Former l’énergie avec l’IA : l’exemple SONATRACH

Comment l’IA peut transformer l’éducation et la formation professionnelle en AlgérieBy 3L3C

Accord SONATRACH–Mauritanie : comment l’IA peut rendre la formation hydrocarbures plus ciblée, mesurable et utile sur le terrain.

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Former l’énergie avec l’IA : l’exemple SONATRACH

Le 22/10/2025, à Nouakchott, SONATRACH a signé un contrat de formation avec la Société Mauritanienne des Hydrocarbures. Sur le papier, c’est “juste” un accord de montée en compétences en management et métiers transverses. Dans la réalité, c’est un signal fort : la bataille de l’énergie se joue aussi dans les salles de formation, les processus, et la façon dont on capitalise le savoir.

Dans cette série consacrée à « Comment l’IA peut transformer l’éducation et la formation professionnelle en Algérie », je défends une idée simple : une coopération technique sans une coopération sur la compétence devient vite fragile. Et c’est exactement là que l’IA peut soutenir le secteur de l’énergie et des hydrocarbures en Algérie : en rendant les programmes plus pertinents, plus rapides à déployer, et plus faciles à mesurer.

Une phrase qui résume bien l’enjeu : “Former mieux, c’est produire plus sûrement.”

Pourquoi un accord de formation compte autant dans les hydrocarbures

Réponse directe : parce que les hydrocarbures sont un secteur à forte intensité de risques, de standards et de coordination, où un écart de compétence se paie en sécurité, en performance et en coûts.

Le communiqué SONATRACH précise que l’accord vise à renforcer les compétences des collaborateurs de la partie mauritanienne en management et en métiers transverses. Ces compétences transverses (planification, achats, HSE, gestion de projet, maintenance, supply chain, contrôle interne, etc.) sont souvent sous-estimées. Pourtant, dans une chaîne de valeur pétrole & gaz, ce sont elles qui :

  • structurent la prise de décision,
  • sécurisent les opérations,
  • réduisent les arrêts non planifiés,
  • améliorent la conformité (qualité, HSE, audit),
  • fluidifient la coopération entre sites, filiales et partenaires.

Ce contrat, signé par Mme Souad ABDALLAH (SONATRACH Management Academy) et M. Taleb KHAYAR (Société Mauritanienne des Hydrocarbures), en présence notamment de responsables RH et de l’IAP (Institut Algérien du Pétrole), s’inscrit dans une logique claire : transférer du savoir-faire et renforcer les relations bilatérales.

Là où l’IA change la donne : passer d’une formation “catalogue” à une formation utile

Réponse directe : l’IA permet de personnaliser, d’industrialiser et de piloter la formation avec des preuves, plutôt qu’avec des impressions.

La plupart des programmes de formation échouent pour une raison banale : ils sont conçus “par thème”, pas “par impact”. On coche des modules. On distribue des attestations. Et sur le terrain, les habitudes restent les mêmes.

L’IA aide à faire l’inverse : partir du besoin opérationnel, puis construire un parcours.

Diagnostic des écarts de compétences (skills intelligence)

Objectif : savoir précisément qui a besoin de quoi, et dans quel ordre.

Concrètement, une approche IA peut combiner :

  • des référentiels de compétences (par métier : superviseur maintenance, planificateur, acheteur, chef de projet…),
  • des données RH (expérience, mobilité, historique de formation),
  • des données opérationnelles (incidents HSE, retards de projets, pannes récurrentes, non-conformités audit),
  • des auto-évaluations et quiz adaptatifs.

Résultat attendu : une cartographie dynamique des compétences critiques et des écarts. Dans un groupe énergétique, c’est précieux parce que les priorités bougent vite : nouveaux projets, nouveaux standards, sous-traitance, exigences de reporting, etc.

Parcours personnalisés et apprentissage adaptatif

Objectif : former moins “en volume” et plus “en pertinence”.

Au lieu d’un programme identique pour tous, on peut proposer :

  1. un socle commun (culture HSE, gouvernance, éthique, gestion des risques),
  2. un tronc métier (gestion de projet, contrats, maintenance, supply…),
  3. des micro-modules ciblés (30–45 minutes) déclenchés par un besoin réel.

Dans l’énergie, j’ai constaté que les micro-apprentissages fonctionnent bien : ils s’insèrent entre deux périodes d’activité, et on peut les relier à un cas concret (un incident, un audit, un arrêt d’unité).

Évaluation orientée performance (pas seulement satisfaction)

Objectif : mesurer ce qui change sur le terrain.

On connaît tous l’évaluation “à chaud” : “formateur excellent”, “salle confortable”. Ça ne dit rien sur l’impact.

Une approche sérieuse suit 3 niveaux :

  • Maîtrise : score avant/après (tests, simulations, cas pratiques).
  • Transfert : application au poste (observation, checklists, validation manager).
  • Impact : indicateurs opérationnels (ex. baisse des retards de maintenance planifiée, réduction des non-conformités, diminution des écarts HSE).

