Édu-Up : 12 ressources d’IA pour un apprentissage vraiment personnalisé

Intelligence Artificielle dans l'Industrie Agroalimentaire••By 3L3C

Comment les ressources Édu-Up, dopées à l’IA, rendent l’apprentissage plus personnalisé et inclusif pour les élèves français, de la maternelle au lycée.

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Mis Ă  jour le 07/12/2025

Édu-Up : 12 ressources d’IA pour un apprentissage vraiment personnalisé

Dans les classes françaises, une réalité s’impose en 2025 : les élèves n’apprennent pas au même rythme, ni de la même façon. Pourtant, beaucoup d’outils numériques restent pensés pour l’« élève moyen »… qui n’existe pas.

Voici le point fort du dispositif Édu-Up : financer des ressources numériques qui prennent au sérieux l’apprentissage personnalisé et l’école inclusive. Pas des gadgets, mais des solutions pensées avec des enseignants, des chercheurs, des partenaires publics et privés, pour répondre à des besoins très concrets dans les classes.

Ce guide propose une sélection structurée de ces ressources récentes, centrées sur l’IA dans l’éducation française : comment elles transforment la classe, ce qu’elles apportent réellement aux élèves, et comment un établissement peut les intégrer sans perdre pied.


1. Ce que change concrètement l’IA dans l’éducation française

L’intelligence artificielle à l’école devient intéressante uniquement quand elle sert trois objectifs :

  • mieux accompagner chaque Ă©lève, y compris ceux Ă  besoins Ă©ducatifs particuliers ;
  • simplifier le travail enseignant au lieu de l’alourdir ;
  • respecter la libertĂ© pĂ©dagogique et les valeurs de l’école publique.

Le dispositif Édu-Up coche ces cases en soutenant des outils :

  • adaptatifs : le niveau, le rythme, le type d’activitĂ© s’ajustent en fonction de l’élève ;
  • inclusifs : accessibilitĂ©, diffĂ©renciation, aides spĂ©cifiques pour les Ă©lèves DYS, TSA, TND, handicap visuel, etc. ;
  • Ă©clairants pour les professeurs : tableaux de bord, suivi de compĂ©tences, repĂ©rage des fragilitĂ©s.

L’enjeu n’est pas d’automatiser l’enseignement, mais de dégager du temps pour la relation pédagogique en confiant à l’IA ce qu’elle sait mieux faire : analyser, trier, adapter.


2. Personnaliser les apprentissages disciplinaires grâce au numérique

2.1. Mathématiques : du diagnostic fin à la progression sur mesure

Les mathématiques sont un terrain idéal pour l’IA éducative, parce qu’on peut suivre finement la progression des élèves. Trois ressources soutenues par Édu-Up illustrent bien cette logique :

  • Archipel / Archipel Évolution (cycle 3)
    Jeu vidéo où l’élève développe son île en résolvant des énigmes et des quiz alignés sur les programmes. La version Évolution ajoute plus d’accessibilité (vocalisation, progression adaptée) et un espace enseignant complet pour :

    • suivre la progression de chaque Ă©lève en temps rĂ©el ;
    • choisir les compĂ©tences Ă  travailler ;
    • rĂ©cupĂ©rer les contenus en version imprimable.
  • Mathena (CP au CM2)
    Web app de calcul et de résolution de problèmes avec un parcours par ceintures de couleur. L’élève progresse à son rythme, l’enseignant voit immédiatement les points de blocage par compétence.

  • Mathpower II (cycles 2, 3 et 4)
    Outil d’évaluation diagnostique avec remédiation intégrée. L’objectif :

    • identifier prĂ©cisĂ©ment les lacunes ;
    • proposer des entraĂ®nements ciblĂ©s ;
    • soutenir une pĂ©dagogie vraiment diffĂ©renciĂ©e.

Comment un professeur peut les utiliser dès janvier ?

  • en dĂ©but de trimestre : evaluation diagnostique avec Mathpower II pour cartographier la classe ;
  • sur le temps d’AP ou de remĂ©diation : petits groupes sur Archipel ou Mathena, avec des objectifs prĂ©cis de compĂ©tences ;
  • en autonomie Ă  la maison : rĂ©visions ludiques sur Archipel, sous consigne claire (chapitre, nombre de missions, capture d’écran de fin de session, etc.).

2.2. Langues vivantes : oral authentique, pairs et IA

Le frein majeur en langues vivantes reste le temps de parole disponible en classe. Deux ressources changent l’échelle :

  • Beegup (collège / lycĂ©e)
    Plateforme conversationnelle sécurisée pour des échanges en anglais, espagnol, allemand et FLE. Points clés :

    • messagerie audio/texte, appels audio/vidĂ©o sans transfert de donnĂ©es personnelles ;
    • deux interfaces (collège / lycĂ©e) pour adapter les usages ;
    • sujets de conversation, revue de presse vidĂ©o authentique, Ă©valuation CECRL.
  • NihaoChinois (enseignement du chinois)
    Plateforme qui s’appuie sur l’IA générative pour :

    • crĂ©er des activitĂ©s personnalisĂ©es Ă  partir des consignes de l’enseignant ;
    • gĂ©nĂ©rer des supports adaptĂ©s au niveau rĂ©el de la classe ;
    • proposer des parcours d’apprentissage sur mesure pour chaque Ă©lève.

