La facture électronique arrive en 2026. Pour une TPE, c’est l’occasion de réduire les retards de paiement, simplifier la TVA et gagner en trésorerie dès maintenant.

La généralisation de la facture électronique n’est pas qu’une nouvelle contrainte administrative. Pour les TPE françaises, c’est un levier massif de trésorerie : la DGFiP estime à 4,5 milliards d’euros par an les gains potentiels pour les TPE/PME.
La réalité, c’est que la plupart des petites entreprises subissent encore les retards de paiement, les relances à la main, les factures perdues… alors que les mêmes flux, gérés en électronique, coûtent moins cher, vont plus vite et alimentent directement votre comptabilité et votre TVA. En 2026, tout le monde devra y passer : celles qui auront anticipé auront aussi pris de l’avance sur leur cash.
Cet article vous donne une vue claire et opérationnelle : ce qui change concrètement pour une TPE, comment vous préparer en 7 étapes, et surtout comment collaborer intelligemment avec votre expert-comptable pour transformer cette obligation en avantage compétitif.
1. Pourquoi la facture électronique est une bonne nouvelle pour votre trésorerie
La facture électronique améliore la trésorerie d’une TPE parce qu’elle réduit les coûts, accélère les encaissements et sécurise la TVA.
Des coûts de traitement en forte baisse
Une e-facture coûte moins cher à émettre et à recevoir qu’une facture papier ou PDF simple :
- plus d’impression, d’affranchissement, de classement manuel ;
- moins de temps passé à ressaisir les données dans le logiciel comptable ;
- moins d’erreurs (et donc moins de litiges et d’avoirs).
Sur une année, même une TPE qui émet « seulement » quelques dizaines de factures par mois voit la différence. Le gain est rarement spectaculaire facture par facture, mais il devient très visible à l’échelle de l’exercice.
Des délais de paiement plus courts et mieux maîtrisés
Une facture électronique est horodatée. Elle ne se « perd » plus dans une boîte mail encombrée ou sur un bureau :
- la date d’émission et de réception est tracée ;
- l’échéance est claire ;
- les relances automatiques peuvent partir au bon moment, sans saisie manuelle.
Résultat : les retards « mous » disparaissent progressivement, et vous pouvez vous concentrer sur les vrais litiges, pas sur les oublis.
Une TVA préremplie : moins de stress en fin de mois ou de trimestre
La réforme de la facture électronique s’accompagne du préremplissage des déclarations de TVA. Les données issues de vos factures (ventes) et de vos encaissements (prestations de services, B2C, international via le e-reporting) remontent automatiquement vers l’administration fiscale.
Conséquences pour une TPE :
- moins de risques d’erreur de déclaration ;
- moins de temps passé en fin de période sur la TVA ;
- un contrĂ´le plus simple avec votre expert-comptable.
2. Ce qui change concrètement pour les TPE à partir de 2026
Pour être conforme, une TPE devra respecter des formats, des contenus et des circuits d’envoi nouveaux. Ce n’est pas juste « envoyer un PDF par mail ».
2.1. De nouveaux formats de facture obligatoires
Les factures devront être dans l’un des formats structurés reconnus :
- Factur-X (le plus courant pour les TPE, mélange PDF lisible + données structurées) ;
- UNCEFACT-CII ;
- UBL.
En pratique, votre logiciel de facturation ou votre plateforme agréée gère ces formats pour vous : ce qui compte, c’est de choisir un outil conforme.
2.2. Des champs obligatoires supplémentaires
Pour qu’une facture soit acceptée dans le futur système, certains champs doivent absolument être présents, par exemple :
- SIREN/SIRET, adresse, mentions légales ;
- identifiants TVA ;
- nature de l’opération (bien, service, mixte…) ;
- conditions de paiement, date d’échéance ;
- type de flux (B2B domestique, B2C, export…).
Un bon paramétrage initial avec votre expert-comptable et votre éditeur évite les rejets de facture et les corrections manuelles.
