SONATRACH accĂ©lĂšre lâinternationalisation de ses filiales SSPP. DĂ©couvrez comment lâIA peut sĂ©curiser performance, HSE et coĂ»ts Ă lâinternational.

IA et expansion internationale : cap sur les services
Le 22/10/2025, Ă BoumerdĂšs, SONATRACH a mis un sujet souvent sous-estimĂ© au centre de la table : exporter les services parapĂ©troliers de ses filiales (SSPP Holding) au-delĂ des frontiĂšres. Ce nâest pas juste une annonce institutionnelle. Câest une bascule stratĂ©gique : passer dâun modĂšle âacteur national solideâ Ă un modĂšle âprestataire rĂ©gional et internationalâ capable de se positionner sur des appels dâoffres, des contrats de services et des partenariats multi-pays.
La rĂ©alitĂ©, câest que lâinternationalisation ne se joue pas uniquement sur la qualitĂ© technique. Elle se joue sur la vitesse dâexĂ©cution, la maĂźtrise des coĂ»ts, la conformitĂ©, la sĂ©curitĂ©, et surtout la capacitĂ© Ă dĂ©cider vite avec des informations fiables. Et câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que lâintelligence artificielle (IA) devient un accĂ©lĂ©rateur concret pour le secteur de lâĂ©nergie et des hydrocarbures en AlgĂ©rie.
Dans cette sĂ©rie âComment lâIA soutient le secteur de lâĂ©nergie et des hydrocarbures en AlgĂ©rieâ, cet article prend le workshop SSPP comme point de dĂ©part pour montrer, trĂšs concrĂštement, comment une stratĂ©gie dâexpansion internationale peut ĂȘtre soutenue par la donnĂ©e, lâanalytique et lâIA â sans discours abstrait.
Lâinternationalisation des filiales : pourquoi câest maintenant
RĂ©ponse directe : SONATRACH a intĂ©rĂȘt Ă internationaliser ses filiales de services quand elle veut sĂ©curiser une croissance durable, lisser les cycles et renforcer sa compĂ©titivitĂ©.
Lors de lâouverture du workshop, le PDG du Groupe SONATRACH, M. Rachid HACHICHI, a insistĂ© sur un point clair : lâobjectif est dâexplorer de nouveaux marchĂ©s et dâidentifier des opportunitĂ©s, notamment en Afrique, riche en projets et en besoins en services pĂ©troliers. Cette orientation rĂ©pond Ă une logique industrielle : quand un groupe maĂźtrise une chaĂźne de valeur, il peut exporter son savoir-faire (forage, maintenance, logistique, inspection, HSE, ingĂ©nierie, etc.), pas seulement des molĂ©cules.
Mais exporter des services implique des contraintes trÚs différentes :
- Des environnements réglementaires variables (douanes, fiscalité, contenu local, visas, HSE).
- Des exigences contractuelles plus strictes (SLA, pénalités, reporting).
- Une compétition internationale structurée (références, certifications, délais).
- Des opérations multi-sites et multi-fuseaux horaires.
Ă ce stade, la donnĂ©e devient un actif stratĂ©gique. Et lâIA sert Ă la transformer en dĂ©cisions opĂ©rables.
Ce que lâIA change vraiment pour des opĂ©rations multi-pays
RĂ©ponse directe : lâIA rĂ©duit lâincertitude opĂ©rationnelle Ă lâinternational en amĂ©liorant la prĂ©vision, le pilotage et la dĂ©tection prĂ©coce des risques.
Quand une filiale parapĂ©troliĂšre sâimplante dans un nouveau pays, elle fait face Ă une question simple : âComment tenir le contrat, au coĂ»t prĂ©vu, sans accident, avec une qualitĂ© mesurable ?â Les approches classiques (tableurs, reporting tardif, dĂ©cisions âĂ lâexpĂ©rienceâ) atteignent vite leurs limites.
Pilotage opĂ©rationnel : du reporting au âtemps quasi rĂ©elâ
Une expansion internationale rĂ©ussie suppose un centre de pilotage capable dâagrĂ©ger des donnĂ©es hĂ©tĂ©rogĂšnes :
- performance des équipements (capteurs, SCADA, compte-rendus),
- consommation de piÚces et délais fournisseurs,
- temps dâintervention et productivitĂ©,
- incidents HSE et quasi-accidents,
- retards logistiques (ports, routes, frontiĂšres),
- disponibilité des équipes.