Pour un professeur de langues, la vraie valeur ajoutée, c’est de pouvoir multiplier les situations d’oral authentique tout en gardant la main sur les contenus, les consignes et le suivi.

2.3. Sciences, culture et citoyenneté : des expériences impossibles en classe

Plusieurs ressources Édu-Up permettent d’explorer ce qui serait trop coûteux, dangereux ou complexe en présentiel :

  • FizziQ Junior & FizziQ Junior II (cycle 3) : le smartphone devient laboratoire portable ; les capteurs (son, lumière, mouvement, couleur…) servent Ă  mener des expĂ©riences scientifiques Ă  l’école ou dehors.
  • XpLive (secondaire) : plateforme de crĂ©ation et de partage de protocoles scientifiques, avec collecte et visualisation en temps rĂ©el des rĂ©sultats de la classe.
  • Vittascience IA : interface simple pour faire manipuler des modèles d’IA et des rĂ©seaux de neurones de la maternelle au supĂ©rieur, avec visualisation des zones d’attention et programmation en Adacraft ou Python.
  • SIM’Agora : jeu de simulation parlementaire pour travailler institutions, nĂ©gociation politique, enjeux environnementaux et art oratoire.

Ces outils permettent de :

  • faire vivre concrètement la mĂ©thode scientifique (hypothèse, protocole, mesures, interprĂ©tation) ;
  • travailler l’éducation Ă  l’image et Ă  l’esprit critique (ERSILIA, Nanouk) ;
  • aborder les compĂ©tences civiques et sociales de manière active (SIM’Agora, programme Empathic, Zamizen).

3. Inclusion scolaire : quand l’IA devient un outil d’accessibilité

L’école inclusive n’est pas un slogan dans le dispositif Édu-Up : une part importante des projets vise précisément les élèves à besoins éducatifs particuliers.

3.1. Adapter les supports avec l’IA : un gain de temps massif

Pour un enseignant, adapter tous les documents à la main est irréaliste. C’est là que des solutions comme AccessDoc changent la donne.

  • AccessDoc
    Plateforme qui rend les documents pédagogiques accessibles aux élèves non-voyants, malvoyants ou avec troubles cognitifs. Elle permet :
    • d’importer des .docx ou .pdf, ou de photographier un document papier ;
    • d’utiliser l’OCR, la description automatique d’images, la restitution de formules en LaTeX ;
    • de dĂ©tecter les Ă©lĂ©ments non accessibles et proposer des corrections ;
    • d’affiner les adaptations grâce Ă  des requĂŞtes IA.

En pratique, un professeur peut :

  1. déposer sa fiche de cours standard sur la plateforme ;
  2. générer une version accessible pour un élève malvoyant, une autre pour un élève DYS ;
  3. conserver ces modèles pour les séquences suivantes.

Résultat : moins de temps passé à bricoler des adaptations, plus de temps pour penser la pédagogie.

3.2. Orientation et lycée pro : sécuriser le parcours des élèves fragiles

L’IA est aussi utilisée pour accompagner les moments charnières : orientation et voie professionnelle.

  • ExoPro (prototype)
    Application inclusive pour les 12–18 ans en démarche d’orientation ou en voie pro. Particulièrement adaptée aux élèves avec troubles du neurodéveloppement ou grandes difficultés scolaires. Elle propose :

    • des activitĂ©s sur les compĂ©tences mĂ©tiers et prĂ©professionnelles ;
    • des supports structurĂ©s pour le Parcours Avenir ;
    • un renforcement de l’engagement (petits pas, feedbacks frĂ©quents).
  • Jexplore – univers virtuels professionnels
    Plus de 100 expériences métiers en réalité virtuelle pour découvrir des secteurs en tension, d’avenir ou méconnus, en partenariat avec les entreprises. Outil puissant pour :

    • ouvrir le champ des possibles, surtout pour les Ă©lèves Ă©loignĂ©s de certains milieux professionnels ;
    • parler très concrètement de compĂ©tences, de conditions de travail, de gestes professionnels.

Pour les équipes de lycée professionnel, croiser ExoPro, Jexplore et les accompagnements en présentiel permet d’offrir un parcours d’orientation beaucoup plus sécurisant, centré sur les forces et besoins de chaque élève.