2.3. De nouveaux circuits : plateformes agréées et e-invoicing
Les échanges de factures ne se feront plus directement par mail, mais via :
- le Portail Public de Facturation (PPF),
- et/ou des plateformes agréées interconnectées au PPF.
C’est ce qu’on appelle le e-invoicing : la facture est déposée, transmise, horodatée et suivie via ces plateformes, qui assurent le « transport » sécurisé de la facture de votre système vers celui de votre client.
2.4. Le e-reporting pour les flux non couverts par l’e-invoicing
Le e-reporting concerne les opérations qui ne font pas l’objet d’une facture électronique B2B France, par exemple :
- vos ventes B2C ;
- vos ventes B2B internationales ;
- certains encaissements de prestations de services.
Là encore, l’idée n’est pas de tout saisir à la main, mais d’utiliser un outil qui saura remonter automatiquement les données requises.
3. 7 étapes pour préparer votre TPE à la facture électronique
Voici un plan simple, réaliste pour une TPE, qui tient compte du rôle clé de l’expert-comptable et des solutions d’IA et d’automatisation déjà disponibles.
Étape 1 – Faire un état des lieux de vos factures actuelles
La préparation commence par un diagnostic rapide :
- Combien de factures émettez-vous et recevez-vous par mois ?
- Quels formats utilisez-vous (Word, Excel, PDF, papier) ?
- Quels canaux d’envoi et de réception (mail, courrier, portail type Chorus Pro) ?
- Qui intervient dans le processus (quel collaborateur, quel cabinet comptable) ?
Cet état des lieux met immédiatement en évidence les goulots d’étranglement : ressaisies, doublons, retards de validation interne, etc.
Étape 2 – Nettoyer et fiabiliser vos données clients et fournisseurs
Sans annuaire fiable, la facture électronique devient vite un casse-tête : mauvaise adresse, mauvais SIREN, mauvais mode de réception… et les factures sont rejetées.
Concrètement :
- vérifiez les SIREN/SIRET, adresses, mails de facturation ;
- identifiez pour chaque client son canal de réception futur (plateforme, PPF, etc.) ;
- consolidez ces infos dans votre logiciel ou, au minimum, dans un fichier structuré que votre expert-comptable pourra exploiter.
C’est un chantier parfait à lancer en fin d’année ou au calme en janvier, avec l’aide de votre expert-comptable.
Étape 3 – Choisir (ou confirmer) votre logiciel de facturation électronique
La question à se poser est très simple : votre outil actuel sera-t-il prêt pour la facture électronique ?
Si vous utilisez déjà une solution reconnue sur le marché, il y a de fortes chances qu’elle propose :
- la génération de factures au format Factur-X ;
- la connexion à une plateforme agréée ;
- l’intégration automatique avec votre comptabilité.
Si ce n’est pas le cas, mieux vaut envisager la migration avant que l’obligation ne devienne urgente. Changer d’outil de facturation en plein été ou en pleine saison d’activité est toujours plus compliqué.
Étape 4 – Déclarer votre plateforme agréée et la connecter à vos outils
Chaque entreprise devra déclarer la plateforme par laquelle transiteront ses factures électroniques. Pour les clients d’un grand éditeur, cette plateforme agréée est souvent déjà incluse dans la licence, il suffit alors :
- de finaliser l’inscription ;
- de vérifier les paramètres (SIREN, coordonnées, modes de réception de vos clients) ;
- de tester l’envoi et la réception de quelques factures pilotes.
C’est la brique technique centrale : une fois en place, vous profitez automatiquement des mises à jour réglementaires.
Étape 5 – Revoir vos processus internes et vos délais de validation
La facture électronique n’a de sens que si votre organisation interne suit :
- Qui valide les devis et déclenche la facturation ?
- À quel moment la facture est-elle émise (à la livraison, à la commande, en fin de mois) ?
