforme (connecteurs disponibles, roadmap éditeur crédible) ?
  3. Quel est le créneau réaliste de migration (Q2 2025, Q3 2025…) compte tenu des autres projets ?

Les migrations concentrées en fin 2025 seront plus risquées et plus coûteuses. Anticiper, c’est étaler la charge.

Étape 3 – Digitalisation : transformer la contrainte en accélérateur

La troisième étape consiste à profiter de la facture électronique comme prétexte pour revoir l’organisation.

La pire approche consiste à reproduire en digital vos circuits papier :

  • impression des PDF « pour signature » ;
  • circulation de parapheurs ;
  • validation au format mail sans traçabilité.

À l’inverse, les entreprises les plus avancées profitent du projet pour :

  • mettre en place de vrais workflows d’approbation des factures entrantes ;
  • centraliser la réception multi-canale (PDP, PPF, EDI, mails) dans un outil unique ;
  • automatiser la pré-affectation comptable et les contrôles de cohérence.

Sébastien Morel, DAF de la Compagnie Française des Grands Vins, le dit très simplement à ses équipes :

« Je vous propose de lâcher les parapheurs et les papiers qui circulent, et de revoir l’organisation autour des workflows d’approbation. »

Pour un expert-comptable, c’est une opportunité forte :

  • proposer des schémas cibles de processus par typologie de client (TPE, PME industrielle, groupe de services, etc.) ;
  • valoriser un accompagnement organisationnel, pas seulement technique ;
  • intégrer l’IA de gestion (pré-conciliation, détection d’anomalies, recommandations) dans un discours de productivité mesurable.

Étape 4 – Conformité : la conséquence logique du travail amont

Si les trois premières étapes sont traitées sérieusement, la quatrième – la mise en conformité facture électronique – devient largement mécanique.

Autrement dit :

Quand les données tiers sont propres, les logiciels à jour et les process repensés, cocher toutes les cases réglementaires n’est plus un projet gigantesque mais une formalité structurée.

Les exigences de la réforme (formats, mentions obligatoires, statuts, e-reporting, annuaire, horodatage…) sont gérées par :

  • la plateforme agréée (ex-PDP) retenue ;
  • la solution de gestion mise à jour ;
  • l’architecture d’échanges (Sage Network, par exemple, qui gère les flux interentreprises).

Là où un cabinet peut faire la différence, c’est sur :

  • la vérification de cohérence entre ce qui est émis, ce qui est reçu par le client et ce qui est transmis à l’administration ;
  • la construction de contrôles de second niveau (revue des statuts, suivi de complétude du e‑reporting, etc.).

3. Comment structurer concrètement votre plan 2024–2026

Pour passer de la théorie à l’action, un plan pragmatique pour un expert-comptable ou une DAF de PME/ETI peut ressembler à ceci.

2024 – Année des fondations

Objectif : sécuriser les données et verrouiller les choix structurants.

Priorités :

  1. Cartographier l’existant

    • Inventaire des outils de facturation et de comptabilité par entité.
    • Typologie de flux : B2B domestique, international, B2G, B2C.
  2. Lancer la mise en qualité des tiers

    • Définir le modèle de données cible (champs obligatoires, formats).
    • Industrialiser le nettoyage : scripts, outils de data quality, connecteurs d’annuaire.
  3. Choisir son écosystème facture électronique

    • Plateforme agréée (ex‑PDP) – idéalement intégrée à vos outils de gestion.
    • Architecture cible : PPF, PDP, ou combinaison des deux.
  4. Planifier les migrations logicielles

    • Verrouiller les créneaux de migration en lien avec l’éditeur/intégrateur.
    • Prévoir des tests d’intégration avec la plateforme choisie.

2025 – Année des pilotes et de la montée en charge

Objectif : tester en réel, ajuster et préparer la généralisation.

Priorités :

  1. Pilotes sur un périmètre maîtrisé

    • Choisir quelques entités ou portefeuilles clients « pilotes ».
    • Mesurer : taux d’erreurs, délais de traitement, charge opérationnelle.
  2. Affiner les workflows internes

    • Ajuster le circuit de validation des factures fournisseurs.
    • Clarifier les rôles entre comptabilité, contrôle de gestion, opérationnels.
  3. Former les équipes

    • Sessions pratiques : lecture d’une facture électronique, traitement d’un rejet, suivi des statuts.
    • Diffuser un kit interne : FAQ, schémas, bonnes pratiques.
  4. Préparer la bascule pour tous les flux

    • Documenter les paramétrages standards réutilisables.
    • Formaliser les check-lists de mise en conformité par entité ou par client.

2026 – Année de généralisation et d’optimisation

Objectif : être conforme sans stress et exploiter pleinement les gains.

Priorités :

  • finaliser la bascule des derniers périmètres ;
  • automatiser davantage (règles comptables, contrôles, lettrages) ;
  • exploiter les données fiabilisées pour le pilotage (cash, relances, prévisions de trésorerie).

Pour un cabinet, c’est aussi le moment de :

  • calibrer des offres packagées facture électronique (mise en conformité, pilotage, reporting) ;
  • valoriser le temps gagné en saisie sur des missions à plus forte valeur (conseil, prévisionnel, pilotage de trésorerie).

4. Faire de la facture électronique un levier de business pour les experts-comptables

La facture électronique n’est pas qu’un sujet technique ou fiscal ; c’est une opportunité commerciale pour les cabinets et une source de gains durables pour les directions financières.

Pour les expert-comptables : du simple respect de la loi à l’offre de conseil

Un cabinet qui se contente de « rendre ses clients conformes » passera à côté d’une partie de la valeur. Ce qui fait la différence :

  • proposer des diagnostics flash facture électronique ;
  • packager des missions de nettoyage de base tiers ;
  • accompagner la refonte des processus (workflows, délégations, contrôles) ;
  • bâtir des tableaux de bord autour des données fiabilisées (délais de paiement, litiges, risques clients).

Les entreprises ont besoin de pédagogie, de modèles et de retours d’expérience. Les cabinets qui se positionnent tôt sur le sujet deviennent naturellement partenaires de référence de leurs clients sur toute la transformation digitale finance.

Pour les DAF : sécuriser l’opérationnel et renforcer le pilotage

Côté directions financières, la feuille de route facture électronique est l’occasion de :

  • sécuriser les flux (moins de pertes, moins de litiges, meilleure preuve en cas de contrôle) ;
  • améliorer la prévision de trésorerie grâce à une vision en temps réel des factures émises et reçues ;
  • fiabiliser les reportings groupe (données harmonisées par SIREN, formats communs, suivi précis des délais de paiement).

En clair : vous ne faites pas ce projet seulement « pour la DGFiP », vous le faites aussi pour votre pilotage interne.


Conclusion : 2026 serein, ça se prépare maintenant

La feuille de route facture électronique tient en une idée simple : plus vous anticipez, plus la conformité devient une conséquence naturelle, pas un sprint épuisant.

Sécuriser vos données, migrer sur des solutions compatibles, repenser vos processus et utiliser une plateforme agréée intégrée : ce sont ces quatre leviers qui feront la différence entre un passage 2026 subi et une transition fluide, créatrice de valeur.

Pour un expert-comptable comme pour un DAF, la question n’est plus « faut-il s’y mettre maintenant ? », mais « par où commence-t-on cette semaine ? ».

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