Micro-entrepreneur assujetti à la TVA ? Voici un plan clair pour réussir votre passage à la facture électronique entre 2026 et 2027 sans stress ni perte de temps.

La plupart des micro-entrepreneurs vont découvrir la facture électronique au dernier moment… et subir la réforme au lieu d’en profiter. C’est dommage, parce qu’avec un peu d’anticipation, cette obligation peut devenir un vrai gain de temps et de sérénité, pour vous et pour votre expert-comptable.
La facture électronique va devenir obligatoire entre 2026 et 2027 pour les entreprises françaises assujetties à la TVA. Vous êtes micro-entrepreneur, vous facturez encore avec Excel, Word ou un bloc papier ? Vous êtes directement concerné. La bonne nouvelle : la transition peut rester très gérable si on procède étape par étape.
Ce guide pratique vous explique comment réussir votre passage à la facture électronique sans stress, en parlant concret : quelles sont vos obligations réelles, quel calendrier respecter, quels outils choisir, et comment travailler efficacement avec votre expert-comptable.
1. Facture électronique : ce que cela change vraiment pour un micro-entrepreneur
La facture électronique, pour un micro-entrepreneur assujetti à la TVA, c’est une facture créée, envoyée et reçue dans un format structuré, via une plateforme agréée, et automatiquement transmise à l’administration fiscale.
Autrement dit :
- un simple PDF envoyé par e‑mail ne suffit plus ;
- la facture doit passer par une plateforme agréée reliée à la DGFiP ;
- les données clés de la facture (montant, TVA, SIREN, nature de l’opération, etc.) sont exploitées automatiquement.
Pourquoi l’État impose la facture électronique ?
- Lutte contre la fraude à la TVA : en France, la fraude à la TVA se chiffre à plusieurs milliards d’euros par an.
- Moins d’administratif : à terme, les données de facturation permettront de pré-remplir les déclarations de TVA.
- Moins de retards de paiement : des factures standardisées, plus lisibles, mieux suivies.
Pour un micro-entrepreneur, la vraie différence au quotidien, c’est surtout :
- la fin des factures bricolées sous Word/Excel ;
- l’obligation d’utiliser un outil de facturation connecté à une plateforme agréée ;
- un flux de factures mieux structuré, plus facile à partager avec votre expert-comptable.
2. Êtes-vous vraiment concerné par l’obligation de facture électronique ?
La réponse claire : oui, si vous êtes micro-entrepreneur assujetti à la TVA.
Qui est concerné ?
Vous devez passer à la facture électronique si :
- vous êtes micro-entrepreneur établi en France, et
- vous collectez et déclarez la TVA (par exemple parce que vous avez dépassé les seuils de franchise ou que vous avez opté pour la TVA).
Dans ce cas :
- réception des factures électroniques : obligatoire à partir du 01/09/2026 ;
- émission des factures électroniques : obligatoire à partir du 01/09/2027 pour vos factures B2B (à destination d’autres entreprises assujetties).
Cas fréquents chez les micro-entrepreneurs
-
Vous êtes encore en franchise en base de TVA :
- vous ne collectez pas la TVA, vos factures portent la mention « TVA non applicable – art. 293 B du CGI » ;
- la facture électronique ne s’appliquera qu’à partir du moment où vous deviendrez assujetti à la TVA ;
- vous avez néanmoins intérêt à vous équiper tôt, car les clients pros vont progressivement basculer en électronique.
-
Vous êtes déjà assujetti à la TVA :
- vous faites déjà des déclarations de TVA (mensuelles, trimestrielles ou annuelles) ;
- vous devez impérativement être prêt pour 2026 (réception) et 2027 (émission).
En pratique, pour un cabinet d’expertise comptable, la première question à poser à un micro-entrepreneur, c’est : « êtes-vous ou serez-vous assujetti à la TVA d’ici 2026 ? » C’est le déclencheur de tout le reste.
3. Les nouvelles mentions obligatoires sur vos factures
Réussir la transition vers la facture électronique, c’est aussi mettre vos factures au bon niveau d’information. La réforme impose plusieurs données supplémentaires.