3.3. Trouble des apprentissages, handicap, TND : un écosystème complet

Le catalogue Édu-Up forme progressivement un véritable écosystème de ressources inclusives :

  • Lecture / langage : Ridisi, Corneille, Lilote, Story Play’R, Lescalire, Bookinou ;
  • Maths adaptĂ©es : DĂ©dys, Mathpower, Cartable fantastique, Cabri Express Primaire Lab ;
  • CompĂ©tences psychosociales : Ben le Koala, Ben le Koala 2, Zamizen, Empathic, Buddy le robot ;
  • Handicap visuel et moteur : DV-FABRIQUE, LilĂ©mo / LiEnBraille, Cantoo Scribe, Cantoo Exams.

L’intérêt de cette diversité, c’est que chaque équipe peut composer sa propre trousse d’outils, en fonction de son projet d’école ou d’établissement.


4. Personnaliser sans se perdre : comment déployer ces ressources dans un établissement

Disposer de dizaines de solutions, c’est bien. Les intégrer de façon cohérente, c’est autre chose. Voilà ce qui fonctionne dans les écoles et collèges qui tirent le meilleur du dispositif Édu-Up.

4.1. Partir des besoins, pas des outils

Avant de tester la moindre application, clarifier collectivement :

  • quels sont les problèmes concrets Ă  traiter ? (manque d’oral en langues, difficultĂ©s de lecture en cycle 2, orientation subie, etc.) ;
  • quels niveaux / classes sont prioritaires ? ;
  • quels temps peuvent ĂŞtre dĂ©diĂ©s Ă  ces usages (AP, co-intervention, ateliers, devoirs faits, internat… ).

Ensuite seulement, choisir 2 ou 3 ressources maximum Ă  tester pour un trimestre, avec :

  • un pilote (prof rĂ©fĂ©rent par outil) ;
  • des objectifs mesurables (ex : « +10 % d’élèves de 6e atteignant le niveau attendu en calcul mental ») ;
  • un retour d’expĂ©rience formalisĂ© (court, mais Ă©crit).

4.2. Combiner IA et liberté pédagogique

L’IA éducative peut facilement dériver vers le « tout automatisé ». Pour l’éviter, trois garde-fous :

  1. Les professeurs gardent la main sur les objectifs : l’IA adapte la forme, pas le sens des apprentissages.
  2. Les données servent d’abord au dialogue pédagogique : entre enseignants, avec les élèves, avec les familles.
  3. Les élèves comprennent les règles du jeu : ce que fait l’algorithme, ce qu’il ne fait pas, comment contester ou compléter un résultat.

Les solutions Édu-Up les plus intéressantes (Logbook, Vittascience IA, KartOOn, NihaoChinois, AccessDoc, etc.) s’inscrivent déjà dans cette logique :

  • Logbook analyse les feedbacks oraux du professeur, mais c’est bien l’enseignant qui choisit les retours et interprète les tableaux de bord ;
  • Vittascience IA montre les entrailles des modèles, au lieu de prĂ©senter l’IA comme une boĂ®te noire ;
  • KartOOn permet de mesurer des Ă©carts de performance filles/garçons en maths, ouvrant la porte Ă  un dĂ©bat pĂ©dagogique sur les stĂ©rĂ©otypes.

4.3. Associer les élèves et les familles

Pour que l’apprentissage personnalisé ne soit pas perçu comme une stigmatisation ou une « punition numérique », quelques principes simples aident :

  • transparence : expliquer pourquoi tel Ă©lève utilise Cantoo Scribe, LilĂ©mo, Zamizen ou Ben le Koala ;
  • valorisation : prĂ©senter ces outils comme des aides Ă  la rĂ©ussite, pas comme des bĂ©quilles honteuses ;
  • continuitĂ© Ă©cole–famille : choisir des ressources utilisables aussi Ă  la maison (Bookinou, Ben le Koala, Meludia, Plume, etc.), et accompagner les parents dans leur prise en main.

5. Vers une IA vraiment au service de l’élève français

Les ressources Édu-Up montrent qu’on peut faire de l’IA à l’école sans renoncer à ce qui fait la spécificité de l’éducation française :

  • un socle commun exigeant ;
  • une forte ambition inclusive ;
  • la confiance dans le jugement professionnel des enseignants.

La période est idéale : entre bilan de fin d’année civile et préparation des projets 2026, les équipes peuvent identifier quelques priorités claires et tester 2 ou 3 outils ciblés autour d’un même objectif :

  • mieux suivre les progrès de chaque Ă©lève en maths ;
  • sĂ©curiser les Ă©lèves fragiles au moment de l’orientation ;
  • faciliter l’adaptation des supports pour l’école inclusive.

La question n’est plus de savoir si l’IA sera présente dans l’éducation française, mais comment. Le dispositif Édu-Up montre qu’il existe déjà une voie exigeante : des outils publics ou partenaires, pensés pour la classe, pensés pour la diversité des élèves.

Aux équipes de terrain maintenant de s’en emparer, progressivement, à leur manière. C’est là que l’IA cessera d’être un sujet d’actualité pour devenir, simplement, un levier discret d’apprentissage personnalisé.