Un plan concret pour débuter en cybersécurité grâce à l’IA : compétences, projets, outils et erreurs à éviter. Accélérez votre montée en compétence.

Débuter en cybersécurité avec l’IA : plan d’action
La cybersécurité recrute, mais la plupart des candidats se trompent d’entrée. Ils pensent “diplôme + quelques tutos = job”. La réalité est plus simple et plus exigeante : il faut prouver que vous savez apprendre vite, enquêter proprement et travailler en équipe. Et en 2025, l’IA change la donne : elle accélère l’apprentissage, automatise une partie des tâches répétitives, et donne aux profils débutants un “copilote” pour monter en compétence plus vite.
Le podcast Unlocked 403 (S2E3) avec Robert Lipovský (chercheur en threat intelligence) rappelle un point que j’ai vu confirmé sur le terrain : ceux qui réussissent en cybersécurité ne sont pas forcément les meilleurs codeurs, mais les plus constants et méthodiques. À partir de cette base, on peut construire un chemin moderne, cohérent avec notre série Intelligence artificielle dans la cybersécurité : utiliser l’IA comme mentor, comme laboratoire et comme filet de sécurité, sans tomber dans la dépendance.
Ce que les recruteurs attendent vraiment (et ce que l’IA peut accélérer)
La porte d’entrée n’est pas “savoir tout”, c’est “savoir démontrer”. Les recruteurs cherchent des signaux tangibles : curiosité, rigueur, capacité à documenter, communication, et compréhension des fondamentaux (réseau, systèmes, identité, logs).
Les 5 compétences qui font la différence dès le niveau junior
- Pensée d’enquêteur : partir d’un indice (une alerte, un log, un comportement), formuler des hypothèses, vérifier, éliminer.
- Hygiène technique : bases Windows/Linux, TCP/IP, DNS, HTTP, AD/SSO, MFA, gestion des privilèges.
- Lecture de signaux faibles : reconnaître ce qui “ne colle pas” (processus, connexions sortantes, authentifications anormales).
- Écriture et synthèse : un rapport d’incident clair vaut parfois plus qu’un script brillant.
- Esprit d’équipe : savoir escalader, demander un second avis, transmettre.
Où l’IA aide réellement :
- Transformer des logs bruts en explications lisibles (avec prudence).
- Générer des checklists d’investigation adaptées à un scénario.
- Proposer des pistes de recherche (requêtes, mots-clés, hypothèses) quand on bloque.
Ce que l’IA ne remplacera pas pour un junior : le jugement. Les meilleurs responsables SOC préfèrent un débutant qui dit “je ne sais pas, voilà ce que j’ai vérifié” plutôt qu’un junior qui récite une réponse générée.
Un parcours d’apprentissage “IA-first” (sans tricher avec les bases)
Un bon plan d’action consiste à apprendre les fondamentaux, puis à utiliser l’IA pour multiplier les exercices. L’erreur fréquente : commencer par les outils “magiques” (EDR, SIEM, IA) sans comprendre ce qu’ils observent.
Semaine 1 Ă 4 : consolider les fondations
Objectif : être à l’aise avec le vocabulaire et les mécanismes.
- Réseau :
DNS,HTTP(S), ports, NAT, proxys. - Systèmes : processus, services, permissions, journaux.
- Identité : comptes, rôles,
MFA, gestion des droits.
Exercice IA utile : demandez à un assistant IA de vous générer 10 mini-cas concrets (ex. “un utilisateur se plaint d’un compte bloqué après 10 échecs MFA”), puis répondez en 10 lignes : hypothèses, vérifications, décision.
Semaine 5 à 8 : passer de la théorie au réflexe
Objectif : pratiquer l’analyse, pas seulement “apprendre”.
- Construire une routine : observer → hypothèse → test → conclusion → documentation.
- S’entraîner à écrire : un ticket, un résumé d’incident, une recommandation.
Exercice IA utile : donnez à l’IA un extrait de log (anonymisé ou fictif) et demandez :
- une explication “niveau débutant”
- une explication “niveau analyste SOC”
- une liste de 5 vérifications complémentaires Puis comparez avec votre propre raisonnement.
Semaine 9 à 12 : spécialiser légèrement (sans se fermer des portes)
Choisissez une direction, pas une prison. Exemple de spécialisations compatibles junior :
- SOC / détection et réponse
- sécurité cloud (configuration, identités, journaux)
- sécurité applicative (bases OWASP, revue simple)
- GRC (risques, politiques, conformité) avec une approche technique
L’IA est particulièrement utile pour explorer : elle peut vous proposer des plans d’études, des quiz, des scénarios et même des scripts d’automatisation, à condition de les comprendre et de les tester.