L’IA aide à relier ces couches, à détecter les corrélations, et à identifier les modules réellement utiles.

Coopération Algérie–Mauritanie : l’IA comme “langage commun” de la formation

Réponse directe : l’IA facilite la coopération transfrontalière en standardisant la connaissance, tout en adaptant les contenus aux réalités locales.

Le communiqué indique que le programme est “conçu et adapté aux besoins spécifiques de la partie mauritanienne”. C’est exactement le point sensible : un contenu trop générique est ignoré ; un contenu trop local devient difficile à transférer.

L’IA permet de tenir les deux :

Bibliothèques de connaissances et gestion documentaire intelligente

Dans les hydrocarbures, la connaissance est souvent dispersée : procédures, retours d’expérience, rapports d’incidents, guides d’exploitation, supports de formation. Une solution IA (avec moteur de recherche sémantique) peut :

  • retrouver “la bonne procédure” sans connaître le titre exact,
  • proposer des documents connexes (ex. procédure + checklist + REX),
  • résumer un rapport d’incident en points actionnables,
  • créer des quiz à partir des contenus validés.

Important : ce n’est pas un gadget. C’est un gain de temps quotidien pour les équipes.

Traduction assistée et harmonisation des terminologies

Entre équipes, sites et pays, le vrai problème n’est pas la langue ; c’est la terminologie. “Arrêt d’urgence”, “permis de travail”, “consignation”, “plan de levage”… si chacun utilise son propre vocabulaire, les malentendus apparaissent.

Des outils IA peuvent aider à maintenir :

  • un glossaire métier commun,
  • des modèles de documents harmonisés,
  • des versions multilingues alignées.

Classes virtuelles augmentées et tutorat à distance

Un accord de formation ne doit pas dépendre uniquement de déplacements. Avec une approche hybride :

  • classes virtuelles en direct,
  • ateliers sur cas réels,
  • coaching de managers,
  • forums internes modérés,

…on obtient une montée en compétences plus durable. L’IA peut soutenir le tutorat (FAQ interne, explications pas-à-pas, exercices générés), à condition que les contenus soient validés et que les rôles soient clairs.

Cas d’usage IA prioritaires pour SONATRACH Academy (et l’écosystème)

Réponse directe : commencez par 4 cas d’usage qui améliorent vite la qualité, la vitesse et la traçabilité de la formation.

Voici ceux qui donnent généralement le meilleur retour sur effort dans l’énergie :

  1. Assistant de formation interne (type “chat” privé) basé sur des documents approuvés : procédures, standards, supports SMA/IAP.
  2. Génération de scénarios de simulation (HSE, gestion de crise, maintenance, gestion de projet) à partir de REX réels.
  3. Planification intelligente des sessions (qui former, quand, sur quels sites) en tenant compte des contraintes d’exploitation.
  4. Détection des compétences critiques par analyse croisée RH + incidents + audits + performance projet.

Le fil rouge : une IA utile est une IA reliée à des indicateurs terrain.

Gouvernance : ce que beaucoup d’organisations ratent

Réponse directe : sans gouvernance, l’IA en formation crée du bruit, pas de la compétence.

Dans un secteur régulé et à risque, quelques règles sont non négociables :

  • Données et confidentialité : isoler les données sensibles, gérer les accès, journaliser.
  • Validation métier : toute recommandation ou contenu doit passer par un circuit d’approbation (HSE, qualité, RH, opérationnel).
  • Traçabilité : qui a consulté quoi, qui a validé quoi, quelle version.
  • Équité : éviter qu’un modèle pénalise certains profils (ex. mobilité, ancienneté, langue).

Si vous voulez un principe simple : “Pas de contenu IA en production sans contenu référent validé.”

Ce que cet accord annonce pour l’Algérie en 2026

Réponse directe : l’Algérie a une carte à jouer : devenir un pôle régional de formation énergie, renforcé par l’IA.

Nous sommes fin 2025, et la fenêtre est intéressante : les entreprises énergétiques en Afrique du Nord et de l’Ouest cherchent à sécuriser leurs compétences, à accélérer leurs projets, et à renforcer leurs standards HSE. Un acteur comme SONATRACH, avec ses structures de formation, peut :

  • structurer des parcours “référence” (management, HSE, excellence opérationnelle),
  • exporter ce savoir-faire via des partenariats,
  • et utiliser l’IA pour industrialiser l’adaptation locale sans perdre la qualité.

Je prends position : la formation est un actif stratégique au même titre qu’un équipement critique. Et dans les hydrocarbures, c’est souvent l’actif le plus rentable, parce qu’il réduit les erreurs répétitives.

La question utile pour 2026 : quels métiers transverses faut-il renforcer en priorité pour améliorer la sécurité et la performance en même temps ?


Note de contexte (source de l’actualité)

Le contrat de formation évoqué a été annoncé le 22/10/2025, à Nouakchott, entre SONATRACH (via SONATRACH Management Academy) et la Société Mauritanienne des Hydrocarbures, avec un programme adapté aux besoins de la partie mauritanienne et axé sur le management et les métiers transverses.

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