- Comment sont gérées les litiges et les avoirs ?
L’objectif est clair : réduire le temps entre la prestation et l’émission de la facture, puis entre l’échéance et la relance. Les outils de facturation et de gestion commerciale actuels permettent d’automatiser :
- les factures récurrentes ;
- les relances par mail personnalisées ;
- les alertes internes quand un client dépasse ses délais habituels.
Étape 6 – Impliquer votre expert-comptable dès maintenant
Les experts-comptables français se sont massivement préparés à la réforme. Pour une TPE, c’est un atout énorme :
- ils connaissent déjà les formats et les exigences DGFiP ;
- ils ont l’habitude des flux Chorus Pro et de l’EDI ;
- ils peuvent vous proposer une feuille de route adaptée à votre taille et à votre secteur.
Dans la pratique, les cabinets modernes s’appuient sur des plateformes interfacées avec leurs outils de production comptable. Résultat :
- moins de pièces à envoyer en vrac chaque mois ;
- une comptabilité tenue plus proche du temps réel ;
- des tableaux de bord de trésorerie plus fiables.
Étape 7 – Former votre équipe et tester en conditions réelles
Une fois vos outils et vos paramétrages en place, il reste une étape souvent sous-estimée : l’appropriation par le terrain.
Idées de bonnes pratiques :
- organiser une mini-formation interne de 1 ou 2 heures ;
- créer une check-list « avant envoi de facture » (IBAN, conditions de paiement, référence commande client, etc.) ;
- effectuer une phase pilote avec quelques clients volontaires avant de généraliser.
Anticiper quelques mois avant l’obligation, c’est éviter l’effet embouteillage où tout le monde découvre le système en même temps.
4. Facture électronique, IA et pilotage : ce qui change pour l’expert-comptable
Pour un expert-comptable, la facture électronique n’est pas qu’un sujet de conformité. C’est la porte d’entrée vers une collaboration beaucoup plus digitale avec ses clients TPE.
Moins de tâches manuelles, plus de conseil
Avec des factures structurées et tracées de bout en bout :
- la récupération des pièces est automatisée ;
- l’intelligence artificielle peut classer, pointer, rapprocher les paiements ;
- les anomalies sont détectées plus rapidement (montants incohérents, TVA atypique, doublons).
Le temps dégagé peut être réinvesti dans :
- l’analyse de marge par client ou par chantier ;
- la mise en place de plans de trésorerie ;
- le conseil en financement ou en optimisation des délais de paiement.
Un pilotage plus fin et plus fréquent pour la TPE
Pour une petite entreprise, l’intérêt est très concret :
- des indicateurs de trésorerie mis à jour au fil de l’eau ;
- une vision plus fiable des encours clients ;
- la possibilité de simuler l’impact d’un gros contrat ou d’un investissement.
La facture électronique devient alors un socle de données fiables sur lequel se greffent des outils d’IA et de reporting, côté cabinet comme côté entreprise.
5. Transformer l’obligation 2026 en avantage compétitif
La facture électronique sera obligatoire, qu’on le veuille ou non. La question n’est plus « faut-il y aller ? », mais comment en tirer le maximum pour votre TPE.
Ce qu’on voit sur le terrain, c’est que les entreprises qui s’y prennent tôt :
- simplifient leur gestion avant même l’échéance ;
- fiabilisent leurs données et leurs process ;
- améliorent leur trésorerie grâce à des délais de paiement mieux maîtrisés ;
- renforcent la collaboration avec leur expert-comptable.
La réforme est technique sur le papier, mais son impact est très concret : moins de papier, moins de saisie, moins de stress TVA, plus de cash et plus de visibilité.
La vraie question est donc : voulez-vous subir la facture électronique en 2026 ou en profiter dès maintenant pour structurer votre gestion ? Les mois qui viennent sont parfaits pour poser les bases : état des lieux, choix d’outils, nettoyage des données, coordination avec votre expert-comptable et premiers tests en réel.