Les métiers d’entrée et comment l’IA change le quotidien
Oui, l’IA automatise une partie du “sale boulot”. Non, elle ne supprime pas les juniors. Elle déplace simplement la valeur.
Analyste SOC : moins de tri, plus d’investigation
Dans beaucoup d’équipes, l’IA (ou des moteurs “AI-assisted”) sert déjà à :
- regrouper des alertes similaires
- enrichir une alerte (contexte, réputation, géoloc, historique)
- suggérer une sévérité ou un playbook
Résultat : le junior qui progresse vite est celui qui sait :
- vérifier la plausibilité d’une alerte
- recouper plusieurs sources (SIEM, EDR, IAM)
- documenter proprement
Phrase à retenir : “L’IA réduit le bruit, mais elle ne décide pas du risque métier.”
Threat intelligence / recherche : l’IA comme assistant d’analyse
Le podcast met en avant des qualités humaines : curiosité, patience, goût pour la recherche. L’IA renforce ces qualités quand elle est utilisée comme :
- traducteur/synthétiseur de rapports techniques reconnaissables
- outil de catégorisation (TTP, familles, chaînes d’attaque)
- générateur d’hypothèses à tester
Mais il y a un piège : les hallucinations. En threat intel, une erreur “bien écrite” est pire qu’un doute. Travaillez avec des preuves, des artefacts, et des recoupements.
Automatisation junior : le bon angle pour se démarquer
Là où j’ai vu des profils débutants faire la différence : automatiser modestement.
Exemples réalistes :
- un script qui normalise des logs et sort un résumé
- une requête SIEM sauvegardée pour un cas d’usage précis
- une checklist d’investigation “phishing” avec étapes et critères de clôture
L’IA peut vous aider à écrire le squelette, mais le vrai signal recruteur, c’est : tests, limites, et documentation.
Construire un portfolio crédible (et “anti-blabla”)
Un portfolio cybersécurité doit répondre à une question : “Est-ce que cette personne sait travailler comme en équipe ?” Un PDF de 30 pages de théorie impressionne rarement. Trois projets bien cadrés valent beaucoup plus.
3 projets qui fonctionnent en 2025
-
Playbook d’investigation phishing
- critères de suspicion (en-têtes, domaines, liens)
- décisions : isoler / escalader / sensibiliser
- modèle de rapport de clôture
-
Mini-lab détection
- un scénario : exécution anormale, connexion sortante, création de tâche planifiée
- collecte : journaux système
- résultat : règles de détection + faux positifs possibles
-
Tableau “risques IA” pour une PME
- usages internes (RH, support, dev)
- risques (données, conformité, propriété intellectuelle)
- mesures : classification, contrôle d’accès, charte, revue
Comment utiliser l’IA sans se griller
Règle simple : si l’IA vous a aidé, vous devez pouvoir expliquer chaque ligne.
Checklist “propre” :
- Ajoutez une section “Démarche” : hypothèses, tests, résultats.
- Notez ce que vous ne savez pas encore.
- Précisez les limites (faux positifs, contexte manquant).
C’est exactement ce qui rassure un futur manager.
Questions qu’on me pose souvent (et réponses nettes)
“Faut-il savoir coder pour travailler en cybersécurité ?”
Non pour entrer, oui pour accélérer. Un junior SOC peut démarrer sans être développeur, mais comprendre des scripts, automatiser et lire du code devient vite un avantage.
“Quel diplôme est nécessaire ?”
Le diplôme aide, mais le niveau réel se voit dans les projets et la méthode. En entretien, on teste surtout votre raisonnement et votre communication.
“L’IA va-t-elle remplacer les débutants ?”
Elle remplace surtout les tâches répétitives. Les juniors qui montent vite sont ceux qui apprennent à contrôler l’IA, pas à lui déléguer leur jugement.
Faire de l’IA votre premier mentor, pas votre béquille
Entrer en cybersécurité en 2025, c’est accepter un métier qui change en permanence. Le podcast le rappelle implicitement : la curiosité et la persévérance sont des compétences. L’IA, elle, peut devenir votre accélérateur : scénarios d’entraînement, explications, aide à la rédaction, premiers pas en automatisation.
Si vous voulez transformer cet avantage en opportunité pro, gardez une règle d’or : chaque réponse IA doit finir par une vérification humaine (preuves, logs, reproduction en lab, recoupements). C’est ce mélange qui fait un professionnel fiable.
Vous voulez un plan personnalisé (SOC, cloud, GRC, appsec) avec une liste de projets “portfolio-ready” et une grille de compétences ? Dites-moi votre profil actuel (études, expérience, temps dispo par semaine) et le type de poste visé. Quelle mission vous attire le plus : enquêter sur des incidents, sécuriser du cloud, ou analyser des menaces ?