Comment Acoem utilise un ERP très intégré pour piloter production, contrats et finance, anticiper la facture électronique et préparer l’IA de gestion.

Pourquoi un ERP très intégré change la donne pour une ETI industrielle
La plupart des ETI industrielles croulent sous les silos : un outil pour les achats, un autre pour la production, des fichiers Excel pour la finance, des mails pour le suivi des contrats… Résultat : pertes de temps, erreurs et décisions prises avec une vision partielle de la réalité.
Chez Acoem, ETI lyonnaise de 900 salariés spécialisée dans la mesure environnementale et la fiabilité industrielle, ce scénario aurait pu devenir un frein majeur à la croissance internationale. L’entreprise a fait un autre choix : structurer sa gestion autour d’un ERP très intégré, Sage X3, utilisé en profondeur par tous les métiers.
Ce retour d’expérience est précieux pour les directions financières, les DAF externalisés et les experts-comptables qui accompagnent des PME/ETI industrielles. Il montre concrètement ce qu’un ERP bien pensé apporte au pilotage, à la rentabilité des contrats… et à la préparation à la facture électronique et à l’IA.
Dans cet article, on va voir :
- comment Acoem a structuré son système d’information autour d’un ERP unique,
- les bénéfices concrets pour la production, la supply chain et la finance,
- pourquoi la migration vers la dernière version de l’ERP a été un levier, notamment pour la facture électronique,
- ce que vous pouvez en retenir pour vos clients ou votre propre organisation.
1. Acoem : un cas d’école pour les ETI industrielles diversifiées
Acoem exploite pleinement son ERP parce que son activité est complexe : multi-sites, multi-métiers, et fortement orientée données.
Un périmètre industriel typique… mais très exigeant
En France, Acoem réalise environ 50 M€ de chiffre d’affaires autour de cinq grandes activités :
- capteurs de surveillance de la qualité de l’air, des émissions industrielles et du bruit,
- équipements de surveillance vibratoire et d’alignement d’équipements industriels,
- machines de laboratoire pour tester des comportements en situation,
- solutions d’analyse de tirs pour la défense,
- prestations d’analyses vibratoires pour l’industrie.
Autrement dit : du matériel, du service, du projet, de la haute technologie, des contraintes réglementaires fortes et des contrats complexes. C’est exactement le type de contexte où un ERP industriel intégré n’est plus un luxe mais un outil de survie.
« Notre savoir-faire unique associe des moyens de mesure et des solutions logicielles pour analyser les données recueillies. »
Jérôme Pia, Directeur Supply Chain Acoem
Pour un expert-comptable ou un DAF, ce type de configuration rend vite les modèles Excel ingérables. Dès que l’on veut suivre la rentabilité par affaire, par ligne de produit ou par type de contrat, il faut une base unique, structurée et partagée.
2. Un ERP qui couvre l’ensemble des métiers, pas seulement la compta
Ce qui fait la force du projet Acoem, c’est le degré d’intégration. Sage X3 n’est pas cantonné à la finance : il porte l’essentiel des processus opérationnels.
Un usage réellement « bout en bout » de l’ERP
Acoem utilise son ERP pour :
- la gestion des achats (fournisseurs, commandes, réceptions, conditions d’achats),
- la gestion des ventes (devis, commandes, factures, contrats de services),
- le pilotage de la production (gammes, nomenclatures, ordonnancement),
- la logistique (stocks, mouvements, préparation de commandes),
- le suivi qualité,
- la gestion comptable et financière (écritures, comptabilité générale et analytique, reporting).
Concrètement, cela change tout :
- une commande client déclenche automatiquement les besoins en achats et en production ;
- les mouvements de stock sont immédiatement reflétés dans les coûts et dans la valorisation ;
- la comptabilité ne « reconstruit » plus a posteriori ce qui s’est passé dans l’opérationnel.
