Les nouveautés Autodesk Docs de novembre 2024 améliorent traçabilité, workflows et reporting pour des chantiers plus intelligents et pilotés par la donnée.

Pourquoi les nouveautés Autodesk Docs de novembre 2024 comptent pour vos chantiers
Sur un projet BTP français moyen, on parle facilement de des milliers de documents : plans, maquettes, visas, comptes rendus, DOE… Chaque erreur de version coûte cher. La plupart des entreprises le savent, mais beaucoup continuent à perdre du temps dans des exports manuels, des listes Excel bricolées et des workflows d’approbation flous.
Les nouveautés Autodesk Docs – novembre 2024 vont clairement dans le sens d’un chantier plus intelligent, plus traçable et plus pilotable par les données. Ce n’est pas juste « quelques boutons en plus » : on voit se dessiner une plateforme où la donnée projet devient exploitable par tous, du conducteur de travaux au contrôleur de gestion.
Dans cet article, je reprends les 10 nouveautés annoncées, mais surtout je vous montre ce que ça change concrètement pour un bureau d’études, une entreprise générale ou une PME du BTP qui veut professionnaliser son environnement numérique de chantier.
1. Export des données d’activité : la traçabilité enfin exploitable
La nouvelle fonction d’export des données d’activité en XLSX transforme l’historique de projet en tableau d’analyse actionnable.
Ce que permet l’export d’activité
Les administrateurs de projet peuvent maintenant :
- Exporter toute l’activité du projet (ou filtrée) au format Excel
- Partager ce fichier avec des équipes internes ou des partenaires externes (AMO, MOA, OPC…)
- Croiser ces données avec d’autres sources (planning, coûts, non-conformités)
Concrètement, vous pouvez analyser :
- Qui consulte vraiment quelles maquettes et quels plans
- Les délais moyens entre mise à jour d’un document et son approbation
- Les dossiers ou types de fichiers qui génèrent le plus de modifications
Exemple d’usage dans le BTP français
Sur un projet de rénovation en milieu occupé, un conducteur de travaux peut extraire les activités liées aux fiches de modifications et les rapprocher des ordres de service. Résultat : une vision claire des boucles de décision lentes et des interlocuteurs qui bloquent.
Pour une direction technique, c’est aussi un moyen de documenter sa conformité BIM en cas de litige : l’historique ne reste plus enfermé dans la plateforme, il devient un élément de preuve structuré.
2. Numéros de projet visibles et recherchables : moins d’erreurs, plus de clarté
Les numéros de projet apparaissent désormais dans le sélecteur de projet et peuvent être recherchés. Ça paraît anodin, mais pour les groupes qui gèrent des dizaines de chantiers en parallèle, c’est un vrai sujet.
Pourquoi c’est clé pour les grandes structures
Beaucoup d’entreprises françaises utilisent déjà une codification stricte :
- Année – Type d’opération – Client – Numéro d’affaire
- Codes régionaux ou d’agence
- Lien avec l’ERP ou l’outil de gestion d’affaires
En rendant ce numéro visible et searchable :
- On réduit les risques d’ouvrir le mauvais projet (classique quand les noms sont proches)
- On aligne Autodesk Docs avec le référentiel d’entreprise
- On facilite l’onboarding de nouveaux collaborateurs qui ont le réflexe « numéro d’affaire » plutôt que « nom marketing du projet »
Pour un BE national ou une entreprise générale multi-agences, c’est une brique essentielle de gouvernance.
3. Copie de modèles de projet : industrialiser la mise en place de vos chantiers
La possibilité de copier un modèle de projet existant va directement dans le sens d’une industrialisation des déploiements BIM.
Le problème actuel
Sans modèle duplicable, chaque nouveau projet implique :
- Recréer l’arborescence de dossiers
- Reconfigurer les permissions
- Reprogrammer les workflows d’approbation
- Reparamétrer les conventions de nommage
Résultat : des incohérences d’un projet à l’autre, des oublis, et un temps perdu à refaire toujours la même chose.
Ce que change la copie de modèles
Les administrateurs de compte et de projet peuvent maintenant :
- Créer un modèle “type logement”, “type hospitalier”, “type industriel”
- Le copier à chaque nouvelle affaire
- Ajuster uniquement les spécificités du projet (client, dates, particularités contractuelles)
Pour une entreprise qui lance 30 projets par an, c’est plusieurs jours d’administration économisés, mais surtout une homogénéité des pratiques : même structure, mêmes droits, mêmes workflows.