Avec des modĂšles dâIA (prĂ©visions, dĂ©tection dâanomalies, classification dâincidents), on passe dâune logique :
âOn constate aprĂšs coupâ
Ă une logique :
âOn anticipe avant que ça ne coĂ»te cher.â
Maintenance prĂ©dictive : Ă©viter les arrĂȘts qui ruinent la marge
Sur des contrats de services, un arrĂȘt non planifiĂ© peut dĂ©clencher : pĂ©nalitĂ©s, surcoĂ»ts de mobilisation, rĂ©putation abĂźmĂ©e, voire perte du client. La maintenance prĂ©dictive est lâun des usages IA les plus rentables, car elle vise un levier direct : la disponibilitĂ©.
Dans la pratique, cela signifie :
- détecter un comportement anormal (vibrations, température, pression),
- estimer une probabilité de défaillance,
- recommander une fenĂȘtre dâintervention,
- prĂ©parer les piĂšces et la main dâĆuvre.
Le point important : ce nâest pas âfaire de lâIA pour faire de lâIAâ. Câest protĂ©ger la marge et fiabiliser la promesse contractuelle.
Qualité & conformité : standardiser sans rigidifier
Ă lâinternational, le risque est de ârĂ©inventer la roueâ site par site. LâIA peut aider Ă :
- standardiser les check-lists HSE et qualité,
- analyser automatiquement les rapports dâintervention,
- repérer les écarts récurrents,
- proposer des actions correctives.
RĂ©sultat : des opĂ©rations plus homogĂšnes, mĂȘme quand lâorganisation grandit vite.
DĂ©ploiement en Afrique : lâavantage compĂ©titif, câest lâexĂ©cution
Réponse directe : sur le continent africain, les acteurs qui gagnent sont ceux qui exécutent vite, de façon sûre, et qui prouvent leur performance par des indicateurs.
Le discours tenu lors du workshop souligne lâintĂ©rĂȘt dââexplorer de nouveaux horizonsâ en Afrique. Câest cohĂ©rent : la demande en services (infrastructures, production, midstream, HSE, inspection) est portĂ©e par des projets en dĂ©veloppement et des besoins de fiabilisation.
Mais voici ce que beaucoup dâentreprises sous-estiment : Ă qualitĂ© technique comparable, la diffĂ©rence se fait sur lâorganisation. LâIA est utile quand elle alimente trois capacitĂ©s clĂ©s.
1) Estimer la faisabilitĂ© dâun pays et dâun contrat
Avant de se positionner, il faut objectiver :
- le risque pays,
- la complexité logistique,
- la disponibilité de compétences,
- les exigences de contenu local,
- les dĂ©lais dâimportation.
Des approches analytiques (scoring, simulation, scénarios) permettent de prioriser les marchés au lieu de disperser les efforts.
2) Optimiser la chaĂźne logistique des services
Un service parapĂ©trolier, câest souvent : Ă©quipement + piĂšces + personnes + autorisations, au bon moment. LâIA aide Ă :
- prévoir la demande de piÚces,
- réduire les stocks immobilisés,
- minimiser les ruptures,
- choisir des routes et des fournisseurs selon la fiabilité.
Ă lâinternational, le stock nâest pas quâun coĂ»t : câest parfois une assurance-vie pour tenir le contrat. Lâenjeu est de trouver le point dâĂ©quilibre, et câest un problĂšme typiquement âdataâ.
3) Mesurer et prouver la performance
Pour gagner des marchés, il faut des références, mais aussi des preuves :
- taux de disponibilité,
- temps moyen de réparation,
- taux dâincidents,
- respect des délais.
LâIA ne remplace pas ces KPI ; elle aide Ă les fiabiliser, Ă les expliquer, et Ă relier causes et effets.
Les 5 cas dâusage IA les plus utiles pour SSPP Ă lâinternational
RĂ©ponse directe : pour une filiale de services, lâIA doit dâabord cibler la disponibilitĂ©, la sĂ©curitĂ©, les coĂ»ts et la qualitĂ©.
Voici une sĂ©lection pragmatique â celle que je recommande souvent quand lâobjectif est la performance opĂ©rationnelle et la crĂ©dibilitĂ© commerciale.