Pour un cabinet d’expertise comptable, un tel environnement permet :
- une production comptable plus fiable, car les données proviennent directement des processus métier ;
- des analyses de marge par affaire ou par produit beaucoup plus rapides ;
- une mission de conseil à plus forte valeur : optimisation des flux, amélioration des délais, pilotage de la rentabilité.
Un rôle central pour la DSI… mais au service du métier
Chez Acoem, un architecte applicatif dédié à l’ERP pilote la solution au sein de la DSI. Sa mission n’est pas de faire de la technique pour la technique, mais d’aligner l’outil sur les pratiques métier.
Il a suivi quelques jours de formation avec l’intégrateur, puis a investi du temps dans la compréhension des processus internes. C’est une leçon importante pour toute entreprise :
Un ERP est d’autant plus performant que quelqu’un, en interne, connaît à la fois le métier et l’outil, et fait le lien en continu entre les deux.
Sans ce rôle, les projets ERP dérivent vers des personnalisations coûteuses, des reports Excel parallèles et des frustrations côté utilisateurs.
3. Migration vers la dernière version : plus qu’une simple mise à jour
Acoem utilise Sage X3 depuis une vingtaine d’années et a récemment migré vers la dernière version. Cette étape est souvent perçue comme un mal nécessaire. Ici, elle a surtout été une opportunité de remise à plat des processus.
Un inventaire complet des processus
Sur le plan purement technique, la migration s’est bien passée. Là où l’effort a été le plus intense, c’est sur l’inventaire des pratiques : qui fait quoi, dans quel ordre, avec quelles validations, quels contrôles, quelles exceptions.
Pour une ETI, cette phase est stratégique :
- elle révèle les doubles saisies et les tâches sans valeur ajoutée,
- elle met en évidence les différences de pratiques entre sites ou filiales,
- elle oblige à documenter les workflows et à trancher sur la « bonne façon de faire ».
Les experts-comptables qui accompagnent ce type de projet peuvent y trouver un terrain idéal pour apporter du conseil : définir une organisation des flux compatible avec le contrôle interne, la piste d’audit et les futures obligations de facture électronique.
Déverticalisation, ergonomie et productivité
Avec la nouvelle version, plusieurs modules qui étaient des « spécifiques » sont devenus standard, notamment :
- la gestion des contrats de services clients,
- la gestion à l’affaire.
Cet aspect est crucial financièrement :
- moins de spécifiques = moins de maintenance et moins de dépendance à des développements maison,
- plus de standard = meilleure évolutivité et mise à jour plus simple.
Côté utilisateurs, Acoem a gagné en confort :
- écrans en page unique défilante plutôt qu’en multiples fenêtres,
- raccourcis vers les informations clés,
- affichages personnalisables selon le profil,
- interface responsive adaptée aux usages mobiles ou multi-écrans.
Ce n’est pas « du luxe ergonomique » : un utilisateur qui trouve l’ERP agréable à utiliser saisit mieux les données, demande moins d’extractions Excel, et adopte davantage les fonctionnalités avancées.
4. 280 utilisateurs, un seul référentiel : la force de la centralisation
Aujourd’hui, 280 personnes chez Acoem utilisent Sage X3, en France et à l’international. Cela va bien au-delà du périmètre classique « compta + ADV ».
Un alignement opérationnel piloté par l’ERP
Sur le site industriel de Lissieu, le Directeur Supply Chain pilote la production et la logistique avec une trentaine de personnes. Pour lui, l’ERP est « le gardien de l’alignement opérationnel » via :
- la gestion des gammes et nomenclatures,
- l’ordonnancement de la production,
- la fluidité des opérations de l’achat à la vente.
L’ensemble des métiers partage le même outil pour :
- confirmer un délai à un client,
- vérifier un stock réel,
- consulter un encours,
- analyser la performance d’un contrat.
Plus il y a de métiers vraiment connectés à l’ERP, plus la donnée devient fiable et utile pour la direction financière.
