Comment Acoem utilise Sage X3 pour centraliser ses données, piloter sa performance industrielle, anticiper la facture électronique et préparer l’IA de gestion.

Comment Acoem tire parti d’un ERP intégré Sage X3
En quelques années, Acoem est passée d’une ex‑filiale d’Areva à une ETI industrielle internationale, avec 900 salariés, 8 sites de production et 5 centres R&D. Ce type de croissance met à rude épreuve la finance, la supply chain et l’IT : sans système de gestion solide, les données se fragmentent et les marges se dégradent.
Voici le point clé : Acoem a réussi à garder le contrôle grâce à un ERP très intégré, Sage X3, utilisé par 280 collaborateurs en France et à l’international. Son retour d’expérience est une mine d’enseignements pour les directions financières, DAF externalisés et experts-comptables qui accompagnent des PME et ETI industrielles.
Ce cas montre comment un ERP bien pensé permet de centraliser la donnée, piloter la production, sécuriser la facturation électronique et préparer les usages d’IA de gestion, sans perdre les équipes en route.
1. Acoem : un cas concret de complexité industrielle maîtrisée
Pour comprendre l’intérêt d’un ERP industriel intégré, il suffit de regarder le métier d’Acoem. L’entreprise conçoit et fabrique :
- des capteurs de qualité de l’air et de surveillance acoustique ;
- des équipements de fiabilité industrielle (vibrations, alignement d’équipements) ;
- des machines de laboratoire pour tester des comportements en situation ;
- des solutions d’analyse de tirs pour la défense ;
- des prestations de services et d’analyses vibratoires.
En France, ce périmètre représente environ 50 M€ de chiffre d’affaires. On est loin d’un modèle simple : matériels, logiciels, services, contrats au forfait, projets…
Pourquoi ce contexte parle directement aux experts-comptables et DAF ?
Parce qu’on retrouve ici toutes les difficultés classiques :
- multiprojet et multi‑business model (produits + services + projets) ;
- besoin de traçabilité fine des coûts par contrat ou affaire ;
- coordination entre R&D, production, logistique, ventes et finance ;
- enjeux de conformité (défense, environnement, bientôt facture électronique généralisée).
Un simple logiciel comptable ou un outil de gestion commerciale isolé ne suffit plus. L’enjeu devient clairement l’intégration.
2. Pourquoi un ERP intégré change la donne pour la performance
Chez Acoem, Sage X3 ne sert pas qu’à la comptabilité. L’ERP couvre quasiment toute la chaîne de valeur :
- achats ;
- ventes et administration des ventes ;
- planification et pilotage de la production ;
- logistique et stocks ;
- qualité ;
- comptabilité générale, analytique et finance.
C’est exactement le type de périmètre qu’un expert-comptable ou un DAF cherche à cartographier lorsqu’il audite un système d’information de PME ou ETI.
Les gains concrets de cette intégration
Un ERP industriel intégré comme Sage X3 apporte plusieurs effets immédiats :
-
Une seule base de données de référence
Plus de tableaux Excel parallèles pour les prix, les nomenclatures, les délais. Tout part de la même source. Résultat : moins d’erreurs, moins de litiges clients, une vision fiable des marges. -
Un fil rouge de la commande au cash
De la prise de commande à la facture, chaque étape est tracée dans le même système : approvisionnements, ordres de fabrication, contrôles qualité, expéditions, facturation, encaissements. -
Un dialogue facilité entre métiers et finance
Quand production, logistique, ADV et compta travaillent dans le même outil, la donnée financière cesse d’être « en bout de chaîne ». On peut construire un pilotage économique en temps réel, et pas uniquement en clôture mensuelle. -
Une préparation naturelle à l’IA de gestion
Pour intégrer des briques d’IA (prévision de la demande, recommandations de trésorerie, alertes sur les marges), il faut des données propres, structurées, centralisées. L’ERP devient la colonne vertébrale idéale.
Pour un cabinet d’expertise comptable, recommander ce type d’architecture à ses clients industriels, c’est aussi sécuriser la qualité de l’information financière sur laquelle repose tout conseil.
3. La migration Sage X3 : plus qu’une simple mise à jour
Acoem utilise Sage X3 depuis une vingtaine d’années. La récente migration vers la dernière version n’a pas été traitée comme un projet purement technique, mais comme un projet de remise à plat des processus.
L’architecte applicatif d’Acoem explique que le plus gros du travail a été l’inventaire complet des processus métiers. C’est exactement là que les experts-comptables peuvent jouer un rôle clé :
- challenger la cohérence entre process opérationnels et schémas comptables ;
- pousser Ă la simplification des circuits de validation ;
- rationaliser les plans de comptes et axes analytiques ;
- rapprocher la gestion des affaires / contrats de la vision de rentabilité par client.
Ce que la nouvelle version apporte concrètement
La migration a offert plusieurs avancées structurantes :
- Déverticalisation : certains modules autrefois spécifiques passent en standard (ex. gestion des contrats de services, gestion à l’affaire). Moins de spécifique = un ERP plus maintenable et plus évolutif.
- Ergonomie modernisée :
- principe de page unique déroulante ;
- raccourcis pour accéder directement à l’information utile ;
- affichages personnalisables selon le profil utilisateur ;
- interface responsive adaptée aux écrans mobiles ou tablettes.
Dans la pratique, cela réduit la résistance au changement, un point souvent sous‑estimé. Si l’outil est agréable et rapide, les opérationnels saisissent mieux et plus tôt les informations… et la qualité de la donnée comptable s’améliore mécaniquement.