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DĂ©tection dâanomalies sur Ă©quipements critiques
- Objectif : rĂ©duire les arrĂȘts non planifiĂ©s.
- Données : capteurs, historiques de pannes, interventions.
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Prévision de consommation de piÚces et planification des achats
- Objectif : éviter ruptures et surstocks.
- Données : consommation, délais, criticité.
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Analyse automatique des rapports dâintervention (NLP)
- Objectif : extraire les causes fréquentes et standardiser les bonnes pratiques.
- Données : comptes-rendus, tickets, photos annotées.
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Optimisation des plannings équipes / engins
- Objectif : maximiser lâutilisation et minimiser les temps morts.
- Données : disponibilités, compétences, contraintes HSE.
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HSE augmentée : classification des incidents et prévention
- Objectif : rĂ©duire le taux dâincidents, dĂ©tecter les signaux faibles.
- Données : déclarations, audits, observations terrain.
Chaque cas dâusage doit ĂȘtre associĂ© Ă un indicateur business clair (ex. â-15% dâarrĂȘts non planifiĂ©sâ ou â-10% de stock immobilisĂ©â). Sinon, on se perd.
Conditions de succÚs : gouvernance des données et compétences terrain
Réponse directe : sans données fiables et sans appropriation par les équipes, un projet IA devient une vitrine coûteuse.
Le workshop SSPP rassemble dirigeants, holdings et filiales. Câest exactement le bon format pour poser les fondations : qui possĂšde quelles donnĂ©es, qui les standardise, qui les exploite, et qui dĂ©cide ?
Gouvernance : décider une fois, exécuter partout
Une expansion internationale impose une gouvernance âmulti-implantationsâ :
- dictionnaire de donnĂ©es commun (mĂȘmes dĂ©finitions de pannes, dĂ©lais, incidents),
- rÚgles de qualité des données (complétude, traçabilité),
- sécurité et accÚs (principe du moindre privilÚge),
- conformité (protection des données, contrats, exigences pays).
CompĂ©tences : data + opĂ©ration, pas lâun contre lâautre
LâIA dans lâĂ©nergie fonctionne quand :
- les data scientists comprennent les contraintes opérationnelles,
- les équipes terrain participent à la conception (étiquetage, retours),
- les managers pilotent par la preuve (KPI avant/aprĂšs).
La meilleure approche est souvent dâorganiser un binĂŽme : un responsable opĂ©ration + un responsable data/IA, avec un objectif commun et un calendrier court.
Ce que les décideurs peuvent faire dÚs janvier 2026
RĂ©ponse directe : lancer 2 Ă 3 pilotes IA orientĂ©s âcontratâ et bĂątir un socle donnĂ©es commun pour les filiales.
Fin dĂ©cembre, tout le monde parle de budgets et de plans annuels. Pour transformer lâintention en rĂ©sultats mesurables, je privilĂ©gie une feuille de route en trois Ă©tapes :
- Cartographier 10 flux de données critiques (maintenance, HSE, logistique, RH terrain, achats)
- Sélectionner 2 pilotes à ROI rapide (ex. maintenance prédictive + optimisation stocks)
- Industrialiser (standardisation, sécurité, intégration aux processus)
Le critĂšre de rĂ©ussite nâest pas la sophistication du modĂšle. Câest la capacitĂ© Ă amĂ©liorer la performance et Ă prouver lâamĂ©lioration dans des opĂ©rations rĂ©elles.
Une expansion internationale réussie se joue autant sur les algorithmes que sur la discipline opérationnelle.
SONATRACH, via SSPP, affirme une ambition claire dâouverture aux marchĂ©s internationaux. La meilleure façon de la rendre durable, câest de faire de lâIA un outil de pilotage, pas un projet isolĂ©. Si votre organisation (publique ou privĂ©e) veut avancer sur ce sujet en AlgĂ©rie, le bon point de dĂ©part est simple : choisir un cas dâusage, dĂ©finir un KPI, sĂ©curiser les donnĂ©es, et livrer un rĂ©sultat en 90 jours.
Et vous, dans un contexte dâexpansion internationale, quel serait le premier indicateur que vous voudriez suivre âen temps quasi rĂ©elâ : la disponibilitĂ©, la sĂ©curitĂ©, les coĂ»ts⊠ou les dĂ©lais ?