4. Bridge et sous-dossiers : automatiser le partage multi-acteurs
La fonction Bridge prend désormais en charge les sous-dossiers dans les automatisations de dossier. Lorsqu’un pont est configuré, on peut inclure tous les sous-dossiers dans les mises à jour automatiques.
Pourquoi c’est décisif pour les groupements et sous-traitants
Sur un marché en groupement (ou avec beaucoup de sous-traitants) :
- Le mandataire gère souvent la maquette et les plans “master”
- Chaque co-traitant ou sous-traitant a sa propre plateforme ou son propre compte
Bridge permet de :
- Synchroniser automatiquement un dossier et toute sa hiérarchie vers un autre compte
- Réduire les envois manuels et les oublis de sous-dossiers
- Harmoniser le flux d’information entre plusieurs entités
Le détail important :
Lors d’un partage automatisé, le titre de la transaction entrante et sortante est désormais le nom réel du fichier ou de la feuille.
Conséquence directe :
- Meilleure lisibilité de l’historique d’échanges
- Audits plus simples
- Moins de confusion pour les équipes terrain qui suivent les mises à jour
5. Nouvel attribut « Description » de dossier : donner du sens à l’arborescence
Les membres peuvent maintenant modifier, afficher et rechercher un attribut Description au niveau des dossiers.
Comment l’utiliser intelligemment
Cet attribut permet de documenter :
- Le contenu réel du dossier (ex. « Plans APD validés client au 14/02/2025 »)
- Les règles d’usage (ex. « Dossier réservé aux visas MOE, ne pas déposer de versions de travail »)
- Les références contractuelles (ex. « Correspond au lot 03 – Gros œuvre du CCTP »)
Sur un gros projet, ça devient un guide de navigation pour les nouveaux arrivants, les MOA, ou les équipes de contrôle externe.
Attention : cette fonction n’est pas supportée par l’API Fichiers pour l’instant. Si vous avez des scripts ou connecteurs maison, prévoyez que cette info reste pour l’instant front-office.
6. Limites d’autorisations : vers une gouvernance plus saine
Les droits sur les fichiers sont désormais limités à :
- 400 membres individuels
- 400 rôles
- 400 entreprises
par dossier.
Pourquoi ces limites sont plutôt une bonne nouvelle
Sur le terrain, dès qu’on voit un dossier avec des centaines de permissions individuelles, on sait qu’il y a un risque :
- Compréhension faible de qui voit quoi
- Maintenance lourde à chaque arrivée/départ
- Risque de fuite ou d’accès excessif
Ces nouvelles limites poussent à :
- Structurer les droits autour de rôles (Conducteur travaux, Dessinateur, MOE, MOA…)
- Utiliser les entreprises comme entités d’autorisation
- Bannir les permissions « au cas par cas » qui rendent le système illisible
En clair : Autodesk force à adopter une gouvernance des droits plus professionnelle, ce qui est indispensable dès qu’on parle de maquette numérique réglementaire, de données sensibles ou de marchés publics.
7. Conventions de nommage dans les modèles : fiabiliser vos documents
Les administrateurs de compte peuvent désormais créer et gérer des conventions de nommage directement dans les modèles de projet.
Impact sur la qualité des livrables
Une bonne convention de nommage réduit :
- Les erreurs de version (V01, V02, VF…)
- Les confusions entre disciplines (ARCH, STR, MEP, VRD…)
- Les oublis d’information (phase, bâtiment, niveau, zone)
En intégrant ces règles dans le modèle lui-même :
- Chaque nouveau projet démarre avec la bonne convention
- Les équipes n’ont plus à se demander « quel fichier doit s’appeler comment »
- Les contrôles qualité peuvent être partiellement automatisés (détection des fichiers hors normes)
Pour un maître d’ouvrage exigeant ou dans le cadre d’un cahier des charges BIM strict, c’est un levier fort pour fiabiliser les rendus et préparer un DOE numérique propre.
8–9. Workflows d’approbation : plus de souplesse, plus de visibilité
Deux évolutions ciblent directement les workflows de visa/revue :
- Les réviseurs peuvent suggérer des valeurs d’attribut durant une étape active
- Les dates d’échéance sont affichées avec horodatage précis dans la vue liste et la page de détail
8. Suggestion de valeurs d’attribut par les réviseurs
Lors de la configuration d’un workflow, les administrateurs peuvent autoriser les réviseurs à proposer des valeurs d’attribut (par exemple : statut contractualisé, numéro de visa, phase, discipline, typologie de document…).