Pour un cabinet, c’est la différence entre :
- un ERP vécu comme une contrainte, source d’erreurs et de retraitements ;
- un ERP vécu comme un outil métier, qui alimente directement la tenue comptable, le reporting, la consolidation et bientôt l’IA.
4. 280 utilisateurs connectés : le pouvoir de la donnée partagée
Chez Acoem, 280 utilisateurs en France et à l’étranger se connectent à Sage X3. Ce chiffre en dit long : l’ERP n’est plus « un outil de la finance », mais un système d’information d’entreprise.
La supply chain pilotée dans l’ERP
Sur le site de Lissieu, le Directeur supply chain et son équipe d’une trentaine de personnes pilotent :
- gammes et nomenclatures ;
- ordonnancement ;
- suivi de fabrication ;
- stocks ;
- délais de livraison.
L’ERP joue ici le rôle de « gardien de l’alignement opérationnel » : chacun travaille sur les mêmes données, qu’il soit à l’atelier, au bureau des méthodes, au commerce ou à la finance.
Pour un expert-comptable ou un DAF, cela signifie :
- des écarts de production traçables ;
- des valorisations de stocks maîtrisées ;
- des marges industrielles calculées sur des données réelles, pas sur des moyennes approximatives.
Le module de gestion à l’affaire : l’arme secrète d’Acoem
Le module de gestion à l’affaire est l’un des points forts du système Acoem. Chaque contrat client est rattaché à un numéro d’affaire unique qui permet de centraliser :
- devis, commandes, livraisons, factures ;
- achats, consommations, temps passés ;
- interventions SAV et contrats de service.
En un clic, l’entreprise visualise :
- la performance économique de l’affaire (CA, coûts, marge) ;
- l’avancement des travaux ;
- les écarts par rapport au budget.
Pour la fonction finance et les experts-comptables, c’est un terrain de jeu idéal pour l’analyse :
- calcul de rentabilité par affaire, par client, par segment ;
- identification des contrats structurellement non rentables ;
- justification fine des provisions, cut‑off et travaux d’inventaire.
C’est aussi une base parfaite pour des modèles d’IA de gestion capables de détecter les affaires déviantes en temps réel et de suggérer des actions correctives (renégociation, re‑engineering, ajustement des prix ou des délais).
5. Partenaire intégrateur et facture électronique : le tandem gagnant
Acoem est accompagnée par un intégrateur spécialisé, Experium Consulting, qui connaît à la fois Sage X3 et le métier industriel. C’est un point souvent sous‑estimé : l’ERP seul ne suffit pas, il faut un binôme éditeur / intégrateur / conseil solide.
Pour les experts-comptables et DAF, il y a un message clair :
- participer au choix du partenaire d’intégration ;
- exiger une vraie compétence métier (industrie, négoce, services…) ;
- se positionner comme co‑pilote du projet, notamment sur les volets finance, fiscalité, contrôle interne et conformité.
Anticiper la facture électronique grâce à l’ERP
Acoem a clairement indiqué que la facture électronique est l’un des moteurs de la migration vers la dernière version de Sage X3. Bien conseillée, l’entreprise a choisi de :
- baser la facturation sur un ERP déjà pré‑configuré pour la e‑facturation ;
- réduire les spécifiques au profit des standards pour mieux suivre les évolutions réglementaires ;
- fiabiliser les données clients, TVA, conditions de paiement et mentions obligatoires.
Pour la profession comptable française, c’est une opportunité énorme :
- accompagner les clients dans le choix et le paramétrage d’un ERP compatible e‑facturation ;
- sécuriser les schémas de TVA dans les flux automatisés ;
- utiliser la facture électronique comme tremplin vers une donnée fiabilisée et exploitable par l’IA.
La vérité, c’est que les entreprises qui attendront le dernier moment pour se mettre en conformité subiront la réglementation. Celles qui alignent dès maintenant ERP, facture électronique et IA de gestion vont prendre une longueur d’avance en pilotage de trésorerie et en maîtrise du BFR.
6. Ce que les experts-comptables peuvent retenir du cas Acoem
L’expérience d’Acoem avec Sage X3 illustre bien ce que devrait être un projet ERP réussi pour une PME ou une ETI industrielle :
- Un ERP couvrant l’ensemble des processus clés (achats, ventes, production, logistique, finance) plutôt qu’une mosaïque d’outils.
- Une migration utilisée comme levier de remise à plat des processus, pas comme une simple mise à jour technique.
- Une gestion à l’affaire solide, pour relier opérationnel et performance économique.
- Une anticipation de la facture électronique, intégrée dans la stratégie SI et non traitée en urgence.
- Un triptyque gagnant : direction métier + DAF / expert-comptable + intégrateur spécialisé.
Pour les experts-comptables français qui veulent passer d’un positionnement « tenue et déclarations » à un rôle de conseil en pilotage et en SI de gestion, ce type de projet est idéal :
- il parle directement aux enjeux de leurs clients industriels ;
- il crée un lien fort et durable avec la direction générale ;
- il ouvre la voie à de nouvelles missions autour de l’IA de gestion, du reporting prédictif et du contrôle interne.
La prochaine étape logique pour des entreprises comme Acoem sera d’exploiter encore davantage l’IA sur cette base ERP solide : prévision de la demande, optimisation des achats, détection d’anomalies comptables, simulation de scénarios industriels et financiers.
Pour les cabinets et directions financières, la question n’est plus « faut‑il un ERP intégré ? », mais plutôt : « Comment organiser le tandem ERP + IA de gestion pour créer plus de valeur, maintenant ? »