Pour un micro-entrepreneur concerné par la TVA, une facture électronique devra notamment comporter :
- le numéro SIREN (9 chiffres) de l’entreprise ;
- l’adresse de livraison des biens si elle est différente de l’adresse du client ;
- la nature des opérations :
- livraisons de biens uniquement,
- prestations de services uniquement,
- ou opérations mixtes (biens + services) ;
- la mention sur le mode de paiement de la TVA : par exemple si vous avez opté pour le paiement de la TVA d’après les débits.
Ces mentions viennent s’ajouter aux informations déjà obligatoires :
- identité de l’émetteur (dénomination, adresse, SIRET, forme juridique le cas échéant) ;
- identité du client ;
- date et numéro de la facture (numérotation continue) ;
- désignation précise des produits/services ;
- prix HT, taux et montant de TVA, prix TTC ;
- mentions légales spécifiques (penalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €, etc.).
Bonne nouvelle : un logiciel de facturation électronique sérieux gère ces mentions automatiquement. Votre rôle, c’est surtout de :
- créer correctement vos fiches clients (SIREN, adresses, type de client) ;
- paramétrer votre type d’activité (biens, services ou mixte) ;
- vérifier que les mentions de TVA correspondent à votre régime réel.
4. Calendrier et obligations : ce que vous devez faire et quand
Pour un micro-entrepreneur assujetti à la TVA, le calendrier se résume en deux dates clés :
- 01/09/2026 : vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques via une plateforme agréée ;
- 01/09/2027 : vous devez émettre vos factures électroniques à destination d’autres entreprises via cette même plateforme (ou une autre, mais toujours agréée).
Vos obligations concrètes
À partir du 01/09/2026 :
- choisir une plateforme agréée ou un logiciel de facturation qui en intègre une ;
- communiquer cette information à vos clients/fournisseurs si nécessaire ;
- savoir récupérer vos factures reçues dans cet environnement (ou dans votre logiciel).
À partir du 01/09/2027 :
- toutes vos factures B2B avec TVA passent par la plateforme agréée ;
- les données essentielles (montants, TVA, dates) sont transmises à l’administration ;
- votre expert-comptable peut exploiter automatiquement ces données pour vos déclarations.
L’erreur classique, côté micro-entrepreneur, ce sera d’attendre l’été 2027 pour s’équiper. En pleine saison, avec des clients à gérer, c’est la recette parfaite pour des factures bloquées, des retards de paiement et un stress inutile.
5. Comment choisir votre solution de facture électronique
Le point central de la transition, c’est le choix de votre solution : plateforme agréée seule, ou logiciel de facturation/comptabilité qui intègre une plateforme.
Plateforme agréée seule ou logiciel complet ?
D’un point de vue pratique, il y a deux approches :
-
S’inscrire directement sur une plateforme agréée :
- vous créez vos factures dans un outil séparé (Excel, autre logiciel),
- puis vous les saisissez ou importez sur la plateforme pour les envoyer.
- Avantage : solution a priori « minimale ».
- Inconvénient : double saisie, risques d’erreur, peu confortable dès que le volume de factures augmente.
-
Adopter un logiciel de facturation ou de comptabilité qui intègre une plateforme agréée :
- vous créez directement vos factures dans le logiciel ;
- l’envoi via la plateforme agréée est automatique en arrière-plan ;
- les données sont prêtes pour votre expert-comptable.
Pour un micro-entrepreneur qui veut gagner du temps et éviter la gymnastique entre plusieurs outils, la deuxième option est de loin la plus logique.
Critères essentiels pour un micro-entrepreneur
Quand je discute avec des indépendants et des cabinets, les solutions qui fonctionnent ont généralement :
- une interface simple, pensée pour des non-spécialistes de la compta ;
- une plateforme agréée intégrée, sans surcoût caché ;
- des modèles de factures conformes, déjà à jour de la réglementation ;
- des exports faciles pour l’expert-comptable (ou mieux : une connexion directe) ;
- un support client réactif pour les questions liées à la facture électronique.
Un point très concret pour les cabinets d’expertise comptable : proposer à vos clients micro-entrepreneurs un outil standardisé, déjà compatible facture électronique, vous évite de gérer 15 formats de factures différents et des PDF mal remplis. Vous sécurisez à la fois la conformité et la récupérabilité des données.