L’approbateur final :
- Revoit ces suggestions
- Les valide ou les corrige
- Les applique au fichier une fois l’approbation donnée
Avantage clé :
- Le remplissage des métadonnées n’est plus uniquement une tâche administrative
- Les experts métier (MOE, synthèse, contrôle technique) contribuent à la qualité de la donnée
9. Visualisation détaillée des dates d’échéance
Les membres voient maintenant la date et l’heure exactes des échéances des étapes de flux de travail.
Effets concrets :
- Meilleure tenue des délais contractuels de visa
- Moins de malentendus du type « je croyais que c’était pour vendredi »
- Possibilité de prioriser les revues les plus urgentes
Pour un chef de projet, c’est une donnée clé pour piloter la pression sur les équipes de revue, surtout sur les phases PRO/DCE où les allers-retours explosent.
10. Power BI – Rapport d’interférences finalisé et 46 modèles à exploiter
Le modèle Power BI « Rapport d’interférences (clashes) » sort de bêta et devient une version finalisée, plus cohérente et plus lisible (noms de champs, descriptions, etc.).
Pourquoi les rapports d’interférences sont stratégiques
Les clashes ne sont pas qu’un sujet technique :
- Ils ont un impact direct sur les coûts (TMA, travaux modificatifs, retards)
- Ils reflètent la qualité de coordination entre BE, entreprises et synthèse
Avec un rapport structuré dans Power BI, vous pouvez :
- Visualiser quelles disciplines sont les plus conflictuelles
- Identifier les zones du bâtiment les plus à risque
- Suivre l’évolution du nombre de clashes avant/après revue
46 modèles Power BI à ne pas laisser dormir
Autodesk met à disposition 46 modèles Power BI couvrant entre autres :
- Administration compte et projet
- Ressources (compte et projet)
- KPI Construction – Qualité et Coût
- Coûts (compte et projet)
- Docs (compte et projet)
- Field Management, Formulaires, Problèmes (compte et projet)
- Soumissions, Gestion de projet, IQ…
Pour une direction de travaux ou une direction d’exploitation, c’est la base d’un pilotage par la donnée : vous ne gérez plus le BIM « à la sensation », mais avec des indicateurs objectivés.
Comment tirer parti de ces nouveautés dès maintenant
Voici une approche pragmatique pour une entreprise française qui veut profiter de ces évolutions sans se noyer :
-
Standardiser vos modèles de projet
- Créez 2–3 modèles types (logement, tertiaire, industriel)
- Intégrez conventions de nommage, arborescence, droits, workflows
-
Mettre en place une gouvernance des droits
- Utilisez les rôles et entreprises plutôt que des droits individuels
- Vérifiez que chaque dossier respecte les nouvelles limites intelligemment
-
Activer un premier niveau de reporting
- Exploitez l’export d’activité pour analyser un projet pilote
- Déployez au moins 2 modèles Power BI (par exemple « Docs – Projet » et « KPI Construction – Qualité »)
-
Renforcer vos workflows de visa
- Autorisez la suggestion de valeurs d’attribut par les réviseurs
- Sensibilisez les équipes à l’usage des dates d’échéance comme vrai engagement
-
Documenter vos dossiers
- Utilisez l’attribut Description sur les dossiers clés (DOE, contrats, visa, maquettes master)
- Faites-en un standard dans vos modèles de projet
Ces actions, mises bout à bout, rapprochent très clairement votre organisation de l’objectif de campagne : des chantiers plus intelligents, pilotés par la donnée et soutenus par l’IA que vous pourrez ensuite brancher sur ces fondations.
La prochaine étape : du BIM outillé au chantier vraiment intelligent
Les nouveautés Autodesk Docs de novembre 2024 montrent une direction claire :
Le cœur du chantier intelligent, ce n’est pas uniquement la maquette. C’est la donnée structurée, traçable, exploitable.
En améliorant l’export, les workflows, les conventions de nommage et les tableaux de bord, Autodesk fournit les briques pour :
- Automatiser des contrôles qualité
- Alimenter des modèles d’IA de prédiction des risques
- Construire un retour d’expérience robuste d’un projet à l’autre
Si vous voulez que l’IA devienne un vrai allié dans votre production – et pas un gadget de plus – la priorité, c’est de mettre votre environnement Autodesk Docs au niveau : modèles propres, workflows clairs, droits maîtrisés, data exploitable.
Ensuite seulement, on pourra parler d’IA qui anticipe les dérives planning, alerte sur les zones à risque ou propose des optimisations. Et tout ce travail commence, très concrètement, par ces 10 nouveautés.