La gestion à l’affaire : un levier puissant pour la rentabilité
Pour Acoem, le module de gestion à l’affaire est un point fort du système d’information. Chaque contrat client est identifié par un numéro d’affaire qui centralise, en un clic :
- les pièces commerciales (devis, commandes, factures),
- les achats associés,
- les temps de main d’œuvre,
- les coûts de production et de prestation,
- les livraisons, interventions, SAV.
Résultat : une visibilité quasi temps réel de la performance de chaque contrat.
Pour un DAF ou un expert-comptable, c’est l’outil idéal pour répondre à des questions clés :
- Quels contrats sont vraiment rentables ? Lesquels détruisent de la marge ?
- Où se situent les dérives : temps passés, achats non prévus, reprises ?
- Quelles conditions commerciales ou quels modèles de prix faut-il revoir ?
On passe d’une vision annuelle, globalisée, à un pilotage fin par affaire, beaucoup plus adapté aux activités industrielles et de services techniques.
5. Le rôle du partenaire intégrateur… et l’anticipation de la facture électronique
Acoem est accompagné par un intégrateur spécialisé, Experium Consulting, depuis trois ans. Cette relation est un facteur clé de succès rarement assez valorisé.
Un partenaire qui connaît l’ERP… et le métier
Les retours d’Acoem sont clairs :
- forte réactivité,
- bonne résistance à la pression,
- compréhension du métier industriel,
- capacité à intervenir sur des projets structurants (création de filiale, migration de version, etc.).
Pour un cabinet d’expertise comptable ou un DAF de transition, c’est un point de vigilance important : un bon intégrateur ERP est un allié, pas un simple prestataire technique. Il facilite la traduction de vos exigences de pilotage financier, de conformité et de contrôle interne dans les processus et les paramétrages de l’outil.
Anticiper la facture électronique grâce à un ERP à jour
Acoem a aussi fait de sa migration vers la dernière version un moyen d’anticiper la facture électronique obligatoire.
Ce choix est stratégique pour toute ETI aujourd’hui :
- les obligations de e-reporting et de e-invoicing vont transformer les processus de facturation et de suivi de TVA,
- les ERP modernes intègrent déjà les mécanismes nécessaires à cette conformité,
- les données structurées et propres seront aussi la base des usages d’IA de gestion (analyse prédictive, détection d’écarts, recommandations sur les relances, etc.).
Pour les experts-comptables, c’est une opportunité claire de prendre le leadership sur ces sujets :
- orienter les clients vers des ERP configurés facture électronique,
- cadrer la piste d’audit et la cohérence des flux,
- préparer les cas d’usage IA autour de la donnée financière et opérationnelle.
6. Ce que les experts-comptables et DAF peuvent retenir du cas Acoem
Le cas Acoem n’est pas réservé aux grands groupes. Beaucoup de PME et ETI industrielles françaises sont confrontées aux mêmes enjeux : multi-activités, croissance internationale, contrats complexes, pression réglementaire.
Voici les enseignements clés à appliquer :
- Visez un ERP réellement intégré : achats, ventes, production, logistique, qualité et finance doivent parler le même langage.
- Nommez un référent ERP interne côté client, capable de comprendre les métiers et la solution.
- Profitez d’une migration ou d’un changement de version pour revoir les processus, pas juste pour « changer d’écran ».
- Utilisez la gestion à l’affaire pour installer un pilotage fin de la rentabilité des contrats.
- Travaillez avec un intégrateur qui comprend le métier industriel, pas seulement la technique.
- Servez-vous de la facture électronique comme prétexte pour fiabiliser les données et structurer les flux.
La réalité est plus simple qu’on ne le croit : un ERP bien intégré, bien piloté et mis à jour devient la colonne vertébrale de la performance financière. Tout le reste – IA de gestion, prévisions fiables, contrôle de la marge, conformité – découle de cette base.
Pour les experts-comptables français, c’est une opportunité claire de passer du rôle de « teneur de comptes » à celui de chef d’orchestre de la donnée de gestion. Les entreprises comme Acoem montrent que ce chemin est non seulement possible, mais rentable.