6. Plan d’action en 5 étapes pour réussir la transition
Vous voulez sécuriser votre passage à la facture électronique sans y passer vos soirées ? Voici un plan simple et réaliste.
Étape 1 – Vérifier votre situation TVA (dès maintenant)
- Êtes-vous déjà assujetti à la TVA ?
- Allez-vous probablement dépasser les seuils de franchise avant 2027 ?
Si la réponse est oui à l’une de ces questions, considérez que vous êtes dans le périmètre de la réforme et qu’il faut vous préparer.
Étape 2 – Mettre vos données administratives à jour
Avant même de choisir la solution :
- vérifiez votre SIREN/SIRET, votre raison sociale, vos adresses ;
- identifiez clairement la nature de votre activité (biens, services, mixte) ;
- faites un point sur votre régime de TVA (fréquence, options éventuelles).
Ce sont ces informations qui alimenteront automatiquement vos factures électroniques.
Étape 3 – Choisir un outil compatible facture électronique
- privilégiez un logiciel de facturation / comptabilité qui :
- est déjà relié à une plateforme agréée ;
- gère les mentions obligatoires ;
- offre une passerelle fluide avec votre expert-comptable.
- si vous êtes déjà équipé d’un logiciel, vérifiez :
- s’il intègre une plateforme agréée ;
- les démarches à faire pour activer la facture électronique (inscription, paramétrage, etc.).
Étape 4 – Tester sur quelques clients avant l’obligation
Ne commencez pas le 01/09/2027 au matin. Dès que votre outil est prêt :
- créez vos premières factures électroniques sur 2 ou 3 clients pros réguliers ;
- vérifiez que :
- la facture part bien via la plateforme ;
- le client la reçoit dans son propre système ;
- votre expert-comptable retrouve bien les données.
En quelques semaines, vous aurez vos automatismes, sans pression réglementaire.
Étape 5 – Formaliser une routine avec votre expert-comptable
Pour un cabinet, la facture électronique est une excellente occasion de structurer la relation avec les micro-entrepreneurs :
- définir qui fait quoi : création des factures, contrôles, archivage ;
- fixer un rythme d’échange de données (mensuel, trimestriel) ;
- mettre en place des alertes (factures impayées, données manquantes, erreurs de TVA).
Le but : que la facture électronique devienne un automatisme, pas un sujet d’angoisse à chaque fin de mois.
7. Pourquoi les experts-comptables ont un rôle clé dans cette transition
La réforme de la facture électronique n’est pas qu’un sujet d’outil. Pour les micro-entrepreneurs, c’est surtout un sujet d’accompagnement.
Les cabinets qui s’y prennent tôt ont une vraie carte à jouer :
- proposer un pack « micro + facture électronique » : choix de l’outil, paramétrage, mini-formation ;
- standardiser leur parc clients autour de quelques solutions compatibles ;
- transformer la contrainte réglementaire en service à valeur ajoutée : moins d’erreurs, données en temps réel, meilleur conseil.
La réalité est simple :
Un micro-entrepreneur ne veut pas « faire de la facture électronique », il veut facturer, être payé, et rester en règle.
Votre valeur, en tant qu’expert-comptable, c’est de rendre ce chemin le plus court possible :
- un outil simple ;
- des process clairs ;
- un interlocuteur identifié en cas de question.
Et maintenant, comment vous préparer concrètement ?
La facture électronique est une obligation, mais ce n’est pas une fatalité. Plus vous anticipez, plus la transition sera fluide :
- identifiez votre statut TVA et vos échéances (2026 / 2027) ;
- choisissez une solution de facturation compatible facture électronique ;
- testez-la sur quelques clients avant la date limite ;
- organisez votre collaboration avec votre expert-comptable autour de ce nouvel outil.
Les micro-entrepreneurs qui auront pris de l’avance arriveront à la réforme avec des factures propres, un suivi clients plus clair et des déclarations de TVA grandement simplifiées. Les autres subiront les blocages, les retards de paiement et les heures perdues à rattraper le train en marche.
La question n’est plus « est-ce que je dois y passer ? », mais « à quel moment je décide de le faire dans de bonnes conditions ».